"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Qui sommes-nous

Vision inspirée
de Sabéa la prophétesse 

Sabéa, sous l'action de l'Esprit-Saint, reconnaît publiquement le Messie en Jésus
(7.222)


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des prières


La jeune femme, qui n'a pu rien entendre, qui n'a pu rien voir, bondit debout, rejette son voile découvrant ainsi toute la tête, tend les bras en poussant un cri puissant :

C'est Lui

"Le voilà qui vient à moi mon Seigneur ! C'est Lui le Messie, ô hommes, qui voulez me tromper et m'humilier. Je vois sur Lui la lumière de Dieu qui me l'indique et je l'honore !" et elle se jette à terre, mais en restant à sa place, à environ deux mètres de Jésus, le visage contre terre, dans l'herbe, elle crie : "Je te salue, ô Roi des peuples, ô Admirable, ô Prince de paix, Père du siècle sans fin, Chef du nouveau peuple de Dieu !"

Louanges à Dieu !

La femme ouvre la bouche et étend les bras comme avant. Elle semble un gigantesque papillon aux ailes violettes, et au corps de vieil ivoire. Et un nouveau cri sort de ses lèvres : "O Adonaï, tu es grand ! Toi seul es grand, à Adonaï ! Tu es grand au Ciel et sur la Terre, dans le temps et dans les siècles des siècles, et au-delà du Temps, depuis toujours et pour toujours, ô Seigneur, Fils du Seigneur. Sous tes pieds se trouvent tes ennemis et l'amour de ceux qui t'aiment soutient ton trône."

Voilà sa Gloire !

Après une pause, elle reprend : "Le trône de mon Seigneur est orné de douze pierres, celles des douze tribus des justes. Dans la grande perle qu'est le trône, le trône blanc et précieux resplendissant du Très Saint Agneau, sont enchâssés des topazes avec des améthystes, des émeraudes avec des saphirs, et des rubis avec des sardoines, et des agates et des chrysolites et des béryls, des onyx, des jaspes, des opales. Ceux qui croient, ceux qui espèrent, ceux qui aiment, ceux qui se repentent, ceux qui vivent et meurent dans la justice, ceux qui souffrent, ceux qui quittent l'erreur pour la Vérité, ceux qui étaient durs de cœur et sont devenus doux en son Nom, les innocents, les repentis, ceux qui se dépouillent de tout afin d'être agiles pour suivre le Seigneur, les vierges à l'esprit resplendissant d'une lumière semblable à une aube du Ciel de Dieu... Gloire au Seigneur ! Gloire à Adonaï ! Gloire au Roi assis sur son trône !"

qui se révèle en Son Fils et en son chaste enfantement !

Elle recommence à parler d'une voix distincte, mais moins forte : "Je vois ! Je vois dans l'Homme ce qui se cache dans l'Homme. Saint est l'Homme, mais mes genoux se plient devant le Saint des Saints renfermé dans l'Homme."

"Regarde ton Roi, ô peuple de Dieu ! Connais son Visage ! La Beauté de Dieu est devant toi. La Sagesse de Dieu a pris une bouche pour t'instruire. Ce ne sont plus les prophètes, Ô peuple d'Israël, qui te parlent de l'Innommable. C'est Lui-même. Lui, qui connaît le mystère qu'est Dieu, qui te parle de Dieu. Lui, qui connaît la Pensée de Dieu, qui t'approche de son sein, ô peuple encore enfant après tant de siècles, et qui te nourrit du lait de la Sagesse de Dieu pour te rendre adulte en Dieu. C'est pour le faire qu'il s'est incarné dans un sein, dans le sein d'une femme d'Israël, plus grande que toute autre femme devant Dieu et les hommes. Elle a ravi le cœur de Dieu par une seule de ses palpitations de colombe. La beauté de son esprit a séduit le Très-Haut et Il a fait d'elle son trône. Marie d'Aaron a péché car elle avait le péché en elle. Déborah jugea ce qu'il fallait faire, mais ne le fit pas de ses mains. Jahel fut courageuse mais se souilla de sang. Judith était juste et craignait le Seigneur, et Dieu fut dans ses paroles et lui permit son acte pour qu'Israël fût sauvé, mais par amour de la patrie elle usa d'une ruse homicide. Mais la Femme qui l'a engendré surpasse ces femmes parce qu'elle est la servante parfaite de Dieu et qu'elle le sert sans pécher. Toute pure, innocente et belle, c'est le bel Astre de Dieu, de son lever à son coucher. Toute belle, resplendissante et pure, pour être Étoile et Lune, Lumière pour les hommes afin qu'ils trouvent le Seigneur. Elle ne précède pas et ne suit pas l'Arche sainte, comme Marie d'Aaron, car elle est elle-même l'Arche. Sur l'eau trouble de la Terre couverte par le déluge des fautes, elle glisse et sauve, car celui qui entre en elle trouve le Seigneur. Colombe sans tache, elle sort et porte l'olivier, l'olivier de paix aux hommes car elle est la belle Olive. Elle se tait, et dans son silence elle parle et opère plus que Déborah, Jahel et Judith, et elle ne conseille pas la bataille, ne pousse pas aux massacres, ne répand pas d'autre sang que le sien le plus choisi, celui dont elle a fait son Fils. Mère malheureuse ! Mère sublime !... Judith craignait le Seigneur, mais sa fleur avait appartenu à un homme. Mais elle, sa fleur inviolée, elle l'a donnée au Très-Haut, et le Feu de Dieu est descendu dans le calice du suave lys et un sein de femme a contenu et porté la Puissance, la Sagesse et l'Amour de Dieu. Gloire à la Femme ! Chantez, ô femmes d'Israël, ses louanges !"

Croyez en Lui !

Elle regarde de nouveau Jésus et Crie de nouveau : "Adonaï ! Adonaï, Tu es grand ! Chantons au Divin un cantique nouveau ! Shalem ! Shalem ! Malchich ! !... Paix ! Paix ! ô Roi à qui rien ne résiste !..."

"Non. Il y en a qui te résistent ! Ô peuple, écoute ! Depuis ma douleur, ô peuple de Betléchi, tu m'as entendue parler. Après des années de silence et de douleur, j'ai entendu et j'ai dit ce que j'entendais. Maintenant je ne suis plus au milieu des verts bosquets de Betléchi, vierge veuve qui trouve dans le Seigneur son unique paix. Je n'ai pas autour de moi mes seuls concitoyens pour leur dire : "Craignons le Seigneur car l'heure est arrivée d'être prêts à son appel. Faisons beau le vêtement de notre cœur pour ne pas être indignes en sa présence. Ceignons-nous de force car l'heure du Christ est l'heure de l'épreuve. Purifions-nous comme des hosties pour l'autel pour pouvoir être accueillis par Celui qui l'envoie. Que celui qui est bon devienne meilleur. Que celui qui est orgueilleux devienne humble. Que celui qui souffre de la luxure se dépouille de sa chair pour pouvoir suivre l'Agneau. Que l'avare devienne généreux car Dieu nous comble dans son Messie, et que chacun pratique la justice afin de pouvoir appartenir au Peuple du Béni qui vient". Maintenant je parle devant Lui, et devant ceux qui croient en Lui et aussi devant ceux qui ne croient pas et qui se moque du Saint et de ceux qui parlent et croient en son Nom, et en Lui. Mais je n'ai pas peur. Vous dites que je suis folle, vous dites qu'en moi parle un démon. Je sais que vous pourriez me faire lapider comme blasphématrice. Je sais que ce que je vous dirai vous paraîtra insulte et blasphème, et que vous me haïrez. Mais je n'ai pas peur. La dernière, peut-être, des voix qui parlent de Lui avant sa Manifestation, j'aurai peut-être le sort de plusieurs autres voix, et je n'ai pas peur. Trop long est l'exil dans le froid et la solitude de la Terre, pour qui pense au sein d'Abraham, et au Royaume de Dieu que le Christ nous ouvre, plus saint que le saint sein d'Abraham. Sabéa de Carmel de la descendance d'Aaron ne craint pas la mort, mais elle craint le Seigneur. Et elle parle quand Il la fait parler pour ne pas désobéir à sa volonté, et elle dit la vérité, car elle parle de Dieu avec les paroles que Dieu lui donne. Je ne crains pas la mort, même si vous m'appelez démon et me lapidez comme blasphématrice, même si mon père et ma mère et mes frères meurent à cause de ce déshonneur, je ne tremblerai pas de peur et de peine. Je sais que le démon n'est pas en moi, car en moi se tait tout foyer mauvais et Betléchi toute entière le sait. Je sais que les pierres ne pourront arrêter mon chant plus longtemps que la durée d'une respiration, et qu'ensuite je pourrai chanter plus librement au-delà de la Terre. Je sais que Dieu réconfortera la douleur de ceux de mon sang, et elle sera courte, alors qu'éternel sera ensuite leur joie de parents martyrs d'une martyre. Je ne crains pas votre mort, mais celle qui me viendrait de Dieu si je n'obéissais pas. Et je parle. Et je dis ce qui m'est transmis. Ô peuple, écoute, et écoutez, vous, scribes d'Israël."

Il souffrira sa Passion et son sang submergera la terre

"Une voix, une voix me vient d'en haut et elle crie dans mon cœur. Elle dit : "L'ancien Peuple de Dieu ne peut chanter le nouveau cantique parce qu'il n'aime pas son Sauveur. Chanteront le cantique nouveau ceux qui seront sauvés de toutes les nations, ceux du Peuple nouveau du Christ Seigneur, non ceux qui haïssent mon Verbe"... Horreur ! (elle pousse réellement un cri qui donne le frisson). La voix donne la lumière; la lumière donne la vue ! Horreur ! Je vois !" Elle hurle plutôt qu'elle ne crie. "Je vois ! Je vois !" et elle boit ses larmes pendant qu'elle continue : "Je vois les crimes de ce peuple qui est le mien, et je suis impuissante à les arrêter. Je vois le cœur de mes compatriotes et je ne puis le changer. Horreur ! Horreur ! Satan a quitté son séjour et il est venu demeurer dans leur cœur."

"Visage contre terre, dans la boue, ô Israël qui sais encore aimer le Seigneur. Couvre-toi de cendres, revêts le cilice. Pour toi ! Pour eux ! Jérusalem ! Jérusalem, sauve-toi ! Je vois une ville qui entre en tumulte pour demander un crime. J'entends, j'entends les cris de ceux qui, haineux, appellent un sang sur eux. Je vois qu'on élève la Victime dans la Pâque de Sang et ce Sang qui coule, et ce Sang qui crie plus que le sang d'Abel, alors que s'ouvrent les cieux et que la terre tremble et que le soleil s'obscurcit. Et ce Sang ne crie pas vengeance, mais demande la pitié pour son Peuple qui le tue, pitié pour nous ! Jérusalem !!! Convertis-toi ! Ce Sang ! Ce Sang ! Un fleuve ! Un fleuve qui lave le monde en guérissant tout mal, en effaçant toute faute... Mais pour nous, pour nous d'Israël, ce Sang c'est du feu, pour nous c'est le scalpel qui écrit sur les fils de Jacob le nom de déicide et la malédiction de Dieu. Jérusalem ! Aie pitié de toi-même et de nous !..."

La terre d'Israël sera désertée pour avoir rejetée son Messie

"O Jourdain, fleuve sacré des pères, à l'onde céruléenne et crépue comme une soie précieuse, qui reflètes les pures étoiles et la lune candide, et caresses les saules de tes rives, tu es le fleuve de paix et pourtant tu connais tant de douleur. O Jourdain, qui aux heures de tempête transportes sur tes eaux gonflées et troubles les sables de mille torrents et ce qu'ils ont arraché, et parfois arraches un tendre arbuste sur lequel il y a un nid et le transportes en tourbillonnant vers l'abîme mortel de la Mer Salée, tu n'as pas pitié du couple d'oiseaux qui en volant et en criant de douleur suivent leur nid détruit par ta violence; ainsi tu verras, ô Jourdain sacré, frappé par la colère divine, arraché aux maisons et à l'autel, aller à sa ruine, pour périr dans une Mort plus grande, tu verras aller le peuple qui n'a pas voulu le Messie. Mon peuple, sauve-toi ! Crois en ton Seigneur ! Suis ton Messie ! Reconnais-le pour ce qu'il est. Non un roi de peuples et d'armées. C'est le Roi des âmes, de tes âmes, de toutes les âmes. Il est descendu pour rassembler les âmes justes, il remontera pour les conduire au Royaume éternel. Ô vous qui encore pouvez aimer, serrez-vous près du Saint ! Ô vous qui avez à cœur le sort de la patrie, unissez-vous au Sauveur. Que ne meure pas toute entière la descendance d'Abraham ! Fuyez les faux prophètes aux bouches de mensonge et aux cœurs de rapine qui veulent vous arracher au Salut. Sortez des ténèbres qui s'élèvent autour de vous. Écoutez la voix de Dieu ! Les grands que vous craignez aujourd'hui, sont déjà poussière dans le décret de Dieu. Il n'y a qu'un seul Vivant. Les lieux où ils règnent et d'où ils oppriment sont déjà des ruines. Un seul dure. Jérusalem ! Où sont les orgueilleux fils de Sion dont tu te vantes ? Où sont les rabbis et les prêtres, qui étaient ton ornement et en lesquels tu te complaisais ? Regarde-les ! Accablés, enchaînés, ils s'en vont vers l'exil, à travers les ruines de tes palais, la puanteur de ceux qui sont morts par l'épée ou la faim. Elle est sur toi la fureur de Dieu, Ô Jérusalem qui repousses ton Christ et le frappes au visage et au cœur. Toute beauté est détruite en toi. Toute espérance est morte pour toi. Le Temple et l'autel sont profanés..."

Le Christ est venu apporter la lumière mais les ténèbres ne l'ont pas reçu

"...l'éphod est arraché. Il ne sert plus..."

"...car il ne règne plus. Il y en a un autre, un Pontife éternel, et il est saint et envoyé par Dieu : Roi et Prêtre pour l'éternité, par Celui qui prend comme siennes les offenses faites au Christ et en exerce les vengeances. Un autre Pontife. Le Vrai, le Saint,Oint par Dieu et par son Sacrifice, à la place de ceux sur le front desquels la tiare est un déshonneur, car elle couvre des pensées d'horreur !..."

"Il était venu t'apporter la paix, et tu Lui as fait la guerre... Le salut. Et tu l'as méprisé... L'amour. Et tu l'as haï... Le miracle. Et tu l'as appelé démon... Ses mains ont guéri tes malades. Et tu les as transpercées. Il t'apportait la Lumière. Et tu as couvert de crachats et d'ordure son visage. Il t'apportait la Vie. Et tu Lui as donné la mort. Israël, pleure ton erreur et ne t'en prends pas au Seigneur alors que tu vas vers ton exil, un exil qui n'aura pas de fin comme ceux d'autrefois. Tu parcourras toute la Terre, Israël, mais comme un peuple vaincu et maudit, poursuivi par la voix de Dieu et par les mêmes paroles dites à Caïn. Et tu ne pourras revenir ici reconstruire un nid solide, sinon quand tu reconnaîtras avec les autres peuples que Lui est Jésus, le Christ, le Seigneur Fils du Seigneur..." La voix de la femme est blanche de peine et de fatigue, lasse comme la voix de quelqu'un qui meurt.

La femme tombe à genoux, les bras tendus vers Jésus, et elle crie : "Paix, paix, Ô Roi de justice et de paix ! Paix, ô Adonaï grand et puissant, auquel le Père Lui-même ne résiste pas ! Implore pour nous la paix, par ton Nom, ô Jésus, Sauveur et Messie, Rédempteur et Roi, et Dieu, trois fois saint !" et elle s'abat, secouée par des sanglots, le visage sur l'herbe.