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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Dictée sur la tentation
sensuelle de Jésus et sévère rappel à l’ordre pour ceux qui ont demandé des
explications sur ce point Commentaires des
épisodes suivants : Tentation au désert (2.5) et instructions
données à Judas (2.32) |
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Index des "Cahiers" >> Sommaire de février 1947 Catéchèse du 18 février 1947 Accès direct aux rubriques : |
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RETOURS AUX FICHES
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341> Au sujet des visions
des 24 et 25 février 1944, du 3 janvier 1945 et du 17 janvier 1945, Jésus dit
:
J’aurais désiré que
vous suiviez mon exemple de prudence à l’égard du petit enfant que j'ai placé
au milieu de vous: il se doit de vous rapporter tout ce qu’il voit,
autrement dit tout ce qui est utilisé pour et contre le Christ, mais son
inexpérience et la bonté paternelle de Dieu lui servent de protection
providentielle contre les plus cruelles misères et actions des hommes et de
Satan. Je l’aurais désiré
par respect pour le petit enfant dont les yeux contemplent Dieu, et je
l’aurais voulu parce que cela m’aurait montré votre état d’âme, que je
souhaiterais être juste jusque dans ses moindres nuances. Rien, dans la
justice, n’est insignifiant, inutile ou négligeable. La grande action visible
de savoir mourir pour elle a de la valeur, tout comme l’imitation silencieuse
et cachée de moi par la manière de se conduire envers ses frères, ses enfants
spirituels ou vos disciples. Car vous qui êtes pères et maîtres spirituels,
bergers auxquels j’ai confié mes agneaux, vous vous êtes volontairement
consacrés à cette paternité spirituelle et à cet enseignement des petits, et
vous devez être mes imitateurs. Enfin, je l’aurais
désiré parce que vous m’auriez montré l’état de votre intelligence, libre de
tout ce qui suscite confusion et brume dans la vérité si clairement
compréhensible qui ressort de mes pages; vous auriez aussi fait la preuve de
la constante perfection de Jésus Christ Dieu et Homme en toute circonstance
de sa vie mortelle, dans tous ses actes, paroles, et même silences. Il y a en
effet des silences plus parlants que toute parole, et plus instructifs que
toute doctrine. D’ailleurs, cet épisode,
dans le passage que vous refusez d’accepter en le prétendant
"inconvenant", vous parle précisément par la magnifique leçon de
mon silence opposé à la partie impure de la tentation satanique. Dans mon
silence, ma totale indifférence aux sollicitations de Satan, vous auriez
dû reconnaître la glorification du Christ. Au contraire, vous lui avez trouvé
un autre sens, celui d’un avilissement pour le Christ. Le fait que le Christ
soit tenté par l’impureté vous donne l’impression qu’il est porté atteinte à
sa dignité. Vous confondez la tentative et le résultat. L’atteinte à
la dignité, c’est le résultat. L’échec de la tentative, c’est la
glorification. Ne savez-vous pas faire cette distinction ? Dans ce cas, vous
n’avez pas su lire la vérité passée sous silence quoique manifestement
visible qui se trouve dans la vision et dans les dictées.
Maintenant, si vous
projetez sur cet épisode le reflet de votre propre humanité parce
que vous ne pouvez admettre qu’on puisse ne pas se sentir troublé
intérieurement par une tentation extérieure, parce que vous ne pouvez
admettre que le Christ lui-même, le Saint de Dieu, puisse avoir été tenté de
l’extérieur sans en éprouver de trouble intérieur, alors
c’est vous qui donnez cette coloration à l’épisode. Mais vous ne pouvez pas
dire qu’il révèle un trouble inconvenant du Christ : en vérité, ce trouble ne
peut être admis par respect pour la dignité du Seigneur Jésus puisqu’il a
toujours existé dans le Christ ordre et harmonie entre chair et
esprit, tous deux toujours respectueux et parfaits pour rendre gloire à leur
Créateur. Si donc votre avis diffère de ce qui ressort sans l’ombre d’un
doute de l’épisode en question, reconnaissez que c’est vous qui projetez sur
ce passage de l’épisode ce qui s’agite en vous lorsque vous faites des
"suppositions" — comme vous dites à propos d’autres choses — qui
sont vôtres, des suppositions que rien, dans l’épisode, ne justifie ni ne
permet de croire. C’est grave. Pourquoi
m’obligez-vous à vous dicter ces mots ? Ne voyez-vous pas la peine que vous
me causez en me contraignant à faire cette dictée uniquement pour certains
parmi vous ? Ne comprenez-vous pas qu’il n’est guère louable d’étaler au
grand jour un scandale — que vous ne sentez pas réellement — dans le seul but
de troubler le porte-parole, de l’inciter à douter de la Voix qui
lui parle, à perdre confiance, ou encore pour la tenter de modifier certains
passages de l’ouvrage ? Ce que, d’ailleurs, vous lui reprocheriez ensuite, et
vous le lui opposeriez comme preuve essentielle que l’Œuvre est le fruit de
son imagination. Modifier certaines parties de l’ouvrage comme si une
créature pouvait se permettre de le faire sur des pages que, moi, j’ai
dictées ! Et pourquoi creuser encore et toujours un point sur lequel je ne
me suis pas arrêté, pas même lorsque je l’ai subi, ni en pensée ni en parole
en m’abaissant à en discuter avec Satan, et sur lequel j'avais conseillé
de ne pas s’arrêter et de ne pas revenir; car il me dégoûte, maintenant comme
autrefois ? Il me dégoûte, vous dis-je. Voilà la seule et unique réaction
que la laide insinuation de Satan a provoquée en moi. Une fois pour toutes,
je vais maintenant vous apporter les réponses que vous désirez, afin que vous
ayez "cette pleine clarté sur ce passage" qui, aux dires de l’un
d’entre vous, "serait souhaitable". Je vais vous les apporter. Ni
le porte-parole ni lui (encore moins !) ne se permettra ensuite de retoucher
le texte pour le rendre cristallin", comme le voudrait toujours l’un
d’entre vous. Chacun à sa place !
De qui vient la
tentation ? Du démon, des personnes mauvaises, des passions. Elle est donc
causée par des facteurs externes ou internes. Mais je vous assure, en vérité,
que les plus dangereux sont les facteurs internes, autrement dit les inclinations
désordonnées et les instincts ou incitations demeurés en l’homme avec les
autres misères qui sont la conséquence du péché d’Adam. Ces facteurs
internes, Satan les excite — ou tente de les exciter — par tous les moyens,
et pour ce faire il est très bien servi par les hommes qui vous entourent et
par votre moi humain: ce dernier est en effet un domaine de tentations
toujours ravivées, car il possède de fortes tendances à l’égoïsme de la
matière et à la sensualité de l’esprit, le premier poussant la chair à se
rebeller contre Dieu et contre l’âme, la seconde portant l’esprit à cet
orgueil stupide qui se croit tout permis, jusqu’à critiquer les œuvres de
Dieu et ses justices.
Si votre bonne
volonté, saintement impitoyable, terrassait ces incitations, elles
demeureraient stériles, comme des plantes nuisibles desséchées, ou du moins
étiolées au point de ne plus pouvoir pousser; mais au contraire sujettes à
s’affaiblir peu à peu, jusqu’à leur destruction totale. L’homme, au
contraire, les laisse exister en lui, et elles poussent, toutes ragaillardies
par les bouchées appétissantes que l’homme imprudent lui accorde, sans
réaliser que chaque compromis avec ce qui est illicite — même s’il est petit
et apparemment insignifiant, sans conséquence — prépare des compromis plus
graves. Car l’appétit pour les concupiscences se renforce au fur et à mesure
que leur saveur perd de son piquant. Une fois satisfaite la violence toujours
renaissante et croissante des appétits, la force des instincts désordonnés
s’accroît ; ces derniers grandissent alors jusqu’à envahir l’homme tout
entier et finissent par faire tomber les barrières de la conscience. Ah ! Il en est comme
d’un arbre placé dans un endroit exigu. Tant qu’il n’a pas atteint son plein
développement, il est contenu dans l’enceinte où l’homme l’a placé, mais
lorsqu’il a poussé et que ses racines sont aussi grandes que ses frondaisons,
alors elles ne peuvent plus rester confinées dans cet endroit étriqué et
s’insinuent sous la base des murs d’enceinte à la recherche d’espace, comme
les branches l’ont fait en hauteur; ce faisant, leur poussée soulève les
murs, les désagrège, les font s’écrouler en ouvrant des brèches par lesquels
peuvent entrer voleurs ou enfants pour dépouiller frauduleusement l’arbre de
ses fruits et de ses branches, en le malmenant parfois jusqu’à provoquer sa
mort. Dans le cas de l’âme, l’arbre de l’inclination désordonnée aux
concupiscences, s’opposant à l’inclination de l’esprit vers sa fin — Dieu —,
ouvre une brèche pour Satan et pour le monde, qui s’allient pour séduire le moi
imprudent, lui apportant la mort ou la violation, la mutilation, de la
belle intégrité de l’esprit.
Il est logique qu’il
en soit ainsi. Dans les batailles que se livrent deux armées ennemies, où
l’adversaire portera-t-il ses assauts les plus violents ? Sur les positions
les plus faibles ou les moins importantes ? Non, sur les points essentiels,
les mieux fortifiés. Les autres ne sont que conquêtes faciles qu’on laisse
pour la fin, quand les troupes sont déjà fatiguées, juste pour les encourager
à la victoire, afin que cela les stimule pour mener les combats plus durs. Il
serait bien sot, le chef d’armée qui épuiserait les hommes et gâcherait des
moyens pour faire d’imposants déploiements de forces et qui gaspillerait des
munitions contre une ville aux remparts déjà écroulés à cause de l’incurie de
ses défenseurs, ou bien prête à se rendre sans combattre. Satan n’est jamais un
conquérant stupide. Il sait très bien organiser ses assauts. Et s’il voit de
la faiblesse spirituelle et morale, s’il se rend compte que les remparts de
la conscience sont grandement fragilisés — les mauvaises inclinations de
l’homme ont servi de bélier contre eux —, et, pire, là où il discerne un
plein consentement à l’accueillir en ami, il ne se lance pas dans de violents
assauts mais se contente d’user de séduction. Mais pour peu qu’il sente de la
résistance et prévoie une défaite, il s’avance avec force en mettant en œuvre
tous ses moyens, de la flatterie à la terreur, et il ne se lasse pas de s’y
reprendre des centaines, des milliers de fois, directement ou en ayant
recours au monde et aux circonstances, autrement dit à tous les moyens
externes pour conquérir sa proie ou tourmenter les enfants de Dieu — ce que
recherche au moins cet éternel ennemi des bons. En vérité, je vous
dis que lorsqu’une créature est parvenue à l’héroïcité de la vertu, ou que,
comme le dit Paul, lorsque la créature "s’est armée de force dans le
Seigneur, de sa force toute puissante", [4] c’est alors qu’il
convient de se revêtir "de l’armure de Dieu pour être en état de tenir
face aux manœuvres du diable″, car c’est alors que, toujours selon
l’Apôtre, la personne "ne combat plus par la chair et le sang, mais
contre les autorités et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de
ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes",
en d’autres termes contre la force de l’enfer, lequel déchaîne directement
les grandes rafales des fortes tentations en un ultime effort pour essayer
d’abattre l’âme de géant qui lui résiste.
Gardez-le toujours en
mémoire. Rappelez-vous également que la vie de l’homme lui sert à expier le
mal qu’il commet. Dans le meilleur des cas — c’est-à-dire quand on ne commet
pas la moindre faute consciemment —, elle sert toujours d’expiation ou si
vous préférez, de souffrance consécutive au péché originel, bien que mon
Sacrifice et la réintégration dans la grâce que je vous ai ainsi obtenue
l’ait réduite avec surabondance; dès lors, chacun est tenu de souffrir pour retrouver ce degré de justice, donné
gratuitement, que possédèrent vos premiers parents avec la vie. Oh, la sainte
et immaculée innocence des premières créatures, que les actuelles doivent
rétablir par leur souffrance, en plus des dons gratuits que je vous ai
obtenus par mon Sacrifice ! [5] Par conséquent, quand
vous voyez le Saint des saints, ou quelque autre saint, fortement tenté, ne
dites pas: "Cela est inconvenant." Observez plutôt sa réaction.
Voyez s’il reste indifférent à la tentation, ce qui prouve qu’il
est parvenu à la perfection que je vous ai conseillée : "comme mon Père
est parfait", perfection qu’aucun agent ne saurait troubler; si
vous voyez qu’il reste indifférent à la tentation et qu’il a gagné le combat
contre toutes les réactions de la chair et du sang, ou si vous voyez un juste
capable de lutter en même temps contre le désordre provoqué par l’extérieur
qui voudrait se redresser, et contre la Bête qui le provoque et l’incite au
désordre, ne dites pas que c’est inconvenant. Reconnaissez au contraire que
cela sert à faire briller le degré de perfection atteint par la personne
tentée, ou à l’illuminer.
Seul l’homme peut
donc être tenté, lui qui se compose de
substance matérielle et de substance spirituelle, et dont la raison,
l’intelligence et la conscience sont libres, pour pouvoir discerner le bien
et le mal et vouloir l’un ou l’autre. Seul l’homme, qui mène encore son
combat, peut être sujet à la tentation, en raison de sa triste hérédité due
au péché des premiers ancêtres de l’humanité. Depuis le jour de la
chute d’Adam de son état d’innocence à celui de pécheur, depuis le jour où la
femme voulut connaître de près l’arbre interdit et où le Serpent put parler à
Ève, qui l’a écouté attentivement au lieu de le fuir et a accueilli ses
paroles mensongères et ses désastreuses suggestions, l’homme se trouve perpétuellement
près de l’arbre du bien et du mal autour duquel Lucifer s’enroule, et il
subit la tentation. Mais c’est par sa
victoire sur les incitations au péché qu’il acquiert la justice et conquiert
sa couronne immortelle; sinon, s’il réitère le geste d’Ève et cueille le
fruit interdit en obéissant au Tentateur; il s’empoisonne jusqu’à parfois en
mourir. C’est précisément grâce à vos victoires sur les tentations
extérieures et grâce à votre maîtrise sur vos sens et sur l’orgueil — par
conséquent sur les excitations intérieures — que vous, les hommes, devenez
"des dieux et des fils du Très-Haut", [6] semblables à votre
Frère très saint Jésus, qui a subi des tentations mais sans jamais y céder;
parce qu’il a refusé de pécher. On peut être tenté sans notre assentiment.
Mais on ne devient pécheur qu’avec son consentement.
Ne me comprenez pas
mal ! Je parle de pressions et de circonstances, pas de luxures. Ces
pressions et ces circonstances étaient le fait de parents incompréhensifs, de
citadins encore plus obtus que ma parenté, de compatriotes hargneux,
d’ennemis fourbes, d’amis traîtres. Il n’y a pas que la sensualité qui pousse
au péché. Il y a bien d’autres causes. Et vous, que dites-vous ?
Prétendez-vous, par exemple, que la conduite de Judas n’aurait pas été cause
de péché contre l’amour chez quelqu’un d’autre ? Soutiendriez-vous encore que
l’animosité des scribes, des pharisiens et de tous mes adversaires n’était
pas une tentation continuelle à réagir humainement, alors qu’ils étaient si
subtils pour s’opposer à moi et que leurs moyens et leurs accusations étaient si bas ? Je n’ai pas péché.
J’ai déclaré : "Lequel d’entre vous peut me convaincre de péché ?"
Je l’ai dit à mes ennemis d’alors [8]. Je peux le répéter
à mes ennemis d’aujourd’hui, et même aux incrédules et à ceux qui doutent de
ma sainteté. Mais même si je ne le vous dis pas à vous, que je veux
considérer comme des amis malgré la peine que vous me causez en faisant
souffrir mon petit Jean [surnom donné à
Maria Valtorta], mes œuvres sont parlantes. Se trouverait-il la
moindre parole, le moindre acte rapporté dans l’ouvrage
que j'ai
dicté et expliqué qui puisse vous convaincre de péché, d’un seul péché, de
votre Maître ? Cet ouvrage, c’est moi. Non seulement c’est moi qui l’ai dicté
et expliqué, mais c’est moi qui le vis, qui me présente à vous tel que
j’étais quand j'étais un mortel, dans l’environnement qui m’entourait, dans
le petit monde saint de ma famille, dans celui — plus large et plus divers,
en fonction des individus qui le composaient — de mes disciples, ou encore
dans celui, plus vaste, de toute la Palestine, qui était aussi plus
changeant, agité et parcouru de courants divers, semblable à une mer en
mouvement autour de moi, sous un ciel changeant de mars, parfois paisible et
serein, juste après couvert de nuages et parcouru par des vents tempétueux
soulevant la mer en lames qui grondaient leur rancœur contre moi et se
faisaient menaçantes jusqu’à m’assaillir; jusqu’à la violence finale du
vendredi-saint. Pourquoi refusez-vous
de me reconnaître ? Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Pourquoi
voulez-vous ressembler à ceux qui s’opposaient
à moi dans le temple en disant : "Nous ne savons pas qui tu
es" ? [9] Êtes-vous, vous
aussi, comme les apôtres qui montrèrent à la dernière Cène qu’ils ne me
connaissaient toujours pas pour ce que j’étais : le Verbe Fils du Père, qui
retourne au Père après être longtemps resté parmi les hommes pour leur
transmettre les paroles que le Père leur donnait ? [10] Mais eux, mes
pauvres apôtres, n’avaient pas encore reçu l’Esprit Saint, celui qui éclaire
toute vérité. Vous, en revanche, vous l’avez reçu. Sa lumière ne suffit-elle
pas à vous éclairer le Christ qui se trouve dans ces pages ?
Je vous le redemande
: pourquoi m’obliger à vous dicter ces mots ? Est-ce que ce sont ceux que je voudrais
vous dire ? Ne me faites pas souffrir. La douleur que me causent ceux que je
veux considérer comme mes amis est la douleur qui me fait le plus mal... Moi, Jésus, je n’ai
jamais consenti au péché, je n’ai jamais ressenti le moindre trouble pour le péché.
Souvenez-vous-en, le seul trouble que la puanteur du mal ait pu me causer en
s’agitant autour de moi était l’horreur; le dégoût de la faute. Je
préférais approcher un lépreux mourant de sa maladie plutôt qu’un homme en
bonne santé mais couvert des croûtes du vice et puant de luxure, surtout s’il
était impénitent. Mon amour infini pour les pécheurs, qu’il me fallait
sauver; m’a toujours aidé à surmonter ma nausée devant leur puanteur
spirituelle. Mon Père, mon Père seul sait quelle longue passion ce fut pour
moi de devoir vivre entouré des déchaînements des tentations et de la vague
boueuse des péchés qui parcourent la terre et font plier les hommes, les
emportent. Devoir vivre et voir le naufrage de tant d’hommes sans pouvoir
emprisonner la Bête, puisque le moment n’en était pas encore venu... Ce ne
l’est toujours pas. Elle continue donc son chemin, exhalant son haleine
infernale, semant son venin, suivie de la vague colossale et toujours plus
haute de péchés de plus en plus nombreux. Maintenant encore, j’en éprouve
nausée et douleur.
Ils sont trois dans
le ciel à témoigner de la nature divine de Jésus, qui est le Christ de sa
naissance à sa mort, puis au-delà de la mort et de la résurrection pour les
siècles des siècles, sans nulle interruption, comme certains hérétiques ont
voulu le soutenir. Le Père : durant ma vie
publique, il me désigne à trois reprises comme son Enfant bien-aimé, celui en
qui il met sa complaisance, et sa gloire. Sur le Mont Thabor, la voix du Père
éternel fut entendue par trois personnes seulement que, à cause de leur
condition de disciples, les négateurs peuvent taxer d’exaltation ou de
mensonge ; puis au Jourdain et tout particulièrement à Jérusalem, bondée en
raison de l’imminence de la Pâque des pains azymes, où beaucoup de monde — on
pouvait même parler de foule, où se mêlaient Israélites et païens, juifs et
prosélytes, disciples et ennemis du Christ — entendirent le témoignage de mon
Père. Par trois fois, à
trois moments et en trois lieux et circonstances, le Père m’a donc rendu
témoignage sans jamais se démentir. Or seules les vraies versions restent
immuables, alors que les fausses subissent avec le temps des altérations qui
en dévoilent l’origine mensongère. Si donc, par trois fois, à trois moments
et en trois lieux et circonstances, une Voix, d’une puissance toujours égale
et bien différente de la mienne comme de celle de tout autre homme, tonna du
haut des cieux pour rendre le même témoignage sur moi, c’est bien le signe
que j’étais réellement Dieu, semblable au Père; ce n’est en effet que d’un
Enfant qui soit Dieu comme lui que le Père peut dire se glorifier — puisqu’il
l’a engendré — et se complaire en lui, en le voyant aussi parfait que lui de
par sa nature divine, et parfait par volonté et grâce dans la nature humaine
qu’il a assumée. Le Verbe témoigne de la nature
divine du Christ par son enseignement plein de sagesse et par ses actes, dont
la nature et la puissance témoignent par eux-mêmes de celui qui prêche le
premier et accomplit les secondes: un Dieu. L’Esprit Saint, quant à lui, en
témoigne en se manifestant sous la forme d’une colombe au Jourdain et de feu
au Cénacle, à la Pentecôte, pour parachever l’œuvre du Christ, ce qu’il fait
en purifiant et en perfectionnant les apôtres en vue de leur ministère, selon
ma promesse, et en étant, pour ceux qui savent voir, présent et
transparent dans toute parole de sagesse infinie et charitable qui sortait
des lèvres du Maître, Jésus Christ. L’Esprit Saint ne vient jamais en aide
aux menteurs. Il les abandonne au Père du Mensonge et fuit loin d’eux. En revanche,
il est toujours resté à mes côtés, car je suis Jésus Christ Dieu et Homme,
comme je l’affirmais. Et trois choses
rendent témoignage sur la terre à ma véritable humanité : l’esprit que j'ai
rendu comme tout un chacun après une pénible agonie, mon sang versé lors de
la Passion, et l’eau qui jaillit de mon côté inanimé en même temps que les
dernières gouttes de sang de mon cadavre recueilli dans la cavité de mon cœur
mort. Vous savez aujourd’hui que seul un vrai corps laisse couler du sang en
cas de blessure, et que seul un vrai cadavre montre la séparation de la
partie aqueuse du sang — ce que vous appelez le sérum — du reste, qui se
coagule en caillots ou, du moins, devient plus épais et plus sombre que le
sang vivant, si le temps écoulé de la mort à l’écoulement du sang est encore
trop court. Mais en ce qui me concerne — et mon saint suaire est là pour en
témoigner —, j’ai répandu des caillots de sang parce que j’étais déjà mort
depuis un certain temps quand je fus blessé au côté, j'étais déjà devenu froid
et raide, rapidement, à cause des conditions particulières qui m’avaient
conduit à une mort rapide.
Paul de Tarse écrit à
ceux qui auraient pu le démentir si sa description avait été exagérée ou
mensongère : "Celui qui a été abaissé de peu au-dessous des anges, Jésus,
nous le voyons couronné de gloire et d’honneur, parce qu’il a souffert la
mort : (He 7, 26) il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de
tout homme, il goûtât la mort. Il convenait en effet que, voulant conduire à
la gloire un grand nombre de fils, celui pour qui et par qui sont toutes
choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les
guider vers leur salut... Puisque donc les enfants avaient en commun le sang
et la chair; lui aussi y participa pareillement afin de réduire à
l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort... Car ce
n’est certes pas des anges qu’il se charge, mais c’est de la descendance
d’Abraham qu’il se charge. En conséquence, il a dû devenir en tout semblable
à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre
miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple. Car du fait
qu’il a lui-même souffert par l’épreuve, il est capable de venir en aide
à ceux qui sont éprouvés... [13] Nous n’avons pas un
grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé
en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché... [14] Tout
grand prêtre... est établi... afin d’offrir dons et sacrifices pour les
péchés. Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les
égarés, puisqu’il est lui-même également enveloppé de faiblesse... [15] Oui,
tel est précisément le grand prêtre qu’il nous fallait, saint, innocent,
immaculé, séparé désormais des pécheurs, élevé plus haut que les
cieux." [16] Par conséquent Saul,
qui était cultivé et contemporain des juifs de mon temps, devenu Paul, rempli
de sagesse de vérité, connaissant la réalité de mon personnage historique et
avec l’aide des lumières de l’Esprit Saint, témoigne lui aussi que je suis
vrai Dieu et vrai Homme, égal au Père de par ma nature divine et incréée,
égal à ma Mère de par ma nature humaine et créée, Christ sans interruption et
Réparateur, Sauveur, parfait Rédempteur pour l’éternité. Si donc j’étais
Homme, pourquoi n’aurais-je pas dû subir les tentations comme tout un chacun
? Si le Père a voulu me rendre "en tout semblable" à vous, pourquoi
aurait-il dû m’accorder l’injuste privilège de ne pas connaître la souffrance
et l’effort des tentations — et pourquoi aurais-je dû y prétendre —, alors
que tous les hommes les subissent et qu’ils y réagissent différemment en
fonction de la prépondérance ou de l’absence en eux de la bonne volonté de se
sanctifier, autrement dit en fonction de leur spiritualité ou de leur
instinct charnel ? Mais c’est justement parce que je me suis perfectionné par
le moyen de la souffrance continuelle que j'ai été l’Hostie parfaite ! Si le
Père avait voulu que le démon n’approche pas cet homme qu’était son Verbe
incarné, n’aurait-il pas pu l’en empêcher ? Ne l’a-t-il pas fait en me
dissimulant pendant trente ans aux recherches de Satan, par tout un ensemble
de circonstances providentielles ? S’il l’avait voulu, lui était-il
impossible de poser des limites aux tentations qui m’assaillaient, s’il avait
voulu en permettre certaines mais pas toutes, pas celle-ci précisément,
car inconvenante pour le Christ ? N’aurait-il pas pu me rendre supérieur aux
hommes et aux anges ? Pourquoi donc m’avoir rendu de peu inférieur aux anges
et semblable aux hommes ? Est-ce que ces mots de l’Apôtre qui affirme que je
suis un homme en tout semblable aux autres ne contredisent pas le passage où
il dit que je suis de peu inférieur aux anges ? Ne vous serais-je donc pas
semblable ? Ne serais-je donc pas semblable à Dieu, puisque Dieu est plus
grand que les anges ? L’Apôtre aurait-il proféré des blasphèmes, des sottises
ou des mensonges ? Et s’il ne l’a pas fait, en quoi consiste cette
différence, cette égalité et cette infériorité dans le fait d’être différent
des anges, inférieur à eux, égal aux hommes et en même temps inégal puisque
je suis de peu inférieur aux anges ? Mais n’est-ce pas blasphématoire de
prétendre que le Verbe incarné est inférieur aux anges ? En quoi consiste
cette différence qui est en moi, par rapport aux anges et aux hommes ?
Je vais cependant
vous montrer cette différence, et vous dire comment il est possible que je
sois semblable à vous et en même temps de peu inférieur aux anges. Je suis comme vous,
je suis l’Homme, par conséquent je suis indéniablement inférieur aux anges,
car l’homme n’est pas cette créature spirituelle qu’est l’ange, la plus noble
de la création : ceux-ci sont purement spirituels, ils possèdent une grande
intelligence, et une intelligence rapide puisqu’ils ne sont pas
appesantis par la chair et les sens ; ils sont confirmés en grâce et adorent
sans relâche le Seigneur dont ils comprennent la pensée et l’accomplissent
sans nul obstacle. Mais l’homme peut-il s’élever lui-même à un niveau
surnaturel ? Il le peut s’il vit volontairement dans la pureté, l’obéissance,
l’humilité, avec charité, à l’instar des anges. Or tout cela, je l’ai fait.
Ce Jésus, créé de peu inférieur aux anges, devint Homme par le divin désir de
son Père, afin d’être le Rédempteur. Par la suite, il devint de peu inférieur
aux anges par sa volonté personnelle et pour vous donner l’exemple qu’un
homme peut, s’il le veut, s’élever lui-même à la perfection angélique, en
menant une vie angélique. Oh ! Vie humaine
tellement unie au surnaturel qu’elle réduisait à néant les voix et les
faiblesses de la matière pour endosser les voix et les perfections angéliques
! Vie qui oublie la concupiscence, mais vivante d’amour, dans l’amour !
L’homme qui devient ange, c’est la créature composée de deux substances qui
en purifient la partie la plus basse par les feux de la charité; or c’est
dans la charité que se trouvent toutes les vertus comme autant de graines à
l’intérieur d’un unique fruit, à tel point qu’on peut dire qu’elle s’en
dépouille, mieux, qu’elle la dépouille de tout ce qui est matérialité jusqu’à
rendre la matière digne d’entrer un jour dans le Royaume de l’Esprit. Elle
dépose dans le sépulcre son vêtement purifié dans l’attente de l’ordre final.
Mais elle en jaillira dans une telle gloire qu’elle fera l’admiration des
anges eux-mêmes, car la beauté des corps ressuscités et glorifiés causera
l’étonnement respectueux des anges, qui admireront leurs frères de création
en disant : "Nous avons su rester
en état de grâce avec une seule substance ; les hommes, eux, ont remporté
l’épreuve par leur esprit et leur chair. Gloire à Dieu pour la double
victoire des élus". Semblable en tout aux
hommes, le Christ a voulu atteindre la beauté de la perfection angélique par
une vie sans ombre, sans péché ni même d’attirance pour le péché ; tout en
restant homme pour subir la mort avec sa chair et son sang pour expier les
fautes de la chair, du sang, de l’esprit et de l’orgueil de la vie, avec
toute, toute, toute la souffrance pour réparer toute, toute, toute la Faute,
il devint de peu inférieur aux anges et éleva la nature humaine à la
perfection des anges.
L’Apôtre ne ment donc
pas, ne blasphème pas et ne se contredit pas quand il affirme, en des mots
inspirés, que Jésus, l’Homme, s’est fait de peu inférieur aux anges grâce à
une spiritualité héroïque. Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l’Esprit Saint
n’ont pas manqué de fournir au Rédempteur le seul vêtement qui lui convenait
pour qu’il soit ce qu’il devait être et puisse vous racheter — ainsi que par
ce grand acte qu’est son Sacrifice — par cette continuelle leçon qu’est sa
croissance en grâce jusqu’à parvenir à la perfection spirituelle, ceci
pour vous sauver de votre ignorance, de cette ignorance consécutive au péché
qui amoindrit les forces de l’homme et l’influence en lui insinuant que,
puisqu’il est davantage formé de matière que d’esprit, il ne peut tenter
d’évoluer spirituellement. Non. Si la matière
vous semble occuper une telle place en vous et être toute-puissante, c’est
que vous la voyez et que vous entendez hurler ses voix bestiales. Elle vous
paraît tellement importante parce que vous la redoutez et que vous ne voulez
pas la faire souffrir par peur de souffrir. Elle vous le paraît parce que
Satan vous en altère les contours, et aussi parce que vous ne savez pas. Vous
êtes encore ignorants de ce qu’est réellement cette chose magnifique qu’est
l’âme, de ce qu’est cette chose toute-puissante qu’est l’âme unie à Dieu. Laissez vos peurs de
côté. Abandonnez vos ignorances. Regardez-moi. Moi, qui suis l’homme, j'ai
atteint la perfection de la justice en étant un homme tout comme vous, parce
que je l’ai voulu. Imitez-moi. Ne craignez rien. Gardez votre âme unie à Dieu
et avancez. Montez. Montez dans les régions lumineuses du surnaturel. Qu’une
volonté ardente entraîne votre chair là où votre âme s’élève. Devenez des
anges. Devenez des séraphins. Le démon ne pourra plus vous blesser
profondément. Ses flèches tomberont à vos pieds après avoir frappé votre
cuirasse, et vous ne serez pas troublés, comme je ne l’ai pas été. Il était donc juste
que le Père ne m’accorde pas une nature différente de celle de l’homme, bien
que cela lui ait été possible. C’était juste. Nul ne pourra me dire, lorsque
je vous propose ma loi et que je vous dis :"Suivez-la si vous
voulez être là où je suis": "Toi, tu peux y être parce que tu es
différent de moi, que la chair attaque férocement. Tu as vaincu Satan parce
que, en toi, la chair n’est pas l’alliée de Satan.″ Personne ne peut me
reprocher une victoire facile ni se décourager sous prétexte d’une différence
de création. Nous avons, vous comme moi, les mêmes éléments — la chair,
l’intelligence et l’âme — qui nous permettent de vivre, de comprendre et de
vaincre. J’appartiens à la descendance d’Adam autant que vous.
Et je ne l’ai pas
fait. Moi, l’Homme, je n’ai pas péché. Mon Père m’a fait de la même race que
vous pour bien vous montrer qu’être homme ne signifie pas être pécheur. Tout
comme vous, j’appartenais à la nature humaine. Sachez être victorieux, comme
je le suis. Le Père a fait de moi un homme qui puisse partager avec vous la
chair et le sang par lesquels vaincre Satan, en mourant, et il a exigé que
l’auteur de votre salut devienne parfait en tant qu’homme, par sa volonté
propre et au moyen de la souffrance, et qu’il obtienne la gloire en
raison de la mort qu’il aura subie. N’est-ce donc pas une
mort que de savoir mourir à tout ce qui est séduction ? N’est-ce pas une mort
permanente à tout ce qui est concupiscence pour vivre éternellement au
ciel ? J’ai commencé à consommer mon
Sacrifice pour vaincre Satan, le monde, la chair — qui triomphent depuis trop
de temps — dès mon premier acte de volonté contre les voix de la chair, du
monde et de son roi des ténèbres. Je suis mort à moi-même afin de vivre. Je
suis mort à moi-même pour vous permettre de vivre par mon exemple. Je suis
mort sur la croix pour vous donner la Vie. Destiné à devenir
votre grand prêtre miséricordieux, il me fallait bien connaître les combats
de l’homme par une connaissance d’homme, tout en restant fidèle devant Dieu
pour vous apprendre à le rester vous aussi. Je suis votre grand prêtre
miséricordieux car, ayant souffert et ayant été mis à l’épreuve, je n’avais
pas ce dégoût hautain et cet isolement glacial de ceux qui prétendent, à la
vue de leurs frères faibles ou pécheurs: "Je leur suis supérieur et je
garde mes distances pour ne pas risquer de contaminer ma perfection",
sans savoir qu’ils appartiennent à la race éternelle des pharisiens. Je suis
votre grand prêtre expert et miséricordieux car j'étais compatissant et prêt
à tendre la main, moi, le Vainqueur du mal, aux faibles qui ne savent pas
toujours le fouler aux pieds comme je l’ai fait. Dites-moi, vous qui
vous scandalisez de lire que j’ai subi cette tentation-là, ai-je donc
porté atteinte à ma Perfection divine et humaine parce que le Tentateur s’est
approché de trop près de moi ? Qu’est-ce qui s’est altéré en moi ? Qu’est-ce
qui a été corrompu ? Rien, pas la plus
fugitive des pensées. Cette tentation n’est-elle
pas la plus commune et celle à laquelle les hommes cèdent le plus volontiers
? Conscient qu’elle est celle qui obtient le plus facilement le consentement
des hommes, n’est-elle pas aussi la plus fréquemment utilisée par Satan ?
N’est-ce pas la porte — celle de l’impureté, de la luxure — qui permet bien
souvent à Satan d’entrer dans les cœurs ? N’est-ce pas son moyen préféré et
son arme favorite pour obtenir d’y entrer et de le corrompre ? Quel autre moyen
a-t-il pris au commencement des jours de l’homme pour défigurer la plante
sans tare de l’humanité ? Comme a-t-il réussi à corrompre l’innocence de vos
deux premiers ancêtres ? Si l’acte d’Ève s’était limité à l’imprudence de
s’approcher de l’arbre interdit et même d’écouter le Serpent, mais sans lui
obéir ni céder à ses insinuations, le péché serait-il apparu ? La
condamnation serait-elle tombée ? Non. Au contraire, en repoussant les
séductions de Satan, vos premiers ancêtres auraient imité les bons anges
vainement tentés par Lucifer lors de sa rébellion, et ils auraient obtenu un
accroissement de grâce.
Observons ensemble le
paroxysme croissant de la faute et les degrés de la chute, puis comparons-le
à l’épisode de ma tentation. Si l’on y porte un regard limpide avec un cœur
honnête, on ne pourra éviter de conclure que la tentation, cet élément
incontestable du mal, ne devient pas péché mais mérite pour ceux qui savent
la subir sans y céder. Souffrir ne signifie pas jouir. On souffre un martyre,
on ne souffre pas une jouissance. La tentation est une souffrance pour les
saints, mais une jouissance pervertie pour ceux qui ne sont pas saints mais
l’accueillent et lui obéissent. Donc Ève, douée d’une
science proportionnelle à son état — notez bien ceci, car c’est une
circonstance aggravante de sa faute — et par conséquent consciente de la
valeur de la prudence, s’approche de l’arbre interdit. Première erreur, bien
que légère. Elle y va avec légèreté, non pas dans la bonne intention de se
recueillir au centre du jardin d’Eden pour s’isoler et prier. Arrivée là,
elle entre en conversation avec l’Inconnu. Le phénomène d’un animal parlant
ne lui met pas la puce à l’oreille, alors que les autres avaient beau avoir
une voix, ils ne s’exprimaient pas de façon compréhensible pour l’homme.
Deuxième erreur. Voici la troisième: malgré sa surprise, elle ne prie pas
Dieu de lui expliquer ce mystère, elle ne se rappelle pas et ne réfléchit pas
même que Dieu a averti ses enfants que cet arbre était celui du bien et du
mal, et qu’il fallait donc considérer comme imprudent d’accueillir tout ce
qu’il en venait sans en avoir d’abord demandé à Dieu la véritable nature.
Quatrième erreur : elle a cru avec une foi plus forte à l’affirmation d’un
inconnu qu’aux conseils de son Créateur. Cinquième erreur : le désir de
connaître ce que Dieu seul connaissait et de lui devenir semblable. La
sixième consiste en l’appétit des sens qui veulent goûter, voir, palper,
sentir, et enfin manger ce que l’inconnu lui avait suggéré de cueillir et de
goûter. Septième erreur : une fois tentée, devenir tentatrice. Passer du
service de Dieu à celui de Satan, en oubliant les paroles de Dieu pour
répéter celles de Satan à son compagnon, et l’entraîner à voler le droit de
Dieu. L’ardeur du désir
avait atteint son paroxysme. La montée de cette courbe fatale avait atteint
son plus haut point. C’est alors que le péché fut consommé complètement par l’adhésion
d’Adam aux flatteries de sa compagne, et ce fut la chute des deux de l’autre
côté de la courbe. Chute rapide, beaucoup plus rapide que la montée car
appesantie par la faute accomplie, sans compter que le poids de celle-ci
s’aggravait en raison de ses conséquences : fuite loin de Dieu, excuses
insuffisantes et exemptes de charité et de justice, et même de sincérité lors
de l’aveu de l’erreur, esprit de rébellion latente qui empêche de demander
pardon. S’ils se cachent, ce
n’est pas dû à la souffrance d’être entachés par la faute ou d’apparaître
tels aux yeux de Dieu, mais parce qu’ils sont nus, autrement dit en raison du
mal qui est désormais entré en eux, fait tout considérer sous un jour
nouveau, et les rend ignorants au point de ne plus savoir considérer que
Dieu, qui les avait créés et leur avait fait don de toute la création, savait
parfaitement qu’ils étaient nus; il n’avait pas non plus pris soin de les
habiller et ne s’était pas indigné de les voir nus, parce qu’il n’y avait pas
lieu de recouvrir l’innocence ni de s’indigner à la vue d’un corps innocent. Écoutez les réponses
des deux fautifs, c’est exactement le signe d’une tentation non repoussée et
de ses coupables conséquences : "J’ai entendu ton pas dans le jardin...
j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché"; "C’est la
femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai
mangé"; "C’est le serpent qui m’a séduite, et j’ai mangé″.[18] Il manque au nombre
de toutes ces paroles la seule qui devait s’y trouver : "Pardon, parce
que j’ai péché !″ Il y manque donc l’amour pour Dieu, et la charité à
l’égard du prochain. Adam accuse Ève, Ève accuse le serpent. Il y manque
enfin la sincérité de la confession. Ève confesse ce qui est indéniable. Mais
elle croit pouvoir cacher à Dieu les préliminaires du péché, c’est-à-dire sa
légèreté, son imprudence, sa faible volonté, contaminée aussitôt après
qu’elle eut fait le premier pas vers la désobéissance au saint commandement
de ne pas s’exposer à la tentation de cueillir le fruit interdit. Ce
commandement devait lui servir de mise en garde — or elle était très
intelligente — pour lui faire comprendre qu’ils n’étaient pas forts au point
de se mettre impunément dans les conditions de pécher sans en venir à pécher.
Ils y seraient parvenus s’ils avaient perfectionné par leur propre volonté la
liberté que Dieu leur avait accordée, en s’en servant uniquement pour le
bien. Ève ment donc à Dieu lorsqu’elle passe sous silence la raison pour
laquelle elle a mangé du fruit: pour devenir comme Dieu. La triple
concupiscence est donc en l’homme. Tous les signes de l’amitié avec le
serpent sont évidents dans l’orgueil, la rébellion, le mensonge, la luxure,
l’égoïsme qui se substituent aux vertus qui existaient précédemment.
Je me rends moi aussi
à un endroit solitaire. Mais pourquoi ? Quand ? Pour quoi faire ? Pour me
préparer par la pénitence — cette préparation indispensable aux œuvres de
Dieu — à ma mission sur le point de commencer. La paix qui me protégeait
avait pris fin, celle de la maison, de ma famille, de ma ville, cette paix
qu’effleuraient à peine les inévitables oppositions de pensée entre ma
parenté et moi, entre eux qui étaient tout humanité et rêvaient pour moi à
des joies humaines, et moi qui étais tout esprit. Le temps de
l’évangélisation allait commencer, accompagné des dangers de l’exaltation et
de la haine, des contacts avec les pécheurs et de tout ce qui forme ce qu’on
appelle communément le monde. Je me prépare par la
pénitence et l’oraison. Je parachève ma préparation par la victoire sur
Satan. Ah, il a bien senti que le Vainqueur était apparu lorsqu’il m’a vu
être inébranlable devant la séduction impure et forte contre la faim,
l’orgueil et la cupidité. Mais je veux que vous me contempliez à ce moment
que vous jugez inconvenant, et que vous compariez le pur Jésus et le couple
pur de vos premiers ancêtres, en qui le venin du Serpent put agir parce
qu’ils ont voulu l’accueillir, sans vouloir faire l’effort de le repousser,
étant donné qu’ils s’en étaient imprudemment approchés. Je n’ai pas cherché
Satan. C’est lui qui m’a cherché. Une fois qu’il m’eut trouvé, j'ai souffert
de sa proximité. C’était une expérience nécessaire pour pouvoir être votre
grand prêtre miséricordieux, éprouvé tout comme vous, non pas dédaigneux
envers vous, mais exemple pour vous.
Le Christ ne fuit pas
lâchement parce qu’il est poursuivi, pas plus qu’il ne marchande, troque ou
discute avec le Tentateur sur des choses si basses qu’elles ne méritent
aucune discussion. L’homme, la plus
noble créature de la terre, douée de raison, d’esprit et consciente de sa
fin, ne doit pas se corrompre par quelque contact réel ou métaphorique avec
la luxure. Qu’il ne la regarde pas, ne discute pas, mais lève les yeux et
contemple Dieu. Il lui faut aimer Dieu et son prochain, en enfant de Dieu, et
l’invoquer. Qu’il garde le silence envers Satan et envers lui-même, envers la
partie de son être qui voudrait discuter de choses charnelles. Silence des
lèvres et silence de la pensée sur des sujets qui exhalent des fumées
homicides. Il n’y a pas toujours de silence là où les lèvres sont closes. Il
arrive que le cœur, les pensées ou la volonté parlent et délirent avec
impureté même si les lèvres
savent se taire et les yeux rester baissés, sinon même prendre des poses
inspirées pour tromper les hommes : car les hommes voient l’extérieur de
l’homme, mais non pas Dieu qui voit à l’intérieur et a en horreur toute forme
de mensonge mental pour faire croire à une sainteté apparente, comme toute
espèce de luxure mentale et de mensonge calculé et calculateur. Pourquoi Satan a-t-il
commencé sa tentation par l’impureté ? Parce que c’est le péché le plus
répandu. On le retrouve partout dans le monde, dans tous les milieux et
malheureusement dans toutes les conditions. Elle prend différents noms.
Parfois, elle se revêt même de légitimité, mais souille les chambres
nuptiales légitimes comme le lit des prostituées, et je passe sur d’autres
considérations. Ensuite, parce que cela lui a si bien servi, la première
fois, à faire entrer le mal dans le cœur de l’homme. Parce qu’il pensait
pouvoir par ce seul moyen écraser pour toujours toute idée de rédemption en
corrompant l’irremplaçable Rédempteur. Enfin parce qu’il avait besoin de
s’assurer que j'étais bien le Rédempteur. Il avait deviné que
j'étais désormais dans le monde. Il me recherchait. Il était partout où il
trouvait quelque forme de sainteté. Mais il voyait qu’elles étaient toutes
relatives, ce qui le rendait incertain. Des années durant, il n’avait pas
réussi à déchirer le voile qui entourait le mystère de ma Mère et le mien. La
manifestation du Jourdain l’avait ébranlé. Mais sa terreur devant moi le
faisait hésiter encore pour rester en paix. Il voulait et ne voulait pas
savoir qui j’étais. Savoir pour avoir l’illusion de me vaincre. Ne pas savoir
pour ne pas avoir l’illusion d’être vaincu par l’Homme. Il m’a tenté de cette
manière. La fermeté de mon attitude, si différente de celle de tout un chacun
— qui fuit, s’épouvante, cède ou se moque en se prétendant fort pour tomber
ensuite plus bas que celui qui fuit — lui apprit qui j’étais. Convaincu de
cela, il insiste. Sa première tentation dissimule déjà les trois autres, et
en particulier la dernière. Mes yeux le glacent. Mon silence l’exaspère. Ma
tranquillité l’effraie. Il sent qu’une force s’oppose à lui qu’il est vain
d’espérer faire plier. Il sent que le Pur ne peut que ressentir du dégoût
devant le fruit malhonnête qu’il lui tend. Il tente alors une
séduction apparemment licite : "Ordonne à ces pierres de devenir du
pain." Avoir faim de pain est
humain, ce n’est plus bestial comme l’est la luxure, cette faim de chair.
C’est alors que je réponds, en homme, en enfant de Dieu, non parce que je
suis le Verbe mais parce que je suis de la descendance d’Adam tout comme
vous. Je réponds pour honorer le Seigneur à trois reprises. Et Satan,
convaincu qu’il était inutile de me tenter encore, ne m’a plus présenté la
luxure. Ce n’est pas le cas des hommes. Eux, ils sont plus sots que Satan et
m’ont tenté pour pouvoir dire aux foules : "C’est un pécheur." Les
pages de l’Œuvre vous montrent comment les hommes n’eurent jamais plus de
chance que Satan, dans aucun domaine. Tenté dans tous les
domaines et par tous, je suis resté sans péché. Grand prêtre éternel, je suis
resté par ma propre volonté innocent, immaculé, séparé des pécheurs, devenu
ange en ayant aboli ma sensualité pour servir uniquement l’esprit.
Après cette leçon,
relisez d’un cœur pur et sans préjugé les épisodes que vous attaquez comme
inconvenants, et dites-moi si vous pouvez encore les considérer comme tels. Espèces d’obstinés,
pour ne pas prononcer le mot "pardonne moi", — le second en beauté
après "je t’aime" — vous objectez : “Mais tu as dit à Judas que le bien et le mal étaient en
toi". C’est inconvenant ! Et plus loin tu dis : "La
tentation est mordante. L’acte satisfait ou parfois dégoûte, alors que la tentation ne s’éloigne pas mais, comme un arbre
élagué, elle produit une frondaison plus robuste." Cela nous permet de
supposer que tu as été troublé, et toujours plus fortement, pour n’avoir pas
satisfait la tentation impure." Ressemblez-vous donc
à Judas, qui ne comprenait jamais, n’arrivait pas à comprendre, ne pouvait comprendre parce qu’il était
trop envahi par son humanité malade, qui projetait son reflet sur toute
chose ? Si vous êtes comme lui, je vous exhorte à changer votre manière de
penser. Et je vous dis de vous rappeler à qui je parlais : à un homme qui, en tant que pécheur — en
particulier dans le domaine de la luxure — avec préméditation et ténacité, ne
pouvait accepter les confidences de Jésus avec le respect qui leur était dû,
et croire en leur vérité. À Jean, je pouvais
ouvrir mon cœur. Le plus pur des disciples du Christ savait croire et
comprendre les secrets du Christ pur. L’autre... était un incorrigible impur;
c’était un démon. Je me suis tu avec lui comme avec Satan, avec le père comme
avec le fils puisque, en vérité, Judas avait voulu prendre pour père Satan au
lieu de Dieu. Puis j'ai parlé à ce disciple, malade de sensualité, comme je
pouvais parler pour être encore écouté, en terminant par cette affirmation :
"Je n’ai jamais cédé", avec l’intention de lui montrer que, pour
vivre en ange, il faut le vouloir. Si cette affirmation ne pouvait certes pas
rendre bons les satans, elle était l’unique chose
capable de les réduire au silence, de les empêcher de se moquer. Je n’ai pas cédé. Je
vous le dis comme je l’ai dit à Judas. Personne ne m’empêchait de le faire.
Le Père m’avait donné le libre arbitre comme à tout être né d’une femme.
J’aurais donc pu accueillir le mal comme le bien et suivre ce que je voulais.
Mais non. Le Fils de l’Homme a refusé de pécher. Satan soufflait pour
maintenir ses feux allumés autour de moi, dans le cœur de ceux qui
m’entouraient avec haine ou avec un amour malsain, pour susciter en moi des
réactions humaines. J’ai subi toutes sortes de tentations. Ma volonté les a
toujours dominées, ma pureté a éteint les feux de la luxure allumés pour me
tenter. La pureté — mais pas
la mienne seulement — accomplit cela autour d’elle et voile même ces détails
qui sont crus et excitants uniquement pour ceux qui se repaissent mentalement
ou matériellement de choses impures. Pas pour les autres. J’ai dit :
"Tout est pur pour les purs." [21] C’est une parole de
sagesse divine. Les pensées, le
cœur, l’œil, la chair sont purs chez les gens purs, car ils ont les yeux
fixés sur la vision de Dieu. Plus l’homme croît en
perfection, plus il est assailli par ces forces extérieures du mal que sont
Satan, le monde et les hommes. En revanche ces assauts, loin d’être mort,
sont vie pour l’homme rempli de Dieu, tout de pureté, devenu de peu inférieur
aux anges grâce à sa volonté de perfection, et ils ne sont pas mort mais vie,
pas avilissement mais gloire. Il n’y a pas un saint qui n’ait subi des
tentations, pas une personne couronnée au ciel dont la couronne ne soit
formée des perles et des rubis de ses larmes et de sa souffrance, dont le
martyre va parfois jusqu’au sang, à cause des tortures de Satan et de ses
alliés.
Je n’ai pas voulu
être différent de vous, ni que vous puissiez venir là où je suis. Moi comme
vous, vous avec moi. Tentés et vainqueurs pour être des "dieux"
dans le Royaume de Dieu. Vrai Dieu et vrai homme, j’ai manifesté la puissance
de Dieu et la capacité de l’homme à devenir "dieu" selon la parole
du psaume [23] et de Paul. [24] Je vous ai répondu
par les mots de mes apôtres unis aux miens. Il vous est en effet difficile
d’accepter comme étant saintes les paroles que le petit Jean [surnom affectueux de Maria Valtorta] vous
transmet. Celles de mes apôtres, vous ne pouvez avoir de difficulté à les
accepter, vous ne pouvez mettre en doute leur autorité surnaturelle. Vous les
lisez à l’autel, vous les commentez dans vos homélies, vous les enseignez en
chaire. Vous les tenez donc pour des paroles de vérité. Or ces paroles
soutiennent ma thèse, pas la vôtre : en tant qu’homme, il était naturel que
je sois tenté ; la tentation du Christ n’est pas inconvenante ; le Christ
n’en ressort pas avili mais encore plus glorifié, car le grand prêtre, qui
devait éprouver de la compassion pour les faibles et les dévoyés, ayant,
comme eux, été éprouvé et entouré de faiblesses, a su rester saint, innocent,
immaculé, séparé des pécheurs pour ce qui est de les imiter dans le mal, mais
frère miséricordieux à leur égard pour dire à tous : "Venez à moi, vous
qui souffrez et êtes fatigués, et je vous consolerai." [25] Je termine par ces
mots dits au petit Jean voici trois ans : “Ne pensez plus à la plus basse des
actions de Satan envers le Christ, quand vous avez mille actes élevés du
Christ à méditer et à imiter dans l’Œuvre." [26] |
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Retour au forum, sur la file :
"En nous il y a le bien et le mal; mais en Jésus ?" Retour à l'article de Valtortiste91 répondant aux
allégations de "Famille chrétienne" |
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[1] Peut-être son
confesseur, le Père Migliorini. À cette époque, il a
été muté à Rome, commençant à diffuser l'œuvre de Maria Valtorta contre les
instructions reçues de Jésus.
[2] Le Catéchisme de Saint Pie
X, l'un des seuls livres qu'avait Maria Valtorta à sa disposition
[3] Les trois concupiscences
ou convoitises mentionnées par 1Jean 2,16 et reprises par le CEC § 2514 : "Tout ce qui est dans le monde - la
convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et la confiance orgueilleuse
dans les biens - ne provient pas du Père, mais provient du monde".
[4] Éphésiens 6,10-12 :
"Pour finir, armez-vous de force dans le Seigneur, de sa force toute-puissante.
Revêtez l’armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du
diable. Ce n’est pas à l’homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités,
aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui
sont dans les cieux".
[5] Cf. CEC §
978
: "Au moment où nous faisons notre première profession de Foi, en recevant
le saint Baptême qui nous purifie, le pardon que nous recevons est si plein et
si entier, qu’il ne nous reste absolument rien à effacer, soit de la faute
originelle, soit des fautes commises par notre volonté propre, ni aucune peine
à subir pour les expier (...). Mais néanmoins la grâce du Baptême ne délivre
personne de toutes les infirmités de la nature. Au contraire nous avons encore
à combattre les mouvements de la concupiscence qui ne cessent de nous porter au
mal"
[6] Psaume 82(81),6 :
"Je le déclare, vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du
Très-Haut", repris en Jean 10,34 : "Jésus leur répondit:
"N’a-t-il pas été écrit dans votre Loi : J’ai dit: vous êtes des
dieux?"
[7] Luc 2,51-52 : "
Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth; il leur était soumis; et sa
mère retenait tous ces événements dans son cœur. Jésus progressait en sagesse
et en taille, et en faveur auprès de Dieu et auprès des hommes".
[8] Jean 8,46 : " Qui
de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me
croyez-vous pas?"
[9] Jean 7,27 :
"Celui-ci, nous savons d’où il est, tandis que, lorsque viendra le Christ,
nul ne saura d’où il est.
[10] Jean 8,19 : " Ils lui dirent alors:
"Ton Père, où est-il ?" Jésus répondit : "Vous ne me connaissez
pas et vous ne connaissez pas mon Père; si vous m’aviez connu, vous auriez
aussi connu mon Père."
[11] Apocalypse 1,5 : "Jésus Christ, le témoin
fidèle, le premier-né d’entre les morts et le prince des rois de la terre. À
celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang".
[12] 1Jean 5,6-8 : "C’est lui qui est venu par l’eau
et par le sang, Jésus Christ, non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et le
sang; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité.
C’est qu’ils sont trois à rendre témoignage, l’Esprit, l’eau et le sang, et ces
trois convergent dans l’unique témoignage"
[13] Hébreux 2,9-18 :"Celui qui a été abaissé
quelque peu par rapport aux anges, Jésus, se trouve, à cause de la mort qu’il a
soufferte, couronné de gloire et d’honneur…"
[14] Hébreux 4,14-15 : "Ayant donc un grand
prêtre éminent, qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme
la confession de foi. Nous n’avons pas, en effet, un grand prêtre incapable de
compatir à nos faiblesses; il a été éprouvé en tous points à notre
ressemblance, mais sans pécher". Repris notamment dans le CEC §
540.
[15] Hébreux 5,1-3 : "Tout grand prêtre, en
effet, pris d’entre les hommes est établi en faveur des hommes pour leurs
rapports avec Dieu. Son rôle est d’offrir des dons et des sacrifices pour les
péchés. Il est capable d’avoir de la compréhension pour ceux qui ne savent pas
et s’égarent, car il est, lui aussi, atteint de tous côtés par la faiblesse et,
à cause d’elle, il doit offrir, pour lui-même aussi bien que pour le peuple, des
sacrifices pour les péchés".
[16] Hébreux 7,26 : "Tel est bien le grand
prêtre qui nous convenait, saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs,
élevé au-dessus des cieux."
[17] Romains 8,14 :"Tous ceux qui sont conduits
par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu"
[18] Genèse 3,9-13
[19] Hébreux 4,15 (voir plus haut)
[20] Philippiens 2,5-8
[21] Tite 1,15 : "Tout est pur pour ceux qui
sont purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui refusent de croire, rien
n’est pur; au contraire, leur intelligence et leur conscience sont
souillées"
[22] Apocalypse 7,14 :"Ce sont ceux qui ont
passé par la grande persécution. Ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies
dans le sang de l’Agneau".
[23] Psaume 82(81),6. Voir plus haut.
[24] Paul pourrait avoir été écrit par erreur à la
place de Jean : Jean 10,34, déjà cité.
[25] Matthieu 11,28
[26] Référence non trouvée