"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta
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Comparatif des textes de différentes voyantes sur la Nativité


Il est intéressant de comparer, au texte de Maria Valtorta, les textes reçus par différentes voyantes :

 Maria d'Agreda (1602-1665) "La Cité mystique de Dieu"

 Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) "Vie de la Vierge Marie"

 Consuelo (contemporaine) "Marie, Porte du Ciel"

 Sainte Brigitte de Suède (1302-1373) – "Révélations"

On s'attachera à voir les éléments présents dans les quatre récits, comme par exemple l'extase de Marie ou la présence de la Lumière (Lumen de Lumine). Il sera aussi intéressant de voir comment physiologiquement est né Jésus et en quoi la virginité de Marie a pu être préservée ou mieux, comme dit Vatican II dans la constitution Lumen Gentium (§ 58) : la virginité intégrale de Marie n'a en rien été diminuée, mais au contraire sanctifiée (non minuit sed sacravit).


 

Maria d'Agreda

475. Le Très-Haut annonça à sa Mère Vierge qu'il était temps qu'il sortit de son sein virginal pour venir au monde, et en quelle manière la chose devait s'accomplir. [...]

416. La très-pure Marie jouit plus d'une heure de cette vision béatifique, dont il plut à Dieu de la gratifier immédiatement avant sa divine délivrance. Et au moment où elle en sortait et reprenait ses sens, elle reconnut et vit que le corps de l'Enfant-Dieu se remuait dans son sein virginal, se dégageant et prenant pour ainsi dire congé de ce lieu naturel où il avait demeuré neuf mois, et qu'il se préparait à sortir de ce sacré tabernacle. Ce mouvement de l'enfant, non-seulement ne causa point de douleur à la Vierge-Mère, comme il arrive aux autres filles d'Adam et d'Ève lorsqu'elles enfantent; mais au contraire, il la renouvela toute dans les transports d'une joie ineffable, de sorte que son âme et son très-chaste corps éprouvèrent des effets si divins et si sublimes, qu'ils surpassent tout ce que l'entendement créé peut concevoir.

Son corps, resplendissant d'une beauté céleste, se spiritualisa au point qu'elle ne paraissait plus une créature humaine et terrestre. Son visage jetait des rayons de lumière comme un soleil brillant de tout son éclat. Une majesté admirable était répandue sur toute sa physionomie, et son cœur était enflammé d'un fervent amour de Dieu. Elle se tenait à genoux dans la crèche, les yeux levés au ciel, les mains jointes contre la poitrine, l'esprit perdu dans la divinité qui la transformait. C'est dans cet état, en sortant de ce divin ravissement, que notre très-auguste Princesse donna au monde le Fils unique du Père et le sien, notre Sauveur, Jésus, Dieu et homme véritable, à l'heure de minuit, un jour de dimanche, et en l'année de la création du monde que l'Église romaine enseigne être cinq mille cent quatre-vingt-dix neuf, et il m'a été déclaré que cette supputation est certaine et exacte. [ ... ]

478. A peine la Mère toujours vierge fut-elle sortie de la vision béatifique dont je viens de parler, que le Soleil de justice, le Fils du Père éternel et le sien, naquit d'elle, radieux de beauté et de pureté, la laissant dans son intégrité virginale toujours plus consacrée et plus divinisée, car il ne fit que passer sans aucune altération matérielle à travers les parois du tabernacle immaculé, comme les rayons du soleil qui pénètrent une glace de cristal sans l'ébrécher, et la rendent plus belle et plus éclatante. Et avant que d'expliquer la manière miraculeuse avec laquelle cela eut lieu, je dis que l'Enfant-Dieu naquit sans cette membrane appelée secondine, qui embarrasse les autres enfants à leur naissance et les enveloppe dans le sein de leur mère. [ ... ]

479. [ ... ] Car le miracle dont aurait dû être l'objet cette membrane sacrée, si elle fût sortie de ce tabernacle vivant, pouvait bien mieux y être opéré en y restant, sans en sortir.

481. L'évangéliste saint Luc dit (Luc II, 7.) que la Mère Vierge ayant enfanté son Fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, Et il ne déclara point qui le lui mit entre les mains, récemment sorti de son sein virginal, parce que cela n'entrait point dans le plan de son récit. Mais les deux princes saint Michel et saint Gabriel furent chargés de cette mission; car comme ils assistaient au mystère sous une forme humaine et corporelle, à l'instant où le Verbe incarné, traversant par sa propre vertu le très-chaste sein de Marie, vint au monde, ils le reçurent entre leurs mains, à une distance convenable, et avec une vénération sans égale; et en la manière que le prêtre expose la sacrée hostie aux adorations du peuple, ainsi ces deux ministres célestes présentèrent aux yeux de la divine Mère son Fils glorieux et resplendissant. [ ... ]

483. Ces entretiens [entre le Père éternel et la Vierge Marie - N. du R.] si remplis de mystères divins étant achevés, l'Enfant-Dieu suspendit le miracle, ou plutôt continua de nouveau celui qui ôtait à son très-saint corps les dons de gloire, en les arrêtant dans son âme; de sorte qu'il se montra tout à coup en son être naturel et passible. Sa très-pure Mère le vit dans cet état, et l'adorant en humble posture où elle était avec une très-profonde révérence, elle le reçut des mains des saints anges. [...] Ensuite la très-prudente Mère offrit son Fils unique au Père éternel, et lui dit : "Suprême Créateur de l'univers, voici l'autel et voici le sacrifice agréable à vos yeux. Regardez maintenant le genre humain avec miséricorde; et quoique nous méritions votre indignation, il est temps de l'apaiser en vue de votre Fils et du mien. Que désormais la justice se repose, et que votre miséricorde se magnifie; puisque c'est pour cela que le Verbe divin s'est revêtu de la ressemblance de la chair du péché, et qu'il est devenu frère des mortels et des pécheurs. A ce titre je les reconnais pour mes enfants, et je prie pour eux du plus profond de mon cœur. Vous m'avez faite, Seigneur Tout-Puissant, Mère de votre Fils unique, sans l'avoir mérité, car cette dignité est au-dessus de tous les mérites des créatures; mais je dois en partie aux hommes l'occasion qu'ils ont donné à mon bonheur incomparable, puisque c'est pour eux que je suis Mère du Verbe fait homme passible, et Rédempteur de tous. Je ne leur refuserai ni mon amour, ni mes soins pour leur procurer le remède. Agréez, Dieu éternel, mes désirs et mes prières pour tout ce qui regarde votre bon plaisir et votre sainte volonté." [ ... ]

485. Il était temps que la très-prudente Dame appelât son très-fidèle époux Joseph, qui était, comme j'ai dit, plongé dans une extase divine où lui furent révélés tous les mystères de l'enfantement sacré qui furent célébrés en cette nuit. [ ... ] Il sortit de cette extase par le moyen de la volonté de sa divine épouse; et, revenu à lui-même, le premier objet qu'il aperçut, ce fut l'Enfant-Dieu entre les bras de sa Mère Vierge, appuyé sur son sein et sur son visage sacré. C'est là qu'il adora avec la plus profonde humilité, ému jusqu'aux larmes […]

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Anne-Catherine Emmerich

Je vis la lumière qui entourait Marie devenir de plus en plus éclatante; la lueur des lampes allumées par Joseph s'était éclipsée. Vers minuit, la très sainte Vierge entra en extase, et je la vis élevée au-dessus de terre; elle avait alors les mains croisées sur la poitrine, et sa large robe flottait autour d'elle en plis onduleux. La splendeur qui l'environnait augmentait sans cesse. La voûte, les parois et le sol de la grotte, comme vivifiés par la lumière divine, semblaient éprouver une émotion joyeuse.

Mais bientôt la voûte disparut à mes yeux; un torrent de lumière, qui allait toujours croissant, se répandit de Marie jusqu'au plus haut des cieux. Au milieu d'un mouvement merveilleux de gloires célestes, je vis descendre des chœurs angéliques, qui, en s'approchant, se montrèrent sous une forme de plus en plus distincte.

La sainte Vierge élevée en l'air dans son extase, abaissait ses regards sur son Dieu, adorant Celui dont elle était devenue la mère, et qui sous l'aspect d'un frêle enfant nouveau-né, était couché sur la terre devant elle.

Je vis notre Sauveur comme un petit enfant lumineux, dont la splendeur effaçait toute lumière autour de lui, couché sur le tapis, aux pieds de la sainte Vierge; il me sembla d'abord qu'il était tout-petit, puis il parut grandir sous mes yeux; mais toute cette splendeur m'éblouissait tellement, qu'il m'est bien difficile d'exprimer ce que j'ai vu.

La sainte Vierge toujours en extase, déposa un linge sur l'enfant, mais sans le toucher encore et le prendre dans ses bras. Ce ne fut que lors qu'il se mut et pleura, que Marie, revenant à elle, le prit, l'enveloppa et le pressa sur son cœur. Puis elle s'assit, couvrit le Sauveur de son voile, et je crois qu'elle l'allaita. Je vis alors, tout autour d'elle, une foule d'anges, sous la forme humaine, se prosterner devant l'enfant et l'adorer.

Il s'était déjà écoulé une heure depuis la naissance de l'enfant, lorsque Marie appela Joseph, qui priait encore le front dans la poussière. Il vint, et se prosterna, plein de joie, de ferveur et de crainte. Ce ne fut que lorsque Marie l'eut invité à presser contre son cœur le don sacré de Dieu, qu'il se leva, prit l'enfant dans ses bras et rendit grâces au Ciel, les yeux baignés de larmes. ("Visions", Tome. I, Prt.2, Chap. XII, pages 102 à 104)

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Consuelo

Je compris (c'est la Vierge Marie qui parle) que le moment de l'accouchement était très proche et je restais agenouillée, les mains croisées sur la poitrine et les yeux rivés au ciel. Mon être était plongé dans la lumière divine, tout mon corps n'était qu'un faisceau de lumière resplendissante: submergée dans l'amour de Dieu le Père, de Dieu le Fils et de Dieu le Saint-Esprit, je pus voir comment Jésus, lumière de lumière, sortait de moi avec la clarté, l'agilité et la subtilité d'un rayon de soleil qui traverse le verre sans le casser ni le ternir. De la même façon, Jésus, Soleil de justice, traversa le voile de ma virginité, qui non seulement resta intacte, sans déchirure aucune, mais que Lui, grâce à sa pureté, rendit encore plus pure; grâce à sa sainteté, plus sainte; grâce à sa divinité, plus divinisée.

Je restai éblouie devant lui. Sa présence ravissait mon âme, car il n'y a rien qui lui soit comparable: une telle perfection et une telle beauté ne peuvent avoir comme siège que Dieu.

Les archanges Gabriel et Michel prirent le corps du divin enfant et me le montrèrent. Mon âme tressaillit en contemplant comment ce qui est grand se faisait petit au point de devenir semblable aux enfants et, par sa pauvreté, aux plus pauvres des enfants de la terre.

Les saints archanges, après m'avoir montré mon divin Fils, firent comme les prêtres du Christ pendant la consécration: ils élevèrent son petit corps comme une hostie pure, sainte et immaculée, et je l'adorai profondément; eux aussi l'adorèrent. Ensuite, ils me remirent la divine beauté et je bénis le Tout-Puissant de ce don ineffable. La joie qui s'empara de moi était si grande qu'il ne s'agissait plus d'un sentiment de la terre, d'un sentiment naturel : cet amour surpassait tout ce que l'homme connaît. Par ce qu'il y avait en lui de sublime et de saint, j'étais intimement unie à Dieu. Tout mon être se transformait en Lui par participation, non pas de son essence, mais de sa grâce. Et cette divine maternité me changea de telle façon que j'en restai toute spiritualisée.

Tu peux imaginer ce que je ressentais en voyant dans mes bras le Fils de Dieu. Son corps était d'une extrême perfection : il avait la blancheur de la neige, l'éclat et le resplendissement du soleil. Ses yeux me regardèrent avec douceur et, avec un sourire angélique, il dit à mon cœur ces belles paroles : «Ma mère très aimante, fais-toi semblable à moi» Avec grande vénération et l'âme débordant de tendresse, je le pressai contre mon cœur: la beauté de son petit corps divin restera gravée en moi pour toujours, parce qu'il n'y a jamais eu de moment plus sublime ni plus heureux; il m'est difficile de pouvoir l'expliquer. À le contempler, je restai muette, car il n'y a pas de mot pour exprimer mes sentiments. Je peux seulement te dire que, anéantie et en silence, je louai Dieu qui m'avait permis de contempler ce divin mystère.

La naissance du Fils de Dieu pourrait faire l'objet de sublimes narrations, mais elles sont toutes pauvres et insignifiantes eu égard à la réalité. Il est difficile de décrire le sublime, impossible d'expliquer les mystères. Mais si l'homme se défait des handicaps que lui pose sa raison et abandonne ses jugements sommaires, il pourra parvenir à comprendre non le mystère, mais la grandeur de Dieu et son amour infini qui se manifestent aux hommes dans toutes ses œuvres.

Le Tout-Puissant prit de la nature humaine tout ce qui appartenait à la réalité et à la substance de la génération humaine pour que le Verbe, homme véritable, fût vraiment conçu, engendré et né de ma propre substance.

Mais, quant aux autres conditions qui ne sont pas de l'essence, mais qui sont accidentelles dans la génération et la naissance furent écartées de jésus par un privilège divin toutes celles qui ont trait au péché originel.

Certainement, le miracle a été nécessaire pour que les faits se produisent ainsi. Et cela, l'homme spirituel le sait, mais "l'homme animal n'accueille pas ce qui est de l'Esprit de Dieu : c'est folie pour lui et il ne peut le connaître, car c'est par l'Esprit qu'on en juge. L'homme spirituel au contraire juge tout et lui-même n'est jugé par personne». (1Co 2,14-15)

Si jésus a été conçu par l'opération et la grâce du Saint-Esprit et se distingue ainsi de tous les hommes, de la même façon, étant homme et Dieu à la fois, il est né comme il convenait de naître à la divinité, c'est-à-dire d'une mère vierge. L'humain se mélange au divin, l'humble au sublime, le simple au miraculeux. Car il convenait à Dieu d'agir ainsi.

Les portes fermées du cénacle n'ont pas été un obstacle au corps glorieux de Jésus pour qu'il puisse y entrer ou en sortir. Les Apôtres furent stupéfaits, mais Jésus leur dit : «Regardez, mes pieds et mes mains, vous voyez que je suis moi-même : palpez-moi et voyez que j'ai chair et os, ce qu'un esprit n'a pas. Et il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger?» (Luc 24,39.41) Donc si la masse du corps de Jésus est entrée dans le cénacle, les portes étant fermées, sans qu'elles soient pour Lui un obstacle, il ne lui a pas non plus été difficile de sortir du cloître maternel en laissant intact le voile de la virginité. Il a plu au Tout-Puissant d'en faire ainsi, respectant la virginité de la mère et démontrant en même temps la divinité du Fils. Dans sa Sagesse infinie, le Tout-Puissant décida que la gloire de l'âme déborde et se communique au corps de l'Enfant-Dieu qui, tout entier, s'en est trouvé transfiguré au moment de naître.

Ainsi est expliquée de façon simple et à la portée de toutes les intelligences la naissance du Fils de Dieu, qui est aussi mon Fils, car il s'est formé de ma substance et il est resté neuf mois dans mon sein virginal tout en étant à tout moment un enfant semblable à tous les autres, soumis, comme homme, à toutes les lois naturelles; cependant, comme être divin, au moment de la naissance, le Tout-Puissant procéda de façon miraculeuse. ("Marie Porte du Ciel", Chapitre 9)

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Sainte Brigitte de Suède

Citée par saint François de Sales - Sermon pour la veille de l'Épiphanie, 5 janv. 1618 : "Vous savez sans doute la révélation que sainte Brigitte eut de la naissance de ce divin Sauveur (Révélations, livre VII, c.21). Elle dit que Notre Dame étant en une grande abstraction, le vit tout d'un coup couché sur la terre, tout nu, et que soudain elle le prit et le mit dans ses langes et bandelettes". (Source : La lettre quotidienne de "Marie de Nazareth").

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