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Sommaire
Prologue
1 - La Révélation elle-même
2
- La transmission de la Révélation Divine
3
-
L'inspiration divine de la Sainte Écriture et son interprétation
4
- l'Ancien Testament
5
- Le Nouveau Testament
Épilogue
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AVANT
PROPOS
1.
Quand
il écoute religieusement et proclame hardiment la parole de Dieu, le
saint Concile obéit aux paroles de saint Jean: " Nous vous annonçons
la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous est apparue:
ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, afin que vous
soyez vous aussi en communion avec nous, et que notre communion soit
avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ " (1 Jo. 1,
2-3). C'est pourquoi, marchant sur les pas du Concile de Trente et du
premier Concile du Vatican, il se propose de présenter la doctrine
authentique sur la révélation divine et sa transmission, pour que, grâce
à cette proclamation du salut, le monde entier croie en écoutant, espère
en croyant, aime en espérant (1) .
(1)
Cf. S. Augustin. L'enseignement religieux des simples, c. IV, 8:
P.L. 40. 316.
Chapitre
1
La Révélation elle-même
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Nature
et objet de la révélation
2.
Il a plu a Dieu, dans sa bonté et sa sagesse, de se révéler lui-même
et de faire connaître le mystère de sa volonté (2): par le Christ,
Verbe fait chair, les hommes ont, dans le Saint-Esprit, accès auprès
du Père, et deviennent participants de la nature divine (3). Ainsi par
cette révélation, provenant de l'immensité de sa charité, Dieu, qui
est invisible (4), s'adresse aux hommes comme à des amis (5), et
converse avec eux (6) pour les inviter à entrer en communion avec lui
et les recevoir en cette communion. Cette économie de la révélation
se fait par des actions et des paroles si étroitement liées entre
elles, que les œuvres accomplies par Dieu dans l'histoire du salut
rendent évidentes et corroborent la doctrine et l'ensemble des choses
signifiées par les paroles, et que les paroles proclament les œuvres
et font découvrir le mystère qui s'y trouve contenu. Mais la vérité
profonde aussi bien sur Dieu que sur le salut de l'homme, c'est par
cette révélation qu'elle resplendit à nos yeux dans le Christ, qui
est à la fois le médiateur et la plénitude de la révélation tout
entière (7).
La
préparation de la révélation évangélique
3.
La préparation de la révélation évangélique Dieu, qui par son Verbe
créé (8) et conserve toutes choses, présente aux hommes dans le monde
créé un témoignage durable de lui-même (cf. Rom. 1, 19-20);
voulant ouvrir le chemin du salut éternel, il s'est en outre manifesté
dès l'origine à nos premiers parents. Après leur chute, il leur
promit une rédemption, leur rendit courage en leur faisant espérer le
salut (9); sans arrêt, il montra sa sollicitude pour le genre humain,
afin de donner la vie éternelle à tous ceux qui par la constance dans
le bien cherchent le salut (10). A l'époque qu'il avait marquée, il
appela Abraham pour faire de lui un grand peuple (11); après les
Patriarches, c'est par Moïse et les Prophètes qu'il fit l'éducation
de ce peuple, pour qu'on le reconnût, lui, comme le seul Dieu vivant et
vrai, comme le Père prévoyant et le juge juste, et pour qu'on attendît
le Sauveur promis; c'est ainsi qu'à travers les siècles il prépara la
route à l'Evangile.
Le
Christ achève la révélation
4.
Mais après avoir à maintes reprises, et sous diverses formes, parlé
jadis par les Prophètes, Dieu, " en ces jours qui sont les
derniers, nous a parlé par son Fils " (Héb. 1, 1-2). Il a
en effet envoyé son Fils, c'est-à-dire le Verbe éternel qui éclaire
tous les hommes, pour habiter parmi les hommes et leur faire connaître
les secrets de Dieu (12). Jésus-Christ donc, le Verbe fait chair, envoyé
" comme homme aux hommes " (13), parle les paroles de Dieu
" (14) et achève l'œuvre du salut que le Père lui a donnée à
faire (15). C'est pourquoi Jésus-Christ - qui le voit, voit aussi le Père
(16) - par toute sa présence, par tout ce qu'il montre de lui-même,
par ses paroles, par ses œuvres, par ses signes, par ses miracles, mais
surtout par sa mort et sa glorieuse résurrection d'entre les morts,
enfin par l'envoi qu'il fait de l'Esprit de vérité, donne à la révélation
son dernier achèvement et la confirme par le témoignage divin: Jésus-Christ,
c'est Dieu avec nous, pour que nous soyons délivrés des ténèbres du
péché et de la mort, et que nous soyons ressuscités pour la vie éternelle.
L'économie chrétienne, du fait qu'elle est l'alliance nouvelle et définitive,
ne passera donc jamais; il n'y a plus à attendre de nouvelle révélation
officielle avant l'apparition dans la gloire, de Notre-Seigneur Jésus-Christ
(17).
On
doit croire à la révélation
5.
A Dieu qui révèle, il faut apporter " l'obéissance de la foi
" (Rom. 16, 26; coll. Rom. 1, 5; 2 Cor. 10,
5-6), par laquelle l'homme s'en remet tout entier librement à Dieu en
apportant " au Dieu révélateur la soumission complète de son
intelligence et de sa volonté " (18) et en donnant de toute sa
volonté son assentiment à la révélation qu'Il a faite. Pour apporter
cette foi, l'homme a besoin de la grâce de Dieu qui fait les premières
avances et qui l'aide, et du secours intérieur de l'Esprit-Saint pour
toucher son cœur et le tourner vers Dieu, pour ouvrir les yeux de son
âme, et donner " à tous la joie profonde de consentir et de
croire à la vérité " (19). Mais pour que l'on pénètre toujours
plus avant dans la connaissance de la Révélation, le même Esprit
Saint ne cesse par ses dons de rendre la foi plus parfaite.
Les
vérités révélées
6.
Par
la révélation divine, Dieu a voulu se manifester lui-même et
communiquer les décrets éternels de sa volonté sur le salut des
hommes, "afin de les faire participer aux biens divins, qui dépassera
absolument ce que l'esprit humain peut en comprendre" (20).
Le saint Concile proclame que "Dieu, principe et fin de tout, peut
être connu de façon certaine à partir des choses créées, par la
lumière naturelle de la raison humaine" (21); c'est à sa révélation,
enseigne le Concile, qu'on doit " que ce qui, dans les choses
divines, n'est pas par lui-même inaccessible à la raison humaine,
puisse aussi, dans l'état présent du genre humain, être connu par
tous facilement, avec une certitude inébranlable, sans aucun mélange
d'erreur " (22).
(2)
Cf. Eph. 1, 9.
(3) Cf.
Eph. 2, 18; 2 Pet. 1, 4.
(4) Cf.
Col. 1, 15; 1 Tim. 1, 17.
(5) Cf.
Ex. 33, 11; Jo. 15, 14-15.
(6) Cf.
Bar. 3, 38.
(7) Cf.
Mt. 11, 27; Jo. 1.14 et 17; 14. 6: 17. 1-3; 2 Cor.
3. 16 et 4, 6; Eph. 1, 3-14.
(8) Cf.
Jo. 1, 3.
(9) Cf.
Gen. 3, 15.
(10)
Cf. Rom. 2, 6-7.
(11)
Cf. Gen. 12. 2-3.
(12)
Cf. Jo. 1, 1-18.
(13) Epître
à Diognète, c. VII, 4; Funk, Patres apostolici, I, p. 403.
(14)
Cf. Jo. 3, 34.
(15)
Cf. Jo. 5, 36; 17, 4.
(16)
Cf. Jo. 14, 9.
(17)
Cf. I Tim. 6, 14 et Tit. 2, 13.
(18)
Conc. du Vat. I, Const. dogm. sur la foi cath.. ch. 3, La foi,
Denz. 1789 (3008).
(19) 2e
Conc. d'Orange, can. 7, Denz. 180 (377); Conc. Vat. I, loc. cit. Denz.
1791 (3010).
(20)
Conc. Vat. 1, Const. dogm. sur la foi cath., ch. 2, La révélation,
Denz. 1786 (3005).
(21)
Cf. Rom. 1, 20.
(22)
Conc. Vat. I, Const. dogm. sur la foi cath., ch. 2, La révélation,
Denz. 1785-1786 (3004-3005).
Chapitre
2
La transmission de la Révélation Divine
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Les
Apôtres et leurs successeurs, hérauts de l'Evangile
7.
Ce
que Dieu avait révélé pour le salut de toutes les nations, il a décidé
dans sa très grande bonté de le maintenir à jamais intact et de le
transmettre à toutes les générations. Aussi le Christ Seigneur, en
qui toute la révélation du Dieu suprême reçoit son achèvement (23),
ayant accompli lui-même et proclamé de sa propre bouche l'Evangile
promis auparavant par les Prophètes, ordonna à ses Apôtres de le prêcher
à tous (24) comme la source de toute vérité salutaire et de toute
discipline morale, en leur communiquant les dons divins. L'ordre du
Christ a été fidèlement exécuté par les Apôtres qui, dans leur prédication
orale, leurs exemples, dans ce qu'ils ont établi, ont transmis soit ce
qu'ils avaient reçu de la bouche du Christ, de leurs relations intimes
avec lui, de ses œuvres, soit ce qu'ils avaient appris sous la
suggestion du Saint-Esprit; cet ordre a été fidèlement exécuté par
ces Apôtres et ces hommes apostoliques qui, sous l'inspiration du même
Esprit Saint, ont consigné par écrit le message du salut (25).
Pour
que l'Evangile fût gardé à jamais intact et vivant dans l'Église, les
Apôtres ont laissé comme successeurs les évêques, auxquels "
ils ont transmis leur propre charge d'enseignement " (26). Cette
Tradition sainte et la Sainte Écriture des deux Testaments sont donc
comme le miroir dans lequel l'Église, pendant son pèlerinage sur terre,
contemple Dieu, de qui elle reçoit tout, jusqu'à ce qu'elle soit arrivée
à son terme: Le voir face à face tel qu'Il est (27).
La
Tradition sacrée
8.
Aussi la prédication apostolique, rapportée d'une façon spéciale
dans les livres inspirés, devait-elle être conservée par une
succession continuelle jusqu'à la fin des temps. C'est pourquoi les Apôtres,
en transmettant ce qu'ils ont eux-mêmes reçu, avertissent les fidèles
de garder les traditions qu'ils ont apprises soit par leurs paroles soit
par leurs lettres (28), et de combattre pour la foi (29) qui leur a été
transmise une fois pour toutes (30). Ce qui a été transmis par les Apôtres
embrasse tout ce qui contribue à diriger saintement la vie du Peuple de
Dieu et à accroître sa foi; ainsi l'Église, dans sa doctrine, sa vie
et son culte, perpétue et transmet à toutes les générations tout ce
qu'elle est elle-même, tout ce qu'elle croit.
Cette
Tradition qui vient des Apôtres se développe dans l'Église sous
l'assistance du Saint-Esprit (31): grandit en effet la perception des
choses et des paroles transmises, par la contemplation et l'étude qu'en
font les croyants qui les gardent dans leur cœur (32), par la pénétration
profonde des réalités spirituelles qu'ils expérimentent, par la
proclamation qu'en font ceux qui avec la succession épiscopale ont reçu
un charisme assuré de la vérité. L'Église, à mesure que se déroulent
les siècles, tend toujours à la plénitude de la vérité divine,
jusqu'à ce que les paroles de Dieu reçoivent en elle leur
consommation.
Les
propos des Saints Pères attestent la présence vivifiante de cette
Tradition, dont les richesses se déversent dans la pratique et la vie
de l'Église croyante et priante. C'est par la même Tradition que le
canon des Saints Livres se fait connaître dans sa totalité à l'Église;
c'est en elle que les Saintes Lettres elles-mêmes sont comprises de façon
plus pénétrante et sont rendues indéfiniment actives; c'est ainsi que
Dieu, qui a parié jadis, s'entretient sans arrêt avec l'Épouse de son
Fils bien-aimé, et que l'Esprit-Saint, par qui la voix vivante de l'Evangile
retentit dans l'Église et par l'Église dans le monde, introduit les
croyants dans tout ce qui est vérité, et fait résider chez eux en
abondance la parole du Christ (33).
Rapports
mutuels de la Tradition sacrée et de l'Écriture Sainte
9.
La
Tradition sacrée et la Sainte Écriture possèdent donc d'étroites
liaisons et communications entre elles. Toutes deux, en effet, découlant
de la même source divine, se réunissent, peut-on dire, en un seul
courant, et tendent à la même fin. Car la Sainte Écriture, c'est la
parole de Dieu en tant qu'elle est consignée par écrit sous
l'inspiration de l'Esprit divin; quant à la Tradition Sacrée, elle
transmet dans son intégrité aux successeurs des Apôtres la parole de
Dieu confiée aux Apôtres par le Christ Seigneur et le Saint-Esprit,
pour que, sous la lumière resplendissante de l'Esprit de vérité, ces
successeurs la gardent fidèlement, l'expliquent et la répandent par la
proclamation qu'ils en font; il en résulte que ce n'est pas par la
Sainte Écriture toute seule que l'Église puise la certitude qu'elle a
sur tout ce qui est révélé. C'est pourquoi l'Écriture et la Tradition
doivent être reçues et vénérées l'une et l'autre avec un égal
sentiment de piété, avec un égal respect (34).
Rapport
de l'une et de l'autre avec l'Église tout entière et le Magistère
10.
La
Tradition sacrée et la Sainte Écriture constituent l'unique dépôt
sacré de la parole de Dieu qui ait été confié à l'Église; en y étant
attaché, le peuple saint tout entier, uni à ses Pasteurs, persévère
à jamais dans la doctrine des Apôtres, la communion fraternelle, la
fraction du pain et la prière (35), de sorte que pour garder,
pratiquer, professer la foi transmise, il se fait un accord remarquable
des Evêques et des fidèles (36).
Mais la
charge d'interpréter authentiquement la parole de Dieu écrite ou
transmise (37) a été confiée au seul Magistère vivant de l'Église
(38), dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ. Ce Magistère
n'est pas au-dessus de la parole de Dieu; il la sert, n'enseignant que
ce qui a été transmis, puisque, en vertu de l'ordre divin et de
l'assistance du Saint-Esprit, il écoute pieusement la parole, la garde
religieusement, l'explique fidèlement, et puise dans cet unique dépôt
de la foi tout ce qu'il nous propose à croire comme étant divinement révélé.
Il est
donc évident que la Tradition sacrée, la Sainte Écriture et le Magistère
de l'Église sont entre eux, selon le très sage dessein de Dieu,
tellement liés et associés, qu'aucun d'eux n'a de consistance sans les
autres, et que tous contribuent en même temps de façon efficace au
salut des âmes, chacun à sa manière, sous l'action du seul
Saint-Esprit.
(23)
Cf. 2 Cor. 1.20; 2 Cor. 3, 16 à 4, 6.
(24)
Cf. Mt. 28, 19-20 et Mc. 16, 15; Conc. de Trente, Sess.
IV, décret Les Écritures canoniques, Denz. 783 (1501).
(25)
Cf. Conc. de Trente, loc. cit.; Conc. Vatic. I, sess. 111, Const. dogm. sur
la foi cath., ch. 2, La révélation, Denz. 1787 (3006).
(26) S.
Irénée, Contre les hérésies, III, 3, 1, P.G. 7, 848; Harvey,
II, p, 9.
(27)
Cf. 1 Jo. 3, 2.
(28)
Cf. 2 Thess. 2, 15.
(29)
Cf. Jud. 3.
(30)
Cf. Conc. de Nicée II, Denz. 303 (602); Conc. de Constantinople IV,
sess. X: can. 1, Denz. 336 (650-652).
(31)
Cf. Conc. Vatic. I, Const. dogm. sur la foi cath., ch. 4, la foi
et la raison Denz. 1800 (3020).
(32)
Cf. Luc. 2, 19 et 51.
(33)
Cf. Col. 3.16.
(34)
Cf. Conc. de Trente. décret Les Écritures canoniques, Denz. 783
(1501).
(35)
Cf. Act. 2, 42 grec.
(36)
Cf. Pie XII. Const. Apost. Munificentissimus Deus, ler nov. 1950.
AAS 42 (1950), 756, rapportant les paroles de saint Cyprien,
lettre 66, 8: CSEL 3, 2. 733: " L'Église, c'est le peuple uni à
son évêque et le troupeau s'attachant à son pasteur. "
(37)
Cf. Conc. Vatican I. Const. dogm, sur la foi cath., ch. 3, La
foi, Denz. 1792 (3011).
(38)
Cf. Pie XII, Encycl. Humani generis, 12 août 1950: AAS 42
(1950), 568-569; Denz. 2314 (3886).
Chapitre
3
L'inspiration divine de la Sainte Écriture et son interprétation
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Inspiration,
inerrance de la Sainte Écriture
11.
Ce
qui a été divinement révélé, et qui est contenu et exposé dans la
Sainte Écriture, a été consigné sous l'inspiration du Saint-Esprit.
Les livres entiers tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, avec
toutes leurs parties, la Sainte Mère Église les tient, en vertu de la
foi reçue des Apôtres, pour saints et canoniques, parce que, composés
sous l'inspiration du Saint-Esprit (39), ils ont Dieu pour auteur, et
ont été transmis comme tels à l'Église elle-même (40). Pour la rédaction
des Livres saints, Dieu a choisi des hommes; il les a employés en leur
laissant l'usage de leurs facultés et de toutes leurs ressources (41),
pour que, lui-même agissant en eux et par eux (42), ils transmettent
par écrit, en auteurs véritables, tout ce qu'il voulait, et cela
seulement (43).
Puis
donc qu'on doit maintenir comme affirmé par le Saint-Esprit tout ce
qu'affirment les auteurs inspirés ou hagiographes, il s'ensuit qu'on
doit confesser que les livres de l'Écriture enseignent nettement, fidèlement
et sans erreur, la vérité telle que Dieu, en vue de notre salut, a
voulu qu'elle fût consignée dans les Saintes Lettres (44). C'est
pourquoi " toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour
enseigner, réfuter, redresser, former à la justice: l'homme de Dieu
peut ainsi se trouver accompli, équipé pour toute bonne œuvre "
(2 Tim. 3, 16-17 grec).
Comment
il faut interpréter la Sainte Écriture
12.
Puisque Dieu parle dans la Sainte Écriture par des intermédiaires
humains, à la façon des hommes (45), l'interprète de la Sainte Écriture, pour saisir clairement quels échanges Dieu lui-même a voulu
avoir avec nous, doit rechercher ce que les hagiographes ont eu réellement
l'intention de nous faire comprendre, ce qu'il a plu à Dieu de nous
faire connaître par leur parole.
Pour découvrir
l'intention des hagiographes, il faut entre autres choses être attentif
aussi " aux genres littéraires ". En effet la vérité est
proposée et exprimée de manière différente dans les textes qui sont
historiques à des titres divers, dans les textes prophétiques, les
textes poétiques, ou les autres sortes de langage. Il faut donc que
l'interprète recherche le sens qu'en des circonstances déterminées,
l'hagiographe, étant donné les conditions de son époque et de sa
culture, a voulu exprimer et a de fait exprimé à l'aide des genres
littéraires employés à cette époque (46). Pour comprendre
correctement ce que l'auteur sacré a voulu affirmer par écrit, il faut
soigneusement prendre garde à ces façons de sentir, de dire ou de
raconter, qui étaient habituelles dans le milieu et à l'époque de
l'hagiographe, et à celles qui étaient habituellement en usage ça et
là à cette époque, dans les relations entre les hommes (47).
Mais
comme l'Écriture Sainte doit être lue et interprétée avec le même
Esprit qui l'a fait écrire (48), pour découvrir correctement le sens
des textes sacrés, il ne faut pas donner une moindre attention au
contenu et à l'unité de l'Écriture tout entière, compte tenu de la
Tradition vivante de l'Église tout entière, et de l'analogie de la
foi. Il appartient aux exégètes de travailler selon ces règles pour
comprendre et expliquer plus profondément le sens de l'Écriture, pour
que, par une étude qui l'aurait pour ainsi dire préparé à l'avance,
le jugement de l'Église puisse mûrir. Car tout ce qui concerne la manière
d'interpréter l'Écriture est soumis en dernier lieu au jugement de l'Église,
qui s'acquitte de l'ordre et du ministère divin de garder et d'interpréter
la parole de Dieu (49)
La
condescendance de Dieu
13.
Dans la Sainte Écriture, se manifeste donc, la vérité et la sainteté
de Dieu demeurant toujours intactes, l'admirable " condescendance
" de la Sagesse éternelle, " pour que nous apprenions
l'inexprimable bonté de Dieu. et quelle immense adaptation de langage
il a employée, prenant un soin très attentif de notre nature "
(50). Les paroles de Dieu, en effet, exprimées en des langues humaines,
se sont faites semblables au langage humain, tout comme autrefois le
Verbe du Père éternel, ayant pris la chair de la faiblesse humaine,
s'est fait semblable aux hommes.
(39)
Cf. Jn. 20, 31; 2 Tim. 3, 16; 2 Pet. 1, 19-21; 3,
15-16.
(40)
Cf. Conc. Varie. I, Const. dogm. sur la loi cath., ch. 2, La
révélation:
Denz. 1787 (3006); Comm. bibli. décret du 18 juin 1915: Denz. 2180
(3629); Enchir. bibli. 420; Supr. Congr. du Saint Office: Lettre du 22 décembre
1923: E. B. 499.
(41)
Cf. Pie XII, encycl. Divino afflante Spiritu. 30 sept. 1943: AAS
35 (1943), 314; E. B., 556.
(42)
Dans l'homme et par l'homme: cf. Hébr. 1, I, et 4, 7 (dans): 2 Sam.
23, 2; MI. I, 22 et passim (par); Conc. Vatic. I, schéma de la doctr.
cath., note 9, Collect. Lac. VII, 522.
(43) Léon
XIII, Encycl. Providentissimus Deus, 18 nov. 1893, Denz. 1952
(3293): E. B., 125.
(44)
Cf. Saint Augustin, Comment. litt. de la Genèse, 2, 9, 20: P.L.
34, 270-271; CSEL 28, 1, 46-47 et Lettre 82, 3: P.L. 33, 277: CSEL 34,
2, 354; -- S. Thomas, La Vérité, q. 12, art. 2, C. -- Conc. de
Trente, sess. IV, Les Écritures canoniques: Denz. 783 (1501). -- Léon
XIII, Encycl. Providentissimus, E. B.. 121, 124. 126-127. -- Pie
XII, Encycl. Divino afflante Spiritu: E.B. 539.
(45) S.
Augustin, La Cité de Dieu, XVII, 6, 2: P.L. 41,537; CSEL, XL, 2,
228.
(46) S.
Augustin. La doctrine chrétienne, III, 18, 26: P.L. 34, 75-76;
CSEL 80, 95.
(47)
Pie XII, loc. cit.: Denz. 2294 (3829-3830); E. B. 557-562.
(48)
Cf. Benoît XV, Encycl. Spiritus Paraclitus, 15 sept. 1920, E.
B., 469; S. Jérôme, Sur l'épître aux Galates, 5, 19-21, P.L.
26, 417 A.
(49)
Cf. Conc. Vatican I, Const. dogm. sur la loi cath., eh. 2, La
révélation:
Denz. 1788 (3007).
(50) S.
Jean Chrysostome, Sur la Genèse 3, 8, (hom. 17, 1): P.G. 53,
134. Le terme grec employé, traduit ici par "adaptation ",
est synkatabasis
Chapitre
4
L'Ancien Testament
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L'histoire
du salut consignée dans les livres de l'Ancien Testament
14.
Le
Dieu très aimant, envisageant et préparant avec soin le salut du genre
humain tout entier, s'est choisi, selon un plan tout particulier, un
peuple auquel il confierait ses promesses. Ayant en effet conclu une
alliance avec Abraham (51), puis par l'intermédiaire de Moïse avec le
peuple d'Israël (52), il s'est révélé de telle manière par des
paroles et par des actions comme le Dieu unique, vrai et vivant, au
peuple qu'il s'était acquis, qu'Israël connût par expérience quels
étaient les cheminements de Dieu avec les hommes, et que, Dieu lui-même
parlant par la bouche des Prophètes, il les comprenait de jour en jour
plus profond6ment et plus clairement, et les faisait connaître plus
largement parmi les nations (53).
L'économie
du salut annoncée, racontée et expliquée par les auteurs sacrés,
apparaît comme vraie parole de Dieu dans les livres de l'Ancien
Testament; aussi ces livres divinement inspirés gardent-ils une valeur
perpétuelle: " en effet tout ce qui a été écrit, le fut pour
notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent
les Écritures nous procurent l'espérance " (Rom. 15, 4).
Importance
de l'Ancien Testament pour les chrétiens
15.
L'économie
de l'Ancien Testament était organisée par-dessus tout pour préparer
la venue du Christ Rédempteur de tous et du Règne messianique, pour
l'annoncer prophétiquement (54) et la présager par diverses figures
(55). Les livres de l'Ancien Testament présentent à tous, selon la
situation du genre humain avant le salut apporté par le Christ, une
connaissance de Dieu et de l'homme et des méthodes dont Dieu, qui est
juste et miséricordieux, agit avec les hommes.
Ces
livres, bien qu'ils contiennent des choses imparfaites et provisoires,
montrent pourtant la vraie pédagogie divine (56). Aussi ces mêmes
livres, qui expriment un sens vivant de Dieu, dans lesquels sont
dissimulés des enseignements élevés sur Dieu, une sagesse profitable
sur la vie des hommes et de magnifiques trésors de prières, dans
lesquels enfin est caché le mystère de notre salut, doivent être reçus
avec piété par les chrétiens.
L'unité
des deux Testaments
16.
Dieu donc, inspirateur et auteur des livres des deux Testaments, s'y est
pris si sagement que le Nouveau Testament était caché dans l'Ancien,
et que l'Ancien devenait clair dans le Nouveau (57). Car bien que le
Christ ait établi une nouvelle alliance en son sang (58), cependant les
livres entiers de l'Ancien Testament utilisés dans la prédication évangélique
(59) acquièrent et présentent dans le Nouveau Testament leur
signification complète (60), et réciproquement l'éclairent et
l'expliquent.
(51)
Cf. Gen. 15, 18.
(52)
Cf. Ex. 24, 8.
(53)
Cf. Ps. 21, 28-29; 95, 1-3; Is. 2, 1-4; Jér. 3.
17.
(54)
Cf. Luc. 24, 44; Jo. 5.39; I Pet. l. 10.
(55)
Cf. I Cor. 10, 11.
(56)
Pie XI, Encycl. Mit brennender Sorge, 14 mars 1937: AAS 29
(1937), p. 151
(57) S.
Augustin, Questions sur l'Heptateuque, 2, 73: P.L., 34, 623.
(58)
Cf. Luc. 22, 20; 1 Cor. 11, 25.
(59) S.
Irénée, Contre les hérésies, III, 21, 3: P.G. 7,950 (= 25, 1:
Harvey, 2, p. 115); S. Cyrille de Jérusalem, Catéch., 4, 35:
P.G., 33, 497; Théodore de Mopsueste. Sur Soph., 1, 4-6: P.G..
66, 452 D -- 453 A.
(60)
Cf. Mat. 5. 17; Luc. 24, 27; Rom. 16, 25-26; 2 Cor.
3, 14-16.
Chapitre
5
Le Nouveau Testament
Haut
de page
L'excellence
du Nouveau Testament
17.
La
parole de Dieu, qui est force de Dieu pour le salut de tout croyant
(61), est présentée et montre sa puissance d'une façon éminente dans
tes écrits du Nouveau Testament. Car dès que fut venue la plénitude
des temps (62), le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous
plein de grâce et de vérité (63).
Le
Christ a instauré sur terre le royaume de Dieu, par ses actes et ses
paroles il a révélé son Père et s'est révélé lui-même; par sa
mort, sa résurrection et son ascension pleine de gloire, par l'envoi du
Saint-Esprit, il a achevé son œuvre. Elevé au-dessus de la terre, il
attire tous les hommes à lui (64), lui qui est seul à posséder les
paroles de la vie éternelle (65). Mais ce mystère n'a pas été dévoilé
aux autres générations comme il est révélé désormais à ses saints
Apôtres et Prophètes, dans le Saint-Esprit (66), pour qu'ils annoncent
l'Evangile, suscitent la foi en Jésus, Christ et Seigneur, et
rassemblent l'Église. Les écrits du Nouveau Testament se présentent
comme un témoignage perpétuel et divin de toutes ces choses.
Origine
apostolique des Évangiles
18.
Il
n'échappe à personne que parmi toutes les Écritures, même du Nouveau
Testament, les Évangiles l'emportent à juste titre, du fait qu'ils sont
le témoignage principal sur la vie et l'enseignement du Verbe incarné,
notre Sauveur.
Que les
quatre Évangiles aient une origine apostolique, l'Église partout et
toujours l'a affirmé et l'affirme. Ce que les Apôtres ont prêché sur
l'ordre du Christ, plus tard, eux-mêmes et des hommes apostoliques nous
l'ont, sous l'inspiration de l'Esprit divin, transmis dans des écrits
qui sont le fondement de notre foi, c'est-à-dire l'Evangile quadriforme,
selon Matthieu, Marc, Luc et Jean (67).
Caractère
historique des Évangiles
19.
De
façon ferme et absolument constante, la sainte Mère Église a affirmé
et affirme que les quatre Évangiles énumérés, dont elle atteste sans
hésiter l'historicité, transmettent fidèlement ce que Jésus le Fils
de Dieu, pendant qu'Il vivait parmi les hommes, a réellement fait et
enseigné en vue de leur salut éternel, jusqu'au jour où il fut enlevé
au ciel (68).
Après
l'Ascension du Seigneur, les Apôtres ont transmis à leurs auditeurs ce
que Jésus avait dit et fait, avec cette intelligence plus profonde dont
ils jouissaient (69) eux-mêmes, instruits qu'ils étaient par les événements
glorieux du Christ et enseignés par la lumière de l'Esprit de vérité
(70). Les auteurs sacrés ont composé les quatre Évangiles, en triant
certains détails entre beaucoup de ceux que la parole ou déjà l'écriture
avait transmis, en en faisant entrer quelques-uns en une synthèse, ou
en les exposant en tenant compte de l'état des églises, en gardant
enfin la forme d'une proclamation, afin de pouvoir ainsi toujours nous
communiquer des choses vraies et authentiques sur Jésus (71).
Ils les
ont écrits dans cette intention, soit d'après leur propre mémoire,
leurs propres souvenirs, soit d'après le témoignage de ceux "qui
furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole
", afin que nous connaissions" la vérité des enseignements
que nous avons reçus (72).
Les
autres écrits du Nouveau Testament
20.
Outre les quatre Évangiles, le Canon du Nouveau Testament comprend aussi
les épîtres de saint Paul et d'autres écrits apostoliques rédigés
sous l'inspiration du Saint-Esprit; dans ces écrits, en vertu d'un
dessein divin plein de sagesse, est confirmé ce qui est dit du Christ
Seigneur; sa doctrine authentique est de plus en plus mise en lumière,
la force salutaire de l'œuvre divine du Christ est annoncée, les débuts
de l'Église et son étonnante diffusion sont racontés, et sa
consommation glorieuse annoncée à l'avance.
Comme
il l'avait promis, le Seigneur Jésus fut avec ses Apôtres (73), et il
leur envoya l'Esprit-Saint pour les introduire dans la plénitude de la
vérité (74) .
Respect
de l'Église pour les Saintes Écritures
21.
L'Église
a toujours témoigné son respect à l'égard des Écritures, tout comme
à l'égard du Corps du Seigneur lui-même, puisque, surtout dans la
Sainte Liturgie, elle ne cesse, de la table de la Parole de Dieu comme
de celle du Corps du Christ, de prendre le pain de vie et de le présenter
aux fidèles. Elle les a toujours considérées, et les considère, en même
temps que la Tradition, comme la règle suprême de sa foi, puisque,
inspirées par Dieu et consignées une fois pour toutes par écrit,
elles nous communiquent, de façon immuable, la parole de Dieu lui-même,
et dans les paroles des Prophètes et des Apôtres font retentir à nos
oreilles la voix du Saint-Esprit. La prédication ecclésiastique tout
entière, tout comme la religion chrétienne elle-même, il faut donc
qu'elle soit nourrie et guidée par la Sainte Écriture.
Car
dans les Livres saints, le Père qui est aux cieux s'avance de façon très
aimante à la rencontre de ses fils, engage conversation avec eux; une
si grande force, une si grande puissance se trouve dans la Parole de
Dieu, qu'elle se présente comme le soutien et la vigueur de l'Église,
et, pour les fils de l'Église, comme la solidité de la foi, la
nourriture de l'âme, la source pure et intarissable de la vie
spirituelle. Aussi valent-elles de façon magnifique pour l'Écriture
Sainte, ces paroles: " La parole de Dieu est vivante et efficace
" (Héb. 4, 12); " elle a la puissance de construire l'édifice
et de procurer aux fidèles l'héritage avec tous les sanctifiés "
(Act. 20, 32; cf. 1 Thess. 2, 13)
Les
versions faites avec soin sont recommandées
22.
Il
faut que l'accès à la Sainte Écriture soit largement ouvert aux chrétiens.
C'est pourquoi, dès ses origines, l'Église a admis comme sienne cette
très ancienne version grecque de l'Ancien Testament, dite des Septante;
elle a toujours en estime d'autres versions orientales et des versions
latines, principalement celle qu'on appelle la Vulgate. Comme la parole
de Dieu doit toujours être à la disposition de toutes les époques, l'Église,
avec une maternelle sollicitude, se préoccupe que des versions valables
et exactes soient écrites en des langues diverses, surtout à partir
des textes originaux des Livres Saints. Que si une occasion favorable se
présentant, et avec l'approbation de l'autorité de l'Église, ces
versions sont composées en collaboration même avec les frères séparés,
elles pourront être utilisées par tous les chrétiens.
Devoir
apostolique des docteurs catholiques
23.
L'Épouse
du Verbe Incarné, l'Église, instruite par le Saint-Esprit, s'efforce
d'arriver à obtenir une connaissance de jour en jour plus profonde des
Saintes Écritures, pour nourrir sans cesse ses fils des divines paroles;
c' est pourquoi elle encourage aussi, comme il faut, l'étude des saints
Pères de l'Orient et de l'Occident, et des saintes liturgies. Il faut
que les exégètes catholiques, et tous autres qui cultivent la sainte
théologie, mettant soigneusement leurs forces en commun, fassent en
sorte, sous la vigilance du Magistère sacré, de scruter et de présenter
les Lettres divines avec les ressources convenables, de manière que le
plus grand nombre possible de ministres de la Parole de Dieu puissent
fournir avec fruit au peuple de Dieu une nourriture des Écritures qui éclaire
leur esprit, fortifie leur volonté, excite à l'amour de Dieu les cœurs des hommes.
Le
saint Concile encourage les fils de l'Église, qui s'adonnent aux études
bibliques, à continuer de poursuivre avec toute leur application, selon
le sens de l'Église, l'œuvre heureusement commencée, en renouvelant de
jour en jour leurs forces.
L'importance
de la Sainte Écriture en Théologie
24.
La
sainte théologie s'appuie sur la parole écrite de Dieu, ainsi que sur
la Tradition, comme sur un fondement durable; c'est dans la Parole de
Dieu qu'elle trouve sa force et qu'elle puise toujours sa jeunesse, en
approfondissant, sous la lumière de la foi, toute la vérité cachée
dans le mystère du Christ. Les Saintes Écritures contiennent la Parole
de Dieu et, parce qu'elles sont inspirées, elles sont réellement la
parole de Dieu; aussi l'étude des Saintes Lettres doit-elle être comme
l'âme de la sainte théologie.
C'est
aussi de la même parole de l'Écriture que le ministère de la parole,
autrement dit la prédication pastorale, la catéchèse et toute
l'instruction chrétienne, dans laquelle il faut que l'homélie
liturgique ait une place privilégiée, est nourri de façon salutaire
et trouve sa sainte vigueur.
La
lecture de la Sainte Écriture est recommandée
25.
Aussi est-il nécessaire que tous les clercs, avant tout les prêtres du
Christ et tous les autres qui, comme diacres ou catéchistes,
s'appliquent de façon légitime au ministère de la parole, s'attachent
aux Écritures par une lecture assidue et une étude soigneuse, pour que
nul d'entre eux ne devienne " au dehors un vain prédicateur de la
Parole de Dieu, s'il ne l'écoute pas intérieurement " , pensant
qu'il doit faire participer, spécialement dans la sainte liturgie, aux
inépuisables richesses de la parole divine, les fidèles qui lui sont
confiés. De même le saint Concile exhorte avec force et de façon spéciale
tous les chrétiens, surtout les membres des instituts religieux, à
acquérir par la lecture fréquente des divines Écritures " une
science éminente de Jésus-Christ " (Phil. 3, 8), car
" ignorer les Écritures, c'est ignorer le Christ ".
Qu'ils
approchent donc de tout leur cœur le texte sacré lui-même, soit par
la sainte liturgie, qui est remplie des paroles divines, soit par une
pieuse lecture, soit par des cours faits pour cela ou par d'autres méthodes
qui, avec l'approbation et le soin qu'en prennent les Pasteurs de l'Église,
se répandent de manière louable partout de notre temps. Mais la prière
-- qu'on se le rappelle -- doit accompagner la lecture de la Sainte Écriture
pour que s'établisse un dialogue entre Dieu et l'homme, car
"c'est à lui que nous nous adressons quand nous prions; c'est lui
que nous écoutons, quand nous lisons les oracles divins".
Il
appartient aux saints évêques " chez qui se trouve la doctrine
apostolique " de former opportunément les fidèles qui leur sont
confiés à un usage judicieux des Livres divins, surtout du Nouveau
Testament, et en tout premier lieu, des Évangiles, au moyen de versions
des textes sacrés, qui soient munies d'explications nécessaires et
vraiment suffisantes, pour que les fils de l'Église fréquentent les Écritures
en toute sécurité et de manière profitable, et se pénètrent
de leur esprit.
De
plus, que soient composées des éditions de la Sainte Écriture, munies
de notes convenables, à l'usage même des non-chrétiens, et adaptées
à leur situation; les Pasteurs des âmes et les fidèles de tout état
s'appliqueront avec sagesse à les répandre de toute manière.
(61)
Cf. Rom. 1, 16.
(62)
Cf. Gal. 4, 4.
(63)
Cf. Jo. 1, 14.
(64)
Cf. Jo. 12, 32 grec.
(65)
Cf. Jo. 6, 68.
(66)
Cf. Eph. 3, 4-6, grec.
(67)
Cf. S. Irénée, Contre les Hérésies, III, 11, 8 : P.G. 7, 885;
éd. Sagnard, p. 194.
(68)
Cf. Act. 1, 1-2.
(69) Jo.
2. 22; 1Z. 16; coll. 14, 26; 16, 12-13; 7, 39.
(70)
Cf. Jo. 14. 26; 16, 13.
(71)
Cf. l'Instruction Sancta Mater Ecclesia publiée par le Conseil
Pontifical pour promouvoir les études bibliques, AAS 56 (1964),
p. 715.
(72)
Cf. Luc. l, 2-4.
(73)
Cf. Mat. 28, 20.
(74)
Cf. Jo. 16. 13.
Épilogue
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de page
26.
Ainsi donc, par la lecture et l'étude des Livres saints, "que la
Parole de Dieu accomplisse sa course et soit glorifiée" (2 Thess.
3, 1), et que le trésor de la révélation, confié à l'Église,
remplisse de plus en plus les cœurs des hommes. C'est de la fréquentation
assidue du mystère eucharistique que la vie de l'Église reçoit son développement;
de même est-il permis d'espérer une nouvelle impulsion de la vie
spirituelle à partir d'un respect accru pour la Parole de Dieu, qui
"demeure à jamais" (Is. 40, 8; cf. 1 Pet. 1,
23-25).
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