"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Qui sommes-nous

Textes Fondamentaux

 

Décret
Ad Gentes
sur l'activité missionnaire de l'Église


Avant-propos

1
Envoyé par Dieu aux peuples pour être "le sacrement universel du salut" (1), l'Église, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité, et obéissant au commandement de son Fondateur (cf. Mc 16, 15), est tendue de tout son effort vers la prédication de l'Évangile à tous les hommes. Les Apôtres eux-mêmes, en effet, sur lesquels l'Église a été fondée, ont suivi les traces du Christ, "prêché la parole de vérité et engendré des églises" (2). Le devoir de leurs successeurs est de perpétuer cette oeuvre, afin que "la parole de Dieu soit divulguée et glorifiée" (2 Thess. 3, 1), le Royaume de Dieu annoncé et instauré dans le monde entier.

Mais, dans l'ordre actuel des choses, dont découlent de nouvelles conditions pour l'humanité, l'Église, sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt. 5, 13-14), est appelée de façon plus pressante à sauver et à rénover toute créature, afin que tout soit restauré dans le Christ, et qu'en Lui les hommes constituent une seule famille et un seul peuple de Dieu. Aussi, le Saint Concile, tout en rendant grâce à Dieu pour les oeuvres magnifiques accomplies par le zèle généreux de l'Église tout entière, désire-t-il esquisser les principes de l'activité missionnaire, et rassembler les forces de tous les fidèles pour que le peuple de Dieu, s'avançant par la porte étroite de la croix, étende partout le règne du Christ Seigneur qui embrasse les siècles de son regard (cf. Eccli. 36, 19), et qu'il prépare les voies à son avènement.


Chapitre 1
Principes Doctrinaux

2. Le dessein du Père

De sa nature, l'Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisque elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père (1). Ce dessein découle de "l'amour dans sa source", autrement dit de la charité du Père qui, étant le Principe sans Principe, de qui le Fils est engendré, de qui le Saint-Esprit procède par le Fils, nous a créés librement dans sa trop grande bonté et miséricorde, et nous a depuis appelés gracieusement à partager avec lui sa vie et sa gloire; qui a répandu sur nous sans compter sa miséricorde et ne cesse de la répandre, en sorte que Lui, qui est le créateur de tous les êtres, devienne enfin "tout en tous" (1 Cor. 15, 28), en procurant à la fois sa gloire et notre bonheur. Il a plu à Dieu d'appeler les hommes à participer à sa vie non pas seulement de façon individuelle, sans aucun lien les uns avec les autres, mais de les constituer en un peuple dans lequel ses enfants, qui étaient dispersés, seraient rassemblés dans l'unité (cf. Jn 11, 52).

3. La mission du Fils

Ce dessein universel de Dieu pour le salut du genre humain ne se réalise pas seulement d'une manière pour ainsi dire secrète dans l'âme des hommes, ou encore par des initiatives, même religieuses, au moyen desquelles ils cherchent Dieu de bien des manières "pour atteindre si possible, et le trouver; aussi bien n'est-il pas loin de chacun de nous" (cf. Act. 17, 27); car ces initiatives ont besoin d'être éclairées et redressées, bien que, de par un dessein bienveillant de la Providence divine, on puisse parfois les considérer comme une orientation vers le vrai Dieu ou une préparation à l'Évangile (2). Pour affermir la paix, autrement dit la communion avec lui, et pour établir la fraternité entre les hommes, -- les hommes qui sont pécheurs, -- il décida d'entrer dans l'histoire humaine d'une façon nouvelle et définitive, en envoyant son Fils dans notre chair, afin d'arracher par lui les hommes à l'empire des ténèbres et de Satan (cf. Col. 1, 13; Act. 10, 38), et de se réconcilier en lui le monde (cf. 2 Cor. 5, 19). Son Fils, par qui aussi il a fait les siècles(3), il l'a établi héritier de toutes choses, afin de tout restaurer en Lui (cf. Eph. 1, 10).

Car le Christ Jésus fut envoyé dans le monde comme le véritable médiateur entre Dieu et les hommes. Puisqu'il est Dieu, "toute la plénitude de la divinité habite en Lui corporellement" (Col. 2, 9); dans sa nature humaine, il est le nouvel Adam, il est constitué chef de l'humanité régénérée, il est "rempli de grâce et de vérité" (Jn 1, 14). Aussi, par les voies d'une Incarnation véritable, le Fils Dieu est-il venu pour faire participer les hommes à la nature divine; il s'est fait pauvre alors qu'il était riche afin de nous enrichir par sa pauvreté (2 Cor. 8, 9). Le Fils de l'Homme n'est pas venu pour servi,mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pou beaucoup, c'est-à-dire pour tous (cf. Mc 10, 45). Les Saints Père proclament sans cesse que n'est pas guéri ce qui n'a pas été assumé par le Christ (4). Mais il a assumé la nature humaine dans toute réalité, telle qu'on la trouve chez nous, malheureux et pauvres, mais elle est chez lui sans péché (cf. Héb. 4, 15; 9, 28). Parlant de lui même, le Christ, "que le Père a consacré et envoyé dans le monde" (cf. In 10, 36), a dit ces paroles: "L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a consacré par son onction; il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le coeur brisé, annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue " (Luc 4, 18); et encore: "Le Fils de l'Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" (Luc 19, 10).

Ce qui a été une fois prêché par le Seigneur ou accompli en lui pour le salut du genre humain, doit être proclamé et répandu jusqu'aux extrémités de la terre (Act. 1, 8), en commençant par Jérusalem (cf. Luc 24, 47), de sorte que ce qui a été accompli une fois en vue du salut de tous, obtienne son résultat chez tous au cours des âges.

4. La mission du Saint-Esprit

Mais pour le réaliser pleinement, le Christ a envoyé d'auprès du Père le Saint-Esprit, qui accomplirait son oeuvre porteuse de salut à l'intérieur des âmes, et pousserait l'Église à s'étendre. Sans l'ombre d'un doute le Saint-Esprit était déjà à l'oeuvre avant la glorification du Christ (5). Pourtant, le jour de la Pentecôte, il descendit sur les disciples pour demeurer avec eux à jamais (cf. Jn 14, 16); l'Église se manifesta publiquement devant la multitude, la diffusion de l'Évangile commença avec la prédication; enfin fut préfigurée l'union des peuples dans la catholicité de la foi, par l'Église de la Nouvelle Alliance, qui parle toutes les langues, comprend et embrasse dans sa charité toutes les langues, et triomphe ainsi de la dispersion de Babel (6). Car c'est à la Pentecôte que commencèrent "les actes des Apôtres", tout comme c'est lorsque le Saint-Esprit vint sur la Vierge Marie que le Christ fut conçu, et lorsque le même Esprit-Saint descendit sur le Christ pendant sa prière que le Christ fut poussé à commencer son ministère (7). Le Christ Jésus lui-même, avant de donner librement sa vie pour le monde, a de telle sorte organisé le ministère apostolique et promis d'envoyer le Saint-Esprit que ce ministère et cette mission sont tous deux associés pour mener à bien, toujours et partout, l'oeuvre du salut (8). A travers toutes les époques, c'est le Saint-Esprit qui "unifie l'Église tout entière dans la communion et le ministère, qui la munit des divers dons hiérarchiques et charismatiques" (9), vivifiant à la façon d'une âme (10) les institutions ecclésiastiques, et insinuant dans les coeurs des fidèles le même esprit missionnaire qui avait poussé le Christ lui-même. Parfois même, il prévient visiblement l'action apostolique (11), tout comme il ne cesse de l'accompagner et de la diriger de diverses manières (12).

5. L'Église envoyée par le Christ

Dès le début de son ministère, le Seigneur Jésus "appels à Lui ceux qu'Il voulut... et en institua douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher" (Mc 3, 13; cf. Mt. 10, 1-42). Les Apôtres furent ainsi les germes du Nouvel Israël et en même temps l'origine de la hiérarchie sacrée. Puis, une fois qu'Il eut, par sa mort et sa résurrection, accompli en lui les mystères de notre salut et de la restauration du monde, le Seigneur, qui avait reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre (cf. Mt. 28, 18), fonda son Église, comme le sacrement du salut, avant d'être enlevé au ciel (cf. Act. l, 4-8); tout comme Il avait été lui-même envoyé par le Père {cf. Jn 20, 21), il envoya ses Apôtres dans le monde entier en leur donnant cet ordre: "Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit" (Mt. 28, 19s.). "Allez par le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné" (Mc 16, 15s.). C'est de là que découle pour l'Église le devoir de propager la foi et le salut apporté par le Christ, d'une part, en vertu du mandat exprès qu'a hérité des Apôtres l'ordre des Évêques, assisté par les prêtres en union avec le Successeur de Pierre, Pasteur suprême de l'Église, et, d'autre palet, en vertu de l'influx vital que le Christ communique à ses membres: le Christ "dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion, par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même dans la charité" (Eph. 4, 16)

La mission de l'Église s'accomplit donc par l'opération au moyen de laquelle, obéissant à l'ordre du Christ, et mue par la grâce de l'Esprit-Saint et la charité, elle devient un acte plénier présent à tous les hommes et à tous les peuples, pour les amener, par l'exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce, à la foi, à la liberté, à la paix du Christ, de telle sorte qu'elle leur soit ouverte comme la voie libre et sûre pour participer pleinement au mystère du Christ.

Cette mission continue et développe au cours de l'histoire la mission du Christ lui-même, qui fut envoyé pour annoncer aux pauvres la bonne nouvelle; c'est donc par la même route qu'a suivie le Christ lui-même que, sous la poussée de l'Esprit du Christ, l'Église doit marcher, c'est-à-dire par la route de la pauvreté, de l'obéissance, du service et de l'immolation de soi jusqu'à la mort, dont Il est sorti victorieux par sa résurrection. Car c'est ainsi dans l'espérance qu'ont marché tous les Apôtres, qui ont achevé par leurs multiples tribulations et souffrances ce qui manque à la passion du Christ au profit de son Corps, l'Église {cf. Col. 1, 24); souvent aussi le sang des chrétiens fut une semence (13).

6. L'activité missionnaire

Cette tâche, c'est par l'ordre des Évêques, à la tête duquel se trouve le successeur de Pierre, qu'elle doit être accomplie, avec la même manière du fait des circonstances. Par conséquent, les différences qu'il faut reconnaître dans cette activité de l'Église ne dérivent pas de la nature intime de la mission elle-même, mais des conditions dans lesquelles elle est menée.

Ces conditions dépendent soit de l'Église, soit même des peuples, des groupes humains ou des hommes à qui s'adresse la mission. Car l'Église, bien que de soi elle contienne la totalité ou la plénitude des moyens de salut, n'agit pas ni ne peut agir toujours et immédiatement selon tous ses moyens; elle connaît des commencements et des degrés dans l'action par laquelle elle s'efforce de conduire à son effet le dessein de Dieu; bien plus, elle est parfois contrainte, après des débuts heureux, de déplorer de nouveau un recul, ou tout au moins de demeurer dans un état de semi-plénitude et d'insuffisance. En ce qui concerne les hommes, les groupes humains et les peuples, elle ne les atteint et ne les pénètre que progressivement, et les assume ainsi dans la plénitude catholique. Les actes propres, les moyens adaptés doivent s'accorder avec chaque condition ou état.

Les initiatives particulières par lesquelles les prédicateurs de l'Évangile, envoyés par l'Église et allant dans le monde entier, s'acquittent de la charge de prêcher l'Évangile et d'implanter l'Église parmi les peuples ou les groupes humains qui ne croient pas encore au Christ, sont communément appelées "missions"; elles s'accomplissent par l'activité missionnaire, et sont menées d'ordinaire dans des territoires déterminés reconnus par le Saint-Siège. La fin propre de cette activité missionnaire, c'est l'évangélisation et l'implantation de l'Église dans les peuples ou les groupes humains dans lesquels elle n'a pas encore été enracinée(14). Il faut que, nées de la parole de Dieu, des Églises particulières autochtones, suffisamment établies. croissent partout dans le monde, jouissent de leurs ressources propres et d'une certaine maturité; il faut que, pourvues de leur hiérarchie propre unie à un peuple fidèle, et des moyens accordés à leur génie, nécessaires pour mener une vie pleinement chrétienne, elles contribuent au bien de toute l'Église. Mais le moyen principal de cette implantation, c'est la prédication de l'Évangile de Jésus-Christ; c'est pour annoncer l'Évangile que le Seigneur a envoyé ses disciples dans le monde entier, afin que les hommes ayant acquis une nouvelle naissance par la parole de Dieu (cf. 1 Pet. 1, 23), soient agrégés par le baptême à l'Église qui, en tant que Corps du Verbe incarné, est nourrie et vit de la parole de Dieu et du pain eucharistique (cf. Act. 2, 42).

Dans cette activité missionnaire de l'Église, diverses situations se présentent parfois mêlées les unes aux autres: situation d'abord de début ou de plantation, puis de nouveauté ou de jeunesse. Quand tout cela est accompli, l'action missionnaire de l'Église ne cesse pas pour autant: le devoir incombe aux Églises particulières déjà formées, de la continuer et de prêcher l'Évangile à tous ceux qui sont encore au dehors.

En outre, il n'est pas rare que les groupes humains parmi lesquels l'Église existe, soient complètement transformés pour des raisons diverses; des situations nouvelles peuvent en résulter. L'Église doit alors examiner si ces situations exigent de nouveau une activité missionnaire. De plus, les circonstances sont parfois telles que manque pour un temps la possibilité de proposer directement et immédiatement le message évangélique; c'est alors que les missionnaires peuvent et doivent donner avec patience et prudence, avec une grande confiance en même temps, au moins le témoignage de la charité et de la bienfaisance du Christ, et préparer ainsi les voies au Seigneur et le rendre présent d'une certaine manière.

Ainsi, il est clair que l'activité missionnaire découle profondément de la nature même de l'Église; elle en propage la foi qui sauve, elle en réalise l'unité catholique en la répandant, l'apostolicité de l'Église lui donne sa vigueur, elle met en oeuvre le sens collégial de sa hiérarchie, elle en atteste, répand et procure la sainteté. Ainsi l'activité missionnaire au milieu des nations diffère tant de l'activité pastorale à mener à l'égard des fidèles, que des initiatives à prendre pour rétablir l'unité des chrétiens. Cependant, ces deux domaines sont très étroitement liés avec l'activité missionnaire de l'Église (15): la division des Chrétiens en effet nuit (16) à la cause très sacrée de la prédication de l'Évangile à toute créature, et, pour beaucoup, elle ferme l'accès à la foi. Ainsi, de par la nécessité de la mission, tous les baptisés sont appelés à s'assembler en un seul troupeau, afin de pouvoir ainsi, da façon unanime, rendre témoignage du Christ leur Seigneur devant les nations. S'ils sont encore incapables de donner le témoignage d'une foi unique, il faut au moins qu'ils soient animés par une estime et une charité réciproques.

7. Raisons et nécessité de l'activité missionnaire

La raison de cette activité missionnaire se tire de la volonté da Dieu, qui "veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il n'y a qu'un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus-Christ, qui s'est livré en rédemption pour tous" (1 Tim. 2, 4-6); "et il n'existe de salut en aucun autre" (Act. 4, 12). Il faut donc que tous se convertissent au Christ connu par la prédication de l'Église, et qu'ils soient incorporés par le Baptême à Lui et à l'Église, qui est son Corps. Car le Christ lui-même, "en inculquant en termes formels la nécessité de la foi et du baptême (cf. Mc 16, 16; In 5), a du même coup confirmé la nécessité de l'Église dans laquelle les hommes entrent par le baptême, comme par une porte. C'est pourquoi ces hommes ne peuvent être sauvés qui, n'ignorant pas l'Église a été fondée comme nécessaire par Dieu, par l'intermédiaire de Jésus-Christ, n'auront cependant pas voulu y entrer ou y persévérer" (17). Bien que Dieu puisse par des voies connues de lui amener à la foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu (Hébr. 11, 6), des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l'Évangile, la nécessité incombe cependant à l'Église (1 Cor. 9,16) - et en même temps elle en a le droit sacré - d'évangéliser, et par conséquent son activité missionnaire garde dans leur intégrité, aujourd'hui comme toujours, sa force et sa nécessité.

C'est par elle que le Corps mystique du Christ rassemble et ordonne sans cesse les forces en vue de son propre accroissement (cf. Eph. 4, 11-16). C'est pour mener à bien cette activité que les membres de l'Église sont poussés par la charité, qui leur fait aimer Dieu et leur fait désirer partager avec tous les hommes les biens spirituels de la vie future comme ceux de la vie présente.

Par cette activité missionnaire enfin, Dieu est pleinement glorifié, du moment que les hommes accueillent consciemment et pleinement son oeuvre salutaire qu'il a réalisée dans le Christ. C'est ainsi que par elle se réalise le dessein de Dieu (que le Christ a servi par obéissance et par amour pour la gloire du Père qui l'a envoyé [18] ): que le genre humain tout entier constitue un seul Peuple de Dieu, se rassemble dans le Corps unique du Christ, soit construit en un seul Temple du Saint-Esprit; ce qui, en évoquant la concorde fraternelle, répond au désir intime de tous les hommes. C'est ainsi qu'enfin s'accomplit vraiment le dessein du Créateur formant l'homme à son image et à sa ressemblance, quand tous ceux qui participent à la nature humaine, une fois qu'ils auront été régénérés dans le Christ par le Saint-Esprit, et reflétant ensemble la gloire de Dieu, pourront dire: "Notre Père" (19).

8. L'activité missionnaire dans la vie et l'histoire humaines

L'activité missionnaire possède un lien intime avec la nature humaine elle-même et ses aspirations. Car en manifestant le Christ, l'Église révèle aux hommes par le fait même la vérité authentique de leur condition et de leur vocation intégrale, le Christ étant le principe et le modèle de cette humanité rénovée, pénétrée d'amour fraternel, de sincérité, d'esprit pacifique, à laquelle tout le monde aspire. Le Christ, et l'Église qui rend témoignage à son sujet par la prédication évangélique, transcendent tout particularisme de race ou de nation, et par conséquent ils ne peuvent jamais être considérés, ni lui ni elle, comme étrangers nulle part ni à l'égard de qui que ce soit (20). Le Christ lui-même est la vérité et la voie que la prédication évangélique découvre à tous, en portant aux oreilles de tous ces paroles du même Christ: "Faites pénitence et croyez à l'Évangile" (Mc 1, 15). Puisque celui qui ne croit pas est déjà jugé (cf. Jn 3, 18), les paroles du Christ sont des paroles à la fois de jugement et de grâce, de mort et de vie. Car c'est seulement en faisant mourir ce qui est vieux que nous pouvons parvenir à la nouveauté de vie: cela vaut d'abord des personnes; mais cela vaut aussi des divers biens de ce monde, qui sont marqués en même temps par le péché de l'homme et la bénédiction de Dieu: "Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu" (Rom. 3, 23). Personne, par lui-même ou par ses propres efforts, n'est délivré du péché ni élevé au-dessus de lui-même, personne n'est entièrement libéré de sa faiblesse ni de sa solitude ni de son esclavage (21), mais tous ont besoin du Christ, le Modèle, le Maître, le Libérateur, le Sauveur, celui qui donne la vie. En toute vérité, dans l'histoire humaine, même au point de vue temporel, l'Évangile fut un ferment de liberté et de progrès, et il se présente toujours comme un ferment de fraternité, d'unité et de paix. Ce n'est donc pas sans raison que le Christ est honoré par les fidèles comme "l'Attente des nations et leur Sauveur"(22).

9. Caractère eschatologique de l'activité missionnaire

Aussi le temps de l'activité missionnaire se situe-t-il entre le premier avènement du Seigneur, et le second, dans lequel, des quatre vents, telle une moisson, l'Église sera rassemblée dans le royaume de Dieu (23). Car avant la venue du Seigneur, il faut que la bonne nouvelle soit proclamée parmi toutes les nations (cf. Mc 13, 10).

L'activité missionnaire n'est rien d'autre, elle n'est rien de moins que la manifestation du dessein de Dieu, son Épiphanie et sa réalisation dans le monde et son histoire, dans laquelle Dieu conduit clairement à son terme, au moyen de la mission, l'histoire du salut. Par la parole de la prédication et par la célébration des sacrements, dont la Sainte Eucharistie est le centre et le sommet, elle rend présent le Christ auteur du salut. Tout ce qui se trouvait déjà de vérité et de grâce chez les nations comme par une secrète présence de Dieu, elle le délivre des contacts mauvais et le rend au Christ son Auteur, qui détruit l'empire du diable et arrête la malice infiniment diverse des crimes. Aussi, tout ce qu'on découvre de bon semé dans le coeur et l'âme des hommes ou dans les rites particuliers et les civilisations particulières des peuples, non seulement ne périt pas, mais est purifié, élevé et porté à sa perfection pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l'homme (24). Ainsi l'activité missionnaire tend vers la plénitude eschatologique (25): c'est par elle, en effet, que jusqu'à la mesure et à l'époque que le Père a fixées dans son autorité (cf. Act. 1, 7), se développe le Peuple de Dieu, en vue de qui il a été dit de manière prophétique: "Élargis l'espace de ta tente, déploie les tentures de ta demeure ! Ne les retiens pas !" (Is. 54, 2)(26); c'est par elle que s'accroît le Corps mystique jusqu'à la mesure de l'âge de la plénitude du Christ (cf. Eph. 4, 13), et que le temple spirituel où Dieu est adoré en esprit et en vérité (cf. Jn 4, 23) grandit et se construit "sur le fondement des apôtres et des prophètes, le Christ Jésus étant lui-même la pierre d'angle" (Eph. 2, 20).


Chapitre 2
L'Oeuvre missionnaire elle-même

10. Introduction

L'Église, envoyée par le Christ pour manifester et communique la charité de Dieu à tous les hommes et à toutes les nations, comprend qu'elle a à faire une oeuvre missionnaire encore énorme. Car deux milliards d'hommes, dont le nombre s'accroît de jour en jour, qui sont rassemblés en des groupements importants et déterminés par les rapports stables de la vie culturelle, par les antiques tradition religieuses, par les liens solides des relations sociales, n'ont pas encore entendu le message évangélique ou l'ont à peine entendu; les uns suivent l'une des grandes religions, les autres demeurent étrangers à connaissance de Dieu lui-même, d'autres nient expressément son existence, parfois même l'attaquent. L'Église, afin de pouvoir présenter à tous le mystère du salut et la vie apportée par Dieu, doit s'insérer dans tous ces groupes humains du même mouvement dont le Christ lui-même, par son incarnation, s'est lié aux conditions sociales culturelles déterminées des hommes avec lesquels il a vécu.

Article 1 - Le témoignage chrétien

11. Le témoignage de la vie et le dialogue

Il faut que l'Église soit présente dans ces groupements par ses enfants, qui y vivent ou sont envoyés vers eux. Car chrétiens, partout où ils vivent, sont tenus de manifester de telle manière, par l'exemple de leur vie et le témoignage de leur parole l'homme nouveau qu'ils ont revêtu par le baptême, et la force du Saint-Esprit qui les a fortifiés au moyen de la confirmation, que les autres, réfléchissant à leurs bonnes oeuvres, glorifient le Père (Mt. 5, 16), et perçoivent plus pleinement le sens authentique de la vie humaine et le lien universel de communion des hommes.

Pour qu'ils puissent donner avec fruit ce témoignage du Christ, ils doivent se joindre à ces hommes par l'estime et la charité, se reconnaître comme des membres du groupement humain dans lequel ils vivent, avoir une part dans la vie culturelle et sociale au moyen des divers échanges et des diverses affaires humaines; ils doivent être familiers avec leurs traditions nationales et religieuses; découvrir avec joie et respect les semences du Verbe qui s'y trouvent cachées; ils doivent en même temps faire attention à la transformation profonde qui s'opère parmi les nations, et travailler à ce que les hommes de notre temps, trop attentifs à la science et à la technique du monde moderne, ne soient pas détournés des choses divines; bien au contraire, à ce qu'ils soient éveillés à un désir plus ardent de la vérité et de la charité révélées par Dieu. Le Christ lui-même a scruté le coeur des hommes, et les a amenés par un dialogue vraiment humain à la lumière divine; de même ses disciples, profondément pénétrés de l'Esprit du Christ, doivent connaître les hommes au milieu desquels ils vivent, engager conversation avec eux, afin qu'eux aussi apprennent dans un dialogue sincère et patient, quelles richesses Dieu, dans sa munificence, a dispensées aux nations; ils doivent en même temps s'efforcer d'éclairer ces richesses de la lumière évangélique, de les libérer, de les ramener sous l'autorité du Dieu Sauveur.

12. Présence de la charité

La présence des chrétiens dans les groupements humains doit être animée de cette charité dont nous a aimés Dieu, qui veut que nous aussi nous nous aimions mutuellement de la même charité (cf. I Jn 4, 11). La charité chrétienne s'étend véritablement à tous les hommes, sans aucune distinction de race, de condition sociale ou de religion; elle n'attend aucun profit ni aucune reconnaissance. Dieu nous a aimés d'un amour gratuit; de même, que les fidèles soient préoccupés dans leur charité de l'homme lui-même, en l'aimant du même mouvement dont Dieu nous a cherchés. Le Christ parcourait toutes les villes et les bourgades en guérissant toutes les maladies et intimités, en signe de l'avènement du Règne de Dieu (cf. Mt. 9, 35ss; Act. 10, 38); de même l'Église est par ses fils en liaison avec les hommes de quelque condition qu'ils soient; elle l'est surtout avec les pauvres et ceux qui souffrent, et de tout son coeur elle se sacrifie pour eux (cf. 2 Cor. 12, 15). Elle participe à leurs joies et à leurs souffrances, elle connaît les aspirations et les problèmes de leur vie, elle souffre avec eux dans les angoisses de la mort. A ceux qui cherchent la paix, elle désire répondre dans un dialogue fraternel, en leur apportant la paix et la lumière qui viennent de l'Évangile.<

Les chrétiens doivent donc travailler, ils doivent collaborer avec tous les autres à organiser de manière droite les affaires économiques et sociales; ils doivent se dévouer avec un soin spécial à l'éducation des enfants et des jeunes au moyen des écoles de toute sorte, qu'il faut considérer non seulement comme un moyen privilégié pour former et élever une jeunesse chrétienne, mais en même temps comme un service de très haute valeur pour les hommes, surtout pour les nations qui montent, pour élever la dignité humaine et préparer des conditions plus humaines. Ils doivent en outre prendre une part dans les efforts de ces peuples qui, en faisant la guerre à la faim, à l'ignorance et aux maladies, s'appliquent à améliorer les conditions de la vie et à affermir la paix dans le monde. Dans cette activité, les fidèles doivent souhaiter ardemment apporter de façon prudente leur dévouement aux initiatives proposées par les institutions privées ou publiques, par les gouvernements, par les organismes internationaux, par les diverses communautés chrétiennes et par les religions non chrétiennes.

Mais l'Église ne veut en aucune manière s'ingérer dans le gouvernement de la cité terrestre. Elle ne revendique pour elle-même d'autre titre que celui d'être au service des hommes, Dieu aidant, par sa charité et son service fidèle (cf. Mt. 20, 26; 23, 11) (1).

Dans leur vie et leur activité. les disciples du Christ, intimement unis aux hommes, espèrent leur présenter le vrai témoignage du Christ et travailler en vue de leur salut, même là où ils ne peuvent annoncer pleinement le Christ. Car ils ne recherchent pas le progrès et la prospérité purement matériels des hommes; mais ils entendent promouvoir leur dignité et leur union fraternelle, en enseignant les vérités religieuses et morales que le Christ a éclairées de sa lumière; et ainsi, ils ouvrent pas à pas un chemin plus parfait vert Dieu. C'est ainsi que les hommes sont aidés dans l'obtention de leur salut au moyen de la charité envers Dieu et le prochain; c'est ainsi que commence à luire le mystère du Christ, en qui est apparu le nouvel homme, créé selon Dieu (cf. Eph. 4, 24), en qui la charité de Dieu se révèle.

Article 2 - La prédication de l'Évangile et le rassemblement du Peuple de Dieu

13. Évangélisation et conversion


Partout où Dieu ouvre un champ libre à la prédication pour proclamer le mystère du Christ (cf. Col. 4, 3), on doit annoncer (cf. I Cor. 9, 15; Rom. 10, 14) à tous les hommes (cf. Mc 16, 15) avec assurance et persévérance (cf. Act. 4, 13, 29, 31; 9, 27-28; 13, 46; 14, 3; 19, 8; 26, 26; 28, 31; 1 Thess. 2, 2; 2 Cor. 3, 12; 7, 4; Phil. 1, 20; Eph. 3, 12; 6, 19-20) le Dieu vivant, et Celui qu'Il a envoyé pour le salut de tous, Jésus-Christ (cf. 1 Thess. 1, 9-10; 1 Cor. 1, 18-21; Gal. 1, 31; Act. 14, 15-17; 17, 22-31), pour que les non-chrétiens, le Saint-Esprit ouvrant leur coeur (cf. Act. 16, 14), croient et se convertissent librement au Seigneur et s'attachent loyalement à Lui qui, étant "la Voie, la Vérité et la Vie" (Jn 14, 6), comble toutes leurs attentes spirituelles, bien plus les dépasse de façon infinie.

Bien sûr, cette conversion est à comprendre comme une conversion initiale; elle est suffisante cependant pour que l'homme se rende compte que, détourné du péché, il est introduit dans le mystère de l'amour de Dieu, qui l'appelle à nouer des rapports personnels avec Lui dans le Christ. En effet, sous l'action de la grâce de Dieu, le nouveau converti entreprend un itinéraire spirituel par lequel, communiant déjà par la foi au mystère de la mort et de la résurrection, il passe du vieil homme au nouvel homme qui a sa perfection dans le Christ (cf. Col. 3, 5-10; Eph. 4, 20-24). Ce passage, qui entraîne avec soi un changement progressif de la mentalité et des moeurs, avec ses conséquences sociales, doit devenir manifeste et se développer peu à peu pendant le temps du catéchuménat. Comme le Seigneur en qui on croit est un signe de contradiction (cf. Lc 2, 34; Mt. 10, 34-39), il n'est pas rare que le converti fasse l'expérience de ruptures et de séparations, mais aussi connaisse les joies que Dieu donne sans les mesurer (cf. 1 Thess. 1, 6).

L'Église interdit sévèrement de forcer qui que ce soit à embrasser la foi, ou de l'y amener ou attirer par des pratiques indiscrètes, tout comme elle revendique avec force le droit pour qui que ce soit de n'être pas détourné de la foi par des vexations injustes (2).

Selon la très antique coutume de l'Église, on doit examiner avec soin les motifs de la conversion et, s'il est nécessaire, les purifier.

14. Catéchuménat et initiation chrétienne

Ceux qui ont reçu de Dieu par l'intermédiaire de l'Église la foi au Christ (3) doivent être admis au catéchuménat par des cérémonies liturgiques. Le catéchuménat n'est point un simple exposé des dogmes et des préceptes, mais une formation à la vie chrétienne intégrale, et un apprentissage mené de la façon qui convient -- formation et apprentissage par lesquels les disciples sont unis au Christ leur Maître. Les catéchumènes doivent donc être initiés comme il faut au mystère du salut et à la pratique des moeurs évangéliques, et introduits par des rites sacrés, célébrés à des époques successives (4), dans la vie de la foi, de la liturgie et de la charité du Peuple de Dieu.

Ensuite, délivrés de la puissance des ténèbres (cf. Col. 1, 13) (5) par les sacrements de l'initiation chrétienne, morts avec le ensevelis avec lui et ressuscités avec lui (cf. Rom. 6, 4-11; Col. 2, 12-13; 1 Pt. 3, 21-22; Mc 16, 16), ils reçoivent l'Esprit d'adoption des enfants (cf. 1 Thess. 3, 5-7; Act. 8, 14-17) et célèbrent avec tout le Peuple de Dieu le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur.

Il faut souhaiter que la liturgie du temps du Carême et du temps de Pâques soit réformée de telle manière qu'elle prépare les coeurs des catéchumènes à la célébration du mystère pascal, pendant solennités duquel ils sont régénérés par le baptême dans le Christ.

Cette initiation chrétienne au cours du catéchuménat doit être l'oeuvre non pas des seuls catéchistes ou des seuls prêtres, mais celle de toute la communauté des fidèles, spécialement celle des parrains, en sorte que dès le début les catéchumènes sentent qu'ils appartiennent au peuple de Dieu. La vie de l'Église étant apostolique, les catéchumènes doivent de même apprendre à coopérer activement par le témoignage de leur vie et la profession de leur foi à l'évangélisation et à la construction de l'Église.

Enfin, le statut juridique des catéchumènes doit être fixé clairement dans le nouveau Code: ils sont déjà unis à l'Église (6), ils sont déjà de la maison du Christ (7), et il n'est pas rare qu'ils mènent une vie de foi, d'espérance et de charité.

 Suite



Sommaire

Avant propos

1- Principes doctrinaux

2 - L'Oeuvre missionnaire elle-même

3 - Les Églises particulières

4 - Les missionnaires

5 - L'organisation de l'activité missionnaire

6 - La coopération

Conclusion


Sommaire

Avant propos

1- Principes doctrinaux

2 - L'Oeuvre missionnaire elle-même

3 - Les Églises particulières

4 - Les missionnaires

5 - L'organisation de l'activité missionnaire

6 - La coopération

Conclusion

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(0.1) Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen Gentium, 48 (AAS, 1965, 53) [pp. 77-78].

(0.2) S. Augustin, Enarr. in Ps., 44, 23, PL XXXVI, 508; CChr., 38, 150.

(1.1). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen Gentium, 2 (AAS, 1965. 5-6) [p. 19].

(1.2). Cf. S. Irénée, Adv. Haer., III, 18, 1: " Le Verbe existant auprès de Dieu, par qui tout a été fait, et qui était toujours présent dans le genre humain... " P. G. 7, 932; ib. IV, 6, 7: " Depuis le début, le Fils présent dans sa création, révèle le Père à tous ceux à qui le veut, quand le veut et comme le veut le Père " ib. 990; cf. IV, 20, 6-7, ib. 1037; Démonstration 34 (Patr. Orient XII, 773; Sources chrét. 62, Paris, 1958, p. 87; -- Clément d'Alexandrie, Protreptique, 112, 1 (GCS, Clemens, I, 79); Stromates VI, 6, 44, 1 (GCS, Clemens, II, 453); VI, 13, 106, 3-4, ib., 485. Sur la doctrine elle-même, Pie XII, Message radiophonique 31 déc. 1952; Conc. Vat. II Const. dogm. Lumen Gentium, 16 (AAS, 1965, 20) [pp. 36-37].

(1.3). Cf. Héb. 1, 2; Jn 1, 3 et 10; 1 Cor. 8. 6; Col. 1, 16.

(1.4). Cf. S. Athanase, Lettre à Epictète, 7 (P.G. 26, 1060); S. Cyrille de Jérusalem, Catech. 4, 9 (P.G. 33, 465); Marius Victorinus, Adv. Arium, 3, 3 (P.L. 8, 1101); S. Basile, Lettre 261, 2 (P.G. 32, 969); S. Grégoire de Nazianze, Lettre 101 (P.G. 37, 181); S. Grégoire de Nysse, Antirrheticus, Adv. Apollin., 17 (P.G. 45, 1156); S. Ambroise. Lettre 48. 5 (P.L. 16, 1153); S. Augustin, Tract. in Evang. Joann., tr. 23, 6 (P.L. 35, 1585; CChr. 36, 236); en outre, c'est cet argument qui lui sert à démontrer que le Saint-Esprit ne nous a pas rachetés, puisqu'il ne s'est pas incarné: De Agone Christ., 22, 24 (P.L. 40, 302); S. Cyrille d'Alexandrie, Adv. Nestor., I, I (P.G. 76, 20); S. Fulgence, Lettre 17, 3, 5 (P.L. 65, 454); A Trasimond III, 21 (P.L. 65, 284: de la tristesse et de la crainte).

(1.5). C'est l'Esprit-Saint qui a parlé par les prophètes: Symb. de Constantinople (Denz. 150 [86]); S. Léon le Grand, Sermon 76 (P.L. 54, 405-406): " Quand au jour de la Pentecôte l'Esprit-Saint remplit les disciples du Seigneur, ce ne fut pas le début d'un don, mais une largesse surajoutée à d'autres: les patriarches, les prophètes, les prêtres, tous les saints qui vécurent aux temps anciens ont été nourris du même Esprit sanctifiant... bien que la mesure des dons ait été différente ". De même le Sermon 77, I (P.L. 54, 412); Léon XIII, Encycl. Divinum illud, 9 mai 1897 (AAS 1897, 650-651 ). De même S. Jean Chrysostome, bien qu'il insiste sur la nouveauté de la mission du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte: In Eph., c. 4, Hom. 10, 1 (P.G. 62, 75).

(1.6). Les saints Pères parlent souvent de Babel et de la Pentecôte: Origène, In Genesim, c. I (P.G. 12, 112); S. Grégoire de Nazianze, Orat. 41, 16 (P.G. 36, 449); S. Jean Chrysostome, Hom. 2 pour la Pentecôte, 2 (P.G. 50, 467); In Acta Apost. (P.G. 60, 44); S. Augustin, Enarr. in Psalm. 54, 11 (P.L. 36, 636; CChr., 39, 664 sq); Sermon 271 (P.L. 38, 1245); S. Cyrille d'Alexandrie, Glaphyra in Genesim 11 (P.G. 69, 79); S. Grégoire le Grand, Hom. in Evang., lib. II, Hom. 30, 4 (P.L. 76, 1222); S. Bède, In Hexaemer, liv. III (P.L. 91, 125). Voir aussi la représentation dans l'atrium de la Basilique Saint-Marc à Venise. L'Église parle toutes les langues, et ainsi rassemble tous les hommes dans la catholicité de la foi: S. Augustin, Sermons 266, 267, 268, 269 (P.L. 38. 1225-1237); Sermon 175, 3 (P.L. 38, 946); S. Jean Chrysostome, In Epist. 1 ad Cor., Hom. 35 (P.G. 61, 296); S. Cyrille d'Alex., Fragm. in Acta (P.G. 74, 758); S. Fulgence, Sermon 8, 2-3 (P.L. 65, 743-744). Sur la Pentecôte et la consécration des Apôtres à la mission: cf. J. A. Cramer, Catena in Acta SS. Apostolorum, Oxford, 1838, p. 24 sq.

(1.7). Cf. Luc 3, 22; 4, 1; Act. 10, 38.

(1.8). Cf. Jean, chap. 14 à 17; Paul VI, Discours prononcé au Concile, le 14 septembre 1964 (AAS 1964, 807).

(1.9). Cf. Conc. Vat. Il, Const. dogm. Lumen gentium, 4 (AAS 1965, 7) [p. 21].

(1.10). S. Augustin, Sermon 267, 4 (P.L. 38, 1231 ): " Ce que fait l'âme dans tous les membres d'un même corps, le Saint-Esprit le fait dans l'Église tout entière ". Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen Gentium, n. 7, avec la note 8. (AAS 1965, 11) [pp. 23-261.

(1.11). Cf. Act. 10, 44-47; 11, 15; 15, 8.

(1.12). Cf. Act. 4, 8; 5, 32; 8, 26. 29. 39; 9, 31; 10; 11, 24-28; 13, 2. 4. 9; 16, 6-7; 20, 22-23; 21, 11, etc.

(1.13). Tertullien, Apologeticum, 50, 13 (P.L. 1, 534; CChr., 1,171).

(1.14). Déjà saint Thomas d'Aquin parle de la charge apostolique de planter l'Église: cf. Sent., Lib. I, dist. 16, q. 1, a. 2 ad 2 et 4; a. 3 sol.; Somme Théologique la, q. 43, a. 7 ad 6; la IIae, q. 106, a. 4 ad 4. Cf. Benoît XV, Maximum illud. 30 nov. 1919 (AAS 1919. 445 et 453): Pie XI. Rerum Ecclesiae, 28 févr. 1926 (AAS 1926, 74); Pie XII, 30 avril 1939, aux Direct. des Oeuvres Pontif. Missionn.; Id., 24 juin 1944 aux Direct. des Oeuvres Pontif. Missionnaires (.4 .d S. 1944. 210); de nouveau AAS 1950, 727, et 1951, 508); Id., 29 juin 1948 au clergé indigène (AAS 1948, 374); Id, Evangelii praecones, 2 juin 1951 (AAS 1951, 507); Id., Fidei Donum 15 janv. 1957 (AAS 1957, 236); Jean XXIII, Princeps Pastorum, 28 nov. 1959 (AAS 1959, 835); Paul VI, Homélie du 18 octobre 1964 (AAS 1964, 911). Les Papes aussi bien que les Pères et les Scolastiques parlent de l'expansion de l'Église (dilatatio Ecclesiae): S. Thomas, Comment. sur Matt. 16, 28; Léon XIII, Encycl. Sancta Dei Civitas, 3 déc. 1880 (AAS 1880, 241); Benoît XV, Maximum illud, 30 nov. 1919 (AAS 1919, 442); Pie XI, Rerum Ecclesiae, 28 fév. 1926 (AAS 1926, 65).

(1.15). Dans cette notion de l'activité missionnaire sont incluses en toute réalité, comme il est évident, même ces parties de l'Amérique Latine dans lesquelles n'existe pas de hiérarchie propre, et où ne se trouvent ni une maturité de vie chrétienne ni une prédication suffisante de l'Évangile. La question de savoir si ces territoires sont reconnus de fait par le Saint-Siège comme territoires missionnaires, n'est pas du ressort du Concile. C'est pourquoi relativement au lien entre la notion de l'activité missionnaire et certains territoires déterminés, on dit à juste titre que cette activité s'exerce " d'ordinaire " dans des territoires déterminés reconnus par le Saint-Siège

(1.16). Conc. Vat. II, Décret Unitatis redintegratio, 1 (AAS 1965, [pp. 497-498].

(1.17). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 14 (AAS 18) [pp. 34-35].

(1.18). Cf. Jn 7, 18; 8, 30 et 44; 8, 50; 17, 1,

(1.19). Sur cette idée synthétique, voir la doctrine de saint Irénée sur la Récapitulation. Cf. aussi Hippolyte, De Antichristo, 3: " Aimant tous les hommes et désirant les sauver tous, voulant les rendre tous fils de Dieu et appelant tous les saints à former un seul homme parfait... " (P.G. 10, 732; G.C.S. Hippolyte I, 2, p. 6); Benedictiones Jacob, 7 (T.U., 38-1, p, 18, lin. 4 ss); Origène, In Joan. Tom. I, 16: " Il n'y aura alors qu'un seul acte de connaître Dieu chez ceux qui seront arrivés à Dieu, sous la conduite de ce Verbe qui est chez Dieu; en sorte que tous soient formés avec soin pour connaître le Père comme des enfants, comme le Fils est maintenant seul à connaître le Père " (P.G. 14, 49; G.C.S. Origène IV, 20); S. Augustin, De Sermone Domini in monte, 1, 41: " Aimons ce qui avec nous peut être mené jusqu'à ces royaumes où personne ne dit: Mon Père, mais où tous disent à un seul Dieu: Notre Père " (P,L. 34, 1250); S. Cyrille d'Alex., In Joan., I: " Car nous sommes tous dans le Christ et la nature commune de notre humanité reprend vie en lui. C'est pour cela qu'il a été appelé le nouvel Adam. Il a habité parmi nous, Celui qui par nature est Fils et Dieu; aussi nous écrions-nous dans son Esprit: Abba, Père ! Le Verbe habite en tous en un seul temple, c'est-à-dire dans ce temple qu'il a pris pour nous et qu'il nous a emprunté, afin qu'ayant en lui tous les hommes, il réconcilie au Père tous les hommes dans un seul corps, comme le dit Paul ·(P.G. 73, 161- 164).

(1.20). Benoît XV, Maximum illud, 30 nov. 1919 (AAS 1919, 445): "Car de même que l'Église de Dieu est catholique et qu'elle n'est étrangère en aucune race ni aucune nation... "; cf. Jean XIII, Enc. Mater et Magistra : " De droit divin l'Église s'étend à toutes les nations... lorsqu'elle a injecté dans ce qu'on peut appeler les veines d'un peuple sa puissance, elle n'est pas, elle ne se considère pas une institution quelconque, imposée de l'extérieur à ce peuple... Aussi tout ce qui lui paraît être bon et honnête, ils le confirment et le mène à la perfection " (i.e. ceux qui sont re-nés dans le Christ), 25 mai 1961 (AAS, 1961, 444).

(1.21). Cf. S. Irénée, Adv. Haereses, III, 15, 3 (P.G. 7, 919) : " Ils furent les prédicateurs de la vérité et les apôtres de la liberté ".

(1.22). Bréviaire romain, Antienne O aux vêpres du 23 décembre.

(1.23). Cf. Mt. 24, 31; Didachè 10, 5 (Funk, I, p. 32).

(1.24). Cinc. Vat. II, Cinst. dogm. Lumen Gentium, 17 (AAS, 1965, 20-21) [pp. 37-38]; S. Augustin, De Civitate Dei, 19, 17 (P.L. 41) Instr. de la S. Congr. de la Propagande (collectanea I, n. 135, p. 42).

(1.25). Selon Origène, l'Évangile doit être prêché avant la consommation de ce monde : Hom. sur saint Luc, XXI (G.C.S., Origen IX, 136, 21 ss); Conmm. sur Matth., 39 (XI 75, 25 ss; 76, 4 ss); Hom. sur Jérémie, III, 2 (VIII 308, 29 s.); St Thomas, Somme théologique, Ia Ilae, q. 106, art. 4, ad 4.

(1.26). S. Hilaire de Poitiers, Sur le psaume 14 (P.L. 9, 301); Eusèbe de Césarée, Sur Isaïe 54, 2-3 (P.G. 24, 462-463); S. Cyrille d'Alexandrie, Sur Isaïe V, chap. 54, 1-3 (P.G. 70, 1193).

(2.1). Cf. Alloc. de Paul VI au Concile, 21 novembre 1964 (AAS 1964, 1013). 

(2.2). Cf. Conc. Vat. II, Décl. sur la liberté religieuse, 2, 4, 10 (AAS, 1966, 930-933, 936) [pp. 558-559, 560- 561, 564-565]. Const. sur l'Église dans le monde d'aujourd'hui 21 (AAS, 1966, 1040-1042) [pp. 167 ss]. 

(2.3). Cf. Conc. Vat. Il, Const. dogm. Lumen gentium, 17 (AAS, 1965, 20-21) [pp. 37-38]. 

(2.4). Cf. Conc. Vat. II, Const. sur la liturgie, 64-65 (AAS, 1964, 117) [p. 148]. 

(2.5). Sur la libération de l'esclavage du démon et des ténèbres. dans l'Évangile: cf. Mt. 12, 28; Jn 8, 44; 12, 31 (cf. I Jn 3.8; Eph. 2. 1-2); dans la liturgie du baptême: cf. le Rituel romain. 

(2.6). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 14 (AAS 1965. 19) [pp. 34-35]. 

(2.7). Cf. S. Augustin, Tract. in Joan., Tr. 11, 4 (P.L. 35, 1476).