|
"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
||
|
mercredi 4 avril 29 (1 Ziv)
- Un jeune garçon généreux pour Ananias 542 - Jésus invite Ananias à témoigner 543 - Jésus attend patiemment à un carrefour 543 - Discours (Le carrefour des trois voies : Vers l'enfer, le purgatoire
et le ciel) 544 - Guérison d'une femme fiévreuse et d'un cancéreux 547 - Judas et André ont chacun accompli un miracle 547 - Pierre et Judas reviennent chargés de marchandises 548 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5 5.75. |
||
|
542> La petite troupe sort
de la maisonnette, augmentée du vieillard qui s'admire dans le vêtement d'un
apôtre de petite taille. "Si tu veux rester, père..." va lui dire Jésus. Mais le vieil homme l'interrompt : "Non, non. Je
viens moi aussi. Oh ! laisse-moi venir ! J'ai mangé hier !
J'ai dormi cette nuit, et dans un lit ! Je n'ai plus de douleur au
cœur ! Je suis fort comme un jeune..." "Alors viens. Tu resteras avec Moi, avec Barthélemy et mon
frère Jude. Vous, allez deux par deux, comme on a dit. Avant sexte, tous ici
de nouveau. Allez et que la paix soit avec vous." Ils se séparent, les uns allant vers le fleuve, les autres vers
les campagnes. Jésus les laisse aller en avant et puis, le dernier. Lui se
met en route. Il traverse lentement le village, remarqué par les pêcheurs qui
reviennent du fleuve ou qui y vont, et par les ménagères actives qui se sont
levées à l'aube pour la lessive, pour arroser les jardins ou faire le pain.
Mais personne ne parle. Seul un jeune garçon, qui pousse vers le fleuve sept brebis,
interroge le vieillard : "Où vas-tu. Ananias ?
Tu quittes le pays ?" "Je vais avec le Rabbi, mais je reviens avec Lui. Je suis
son serviteur." "Non. Tu es mon père. Tout vieillard juste est un père et
une bénédiction pour l'endroit qui le loge et pour celui qui le secourt.
Bienheureux ceux qui aiment et honorent les vieillards" dit Jésus d'un
air solennel. L'enfant le regarde, intimidé, puis il murmure : "Moi
de mon pain, j'en donnais toujours un peu à Ananias..."
comme pour dire : "Ne me fais pas un reproche que je ne mérite
pas." "Oui, Michel était bon avec moi. Il était l'ami de mes
petits-enfants... et il l'est resté aussi du grand-père. Sa mère aussi n'est
pas mauvaise et me secourait, mais elle a onze enfants et ils vivent tous de
la pêche..." Des femmes s'approchent avec curiosité et elles écoutent.
543> Les femmes restent mortifiées où elles
étaient, et puis elles interrogent le garçon qui dit ce qu'il sait. Et la peur
s'empare des femmes avares qui avaient fermé leurs cœurs aux besoins du
vieillard... Pendant ce temps Jésus, arrivé à la dernière maison, se dirige
vers un carrefour qui de la route principale tourne vers le petit village. On
voit de là qu'il passe sur la route des caravanes qui reviennent vers les
villes de la Décapole et de la Pérée. "Allons-y et prêchons. Veux-tu le faire, toi aussi,
père ?" "Je ne suis pas capable. Que dois-je dire ?" "Tu es capable. Ton âme connaît la sagesse du pardon et de
la fidélité à Dieu et aussi la résignation aux heures de douleur. Et tu sais
que Dieu secourt celui qui espère en Lui. Va et dis-le aux pèlerins." "Oh ! cela, oui !" "Jude, va avec lui. Moi, je reste avec Barthélemy au
carrefour." En effet, arrivé là, il se met à l'ombre d'un groupe de
platanes feuillus et il attend patiemment. Les champs aux alentours ont de belles moissons et de beaux
vergers. Pleins de fraîcheur à cette heure matinale, l’œil les regarde avec
plaisir. Les caravanes passent sur la route... Peu de gens regardent les deux
qui sont adossés aux troncs des platanes. Peut-être les prennent-ils pour des
voyageurs fatigués. Mais il y en a qui reconnaissent Jésus et le montrent du
doigt ou s'inclinent en le saluant. Finalement il y en a un qui arrête son âne et ceux de ses
parents et qui en descend pour se diriger vers Jésus : "Dieu soit
avec Toi, ô Rabbi ! Je suis d'Arbela. Je t'ai
entendu à l'automne. Voici mon épouse, et sa sœur veuve, et puis ma mère. Cet
homme âgé est son frère et ce jeune homme est le frère de ma femme. Et voici
tous nos enfants. Ta bénédiction, Maître. J'ai appris que tu as parlé au gué.
Mais j'y suis arrivé le soir... Pas une parole pour nous ?" "La Parole ne se refuse jamais. Mais attends quelques
minutes parce que d'autres vont arriver..." En effet les habitants du village rejoignent tout doucement la
bifurcation. D'autres, qui sont déjà passés sur la route se dirigeant vers le
nord, reviennent en arrière; d'autres, intrigués, s'arrêtent descendant de
leurs montures ou même restant en selle. Il se forme un petit auditoire qui
ne cesse d'augmenter. 544> Jude d'Alphée
revient aussi avec le vieillard et il y a avec eux deux malades et des gens
en bonne santé. Jésus commence à parler. "Ceux qui parcourent les chemins du Seigneur, les chemins
indiqués par le Seigneur, et les parcourent avec une volonté bonne, finissent
par trouver le Seigneur. Vous, vous trouvez le Seigneur après avoir fait
votre devoir de fidèles Israélites pour la Pâque sainte. Et voici que la
Sagesse vous parle, comme vous le désirez, à ce carrefour où la Bonté Divine
nous fait nous rencontrer. Si nombreux sont les carrefours que l'homme rencontre sur le
chemin de sa vie. Encore plus de carrefours surnaturels que de carrefours
matériels. Chaque jour la conscience se trouve en face de bifurcations ou de
carrefours du Bien et du Mal. Et elle doit choisir avec attention pour ne pas
se tromper. Et si elle se trompe, elle doit savoir revenir humblement en
arrière quand on la rappelle et qu'on l'avertit. Et s'il lui paraît plus beau
le chemin du Mal, ou même simplement de la tiédeur, il doit savoir choisir le
chemin raboteux mais assuré du Bien. Un groupe de pèlerins, venus de régions lointaines pour
chercher du travail, se trouva aux frontières d'un état. A ces frontières, il
y avait des embaucheurs envoyés par divers patrons. Il y en avait qui
cherchaient des hommes pour les mines et d'autres pour des champs et des
bois, d'autres comme serviteurs d'un riche infâme, d'autres comme soldats
pour un roi qui résidait au sommet d'une montagne, dans son château auquel on
accédait par une route très abrupte. Le roi voulait avoir des milices, mais
il exigeait qu'elles ne fussent pas tant des milices de violence que de
sagesse, afin de les envoyer ensuite dans les villes pour sanctifier ses
sujets. Aussi il vivait là-haut, comme dans un ermitage, pour former ses
serviteurs sans que les distractions mondaines les corrompent en ralentissant
ou en anéantissant la formation de leur esprit. Il ne promettait pas de
grandes récompenses. Il ne promettait pas une vie facile, mais il donnait
l'assurance que de son service sortirait sainteté et récompense. Ainsi parlaient ses envoyés à ceux qu'ils rejoignaient aux
frontières. De leur côté, les envoyés des patrons des mines ou des champs
disaient : "Ce ne sera pas une vie facile, mais cependant vous
serez libres et vous gagnerez de quoi vous payer un peu d'amusement".
Ceux qui cherchaient des serviteurs pour le maître infâme promettaient tout
de suite une nourriture abondante, des loisirs, des jouissances, des
richesses : "II suffit que vous consentiez à ses caprices exigeants
– oh ! nullement pénibles ! - et vous jouirez comme autant de
satrapes". 545> Les pèlerins se consultèrent entre eux. Ils
ne voulaient pas se séparer... Ils demandèrent : "Mais les champs
et les mines, le palais du jouisseur et celui du roi sont-ils
voisins ?" "Oh ! non !" répondirent les embaucheurs.
"Venez à ce carrefour et nous vous montrerons les différentes
routes". Ils y allèrent. "Voilà ! Cette route splendide, ombragée, fleurie,
plane, avec des sources fraîches, descend au palais du seigneur" dirent
les embaucheurs de serviteurs. "Voilà ! Celle qui est poussiéreuse, à travers des
champs paisibles, conduit aux champs. Elle est exposée au soleil, mais vous
voyez qu'elle est belle malgré tout" dirent les embaucheurs pour les
champs. "Voilà ! Celle ainsi sillonnée par de lourdes roues
et couverte de taches sombres indique la direction des mines. Elle n'est ni
belle ni désagréable..." dirent ceux qui embauchaient pour les mines. "Voilà ! Ce sentier abrupt, taillé dans le roc, brûlé
par le soleil, couvert de ronces et coupé de ravins qui ralentissent la
marche, mais en revanche rendent la défense facile contre les attaques des
ennemis, conduit vers l'orient, à ce château sévère, nous dirions sacré, où
les esprits se forment au Bien" dirent les embaucheurs du roi. Et les pèlerins regardaient, regardaient. Ils calculaient...
Tentés par plusieurs choses dont une seule était totalement bonne. Lentement
ils se divisèrent. Ils étaient dix : trois penchèrent pour les champs...
et deux pour les mines. Ceux qui restaient se regardèrent et deux d'entre eux
dirent : "Venez avec nous chez le roi. Nous n'aurons pas de gros
gains et nous ne jouirons pas sur la terre, mais nous serons saints pour
toujours". "Ce sentier-là ? Nous serions fous ! Pas de
gains ? Pas de jouissance ? Ce n'était pas la peine de quitter tout
et de venir en exil pour avoir encore moins que ce que nous avions dans notre
patrie. Nous voulons gagner et jouir..." "Mais vous perdrez le Bien éternel ! N'avez- vous pas
entendu que le maître est un infâme ?" "Fariboles ! Après quelque temps nous le quitterons,
mais nous aurons joui et nous serons riches". "Vous ne vous en libérerez plus. Les premiers ont mal fait
de suivre l'attrait de l'argent. Mais vous ! Vous suivez l'attrait du
plaisir. Oh ! n'échangez pas contre une heure qui fuit votre sort
éternel !" 546> "Vous êtes des imbéciles de croire à
des promesses idéales. Nous, nous allons vers la réalité.
Adieu !..." et ils prirent vivement la belle route ombragée,
fleurie, avec ses sources fraîches, régulière au bout de laquelle brillait au
soleil le palais magique du jouisseur. Les deux qui restaient prirent en pleurant et en priant le
sentier escarpé. Après quelques pas, ils faillirent se décourager tant il
était difficile. Mais ils persévérèrent. Et la chair se faisait de plus en
plus légère à mesure qu'ils avançaient. La fatigue se trouvait allégée par
une jubilation étrange. Ils arrivèrent haletants, égratignés, au sommet de la
montagne et ils furent admis en présence du roi. Il leur dit tout ce qu'il
exigeait pour faire d'eux des preux et il dit pour finir :
"Pensez-y pendant huit jours et ensuite répondez". Ils réfléchirent beaucoup et soutinrent de durs combats contre
le Tentateur qui voulait les effrayer, avec la chair qui disait :
"Vous me sacrifiez", avec le monde dont les souvenirs les
séduisaient encore. Mais ils vainquirent. Ils restèrent. Ils devinrent des
héros du Bien. Arriva la mort, c'est-à-dire la glorification. Du haut des
Cieux, ils virent dans l'abîme ceux qui étaient allés chez le patron infâme.
Enchaînés aussi au-delà de la vie, ils gémissaient dans l'obscurité de
l'Enfer. "Et ils voulaient être libres et jouir !" dirent les
deux saints. Les trois damnés les virent et, effrayants, les maudirent,
maudirent tout, Dieu pour commencer, en disant : "Vous nous avez
tous trompés !" "Non, vous ne pouvez pas le dire. On vous avait dit le
danger. Vous avez voulu votre mal" répondirent les bienheureux
conservant leur sérénité même en voyant et en entendant les railleries
obscènes et les obscènes blasphèmes lancés contre eux. Ils virent aussi ceux des champs et des mines en diverses
régions du Purgatoire et eux aussi les virent et leur dirent :
"Nous n'avons été ni bons ni mauvais, et maintenant nous expions notre
tiédeur. Priez pour nous !" "Oh ! nous le ferons ! Mais pourquoi donc
n'êtes-vous pas venus avec nous ?" "C'est que nous n'avons pas été des démons mais des
hommes... Nous avons été sans générosité. Nous avons aimé ce qui passe, bien
qu'honnête, plus que ce qui est Éternel et Saint. Maintenant nous apprenons à
connaître et à aimer avec justice". 547> La parabole est
finie. Tout homme est au carrefour, à un perpétuel carrefour. Bienheureux
ceux qui sont fermes et généreux dans la volonté de suivre les chemins du
Bien. Que Dieu soit avec eux, et que Dieu touche et convertisse ceux qui ne
sont pas ainsi et les amène à l'être. Allez en paix." "Qu'a la femme ?" "Des fièvres malignes qui lui tordent les os. Elle est
allée jusqu'aux eaux miraculeuses de la Grande Mer, mais aucun
soulagement." Jésus se penche sur la malade et lui demande : "Qui
crois-tu que je suis ?" "Celui que je cherchais. Le Messie de Dieu. Aie pitié de
moi qui t'ai tant cherché !" "Que ta foi te donne la santé des membres comme celle du
cœur. Et toi, homme ?" L'homme ne répond pas. La femme qui l'accompagne parle pour
lui : "Un cancer lui ronge la langue. Il ne peut parler et il meurt
de faim." En effet l'homme est un squelette. "As-tu la foi qui peut te guérir ?" L'homme avec la tête fait signe que oui. "Ouvre la bouche" commande Jésus. Et il approche son
visage de l'horrible bouche rongée par le cancer. Il souffle en elle. Il
dit : "Je veux !" Un moment d'attente puis deux cris : "Mes os
redevenus sains !"; "Marie, je suis guéri !
Regardez ! Regardez ma bouche. Hosanna ! Hosanna !" et il
veut se lever, mais il vacille à cause de la faiblesse. "Donnez-lui à manger" commande Jésus et il va se retirer.
"Ne t'en va pas ! D'autres malades viendront !
D'autres reviendront en arrière... Pour eux, pour eux aussi !" crie
la foule. "Chaque matin, de l'aurore à l'heure de sexte, [1] je viendrai ici. Que
quelques hommes de bonne volonté s'occupent de rassembler les pèlerins." "Moi, moi, Seigneur !" disent plusieurs. "Que Dieu vous bénisse pour cela." Et Jésus retourne vers le village avec ses premiers compagnons
et d'autres, venus par petits groupes pendant qu'il parlait, et tous avec des
gens. "Mais où sont Pierre et Judas de Kériot ?"
demande Jésus. "Ils sont allés à la ville voisine [2] avec beaucoup
d'argent. Ils font des achats..." 548> "André aussi, et il a une brebis en souvenir. Il a guéri
la jambe cassée d'un berger et lui l'a ainsi récompensé. Nous la donnerons au
père. Le lait fait du bien aux vieillards..." dit Jean en caressant le
petit vieux qui est bienheureux. Ils rentrent et préparent un peu de nourriture... Ils vont s'asseoir à table quand, chargés comme des ânes et
suivis d'une charrette chargée de ces claies qui servent de lits aux pauvres
de Palestine, arrivent les deux manquants. "Pardon, Maître. Mais il fallait cela. Maintenant nous
serons bien" dit Pierre. Et Judas : "Remarque. Nous avons pris le strict
nécessaire, propre et pauvre, comme tu l'aimes" et ils se mettent à
décharger pour congédier le charretier. "Douze lits et
douze nattes. Quelques nappes. Ici les graines. Là les colombes et puis
l'argent. Et demain beaucoup de gens. Ouf ! quelle chaleur ! Mais
maintenant tout va bien. Qu'as-tu fait, Maître ?..." |
|||
|
Et pendant que Jésus
fait son récit, ils s'assoient à table, contents. |
|||