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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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Textes Fondamentaux
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Décret |
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Chapitre
2 - L'Oeuvre missionnaire elle-même 15. Formation de la communauté chrétienne Quand l'Esprit-Saint, qui appelle tous les hommes au Christ par les semences du Verbe et la prédication de l'Évangile et produit dans les coeurs la soumission de la foi, engendre à une nouvelle vie dans le sein de la fontaine baptismale, ceux qui croient au Christ, il les rassemble en un seul Peuple de Dieu qui est "race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple acquis" (1 Pt. 2, 9) (8). Les missionnaires donc, collaborateurs de Dieu (cf. 1 Cor. 3, 9), doivent faire naître des assemblées de fidèles qui, menant une vie digne de l'appel qu'elles ont reçu (cf. Eph. 4, 1), soient telles qu'elles puissent exercer les fonctions à elles confiées par Dieu: sacerdotale, prophétique, royale. C'est de cette manière qu'une communauté chrétienne devient signe de la présence de Dieu dans le monde: par le sacrifice eucharistique, en effet, elle passe constamment au Père avec le Christ (9); nourrie (10) avec soin de la parole de Dieu elle présente le témoignage du Christ (11); elle marche enfin dans la charité et est enflammée d'esprit apostolique (12). Une communauté chrétienne doit dès le début être constituée de telle manière qu'elle puisse, dans la mesure du possible, pourvoir elle-même à ses besoins. Ce rassemblement des fidèles, doté des richesses culturelles de sa propre nation, doit être profondément enraciné dans le peuple: les familles doivent s'y épanouir pénétrées de l'esprit évangélique (13) et y être aidées par des écoles valables; on doit y organiser des associations et des groupements au moyen desquels l'apostolat des laïcs pourra pénétrer de l'esprit évangélique toute la société. La charité enfin doit y briller dans son éclat entre les catholiques de rites différents (14). L'esprit oecuménique doit aussi être nourri parmi les néophytes, qui doivent penser avec exactitude que des frères qui croient au Christ sont des disciples du Christ, régénérés par le baptême, des participants de nombreux biens du Peuple de Dieu. Autant que le permettent les situations religieuses, une action oecuménique doit être menée de telle sorte que, étant bannie toute apparence d'indifférentisme, de confusionnisme et d'odieuse rivalité, les catholiques collaborent fraternellement avec les frères séparés, selon les dispositions du décret sur l'oecuménisme, par une commune profession de foi en Dieu et en Jésus-Christ devant les nations, dans la mesure du possible, et par une coopération dans les questions sociales et techniques, culturelles et religieuses; qu'ils collaborent surtout à cause du Christ leur Maître commun: que son Nom les unisse ! Cette collaboration doit être établie non seulement entre les personnes privées, mais aussi, au jugement de l'Ordinaire du lieu, entre les Églises, communautés ecclésiales et entre leurs oeuvres. Les chrétiens venus de tous les peuples et rassemblés dans l'Église, "ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par la langue, ni par leur façon de se comporter dans la cité" (15); aussi doivent-ils vivre pour Dieu et le Christ selon les usages et le comportement de leur pays, pour cultiver vraiment et efficacement en bons citoyens l'amour de la Patrie, pour éviter cependant de manière absolue le mépris à l'égard des races étrangères, le nationalisme exacerbé, et promouvoir l'amour universel des hommes. Dans l'obtention de ces résultats, ont une très grande importance et sont dignes d'un intérêt particulier les laïcs, autrement dit ces chrétiens qui, incorporés au Christ par le baptême, vivent dans le monde. C'est leur rôle propre, quand ils sont pénétrés de l'Esprit du Christ, d'animer de l'intérieur, à la façon d'un ferment, les réalités temporelles, et de les disposer pour qu'elles soient toujours selon le Christ (16). Il ne suffit point cependant que le peuple chrétien soit présent et établi dans un pays; il ne suffit point non plus qu'il exerce l'apostolat de l'exemple; il est établi, il est présent dans ce but: annoncer le Christ aux concitoyens non chrétiens par la parole et par l'action, et les aider à recevoir pleinement le Christ. En outre, pour l'implantation de l'Église et le développement de la communauté chrétienne, sont nécessaires des ministères divers qui, suscités par l'appel divin du sein même de l'assemblée des fidèles, doivent être encouragés et respectés par tous avec un soin empressé: parmi eux, il y a les fonctions des prêtres, des diacres et des catéchistes, et l'Action catholique. De même, les Religieux et les Religieuses remplissent, soit par leur prière soit par leur dévouement actif, une tâche indispensable pour enraciner dans les coeurs le Règne du Christ, l'y fortifier et l'étendre plus au loin. 16. Établissement du clergé local Avec une immense joie, l'Église rend grâces pour le don inappréciable de la vocation sacerdotale que Dieu a accordé à un si grand nombre de jeunes parmi les peuples récemment convertis au Christ. L'Église, en effet, enfonce des racines plus vigoureuses en chaque groupe humain, quand les diverses communautés de fidèles possèdent, tirés de leurs membres, leurs propres ministres du salut dans l'ordre des évêques, des prêtres et des diacres, qui sont au service de leurs frères, en sorte que les jeunes Églises acquièrent peu à peu une structure diocésaine avec leur clergé propre. Ce qui a été décidé par le Concile à propos de la vocation et de la formation sacerdotale, doit être observé religieusement dès que l'Église commence à s'implanter, et aussi dans les jeunes Églises. Il faut faire très grand cas de ce qui est dit de la formation spirituelle à joindre étroitement à la formation doctrinale et pastorale, de la vie à mener selon le type de l'Évangile sans considération de l'avantage personnel ou de l'intérêt familial, du sens intime du mystère de l'Église à développer. Ils apprendront ainsi de façon merveilleuse à se consacrer tout entiers au service du Corps du Christ et à l'oeuvre de l'Évangile, à s'attacher à leur propre évêque comme de fidèles collaborateurs et à apporter un concours loyal à leurs confrères (17). Pour arriver à cette fin générale, toute la formation des élèves doit être organisée à la lumière du mystère du salut comme il est exposé dans les Écritures; qu'ils découvrent et vivent ce mystère du Christ et du salut des hommes présent dans la liturgie (18) Ces exigences communes de la formation sacerdotale, même pastorale et pratique, selon les dispositions du Concile (19), doivent se combiner avec le zèle à aller au-devant du mode particulier de penser et d'agir de sa propre nation. Les esprits des élèves doivent donc être ouverts et rendus pénétrants pour bien connaître et pouvoir juger la culture de leur pays; dans les disciplines philosophiques et théologiques, ils doivent saisir les raisons qui créent un désaccord entre les traditions et la religion nationales. et la religion chrétienne (20). De même, la formation sacerdotale doit viser les nécessités pastorales de la région; les élèves doivent apprendre l'histoire, le but et la méthode de l'action missionnaire de l'Église, et les conditions particulières sociales, économiques, culturelles de leur propre peuple. Ils doivent être éduqués dans un esprit d'oecuménisme, et préparés comme il convient au dialogue fraternel avec les non-chrétiens (21). Tout cela demande que les études conduisant au sacerdoce soient menées, autant que faire se peut, en liaison continuelle avec le pays particulier de chacun et dans le même cadre de vie (22). Qu'on veille enfin à donner une formation préparant à l'administration ecclésiastique ordonnée, et même une formation économique. On devra aussi choisir des prêtres capables qui, après une certaine pratique pastorale, pourront mener à bon terme des études supérieures dans des Universités même étrangères, surtout à Rome, et dans d'autres Instituts scientifiques, en sorte que les jeunes Églises aient à leur disposition des prêtres venant du clergé local, dotés d'une science et d'une expérience convenables, pour remplir des fonctions ecclésiastiques plus ardues. Là où les Conférences Épiscopales le jugeront opportun, l'ordre du diaconat devra être rétabli comme état de vie permanent, selon les dispositions de la Constitution sur l'Église (23). Il est utile, en effet, que les hommes qui accomplissent un ministère vraiment diaconal, ou en prêchant la parole de Dieu comme catéchistes, ou en gouvernant au nom du curé et de l'évêque les communautés chrétiennes éloignées, ou en exerçant la charité dans les oeuvres sociales ou caritatives, soient fortifiés par l'imposition des mains transmise depuis les Apôtres, et plus étroitement unis à l'autel, pour qu'ils s'acquittent de leur ministère plus efficacement, au moyen de la grâce sacramentelle du diaconat. 17. Formation des catéchistes De même, elle est digne d'éloge cette armée, qui a si magnifiquement mérité de l'oeuvre des missions auprès des païens, l'armée des catéchistes hommes et femmes qui, pénétrés de l'esprit apostolique, apportent par leurs labeurs considérables une aide singulière et absolument nécessaire à l'expansion de la foi et de l'Église. De nos jours, du fait du petit nombre des clercs pour évangéliser de si grandes multitudes et accomplir le ministère pastoral, l'office des catéchistes a une très grande importance. Leur formation doit donc être tellement menée à bien et accommodée au progrès culturel qu'ils puissent remplir le plus parfaitement possible leur fonction en collaborateurs efficaces de l'ordre sacerdotal -- leur fonction qui se complique de charges nouvelles et plus amples. Il faut donc multiplier les écoles diocésaines et régionales dans lesquelles les futurs catéchistes cultiveront avec soin la doctrine catholique, surtout en matière biblique et liturgique, et aussi la méthode catéchétique et la pratique pastorale, se formeront aux moeurs des chrétiens (24), s'appliquant sans arrêt à cultiver la piété et la sainteté de leur vie. De plus, on devra établir des sessions ou des cours qui permettront aux catéchistes de se renouveler à périodes fixes dans les disciplines et les arts utiles à leur ministère, de nourrir et de fortifier leur vie spirituelle. En outre, à ceux qui se dévouent entièrement à cette besogne, on devra procurer par une juste rémunération un état de vie décent et la sécurité sociale (25). On souhaite qu'il soit pourvu d'une manière convenable à la formation et à l'entretien des catéchistes par des subsides spéciaux du sacré dicastère de la Propagande. Si cela apparaît nécessaire et indiqué, on fondera une Oeuvre pour les catéchistes. De plus, les Églises apprécieront avec reconnaissance le labeur généreux des catéchistes auxiliaires, dont l'aide leur sera indispensable. Ils président les prières dans leurs communautés et enseignent la doctrine. Il faut donc se préoccuper comme il convient de leur formation doctrinale et spirituelle. En outre il est désirable que, là où cela paraîtra opportun, la mission canonique soit confiée publiquement au cours d'une action liturgique aux catéchistes qui auront reçu une formation suffisante, afin qu'ils soient au service de la foi auprès du peuple avec une plus grande autorité. 18. Promouvoir la vie religieuse Dès la période de l'implantation de l'Église, on doit prendre soin d'introduire la vie religieuse: non seulement elle apporte une aide précieuse et absolument nécessaire à l'activité missionnaire, mais par la consécration plus intime faite à Dieu dans l'Église, elle manifeste aussi avec éclat et fait comprendre la nature intime de la vocation chrétienne (26). Les Instituts religieux qui travaillent à la plantation de l'Église, profondément imprégnés des richesses mystiques qui sont la gloire de la tradition religieuse de l'Église, doivent s'efforcer de les exprimer et de les transmettre selon le génie et le caractère de chaque nation. Ils doivent examiner comment les traditions ascétiques et contemplatives, dont les germes ont été quelquefois répandus par Dieu dans les civilisations antiques avant la prédication de l'Évangile, peuvent être assumées dans la vie religieuse chrétienne. Dans les jeunes Églises, les diverses formes de vie religieuse doivent être cultivées avec soin, afin de montrer les divers aspects de la mission du Christ et de la vie de l'Église, d'apporter un dévouement aux diverses oeuvres pastorales et de préparer comme il le faut leurs membres à les accomplir. Cependant, que les Évêques veillent dans les Conférences à ce que des Congrégations poursuivant la même fin apostolique ne se multiplient pas au détriment de la vie religieuse et de l'apostolat. Sont dignes d'une mention spéciale les diverses initiatives en vue de l'enracinement de la vie contemplative: certains Instituts, gardant les éléments essentiels de l'institution monastique, travaillent à implanter la très riche tradition de leur Ordre; d'autres reviennent aux formes plus simples du monachisme antique; tous cependant doivent chercher une authentique adaptation aux conditions locales. La vie contemplative relevant du développement complet de la présence de l'Église, il faut qu'elle soit instaurée partout dans les jeunes Églises. Chapitre 3 - Les Églises particulières
19. Le progrès des jeunes Églises Quand l'assemblée des fidèles est déjà enracinée dans la vie sociale et modelée jusqu'à un certain point sur la culture locale, qu'elle jouit d'une certaine stabilité et fermeté, l'oeuvre de la plantation de l'Église dans ce groupe humain déterminé atteint dans une certaine mesure son terme; ayant ses ressources propres, fussent-elles insuffisantes, en clergé local, en religieux et en laïcs, elle est enrichie de ces ministères et institutions qui sont nécessaires pour mener et développer la vie du peuple de Dieu sous la conduite de son propre évêque. Dans ces jeunes Églises, la vie du Peuple de Dieu doit acquérir sa maturité dans tous les domaines de la vie chrétienne, qui doit être renouvelée selon les dispositions de ce Concile; les assemblées de fidèles deviennent de jour en jour plus consciemment des communautés de foi, de liturgie et de charité; par leur activité civile et apostolique, les laïcs travaillent à instaurer dans la cité un ordre de charité et de justice; les moyens de communication sociale sont employés de manière opportune et prudente; grâce à une vie vraiment chrétienne, les familles deviennent des séminaires d'apostolat des laïcs et de vocations sacerdotales et religieuses. La foi enfin est enseignée au moyen d'une catéchèse adaptée, elle est célébrée dans une liturgie conforme au génie du peuple, et par une législation canonique convenable, elle passe dans les institutions honorables et dans les coutumes locales. Les Évêques, chacun avec leur presbyterium, de plus en plus pénétrés du sens du Christ et de l'Église, doivent sentir et vivre avec l'Église universelle. Intime doit demeurer la communion des jeunes Églises avec l'Église tout entière; elles doivent en joindre les éléments traditionnels à leur culture propre, pour accroître la vie du Corps Mystique par des échanges mutuels (1). On doit donc cultiver les éléments théologiques, psychologiques et humains qui peuvent contribuer à favoriser ce sens de la communion avec l'Église universelle. Ces Églises, situées très souvent dans des contrées plus pauvres du globe, souffrent encore d'une insuffisance, d'ordinaire très grave, de prêtres, et d'un manque, de subsides matériels. Aussi ont-elles un très grand besoin que l'action missionnaire continuée de l'Église tout entière leur procure les secours qui servent tout d'abord au développement de l'Église locale et à la maturité de la vie chrétienne. Cette action missionnaire doit aussi apporter son aide à ces Églises, fondées de longue date, qui se trouvent dans un état de régression et de faiblesse. Cependant, ces Églises doivent renouveler leur zèle pastoral commun et les oeuvres adaptées au moyen desquels les vocations pour le clergé diocésain et les instituts religieux s'accroissent en nombre, sont discernées avec plus de sûreté et cultivées avec un soin plus efficace (2) en sorte que peu à peu ces Églises puissent pourvoir à leurs propres besoins et apporter de l'aide aux autres. 20. L'activité missionnaire des Églises particulières L'Église particulière étant tenue de représenter le plus parfaitement possible l'Église universelle, elle doit savoir nettement qu'elle a été envoyée aussi à ceux qui ne croyant pas au Christ demeurent avec elle sur le même territoire, afin d'être par le témoignage de la vie de chacun des fidèles et de toute la communauté. un signe qui leur montre le Christ. De plus, le ministère de la parole est indispensable pour que l'Évangile parvienne à tous. Il faut donc qu'avant tout l'Évêque soit un prédicateur de la foi, qui amène au Christ de nouveaux disciples (3), Pour s'acquitter comme il faut de cette noble tâche, il doit connaître à fond la situation de son troupeau, les opinions intimes sur Dieu de ses concitoyens, en tenant soigneusement compte de ces changements introduits par l'urbanisation (ainsi parle-t-on}. les migrations et l'indifférentisme religieux. Dans les jeunes Églises, les prêtres locaux doivent entreprendre avec ardeur l'oeuvre de l'évangélisation. organisant une action commune avec les missionnaires étrangers avec lesquels ils forment un seul presbyterium parfaitement uni sous l'autorité de l'évêque, non seulement pour paître les fidèles et célébrer le culte divin, mais aussi pour prêcher l'Évangile à ceux qui sont dehors. Ils doivent se montrer prêts, et à l'occasion s'offrir d'un coeur ardent à l'Évêque pour entreprendre le travail missionnaire dans les régions éloignées et délaissées de leur propre diocèse, ou en d'autres diocèses. Du même zèle doivent brûler les religieux et les religieuses, et de même les laïcs à l'égard de leurs concitoyens, de ceux surtout qui sont plus pauvres. Les Conférences Épiscopales doivent veiller à ce que, à des époques fixes, soient organisés des cours de renouvellement biblique, théologique, spirituel et pastoral dans l'intention suivante: que parmi les bouleversements et les changements, le clergé acquière une connaissance plus pleine de la science théologique et des méthodes pastorales. Au reste, que soit observé religieusement ce que ce Concile a décidé spécialement dans le Décret sur le ministère et la vie des prêtres. Pour que cette oeuvre missionnaire d'une Église particulière puisse être menée à bien, il faut avoir des ministres capables, qu'on préparera à temps de la manière qui convient à la situation de chaque Église. Les hommes se réunissant de plus en plus en groupes, il convient tout à fait que les Conférences Épiscopales aient des échanges sur le dialogue à instituer avec ces groupes. Si en certaines régions il se rencontre des groupes d'hommes qui sont détournés d'embrasser la foi catholique, du fait qu'ils ne peuvent s'adapter à la forme particulière que l'Église y a revêtue, il est désirable qu'on pourvoie de façon spéciale(4) à une telle situation, jusqu'à ce que tous les chrétiens puissent être rassemblés en une seule communauté. Les Évêques doivent appeler dans leur diocèse ou recevoir volontiers les missionnaires dont le Siège Apostolique pourrait disposer dans ce but, et favoriser efficacement leurs initiatives. Pour que ce zèle missionnaire commence à fleurir chez "les frères de la même patrie", il convient tout à fait que les jeunes Églises participent effectivement le plus tôt possible à la mission universelle de l'Église en envoyant, elles aussi, des missionnaires qui pourront annoncer l'Évangile par toute la terre, bien qu'elles souffrent d'une pénurie de clergé. La communion avec l'Église universelle sera d'une certaine manière consommée lorsque, elles aussi, elles participeront activement à l'action missionnaire auprès d'autres nations. 21. Promouvoir l'apostolat des laïcs L'Église n'est pas fondée vraiment, elle ne vit pas pleinement, elle n'est pas le signe parfait du Christ parmi les hommes si un laïcat authentique n'existe pas et ne travaille pas avec la hiérarchie. L'Évangile ne peut s'enfoncer profondément dans les esprits, dans la vie, dans le travail d'un peuple sans la présence active des laïcs. Par conséquent, il faut dans la fondation d'une Église apporter déjà une très grande attention à constituer un laïcat chrétien qui atteigne sa maturité. Les laïcs qui sont fidèles appartiennent à la fois au Peuple de Dieu et à la société civile; ils appartiennent à leur nation; ils y sont nés; ils ont commencé à participer par l'éducation à ses trésors culturels, ils sont liés à sa vie par des liens sociaux de formes multiples; ils coopèrent à son progrès par leurs efforts personnels, chacun dans sa profession; ils sentent ses problèmes comme étant les leurs propres, et ils s'appliquent à les résoudre; ils appartiennent aussi au Christ, parce qu'ils ont été régénérés dans l'Église par la foi et le baptême afin d'être au Christ (cf. I Cor. 15, 23) par leur vie et leur action nouvelles, afin aussi que dans le Christ tout soit soumis à Dieu, et qu'enfin Dieu soit tout en tous (cf. 1 Cor. 15, 28). Leur principal devoir à eux, hommes et femmes, c'est le témoignage du Christ, qu'il doivent rendre par leur vie et leurs paroles dans leur famille, dans leur groupe social, dans leur milieu professionnel. Il faut donc qu'apparaisse en eux l'homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté véritable (cf. Eph. 4, 24). Ils doivent exprimer cette nouveauté de vie dans le milieu social et culturel de leur patrie, selon les traditions nationales. Ils doivent connaître cette culture, la purifier, la conserver, la développer selon les situations récentes, enfin lui donner sa perfection dans le Christ, afin que la foi du Christ et la vie de l'Église ne soient plus étrangères à la société dans laquelle ils vivent, mais commencent à la pénétrer et à la transformer. Ils doivent se joindre à leurs concitoyens avec une charité sincère, afin que dans leur comportement apparaisse un nouveau lien d'unité et de solidarité universelle, puisé dans le mystère du Christ. Ils doivent aussi répandre la foi du Christ parmi ceux auxquels ils sont liés par la vie et la profession; cette obligation s'impose d'autant plus que le plus grand nombre des hommes ne peuvent entendre l'Évangile et connaître le Christ que par les laïcs proches d'eux. Bien plus, là où c'est possible, les laïcs doivent être prêts, en une collaboration plus immédiate avec la hiérarchie, à remplir une mission spéciale pour annoncer l'Évangile et communiquer la doctrine chrétienne, afin de rendre plus vigoureuse l'Église naissante. Les ministres de l'Église doivent estimer à haut prix l'apostolat difficile des laïcs; ils doivent former les laïcs pour que, comme membres du Christ, ils prennent conscience de leur responsabilité à l'égard de tous les hommes; ils doivent les instruire profondément dans le mystère du Christ, les introduire aux méthodes pratiques, être avec eux dans les difficultés, selon la pensée de la Constitution sur l'Église et du Décret sur l'apostolat des laïcs. Les fonctions et les responsabilités propres des Pasteurs et des laïcs étant bien respectées, la jeune Église tout entière doit rendre un seul témoignage vivant et ferme du Christ, afin de devenir un signe évident du salut qui nous arrive dans le Christ. 22. Diversité dans l'unité La semence qui est la parole de Dieu venant à germer dans une bonne terre, arrosée de la rosée divine, puise la sève, la transforme et l'assimile pour porter enfin un fruit abondant. Certes, à l'instar de l'économie de l'Incarnation, les jeunes Églises enracinées dans le Christ et construites sur le fondement des Apôtres, assument pour un merveilleux échange toutes les richesses des nations qui ont été données au Christ en héritage (cf. Ps. 2, 8). Elles empruntent aux coutumes et aux traditions de leurs peuples, à leur sagesse, à leur science, à leurs arts, à leurs disciplines, tout ce qui peut contribuer à confesser la gloire du Créateur, mettre en lumière la grâce du Sauveur, et ordonner comme il le faut la vie chrétienne (5). Pour obtenir ce résultat, il est nécessaire que dans chaque grand territoire socioculturel, comme on dit, une réflexion théologique de cette sorte soit encouragée, par laquelle, à la lumière de la Tradition de l'Église universelle, les faits et les paroles révélés par Dieu, consignés dans les Saintes Lettres, expliqués par les Pères de l'Église et le Magistère, seront soumis à un nouvel examen. Ainsi on saisira plus nettement par quelles voies "la foi", compte tenu de la philosophie et de la sagesse des peuples, peut "chercher l'intelligence", et de quelles manières les coutumes, le sens de la vie, l'ordre social peuvent s'accorder avec les moeurs que fait connaître la révélation divine. Ainsi apparaîtront les voies vers une plus profonde adaptation dans toute l'étendue de la vie chrétienne. De cette manière, toute apparence de syncrétisme et de faux particularisme sera repoussée, la vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture (6), les traditions particulières avec les qualités propres de chaque famille des nations, éclairées par la lumière de l'Évangile, assumées dans l'unité catholique. Enfin, les nouvelles Églises particulières, enrichies de leurs traditions, auront leur place dans la communion ecclésiastique, la Primauté de la Chaire de Pierre, qui préside à tout le rassemblement de la charité (7), demeurant intacte. Il faut donc souhaiter -- bien plus, il convient tout à fait -- que les Conférences Épiscopales, dans les limites de chaque grand territoire socioculturel, s'unissent de telle manière qu'elles puissent, en plein accord et en mettant en commun leurs avis, poursuivre ce propos d'adaptation. |
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Sommaire 2 - L'Oeuvre missionnaire elle-même |
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Sommaire 2 - L'Oeuvre missionnaire elle-même |
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(2.8). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 9 (AAS, 1965, 13) [pp. 28-29]. (2.9). Cf. Ibid., 10, I1, 34 (AAS, 1965, 14-16, 39-40) [pp. 29-32, 59-60]. (2.10). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. sur la Révélation divine, 21 (AAS, 1965, 24) [p. 117]. (2.11). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 12, 35 (AAS, 1965, 16, 40-41) [pp. 32-33, 60-61]. (2.12). Cf. Ibid., 23, 36 (AAS, 1965, 28. 41-42) [pp. 45-47, 61-62] (2.13). Cf. lbid., 11, 35.41 (AAS, 1965, 15-16, 40-41.47) [pp. 30-32, 60-61, 66-69]. (2.14). Cf. Conc. Vat. II. Décret sur les Eglises orientales, 4 (AAS, 1965, 77-78) [pp. 484-485]. (2.15). Épître à Diognète, 5 (P.G. 2, 1173); cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 38 (AAS, 1965, 43) [p. 64]. (2.16). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 32 (AAS, 1965, 38) [pp. 57-58]; Décret sur l'Apostolat des laïcs, 5-7 (AAS, 1966, 842-844) [pp. 402-404]. (2.17). Cf. Conc. Vat. II, Décret sur la formation des prêtres, 4, 8, 9 (AAS 1966, 716, 718-719) [pp. 359, 361- 363]. (2.18). Cf. Conc. Vat. II, Const. sur la liturgie, 17 (AAS, 1964, 105) [pp. 134-135]. (2.19). Cf. Conc. Vat. II, Décret sur la formation des prêtres, I (AAS 1966, 713-714) [p. 356]. (2.20). Cf. Jean XXIII, Princeps Pastorum, 28 nov. 1959 (AAS 1959, 843-844). (2.21). Cf. Conc. Vat. II, Décret sur l'oecuménisme, 4 (AAS, 1965, 94-96) [pp. 502-5041. (2.22). Cf. Jean XXIII, Princeps Pastorum, 28 nov. 1959 (AAS, 1959, 842). (2.23). Cf. Conc. Vat. Il, Const. dogm. Lumen gentium, 29 (AAS, 1965. 36) [pp. 54-55]. (2.24). Cf. Jean XXIII. Princeps Pastorum, 28 nov. 1959 (AAS 1959, 855). (2.25). Il s'agit de ce qu'on appelle " les catéchistes à plein temps ", " full time catechists ". (2.26).. Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 31, 44 (AAS 1965, 37, 50-51) [pp. 56-57, 73-74]. (3.1). Cf. Jean XXIII, Princeps Pastorum, 28 nov. 1959 (AAS 1959, 838). (3.2). Cf. Conc. Vat. II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres 11 (AAS 1966, 1008) [pp. 332-333]; Décret sur la formation des prêtres 2 (AAS 1966, 714-715) [pp. 356-358]. (3.3). Cf. Conc. Vat. II, Const. Dogm. Lumen gentium, 25 (AAS, 1965, 29) [pp. 47-49]. (3.4). Cf. Conc. Vat. II, le Décret sur le ministère et la vie des prêtres, 10, où, en vue de faciliter la pastorale pour divers groupes sociaux, on prévoit l'établissement de Prélatures personnelles dans la mesure où l'organisation parfaite de l'apostolat le demandera (AAS, 1966, 1007) [pp. 331-332]. (3.5). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 13 (AAS., 1965, 17-18) [pp. 33-341. (3.6). Cf. Alloc. de Paul VI à la canonisation des Martyrs de l'Ouganda, 18 oct. 1964 (AAS 1964, 908). (3.7). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 13 (AAS, 18) [pp. 33-34]. |