"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Margziam (Martial)

Jabé, le jeune disciple prodige


Présentation générale - Caractère et aspect - Parcours apostolique - Son nom - Où en parle-t-on dans l'œuvre ? - En savoir plus


Présentation générale
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(Marjiam - Maarhgziam). Petit-fils d’un des paysans de Doras de Doras (3.52) qui le cache dans les bois et le confie à Jésus. Orphelin, a eu ses parents (Jean et Marie) et ses frères tués dans un éboulement de terrain près d’Emmaüs (3.59) au mois de décembre précédent. De son nom d’origine Jabé (Yabesh), il reçoit de  la Vierge Marie , le nouveau nom de Margziam (3.59) ce qui est le nom de Mariam écrit dans l’ancienne langue (3.60). Fils adoptif de Pierre et Porphyrée.


Caractère et aspect
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Douze ans lors de sa rencontre avec Jésus (3.52) mais d’apparence chétive. Margziam sait se faire à tous. C'est une vertu difficile et si nécessaire pour sa future mission. Volontaire, il prend les moyens de sa décision. Il en est ainsi quand il décide un jeûne pour obtenir des grâces (4.176) ou quand il décide de racheter son grand-père, paysan exploité de Giocana : Porphyrée me disait qu'il faisait des sacrifices de toutes sortes pour pouvoir mettre de l'argent de côté. Il a travaillé dans les champs, il a fait des fagots pour les fours, il a pêché, il s'est privé des fromages pour les vendre; du miel pour le vendre... (6.135)


Parcours apostolique
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Témoin de la Résurrection et de l'Ascension, mais pas de la Passion que Jésus lui évite (8.27)

C’est en compagnie de son père adoptif et de Joseph d’Arimathie, son "parrain", qu’il est reçu comme fils de la Loi (3.62). Il suit désormais les disciples dont il fait partie. À la première multiplication des pains, il est le premier à prendre un panier et voir se réaliser le miracle. Instruit avec beaucoup de soin et d’affection par Jean d’Endor qu’il affectionne aussi et par Jésus. Il réalise sa première prédiction et obtient son premier miracle à Cana (4.175) Malgré son jeune âge, il s’avère un prédicateur et un futur prêtre assuré, mettant en pratique, sans hésiter, les enseignements de Jésus. Après l’exil de Jean d’Endor, son précepteur, il note pour lui les enseignements de Jésus. Particulièrement éprouvé par les deuils (ses parents, son grand-père) et les séparations (Jean d’Endor), il en est affecté (7.158) mais garde courage.

Il est écarté de la Pâque où se jouera la Passion et Jésus ne lui apparaît pas comme aux autres disciples. Il a l'impression d'être entré en disgrâce. Aussi Jésus ressuscité qu'il rencontre au Thabor, est obligé de la consoler : "Mais, mon bien-aimé entre tous les disciples, tu ne réfléchis pas que je suis allé affermir les fois vacillantes. Quel besoin y avait-il de venir vers toi, enfant, dont la foi, l’espérance, la charité, dont la volonté et l’obéissance me sont connues ?" (10.20)

Il prend enfin le nom de Martial en souvenir d'un petit romain martyrisé : "Et ce nom, ô Martial, t’indique ton futur destin : sois apôtre en des terres barbares et conquiers-les à ton Seigneur comme mon amour a conquis le jeune romain pour le Ciel." (10.23). Il deviendra martyr : Un jour viendra où Simon Pierre se réjouira en sachant emprisonné, frappé, flagellé, mis en péril de mort son Margziam, et où il aurait le courage de l'étendre de sa main sur le gibet pour le revêtir de la pourpre des Cieux et pour féconder la terre de son sang de martyr, enviant son sort et souffrant pour un seul motif : de n'être pas à la place de son fils (5.35). Margziam, devenu Martial, suivra en effet Pierre (10.35)


Son nom
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Yabès : "il cause de la souffrance" - Margziam est d'une origine proche de Myriam dit en "ancienne langue" et Martial est en rapport avec Mars le dieu de la guerre.


Où en parle-t-on dans l'œuvre ?
Margziam fait partie des personnages fondamentaux cités plus de 50 fois dans l'œuvre
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Le second voyage pascal : 3.52 - 3.53 - 3.54 - 3.55 - 3.56 - 3.57 - 3.58 - 3.59 - 3.60 - 3.61 - 3.62 - 3.63 - 3.64 - Apostolat en Judée : 3.66 - 3.67 - 3.68 - 3.69 - 3.70 - 3.71 - 3.72 - 3.74 - 3.75 - 3.76 - Apostolat en Philistie : 3.86


4.87 -
La conversion de Marie-Madeleine : 4.89 - 4.103 - 4.113 - Envoi des apôtres et disciples en mission : 4.125 - 4.134 - 4.135 - 4.136 - 4.137 - 4.143 - 4.144 - Pérée, Galaad et Trachonitide : 4.145 - 4.146 - 4.147 - 4.149 - 4.150 - 4.151 - 4.153 - 4.154 - 4.155 - 4.156 - 4.157 - 4.158 - 4.160 - 4.165 - 4.168 - Les fêtes de fin d'année à Nazareth : 4.169 - 4.170 - 4.171 - 4.172 - 4.173 - 4.174 - 4.175 - 4.176 - 4.177 - 4.178


Le voyage des disciples à Antioche : 5.1 - 5.2 - Phénicie et Haute-Galilée : 5.24 - 5.26 - 5.35 - La Transfiguration et le Pain du Ciel : 5.36 - 5.38 - 5.40 - 5.52 - 5.53 - L'avant-dernière Pâque : 5.54 - 5.55 - 5.56 - 5.57 - 5.655.68


Pentecôte, Décapole et Plaine d'Esdrelon : 6.124 - L'été à Nazareth : 6.126 - 6.127 - 6.1326.133 6.135 - 6.136 6.1376.1406.141


7.158
En Syro-Phénicie : 7.1597.160 - La fête des Tabernacles : 7.1807.188En Moab et en Judée : 7.1927.1937.195 - 7.201 - 7.202 - 7.204 - 7.206 - 7.207 - 7.208 - 7.218


L'exil en Samarie : 8.27 - Le retour vers Jérusalem : 8.38 - 8.45


de la Résurrection à l'Ascension : 10.19 - 10.20 - 10.21 - 10.22 - 10.23


En savoir plus sur ce personnage
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Saint MartialMartial : entre historicité et légende

La vie et le martyre de saint Martial interfère avec celle d'un homonyme du IIIème siècle, apôtre de l'Aquitaine et du Limousin en France. Elle aboutit à une biographie incohérente qui en devient, logiquement, légendaire.

Le chanoine Descordes, une des figures scientifiques de Limousin au XVIIème siècle, postule que le saint Martial, évangélisateur de Limoges, doit être daté du IIIème siècle. Hypothèse que retient le Diocèse de Limoges.

D'autres sources mettent cette ville sous le patronage d'un Martial, contemporain de Jésus. Il fait partie des soixante-douze disciples, il a participé à la multiplication des pains. Il était apparenté à l'apôtre Pierre.

Maria Valtorta donne crédit à une mémoire historique et isole la partie légendaire née de la confusion entre le contemporain de Jésus, dont se font écho de nombreux textes anciens, et un homonyme du IIIème siècle. Il s'agit manifestement de deux personnages, homonymes, fondus en un seul par la piété des premiers fidèles du Limousin.

Par rapport aux affirmations énoncées dans les différents textes, Maria confirme (et parfois corrige) :

 Martial est bien contemporain de Jésus,

 Il est bien apparenté à Pierre : c'est son fils adoptif

 Il a bien suivi la troupe apostolique dans ses voyages

 Il a bien participé à la multiplication des pains : la première (4.136)

 Il a bien fait partie des soixante-douze disciples envoyés en mission, mais pas dans le noyau primitif

 Il est présent à l'Ascension où il reçoit son nom de Martial

 Il est effectivement "apôtre en des terres barbares", mais Maria Valtorta ne confirme, ni n'infirme que ce soit le Limousin (France).

 Il a bien subit le martyre, antérieurement à celui de Pierre si on interprète correctement cette phrase : "Un jour viendra où Simon Pierre se réjouira en sachant emprisonné, frappé, flagellé, mis en péril de mort son Margziam, et où il aurait le courage de l'étendre de sa main sur le gibet pour le revêtir de la pourpre des Cieux et pour féconder la terre de son sang de martyr, enviant son sort et souffrant pour un seul motif : de n'être pas à la place de son fils".

Maria Valtorta ne confirme pas :

 La présence de Martial à la Cène : il a été écarté de la Passion par Jésus.

Plaidoyer en faveur de Martial contemporain du Christ      
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Extraits de : "Dissertation sur l'apostolat de saint Martial et sur l'Antiquité des Églises de France" - Abbé François Arbellot, Chanoine honoraire de Limoges – 1855

Vie de saint Martial écrite en grec - Église dédiée à saint Martial près de Rama en Palestine

110> L'Orient, d'où était parti saint Martial pour venir prêcher dans la Gaule, au rapport de Grégoire de Tours lui même ([1]), l'Orient rend témoignage à son apostolat par ses traditions et ses monuments. On peut voir plusieurs des ces traditions consignées dans les deux conciles de Limoges [2]: nous nous contenterons d'en mentionner une seule.

Avant le XIème siècle, on possédait, en Orient, une Vie de saint Martial écrite en grec, où cet apôtre de l'Aquitaine était dit un des soixante douze disciples. Écoutons, sur ce point, la déposition juridique et solennelle d'un savant clerc d'Angoulême qui avait accompagné l'évêque de cette ville, Rohon, au second concile de Limoges : "Que cette sainte assemblée daigne m'écouter avec bienveillance : il ya quelques années, deux religieux du Mont Sinaï, hommes graves, d'une vie exemplaire, savants dans la doctrine catholique, versés dans les langues grecque et latine, vinrent dans ces pays de l'Occident par la disposition de la Providence.

111> Comme ils demeuraient longtemps à Angoulême, attendant le prince de la cité ([3]) nous, les voyant parfaitement instruits dans les lettres grecques et latines ([4]) nous eûmes soin de les interroger sur cette question, et nous leur demandâmes si les Orientaux connaissaient saint Martial. Tous les deux Siméon et Côrne répondirent d'une voix unanime : "Assurément nous connaissons l'apôtre Martial, un des soixante douze !" – Et, comme nous leur disions : "Nous ne connaissons pas d'autres apôtres que les douze !" – "Avez vous, répondirent ils, dans ces Églises d'Occident, l'évangéliste saint Luc, qui écrit que, après les douze apôtres, soixante-douze autres furent choisis par le Seigneur ?" - Nous leur répondîmes que nous avions l'Évangile de saint Luc, mais que ces soixante douze, nous ne les regardions pas comme des apôtres mais seulement comme des disciples. - Alors s'éloignant de nous et se munissant du signe de la croix, ils détestèrent nos paroles, et nous dirent : "Retirez-vous, malheureux, car vous êtes des hérétiques, puisque vous ne croyez pas aux paroles du Seigneur, qui a dit aux soixante douze : Allez je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Comment ! vous ne regardez pas comme apôtres ceux que le Seigneur a envoyés pour prêcher l'Évangile ? Les Grecs, ajoutèrent ils, ont toujours été plus savants que les Latins, et les écritures latines dérivent de la source des Grecs. Nous savons que saint Martial est un des soixante-douze qui s'en alla en Occident avec saint Pierre pour prêcher l'Évangile et nous avons ses Actes, écrits en notre langue, dans notre monastère du Mont Sinaï".

112> Ce religieux Siméon, venu en Occident du monastère du Mont Sinaï, mourut à Trèves le 1er juin 1035 et fut placé par l'Église au rang des saints quelques années après sa mort (1042). "C'est, dit Fleury [5], un des plus grands saints du XIème siècle". Une église collégiale s'est élevée à Trèves sur l'emplacement de sa cellule et le lieu de sa sépulture ([6]). "Dieu me garde" s'écrie le P. Papebroch ([7]) en rapportant le témoignage de saint Siméon et de Côme "Dieu me garde de soupçonner la sincérité de ces deux hommes, et de dire qu'ils ont parlé par flatterie ou par ambition ! Sans doute ils avaient puisé ces détails dans cette ancienne "Vie" que nous pensons avoir été consultée par Florus, et qui avait été portée par des voyageurs d'Europe en Orient". Qui sait même, ajouterons nous, si cette Vie écrite en grec, au lieu d être une simple traduction n'était pas une vie originale, écrite en Orient, dans la patrie de saint Martial ?

Si nous en croyons un cosmographe du XVIème siècle, on conservait, par tradition, dans la Palestine, la connaissance du lieu où était né saint Martial. L'auteur de la Cosmographie Universelle, André Thévet ([8]) assure avoir vu, dans son voyage en Palestine, une église bâtie en l'honneur de saint Martial, près de Rama, dans le lieu où la tradition plaçait sa naissance. Citons ses propres paroles :

113> "À trois lieues de Rama, il y a un cazal ([9]) habité seulement d'Arabes domestiques, nommé en leur langue Arouha, qui signifie esprit et miroir en langue des sauvages, où se voit encore une vieille église édifiée autrefois en l'honneur de S. Martial, natif de ce lieu, lequel étant baptisé de saint Pierre, fut envoyé en France voire premier que S. Denys. L'on m'a dit que le roy Charlemaigne fist faire ceste église et la dota de quelques rentes ([10])".

Si cette église de saint Martial n'eût pas existé en Orient, nous ne voyons pas quel intérêt Thévet eût eu à l'inventer. Pour ce qui est de la construction de cette église du temps de Charlemagne, cela ne manque pas de fondement, car nous voyons dans les Capitulaires que ce prince envoyait de l'argent à Jérusalem pour la restauration des églises. Le premier Capitulaire de l'an 810 porte ce titre: "De l'aumône qu'on doit envoyer à Jérusalem pour la restauration des églises". Un autre Capitulaire est ainsi intitulé : "De l'aumône qu'on doit envoyer à Jérusalem pour restaurer les églises à la Noël prochaine". Un tel dessein était digne de la piété de ce grand empereur, dont Éginard, son historien, nous dit qu'il envoyait des aumônes aux chrétiens pauvres jusqu'en Syrie, en Égypte, à Jérusalem et à Alexandrie, et qu'il recherchait l'amitié des rois d'outre mer, principalement pour avoir l'occasion d'apporter par là quelque soulagement et quelque appui aux chrétiens qui vivaient sous leur domination.

114> Ainsi ce n'est pas seulement Rome et la Toscane, où a passé saint Martial, qui rendent témoignage à sa mission apostolique au premier âge du Christianisme : c'est encore l'Orient, sa patrie, qui le reconnaît pour un disciple de saint Pierre et un contemporain des apôtres.

Nous n'avons pas la prétention d'avoir arraché à la science son dernier mot sur cette question de l'apostolat de saint Martial; nous sommes persuadé que des recherches plus étendues et plus approfondies que les nôtres feront faire un nouveau progrès à cette discussion, et jetteront sur ce fait traditionnel une pleine lumière historique. Nous sommes persuadé que des recherches ultérieures, faites, soit en France, dans les manuscrits de la bibliothèque Royale, soit dans les bibliothèques les plus célèbres de l'Italie et de l'Angleterre, feront découvrir de nouveaux documents relatifs à cette question capitale des origines du Christianisme dans les Gaules. On a vu le rôle important que joue, dans notre Dissertation, le poème de Fortunat découvert à Florence sur la fin du siècle dernier, et inconnu des critiques qui, avant nous, ont discuté le fait de l'apostolat; on a pu apprécier l'importance des pièces manuscrites récemment découvertes par M Faillon à la bibliothèque Royale :qui sait ce que l'avenir mettra en lumière sur ce sujet ? La bibliothèque du Vatican renferme, dans un manuscrit du XIème siècle, une Vie de saint Martial différente de la légende d'Aurélien, si nous en jugeons par les premières lignes que M. l'abbé Ronard nous a transcrites. Cette légende, inconnue de tous les critiques qui nous ont précédé, peut apporter un nouveau poids dans la balance ([11]) ; en Angleterre, la bibliothèque du collège de Saint Jean Baptiste d'Oxford possède une Vie de saint Martial qui n'a pas été encore examinée ([12]) : aussi nous souscrivons volontiers à ce que nous dit sur ce point le savant auteur des Monuments inédits sur l'apostolat de sainte Madeleine, M. l'abbé Faillon, dans une lettre qu'il nous a fait l'honneur de nous écrire :

115> "Si j'avais à donner quelque conseil à un écrivain qui voudrait éclaircir les origines des Églises des Gaules, je l'engagerais à ne pas se borner aux bibliothèques de France, telles que la bibliothèque du Roi, à Paris, qui renferme près de cent mille manuscrits; je l'exhorterais à pousser ses recherches surtout en Angleterre, dont les bibliothèques n'ont point été explorées par les critiques, surtout dans la partie qui concerne l'histoire des saints. Les Anglais, depuis leur schisme, semblent avoir dédaigné tous les monuments concernant la vie des saints, qui sont encore enfouis dans leurs bibliothèques : je ne doute pas qu'elles ne renferment des richesses précieuses pour les Gaules, et inconnues aujourd'hui à nos Eglises.

Si ma position et mes fonctions eussent pu me permettre de faire un an de séjour en Angleterre, lorsque je travaillais aux Monuments inédits, je n'aurais pas balancé d aller y faire des recherches : la Vie de sainte Madeleine, par Raban Maur, dont nous ne possédons en France aucune copie, peut justifier ce que j'avance ici. Je crois donc, Monsieur, que, si vous pouviez parcourir les bibliothèques d'Angleterre, vous pourriez y faire des découvertes qui jetteraient beaucoup de jour sur l'origine de nos Églises, et probablement sur l'apostolat de saint Martial ([13])".

Si la Providence, qui nous emploie aujourd'hui à un laborieux ministère, nous réserve un jour quelque loisir, nous espérons bien faire sur ce sujet quelque découverte nouvelle : mais, en attendant, nous croyons que l'histoire moderne doit, dès à présent, casser le jugement qu'elle avait porté sur l'apostolat de saint Martial, et assigner, sans hésitation, sa mission au Ier siècle.

Résumé - Conclusion

Voilà donc une tradition constante, que nous trouvons établie d'une manière positive ou confirmée indirectement par des témoignages historiques, en remontant de siècle en siècle jusqu'au premier âge du Christianisme. Au XIème siècle, nous la trouvons répandue partout, non seulement dans toutes les Églises d'Aquitaine qui reconnaissent saint Martial pour fondateur, mais encore d'un bout de la France à l'autre, en Angleterre et en Italie, à Constantinople et dans la Palestine, c'est à dire dans toute l'étendue du monde chrétien. On en voit les preuves irréfragables dans les conciles tenus à Paris et à Poitiers, à Bourges et à Limoges, sur la question de l'apostolat de saint Martial au commencement du XIème siècle. - Au Xème siècle, les Églises de Bordeaux et d'Angoulême, du Qnercy et de la Bourgogne, etc., ajoutent leurs témoignages à ceux du Limousin. - Au IXème siècle, nous trouvons notre tradition consignée dans la Vie de saint Sacerdos, dans les peintures murales de Saint Sauveur, dans le livre des Miracles de saint Martial et dans les écrits de Raban Maur, archevêque de Mayence. - Au VIIème siècle, notre tradition est confirmée par le moine Florus, auteur des Additions au Martyrologe de Bède; elle est appuyée indirectement par le célèbre diacre Paul Warnefride, secrétaire de Didier, roi des Lombards. - Au VIème siècle, les légendes de saint Ausone et de saint Austremoine, attribuent sans hésitation la mission de saint Martial au temps de saint Pierre. Au VIème siècle cette tradition se retrouve encore non seulement dans l'Église de Limoges, mais encore dans les Églises de Poitiers, de Bourges et d'Arles: elle n'est contredite que par un mot de Grégoire de Tours : or, après la réfutation que nous avons faite de ce passage, on peut juger combien cette contradiction est peu sérieuse, et nous avons d'ailleurs, pour contrebalancer Grégoire de Tours, un de ses contemporains les plus illustres, Fortunat, évêque de Poitiers, dont les vers composés sur la légende de saint Martial prouvent que notre tradition est antérieure à Grégoire de Tours. - En remontant plus haut encore, nous trouvons un appui indirect dans une lettre du pape Innocent Ier. - Au IIIème et au IIème siècle, notre tradition est confirmée indirectement par Tertullien et saint Irénée, qui affirment que, de leur temps, il y avait des Eglises chrétiennes établies chez les diverses nations des Gaules et chez les Celtes.

Bien plus, des monuments étrangers, d'une autorité incontestable, donnent à notre tradition une confirmation éclatante : c'est ainsi que dans l'Église romaine, notre tradition se rattache à celle de saint Paul et de saint Luc; et nous la trouvons consignée dans les vieilles archives de Sainte Marie in Via Lata. Dans la Toscane, l'église de Saint Martial bâtie près de la ville de Colle, sur le tombeau de saint Austriclinien, et les souvenirs traditionnels qui s'y rattachent; en Orient, la Vie de saint Martial, écrite en grec, qui se trouvait, au Xème siècle, dans le monastère du Mont Sinaï, et qui faisait de l'apôtre de l'Aquitaine un des soixante douze; puis l'église de Saint Martial que le cosmographe Thévet assure avoir vue, dans son voyage en Palestine, près de la ville de Rama dans le lieu où la tradition ancienne faisait naître le premier évêque de Limoges :

116> voilà des monuments voilà un faisceau de traditions qui, en s'accordant avec la nôtre, et en se donnant un mutuel appui, jettent une vraie lumière historique sur la mission de saint Martial au temps des apôtres. Cette tradition est catholique ou universelle : elle est de tous les temps et de tous les lieux.

Et l'on voudrait que tant d'Églises, dans les Gaules et dans l'Italie, en Angleterre et en Palestine, se fussent accordées à admettre un fait historique qui n'aurait aucun fondement ! - Et l'on voudrait que toutes les Églises d'Aquitaine eussent perdu de vue un fait aussi important que celui de leur origine, que l'époque de la mission de leur premier apôtre, et se fussent laissé tromper par le rêve fabuleux de quelque imposteur !…Mais à qui persuadera-t-on que tant d'Églises, rivales de celle de Limoges, aient admis sans réclamation un fait qui donnait à notre Église une telle supériorité d'origine ? Et comment supposer alors que l'erreur devint si générale ? Comment supposer que l'Aquitaine et la France, Rome et la Toscane, l'Occident et l'Orient se rendissent complices du mensonge, et s'accordassent unanimement sur un fait controuvé ? Comment expliquer que tant d'Églises étrangères, parfaitement désintéressées dans la question, rendent le même témoignage ? Comment expliquer qu'un si grand nombre de témoins, dont plusieurs, comme nous l'avons vu, n'ont pu s'entendre, fassent sur ce point une déposition unanime ? - Il faut reconnaître avec Tertullien que "une tradition qui est la même en beaucoup de lieux, n'est pas une erreur, une fiction ou un mensonge, mais une vérité transmise de vive voix ([14])" Et c est pourquoi nous terminerons ce chapitre par ces paroles du savant et illustre de Marca, que nous sommes fier de trouver avec nous dans cette importante discussion :"J'ai pensé qu'il fallait, non pas renverser, mais conserver nos traditions, qui sont fondées sur la vérité : avec d'autant plus de raison qu'elles ont été reçues autrefois dans l'Église romaine et dans tout le monde chrétien ([15])".

Plaidoyer critique    
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Saint Martial de Limoges, - Annales du midi – page 289 et suivantes – 1892 – Notice de L. Duchesne

Ce texte, critique par rapport à celui de l'Abbé Arbelot, ci-dessus, comporte aussi la citation des sources historiques, notamment celle-ci :

Adémar de Chabannes ([16]), écrit : "Martial est un contemporain du Christ. Le Sauveur étant venu à passer par la tribu de Benjamin, deux juifs de ce pays, Marcel et Élisabeth, entendirent sa prédication et furent baptisés par saint Pierre, avec leur fils Martial et d'autres personnes, au nombre desquelles étaient Zachée (de Roc-Amadour) et Joseph d'Arimathie. Le jeune Martial (il avait alors une quinzaine d'années) s'attacha à saint Pierre, avec lequel il était apparenté , et suivit dès lors le collège des douze apôtres. Il assista ainsi à la résurrection de Lazare, à la dernière Cène, au lavement des pieds (c'était lui qui tenait la serviette); il vit les apôtres toucher les plaies du Christ ressuscité, mangea avec lui, assista à l'Ascension et à la Pentecôte, et reçut ainsi la même mission que les apôtres et la même effusion dit Saint-Esprit. Avec saint Pierre il prècha à Antioche, puis à Rome, où il amena d'Antioche quelques-uns de leurs convertis, notamment Alpinien et Austriclinien. Au bout de quelque temps, saint Pierre l'envoya, avec ces deux compagnons, évangéliser la cité de Limoges. En route, c'est-à-dire à Else en Toscane, eut lieu la mort et la résurrection d'Austriclinien…"

Autres sources        
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Selon cette source, Martial (Margziam) est l'enfant qui a distribué les pains lors de la première multiplication des pains (4.136) : De l'Histoire des Archevêques de Bordeaux du Chanoine Lopès nous tirons ces notes: "Saint Martial est, d'après la tradition, l'enfant que le Sauveur bénit et au sujet duquel il dit ces paroles touchantes: "Laissez venir à moi les petits enfants". C'est encore lui qui portait les cinq pains d'orge que Jésus multiplia dans le désert.

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Fiche mise à jour le 30/06/2010

 



[1] Grégoire de Tours – Historia Francorum – I,30 : Grégoire de Tours date l'arrivée de Martial à Limoges du IIIème siècle.

[2] Il y eu un concile local à Limoges en 936, mais il s'agit probablement des conciles locaux tenus au XIème siècle : "Les Prélats d'Aquitane célèbrent deux conciles à Limoges dans l'onzième siècle . Le premier fut tenu en 1029. Gauzelin de Bourges y présida. Cette assemblée se fit sur la contestation qui s'émût s'il fallait donner à saint Martial, évêque de Limoges, le titre d'apôtre, comme voulaient les limousins, ou seulement de conseiller comme le soutenaient d'autres. Le Concile ne put terminer cette question. On l'agita encore dans un autre tenu à Bourges et puis à Limoges en 1032 et non pas en 1034, comme disent Baronius et Bini. Avec cela on consulta le Saint Siège qui décida que S. Martial devait être révéré comme apôtre. Aimoin de Bourbon, archevêque de Bourges y présida; et Jourdan, évêque de Limoges , se trouva à l'un et à l'autre de ces conciles". Le grand dictionnaire historique ou mélange curieux de l'histoire sacrée et profane – Louis Moreri, docteur en théologie – 1683 - Lyon – Tome 2 -  page 422

[3] Guillaume comte d'Angoulême qui n'était pas encore de retour de son pèlerinage en Terre Sainte. Fleury a confondu ce Guillaume d'Angoulême avec Guillaume comte de Poitiers.

[4] Le moine Siméon savait cinq langues l'égyptien, le syriaque, l'arabe, le grec et le latin.

[5] Il s'agit de l'Abbé Claude Fleury (1640-1723) qui consacra sa vie à l'écriture d'une "Histoire ecclésiastique" de référence.

[6] Les Bollandistes ont donné sa Vie au premier jour du mois de juin Acta Sanctorum, tome I, juin, p.87). On peut en voir l'abrégé dans Fleury ("Histoire ecclésiastique" – T. 59, n° 27 et 32).

[7] Daniel Van Papebroeck, dit Papebroch (1628-1714). Érudit prolifique, jésuite bollandiste, célèbre en son temps, Daniel Papebroch publia des Vies des saintsActa sanctorum, qui finirent par être interdites (source Ecyclopaedia Universalis)

[8] Cosmographie Universelle d'André Thévet (1516-1590), explorateur et cosmographe.

[9] Village, hameau, de l'italien casale.

[10] Cosmographie Universelle, liv. VI, chap VII. Des anciennes villes de Jaffé et de Rarna. (Édition in folio 1575 T I p 169)

[11] Cette légende commence ainsi "Patebant quœdam fortiorum impiorum gestaEo namque tempore quo Dominus noster Jesus Chrislus ex intemerato aimœ Virginis utero, etc." (Collection de la reine de Suède n° 543). Il serait possible que cette Vie fût celle qu'Ellies Dupin dit avoir été composée, au commencement du IXème siècle, par saint Odon de Cluny, Vie encore inédite, que nous n'avons pu trouver jusqu'à présent.

[12] Une Vie de saint Martial, évêque, avec celle de saint Alexis, etc., dans le collège de Saint Jean Baptiste d'Oxford en Angleterre mais dont on ne dit pas le siècle" Catal mss. Angl. 1697) (Note de Nadaud).

[13] Lettre de M. Faillon datée d'Issy 2 mars 1854

[14] Cœlerum quod apud multos unum invenitur non est erratum, sed traditum. (TERTULLIAN - De Prœscript. C. XXVIII)

[15] (De tempore paedicatae primum in Galliis fidei ° 27 - Apud Acta SS., T. V junii p 552)

[16] Adhémar de Chabannes (988-1034), l'un des moines les mieux connus du XIe siècle, auteur de deux œuvres hagiographiques sur saint Martial