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"L'Évangile tel qu'il m'a été
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Plan du Site >> Index des personnages Margziam
(Martial) Jabé, le jeune disciple prodige Présentation générale - Caractère et aspect
- Parcours
apostolique - Son nom - Où en
parle-t-on dans l'œuvre ? - En savoir plus |
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Présentation générale (Marjiam - Maarhgziam). Petit-fils d’un des paysans de Doras de
Doras (3.52) qui le
cache dans les bois et le confie à Jésus. Orphelin, a eu ses parents (Jean et
Marie) et ses frères tués dans un éboulement de terrain près d’Emmaüs (3.59) au mois de
décembre précédent. De son nom d’origine Jabé (Yabesh), il reçoit de la Vierge Marie , le nouveau
nom de Margziam (3.59)
ce qui est le nom de Mariam écrit dans l’ancienne langue (3.60). Fils adoptif de
Pierre et Porphyrée. Caractère et aspect Douze ans lors de sa rencontre avec Jésus (3.52) mais d’apparence
chétive. Margziam sait se faire à tous. C'est une vertu difficile et si
nécessaire pour sa future mission. Volontaire, il prend les moyens de sa
décision. Il en est ainsi quand il décide un jeûne pour obtenir des grâces (4.176) ou quand il
décide de racheter son grand-père, paysan exploité de Giocana :
Porphyrée me disait qu'il faisait des sacrifices de toutes sortes pour
pouvoir mettre de l'argent de côté. Il a travaillé dans les champs, il a fait
des fagots pour les fours, il a pêché, il s'est privé des fromages pour les
vendre; du miel pour le vendre... (6.135) Parcours apostolique Témoin de la Résurrection et de l'Ascension,
mais pas de la Passion que Jésus lui évite (8.27) C’est en compagnie de son père adoptif et de
Joseph d’Arimathie, son "parrain", qu’il est reçu comme fils de la
Loi (3.62). Il suit
désormais les disciples dont il fait partie. À la première multiplication des
pains, il est le premier à prendre un panier et voir se réaliser le miracle.
Instruit avec beaucoup de soin et d’affection par Jean d’Endor qu’il
affectionne aussi et par Jésus. Il réalise sa première prédiction et obtient
son premier miracle à Cana (4.175)
Malgré son jeune âge, il s’avère un prédicateur et un futur prêtre assuré,
mettant en pratique, sans hésiter, les enseignements de Jésus. Après l’exil
de Jean d’Endor, son précepteur, il note pour lui les enseignements de Jésus.
Particulièrement éprouvé par les deuils (ses parents, son grand-père) et les
séparations (Jean d’Endor), il en est affecté (7.158) mais garde
courage. Il est écarté de la Pâque où se jouera la
Passion et Jésus ne lui apparaît pas comme aux autres disciples. Il a
l'impression d'être entré en disgrâce. Aussi Jésus ressuscité qu'il rencontre
au Thabor, est obligé de la consoler : "Mais, mon bien-aimé entre tous
les disciples, tu ne réfléchis pas que je suis allé affermir les fois
vacillantes. Quel besoin y avait-il de venir vers toi, enfant, dont la foi,
l’espérance, la charité, dont la volonté et l’obéissance me sont connues
?" (10.20) Il prend enfin le nom de Martial en souvenir
d'un petit romain martyrisé : "Et ce nom, ô Martial, t’indique ton
futur destin : sois apôtre en des terres barbares et conquiers-les à ton
Seigneur comme mon amour a conquis le jeune romain pour le Ciel." (10.23). Il deviendra martyr : Un jour viendra où Simon
Pierre se réjouira en sachant emprisonné, frappé, flagellé, mis en péril de
mort son Margziam, et où il aurait le courage de l'étendre de sa main sur le
gibet pour le revêtir de la pourpre des Cieux et pour féconder la terre de
son sang de martyr, enviant son sort et souffrant pour un seul motif :
de n'être pas à la place de son fils (5.35). Margziam, devenu
Martial, suivra en effet Pierre (10.35) Son nom Yabès : "il cause de
la souffrance" - Margziam est d'une origine proche de Myriam dit en
"ancienne langue" et Martial est en rapport avec Mars le dieu de la
guerre. Où en parle-t-on dans l'œuvre ?
En savoir plus sur ce personnage
La vie et le martyre de saint Martial
interfère avec celle d'un homonyme du IIIème siècle, apôtre de l'Aquitaine et
du Limousin en France. Elle aboutit à une biographie incohérente qui en
devient, logiquement, légendaire. Le chanoine Descordes,
une des figures scientifiques de Limousin au XVIIème siècle, postule que le
saint Martial, évangélisateur de Limoges, doit être daté du IIIème siècle.
Hypothèse que retient le Diocèse de Limoges. D'autres sources mettent cette ville sous le
patronage d'un Martial, contemporain de Jésus. Il fait partie des
soixante-douze disciples, il a participé à la multiplication des pains. Il
était apparenté à l'apôtre Pierre. Maria Valtorta donne crédit à une mémoire
historique et isole la partie légendaire née de la confusion entre le
contemporain de Jésus, dont se font écho de nombreux textes anciens, et un
homonyme du IIIème siècle. Il s'agit manifestement de deux personnages, homonymes,
fondus en un seul par la piété des premiers fidèles du Limousin. Par
rapport aux affirmations énoncées dans les différents textes, Maria confirme
(et parfois corrige) :
Maria
Valtorta ne confirme pas :
Plaidoyer en faveur de Martial contemporain du Christ Extraits
de : "Dissertation sur l'apostolat de saint Martial et sur
l'Antiquité des Églises de France"
- Abbé François Arbellot, Chanoine honoraire de
Limoges – 1855 Vie de
saint Martial écrite en grec - Église dédiée à saint Martial près de Rama en
Palestine 110> L'Orient, d'où était parti saint
Martial pour venir prêcher dans la Gaule, au rapport de Grégoire de Tours lui
même ([1]), l'Orient rend
témoignage à son apostolat par ses traditions et ses monuments. On peut voir
plusieurs des ces traditions consignées dans les deux conciles de Limoges [2]: nous nous
contenterons d'en mentionner une seule. Avant le XIème siècle, on possédait, en
Orient, une Vie de saint Martial écrite en grec, où cet apôtre de l'Aquitaine
était dit un des soixante douze disciples. Écoutons, sur ce point, la
déposition juridique et solennelle d'un savant clerc d'Angoulême qui avait
accompagné l'évêque de cette ville, Rohon, au
second concile de Limoges : "Que cette sainte assemblée daigne m'écouter
avec bienveillance : il ya quelques années, deux religieux du Mont Sinaï,
hommes graves, d'une vie exemplaire, savants dans la doctrine catholique,
versés dans les langues grecque et latine, vinrent dans ces pays de
l'Occident par la disposition de la Providence. 111> Comme ils demeuraient longtemps à
Angoulême, attendant le prince de la cité ([3]) nous, les voyant
parfaitement instruits dans les lettres grecques et latines ([4]) nous eûmes soin de
les interroger sur cette question, et nous leur demandâmes si les Orientaux
connaissaient saint Martial. Tous les deux Siméon et Côrne
répondirent d'une voix unanime : "Assurément nous connaissons l'apôtre
Martial, un des soixante douze !" – Et, comme nous leur disions :
"Nous ne connaissons pas d'autres apôtres que les douze !" –
"Avez vous, répondirent ils, dans ces Églises d'Occident, l'évangéliste
saint Luc, qui écrit que, après les douze apôtres, soixante-douze autres furent choisis par le Seigneur
?" - Nous leur répondîmes que nous avions l'Évangile de saint Luc, mais
que ces soixante douze, nous ne les regardions pas comme des apôtres mais
seulement comme des disciples. - Alors s'éloignant de nous et se munissant du
signe de la croix, ils détestèrent nos paroles, et nous dirent :
"Retirez-vous, malheureux, car vous êtes des hérétiques, puisque vous ne
croyez pas aux paroles du Seigneur, qui a dit aux soixante douze : Allez je vous envoie comme des agneaux au
milieu des loups. Comment ! vous ne regardez pas comme apôtres ceux que
le Seigneur a envoyés pour prêcher l'Évangile ? Les Grecs, ajoutèrent ils,
ont toujours été plus savants que les Latins, et les écritures latines
dérivent de la source des Grecs. Nous savons que saint Martial est un des
soixante-douze qui s'en alla en Occident avec saint Pierre pour prêcher
l'Évangile et nous avons ses Actes, écrits en notre langue, dans notre
monastère du Mont Sinaï". 112> Ce religieux Siméon, venu en Occident
du monastère du Mont Sinaï, mourut à Trèves le 1er juin 1035 et fut placé par
l'Église au rang des saints quelques années après sa mort (1042).
"C'est, dit Fleury [5], un des plus grands
saints du XIème siècle". Une église collégiale s'est élevée à Trèves sur
l'emplacement de sa cellule et le lieu de sa sépulture ([6]). "Dieu me
garde" s'écrie le P. Papebroch ([7]) en rapportant le
témoignage de saint Siméon et de Côme "Dieu me garde de soupçonner la
sincérité de ces deux hommes, et de dire qu'ils ont parlé par flatterie ou
par ambition ! Sans doute ils avaient puisé ces détails dans cette ancienne
"Vie" que nous pensons avoir été consultée par Florus, et qui avait
été portée par des voyageurs d'Europe en Orient". Qui sait même,
ajouterons nous, si cette Vie écrite en grec, au lieu d être une simple
traduction n'était pas une vie originale, écrite en Orient, dans la patrie de
saint Martial ? Si nous en croyons un cosmographe du XVIème
siècle, on conservait, par tradition, dans la Palestine, la connaissance du
lieu où était né saint Martial. L'auteur de la Cosmographie Universelle, André Thévet
([8]) assure avoir vu,
dans son voyage en Palestine, une église bâtie en l'honneur de saint Martial,
près de Rama, dans le lieu où la tradition plaçait sa naissance. Citons ses
propres paroles : 113> "À trois lieues de Rama, il y a
un cazal ([9]) habité seulement
d'Arabes domestiques, nommé en leur langue Arouha, qui signifie esprit et miroir en langue des sauvages, où se voit encore une vieille
église édifiée autrefois en l'honneur de S. Martial, natif de ce lieu, lequel
étant baptisé de saint Pierre, fut envoyé en France voire premier que S.
Denys. L'on m'a dit que le roy Charlemaigne
fist faire ceste église et la dota de quelques
rentes ([10])". Si cette église de saint Martial n'eût pas
existé en Orient, nous ne voyons pas quel intérêt Thévet
eût eu à l'inventer. Pour ce qui est de la construction de cette église du
temps de Charlemagne, cela ne manque pas de fondement, car nous voyons dans
les Capitulaires que ce prince envoyait de l'argent à Jérusalem pour la
restauration des églises. Le premier Capitulaire de l'an 810 porte ce titre:
"De l'aumône qu'on doit envoyer à
Jérusalem pour la restauration des églises". Un autre Capitulaire
est ainsi intitulé : "De l'aumône
qu'on doit envoyer à Jérusalem pour restaurer les églises à la Noël prochaine".
Un tel dessein était digne de la piété de ce grand empereur, dont Éginard, son historien, nous dit qu'il envoyait des
aumônes aux chrétiens pauvres jusqu'en Syrie, en Égypte, à Jérusalem et à
Alexandrie, et qu'il recherchait l'amitié des rois d'outre mer,
principalement pour avoir l'occasion d'apporter par là quelque soulagement et
quelque appui aux chrétiens qui vivaient sous leur domination. 114> Ainsi ce n'est pas seulement Rome et
la Toscane, où a passé saint Martial, qui rendent témoignage à sa mission
apostolique au premier âge du Christianisme : c'est encore l'Orient, sa
patrie, qui le reconnaît pour un disciple de saint Pierre et un contemporain
des apôtres. Nous n'avons pas la prétention d'avoir
arraché à la science son dernier mot sur cette question de l'apostolat de
saint Martial; nous sommes persuadé que des recherches plus étendues et plus
approfondies que les nôtres feront faire un nouveau progrès à cette
discussion, et jetteront sur ce fait traditionnel une pleine lumière
historique. Nous sommes persuadé que des recherches ultérieures, faites, soit
en France, dans les manuscrits de la bibliothèque Royale, soit dans les
bibliothèques les plus célèbres de l'Italie et de l'Angleterre, feront
découvrir de nouveaux documents relatifs à cette question capitale des
origines du Christianisme dans les Gaules. On a vu le rôle important que
joue, dans notre Dissertation, le poème de Fortunat découvert à Florence sur
la fin du siècle dernier, et inconnu des critiques qui, avant nous, ont
discuté le fait de l'apostolat; on a pu apprécier l'importance des pièces
manuscrites récemment découvertes par M Faillon à
la bibliothèque Royale :qui sait ce que l'avenir mettra en lumière sur ce
sujet ? La bibliothèque du Vatican renferme, dans un manuscrit du XIème
siècle, une Vie de saint Martial différente de la légende d'Aurélien, si nous
en jugeons par les premières lignes que M. l'abbé Ronard
nous a transcrites. Cette légende, inconnue de tous les critiques qui nous
ont précédé, peut apporter un nouveau poids dans la balance ([11]) ; en Angleterre, la
bibliothèque du collège de Saint Jean Baptiste d'Oxford possède une Vie de
saint Martial qui n'a pas été encore examinée ([12]) : aussi nous
souscrivons volontiers à ce que nous dit sur ce point le savant auteur des Monuments inédits sur l'apostolat de
sainte Madeleine, M. l'abbé Faillon, dans une lettre qu'il nous a fait l'honneur de
nous écrire : 115> "Si j'avais à donner quelque
conseil à un écrivain qui voudrait éclaircir les origines des Églises des
Gaules, je l'engagerais à ne pas se borner aux bibliothèques de France,
telles que la bibliothèque du Roi, à Paris, qui renferme près de cent mille
manuscrits; je l'exhorterais à pousser ses recherches surtout en Angleterre,
dont les bibliothèques n'ont point été explorées par les critiques, surtout
dans la partie qui concerne l'histoire des saints. Les Anglais, depuis leur
schisme, semblent avoir dédaigné tous les monuments concernant la vie des
saints, qui sont encore enfouis dans leurs bibliothèques : je ne doute pas
qu'elles ne renferment des richesses précieuses pour les Gaules, et inconnues
aujourd'hui à nos Eglises. Si ma position et mes fonctions eussent pu me
permettre de faire un an de séjour en Angleterre, lorsque je travaillais aux Monuments inédits, je n'aurais pas
balancé d aller y faire des recherches : la Vie de sainte Madeleine, par
Raban Maur, dont nous ne possédons en France aucune copie, peut justifier ce
que j'avance ici. Je crois donc, Monsieur, que, si vous pouviez parcourir les
bibliothèques d'Angleterre, vous pourriez y faire des découvertes qui
jetteraient beaucoup de jour sur l'origine de nos Églises, et probablement
sur l'apostolat de saint Martial ([13])". Si la Providence, qui nous emploie
aujourd'hui à un laborieux ministère, nous réserve un jour quelque loisir,
nous espérons bien faire sur ce sujet quelque découverte nouvelle : mais, en
attendant, nous croyons que l'histoire moderne doit, dès à présent, casser le
jugement qu'elle avait porté sur l'apostolat de saint Martial, et assigner,
sans hésitation, sa mission au Ier siècle. Résumé
- Conclusion Voilà donc une tradition constante, que nous
trouvons établie d'une manière positive ou confirmée indirectement par des
témoignages historiques, en remontant de siècle en siècle jusqu'au premier
âge du Christianisme. Au XIème siècle, nous la trouvons répandue partout, non
seulement dans toutes les Églises d'Aquitaine qui reconnaissent saint Martial
pour fondateur, mais encore d'un bout de la France à l'autre, en Angleterre
et en Italie, à Constantinople et dans la Palestine, c'est à dire dans toute
l'étendue du monde chrétien. On en voit les preuves irréfragables dans les
conciles tenus à Paris et à Poitiers, à Bourges et à Limoges, sur la question
de l'apostolat de saint Martial au commencement du XIème siècle. - Au Xème
siècle, les Églises de Bordeaux et d'Angoulême, du Qnercy
et de la Bourgogne, etc., ajoutent leurs témoignages à ceux du Limousin. - Au
IXème siècle, nous trouvons notre tradition consignée dans la Vie de saint Sacerdos, dans les peintures murales de Saint Sauveur,
dans le livre des Miracles de saint Martial et dans les écrits de Raban Maur,
archevêque de Mayence. - Au VIIème siècle, notre tradition est confirmée par
le moine Florus, auteur des Additions au Martyrologe de Bède; elle est
appuyée indirectement par le célèbre diacre Paul Warnefride,
secrétaire de Didier, roi des Lombards. - Au VIème siècle, les légendes de
saint Ausone et de saint Austremoine, attribuent
sans hésitation la mission de saint Martial au temps de saint Pierre. Au
VIème siècle cette tradition se retrouve encore non seulement dans l'Église
de Limoges, mais encore dans les Églises de Poitiers, de Bourges et d'Arles:
elle n'est contredite que par un mot de Grégoire de Tours : or, après la
réfutation que nous avons faite de ce passage, on peut juger combien cette
contradiction est peu sérieuse, et nous avons d'ailleurs, pour contrebalancer
Grégoire de Tours, un de ses contemporains les plus illustres, Fortunat,
évêque de Poitiers, dont les vers composés sur la légende de saint Martial
prouvent que notre tradition est antérieure à Grégoire de Tours. - En
remontant plus haut encore, nous trouvons un appui indirect dans une lettre
du pape Innocent Ier. - Au IIIème et au IIème siècle, notre tradition est
confirmée indirectement par Tertullien et saint Irénée, qui affirment que, de
leur temps, il y avait des Eglises chrétiennes établies chez les diverses nations des Gaules et chez
les Celtes. Bien plus, des monuments étrangers, d'une
autorité incontestable, donnent à notre tradition une confirmation éclatante
: c'est ainsi que dans l'Église romaine, notre tradition se rattache à celle
de saint Paul et de saint Luc; et nous la trouvons consignée dans les
vieilles archives de Sainte Marie in
Via Lata. Dans la Toscane, l'église de Saint
Martial bâtie près de la ville de Colle,
sur le tombeau de saint Austriclinien, et les
souvenirs traditionnels qui s'y rattachent; en Orient, la Vie de saint
Martial, écrite en grec, qui se trouvait, au Xème siècle, dans le monastère
du Mont Sinaï, et qui faisait de l'apôtre de l'Aquitaine un des soixante
douze; puis l'église de Saint Martial que le cosmographe Thévet
assure avoir vue, dans son voyage en Palestine, près de la ville de Rama dans
le lieu où la tradition ancienne faisait naître le premier évêque de Limoges
: 116> voilà des monuments voilà un faisceau
de traditions qui, en s'accordant avec la nôtre, et en se donnant un mutuel
appui, jettent une vraie lumière historique sur la mission de saint Martial
au temps des apôtres. Cette tradition est catholique ou universelle : elle
est de tous les temps et de tous les lieux. Et l'on voudrait que tant d'Églises, dans les
Gaules et dans l'Italie, en Angleterre et en Palestine, se fussent accordées
à admettre un fait historique qui n'aurait aucun fondement ! - Et l'on
voudrait que toutes les Églises d'Aquitaine eussent perdu de vue un fait
aussi important que celui de leur origine, que l'époque de la mission de leur
premier apôtre, et se fussent laissé tromper par le rêve fabuleux de quelque
imposteur !…Mais à qui persuadera-t-on que tant d'Églises, rivales de celle
de Limoges, aient admis sans réclamation un fait qui donnait à notre Église
une telle supériorité d'origine ? Et comment supposer alors que l'erreur
devint si générale ? Comment supposer que l'Aquitaine et la France, Rome et
la Toscane, l'Occident et l'Orient se rendissent complices du mensonge, et
s'accordassent unanimement sur un fait controuvé ? Comment expliquer que tant
d'Églises étrangères, parfaitement désintéressées dans la question, rendent
le même témoignage ? Comment expliquer qu'un si grand nombre de témoins, dont
plusieurs, comme nous l'avons vu, n'ont pu s'entendre, fassent sur ce point
une déposition unanime ? - Il faut reconnaître avec Tertullien que "une
tradition qui est la même en beaucoup de lieux, n'est pas une erreur, une
fiction ou un mensonge, mais une vérité transmise de vive voix ([14])" Et c est
pourquoi nous terminerons ce chapitre par ces paroles du savant et illustre
de Marca, que nous sommes fier de trouver avec nous dans cette importante
discussion :"J'ai pensé qu'il fallait, non pas renverser, mais conserver
nos traditions, qui sont fondées sur la vérité : avec d'autant plus de raison
qu'elles ont été reçues autrefois dans l'Église romaine et dans tout le monde
chrétien ([15])". Plaidoyer critique Saint Martial de Limoges, - Annales du midi –
page 289 et suivantes – 1892 – Notice de L. Duchesne Ce texte, critique par rapport à celui de
l'Abbé Arbelot, ci-dessus, comporte aussi la
citation des sources historiques, notamment celle-ci : Adémar de Chabannes ([16]), écrit : "Martial est un contemporain du Christ. Le
Sauveur étant venu à passer par la tribu de Benjamin, deux juifs de ce pays,
Marcel et Élisabeth, entendirent sa prédication et furent baptisés par saint
Pierre, avec leur fils Martial et d'autres personnes, au nombre desquelles
étaient Zachée (de Roc-Amadour) et Joseph
d'Arimathie. Le jeune Martial (il avait alors une quinzaine d'années)
s'attacha à saint Pierre, avec lequel il était apparenté , et suivit dès lors
le collège des douze apôtres. Il assista ainsi à la résurrection de Lazare, à
la dernière Cène, au lavement des pieds (c'était lui qui tenait la
serviette); il vit les apôtres toucher les plaies du Christ ressuscité,
mangea avec lui, assista à l'Ascension et à la Pentecôte, et reçut ainsi la
même mission que les apôtres et la même effusion dit Saint-Esprit. Avec saint
Pierre il prècha à Antioche, puis à Rome, où il
amena d'Antioche quelques-uns de leurs convertis, notamment Alpinien et Austriclinien. Au
bout de quelque temps, saint Pierre l'envoya, avec ces deux compagnons,
évangéliser la cité de Limoges. En route, c'est-à-dire à Else
en Toscane, eut lieu la mort et la résurrection d'Austriclinien…" Autres sources Selon
cette source, Martial (Margziam) est l'enfant qui a distribué les pains
lors de la première multiplication des pains (4.136) : De l'Histoire des
Archevêques de Bordeaux du Chanoine Lopès nous
tirons ces notes: "Saint Martial est, d'après la tradition, l'enfant que le Sauveur bénit et au
sujet duquel il dit ces paroles touchantes: "Laissez venir à moi les petits enfants". C'est
encore lui qui portait les cinq pains
d'orge que Jésus multiplia dans le désert. Retour à l'index des personnages |
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[1] Grégoire de Tours – Historia Francorum
– I,30 : Grégoire de Tours date l'arrivée de Martial à Limoges du IIIème
siècle.
[2] Il y eu un concile local
à Limoges en 936, mais il s'agit probablement des conciles locaux tenus au
XIème siècle : "Les Prélats d'Aquitane célèbrent
deux conciles à Limoges dans l'onzième siècle . Le premier fut tenu en 1029. Gauzelin de Bourges y présida. Cette assemblée se fit sur
la contestation qui s'émût s'il fallait donner à saint Martial, évêque de
Limoges, le titre d'apôtre, comme voulaient les limousins, ou seulement de
conseiller comme le soutenaient d'autres. Le Concile ne put terminer cette
question. On l'agita encore dans un autre tenu à Bourges et puis à Limoges en
1032 et non pas en 1034, comme disent Baronius et
Bini. Avec cela on consulta le Saint Siège qui décida que S. Martial devait
être révéré comme apôtre. Aimoin de Bourbon,
archevêque de Bourges y présida; et Jourdan, évêque de Limoges , se trouva à
l'un et à l'autre de ces conciles". Le grand dictionnaire historique ou mélange curieux de l'histoire
sacrée et profane – Louis Moreri, docteur en
théologie – 1683 - Lyon – Tome 2 - page
422
[3] Guillaume comte
d'Angoulême qui n'était pas encore de retour de son pèlerinage en Terre Sainte.
Fleury a confondu ce Guillaume d'Angoulême avec Guillaume comte de Poitiers.
[4] Le moine Siméon savait
cinq langues l'égyptien, le syriaque, l'arabe, le grec et le latin.
[5] Il s'agit de l'Abbé
Claude Fleury (1640-1723) qui consacra sa vie à l'écriture d'une "Histoire ecclésiastique" de référence.
[6] Les Bollandistes ont
donné sa Vie au premier jour du mois de juin Acta Sanctorum,
tome I, juin, p.87). On peut en voir l'abrégé dans Fleury ("Histoire
ecclésiastique" – T. 59, n° 27 et 32).
[7] Daniel Van Papebroeck, dit Papebroch
(1628-1714). Érudit
prolifique, jésuite bollandiste, célèbre en son temps, Daniel Papebroch publia des Vies
des saints, Acta sanctorum, qui finirent par être interdites
(source Ecyclopaedia Universalis)
[8] Cosmographie
Universelle d'André Thévet (1516-1590), explorateur
et cosmographe.
[9] Village, hameau, de
l'italien casale.
[10] Cosmographie Universelle, liv. VI, chap
VII. Des anciennes villes de Jaffé et de Rarna.
(Édition in folio 1575 T I p 169)
[11] Cette légende commence
ainsi "Patebant quœdam
fortiorum impiorum gesta… Eo namque
tempore quo Dominus noster Jesus Chrislus ex intemerato aimœ Virginis utero, etc." (Collection de la reine de Suède
n° 543). Il serait possible que cette Vie fût celle qu'Ellies
Dupin dit avoir été composée, au commencement du IXème siècle, par saint Odon
de Cluny, Vie encore inédite, que nous n'avons pu trouver jusqu'à présent.
[12] Une Vie de saint
Martial, évêque, avec celle de saint Alexis, etc., dans le collège de Saint Jean
Baptiste d'Oxford en Angleterre mais dont on ne dit pas le siècle" Catal mss. Angl. 1697) (Note
de Nadaud).
[13] Lettre de M. Faillon datée d'Issy 2 mars 1854
[14] Cœlerum
quod apud multos unum invenitur non est erratum, sed traditum. (TERTULLIAN - De
Prœscript. C. XXVIII)
[15] (De tempore paedicatae
primum in Galliis fidei ° 27 - Apud Acta SS.,
T. V junii p 552)
[16] Adhémar de Chabannes (988-1034), l'un des
moines les mieux connus du XIe siècle, auteur de deux œuvres hagiographiques
sur saint Martial