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Dans le Tome 2, chapitre 10, page 44,
Jésus proclame "O vous d'Israël !
Le temps de la Rédemption est arrivé mais préparez-en les voies en vous, par la
bonne volonté" selon Marc
1, 14-15.
L'impact de cette proclamation a été étudié par Vittorio Messori
dans son ouvrage "Hypothèses sur
Jésus". Le site "Marie de Nazareth", décembre 2011 en a publié
les extraits que voici : ils sont stupéfiants.
I - Une attente unique au monde Au temps
de la Vierge, tout Israël attend Celui qui doit venir
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Lorsqu’elle
était petite enfant, la Vierge Marie attendait au cœur de son peuple Israël
la venue du Messie, qui n’a pas été annoncé par un seul prophète, mais par
une longue série d’hommes, prédisant et complétant, au fur et à mesure, leur
prédiction, pendant des siècles. Elle attendait au cœur d’un petit peuple,
ballotté par l’histoire, qui a survécu à toutes les confrontations avec les
Empires voisins et qui sera finalement dans l’avenir le seul peuple résistant
à la dissolution du monde antique, en conservant intacte son identité, et en
gardant toujours la certitude inébranlable d’être l’instrument d’un destin
éternel, aux dimensions du monde.
Tous cherchaient dans l’Ecriture le moment de la venue du Messie annoncé
précisément mais mystérieusement par les prophètes. Et l’attente de
l’accomplissement des temps était devenue tellement forte et précise, en
cette période particulière de l’histoire, qu’il y eut plus de 100 candidats
Messie recensés par les historiens. « Comme le peuple était dans l’attente »
(Lc 3,15) quand Jean-Baptiste paru, tous lui
demandaient : « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un
autre ? » (Lc 7,19).
C’était une situation absolument unique et cet aspect caractéristique du
christianisme, à lui seul, est suffisant - c’est l’avis de maints
spécialistes - pour le situer tout à fait à part dans l’histoire religieuse
du monde.
D’après Hypothèses sur Jésus, pages
47, 48, 51, 59
II - Une attente unique au monde :
"Le sceptre ne l’éloignera pas de Juda, avant que vienne Celui à qui il
appartient"
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La
première des prophéties évoquant le moment de la venue du Messie se trouve
dans la Genèse, (Gn 49,1-10), quand Jacob, né
d’Isaac, bénit ses fils avant de mourir. « Rassemblez-vous pour que je vous
annonce ce qui vous arrivera dans l’avenir ». Et il poursuit : « Le sceptre
ne s’écartera pas de Juda, ni le bâton de commandement d’entre ses pieds
jusqu’à ce que vienne Celui auquel il appartient et à qui les peuples doivent
obéissance. » Ce passage, qui a toujours été entendu par les exégètes
d’Israël en un sens messianique, prend une actualité nouvelle au temps de la
Vierge, après qu’Hérode Ier ait été nommé roi de Judée en mettant fin à la
dynastie hasmonéenne juive.
Les juifs d’Israël seront désormais régis par un roi édomite, fils d’une
nabatéenne, issue d’une tribu arabe, et ami des romains, même s’il est
officiellement converti au judaïsme. La Judée devient alors une province vassale
de Rome et elle le restera jusqu'à la destruction de Jérusalem en 70 après
Jésus-Christ. Quand Octave confirme à Hérode Ier le titre de roi de Judée, de
Samarie, d’Idumée et de Galilée, en lui offrant aussi le plateau du Golan et
les villes côtières de la méditerranée qu’il avait dû rendre à Cléopâtre
précédemment, Jérusalem est secouée par un tremblement de terre qui cause
10.000 victimes. Avec l’avènement d’Hérode Ier l’autorité passe aux romains,
et le signe messianique s’accomplit puisque le sceptre s’éloigne
définitivement de Juda. A tel point que les juifs pourront maintenant
répondre très justement à Pilate, lors du procès du Christ : « Nous n’avons
pas d’autre roi que César » (Jean 19,15).
D’après Hypothèses sur Jésus, pages
50, 82 et les Chroniques Universelles
du calendrier Hébraïques, année 3625 et 3630
III - Une attente unique au monde :
"Au temps de ces rois, le Dieu du Ciel suscitera un royaume qui jamais
ne sera détruit"
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La
seconde importante prophétie évoquant le moment de la venue du Messie se
trouve dans le dernier livre de l’Ancien Testament, celui de Daniel, qui, au
temps de la Vierge était composé et lu dans sa forme actuelle depuis déjà
deux siècles.
Le livre rapporte au chapitre 2 le songe de Nabuchondonosor,
dans lequel le roi voit une pierre qui brise une grande statue d’or,
d’argent, de bronze, de fer et d’argile mêlés. Le roi est troublé et empêché
de dormir jusqu’à ce que Daniel puisse lui donne la juste interprétation :
"Après toi se dressera un autre
royaume, inférieur à toi, et un troisième royaume ensuite, de bronze, qui
dominera la terre entière. Et il y aura un quatrième royaume, dur comme le
fer, (…) il réduira en poudre et brisera tous ceux-là. (…) Il sera divisé,
partie fer, partie argile. (…) Au temps de ces rois, le Dieu du Ciel dressera
un royaume qui jamais ne sera détruit, et ce royaume ne passera pas à un
autre peuple. Il écrasera et anéantira tous ces royaumes, et lui-même
subsistera à jamais (…). Le Grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit
arriver. Tel est véritablement le songe, et sûre en est l'interprétation."
(Daniel 2,39-45).
Or, après Nabuchondonosor sont venus les perses
aidés par les mèdes, puis les grecs, qui ont dominé toute la terre avec
Alexandre, puis les romains qui, par le fer, ont réduit en poussière tous
leurs adversaires, avant qu’Israël ne soit au 1er siècle divisé entre le fer
de Rome et l’argile d’Hérode. La pierre qui brise la statue doit devenir une
grande montagne qui remplira toute la terre. L’humble Vierge du Seigneur
pouvait peut-être imaginer la modestie des débuts du règne messianique qui «
jamais ne sera détruit et subsistera éternellement » en méditant comme Blaise
Pascal qui écrivait, en considérant la prophétie de la petite pierre qui
devient montagne : "Il est prédit
que Jésus-Christ serait petit en son commencement et qu’il croîtrait ensuite".
D’après Hypothèses sur Jésus, pages
84
IV - Une attente unique au monde :
L’étonnante prophétie des Soixante-dix septénaires
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Le
prophète Daniel précisa ensuite de manière très étonnante le temps de
l’avènement du Messie par la prophétie des soixante-dix septénaires. Ce
fameux passage du chapitre 9 de Daniel commence ainsi : "Sont fixés 70 septénaires pour ton peuple
et ta ville sainte, pour faire cesser la perversité et mettre un terme au
péché, absoudre la faute et amener la justice éternelle, pour sceller vision
et prophétie et pour oindre le Saint des Saints". Le monde nouveau
(l’iniquité qui cesse et est expiée, le péché qui est "mis sous scellés", la justice
éternelle qui règne) adviendra donc quand le Christ aura "reçu l’onction". Et alors
prendront fin les visions des prophètes mêmes. Et tout cela se produira après
"70 septénaires".
Cette indication temporelle, la seule de tout l’Ancien Testament, n’a jamais
suscité de polémiques excessives parmi les interprètes. Il est clair qu’il
s’agit de septénaires, c’est-à-dire de périodes de sept ans, et qu’elle
désigne la venue du Messie au bout de 490 années. Mais à partir de quoi
doit-on commencer à les compter ? "Depuis
le surgissement d’une parole en vue de la reconstruction de Jérusalem"
après l’exil à Babylone, selon le texte biblique. Certains calculaient à
partir du décret d’Artaxerxès, en 458 avant
Jésus-Christ, d’autres à partir de Cyrus, en 538, dès la libération d’Israël,
certains en années solaires, d’autres en années lunaires.
La découverte de parchemins du 1er siècle avant notre ère retrouvés à Qûmran montrent que la communauté qui vivait là-bas se
préoccupait beaucoup des signes des temps et qu’ils s’appuyaient aussi sur la
prophétie des "70 septénaires".
Ils avaient calculé que les temps du Messie devaient commencer en 26 avant
Jésus-Christ et c’est à cause de cette attente qu’ils se retiraient au
désert. Il y avait encore une petite "erreur" de 20 ans dans leur calcul, mais comme le dit Hugh Schonfield, "nous
voyons bien aujourd’hui à quel point - presque à la lettre - Jésus pouvait
proclamer en inaugurant sa mission : "Les temps sont accomplis et le
royaume de Dieu est proche" (Marc 1,15).
D’après Hypothèses sur Jésus, pages
89-90
V - Une attente unique au monde :
L’attente des romains
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Au
temps de la Vierge, les juifs attendaient donc leur mystérieux Christ
précisément en ces années-là. Mais ce qui est plus surprenant encore, c’est
de découvrir que, en ce temps-là précisément, les autres peuples aussi
vivaient dans l’attente. Nous avons des témoignages indubitables et des plus
précis sur cette attente universelle de Quelqu’un qui devait venir de Judée.
C’est de deux des plus grands historiens latins, Tacite et Suétone, que nous
apprenons aussi comment les romains étaient en effervescence à l’approche du
siècle que nous, désormais, appelons "le premier après Jésus-Christ". Tacite écrit dans les Historiae :
"La plupart étaient persuadés
qu’il se trouvait écrit dans les anciens livres des prêtres, que, vers ces
temps, l’Orient grandirait en puissance. Et que de Judée viendraient les
dominateurs du monde". Et de même Suétone, dans la Vie de Vespasien : "Par tout l’Orient, une idée gagnait les
esprits : l’opinion constante et fort ancienne selon laquelle il devait être
écrit dans le destin du monde que de la Judée viendraient en ce temps-là les
dominateurs du monde". Ces deux historiens écrivaient à la fin du
premier siècle et au début du second, sans pouvoir connaître le triomphe,
encore à venir, de Celui qui serait effectivement un jour le "dominateur" du monde occidental.
D’après Hypothèses sur Jésus, pages
90
VI - Une attente unique au monde :
L’enfant merveilleux annoncé par la Sibylle de Cumes
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Au
temps de la Vierge, l’attente des romains pouvait aussi venir du grand oracle
rapporté par Virgile dans la 4ème Eglogue de ses Bucoliques : "Voici
les derniers temps marqués par l’oracle de la Sibylle de Cumes : la longue
série des siècles recommence. Voici venir la Vierge, et le règne de Saturne.
Voici descendre du ciel une race nouvelle. Un enfant nouveau-né sous le règne
de l’Empereur Auguste éliminera la génération de fer et suscitera par tout le
monde une génération d’or".
La Vierge Marie en qui descendra le Fils de Dieu ne devait certainement pas
connaître cet oracle, mais Jésus, qui est bien né sous le règne de l’Empereur
Auguste a effectivement transformé le fer de l’oppression, dans l’amour que
l’or symbolise. Et en plusieurs sanctuaires du monde (comme Longpont, Nogent sous Coucy, Chartres), on vénérait de
manière très étonnante, dès avant le Christ, la "Virgini Pariturae" : la Vierge qui devait
enfanter.
D’après Hypothèses sur Jésus, pages
90
VII - Une attente unique au monde :
L’attente des astrologues babyloniens
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Il
semble désormais scientifiquement prouvé que les astrologues babyloniens
aussi attendaient la naissance du « dominateur du monde » à partir de l’an 7
avant Jésus-Christ. Kepler, un des pères de l’astronomie moderne, observa en décembre
1603 la conjonction très lumineuse (c’est-à-dire la rencontre sur une ligne
droite) de Jupiter et de Saturne dans la constellation des Poissons. Il
établit grâce à ses calculs que le même phénomène (qui provoque une lumière
intense et éclatante dans le ciel étoilé) devait s’être produit également en
7 avant Jésus-Christ, puis découvrit ensuite un ancien commentaire de
l’Écriture, du rabbin Abarbanel, rappelant que,
selon une croyance des juifs, le Messie devait apparaître précisément
lorsque, dans la constellation des Poissons, la lumière de Jupiter et de
Saturne ne ferait plus qu’une.
Mais on n’attacha guère d’importance à la découverte de Kepler notamment
parce que la critique n’avait pas encore établi avec certitude que Jésus
était né avant la date traditionnelle, suite à l’erreur de Denys le Petit.
Plus de deux siècles après, la savant danois Münter
découvre et déchiffre un commentaire hébraïque médiéval des « soixante-dix
septénaires » du livre de Daniel qui indique la croyance rappelée par Kepler.
En 1902, est publiée ce qu’on appelle la Table planétaire, aujourd’hui
conservée à Berlin : un papyrus égyptien qui porte avec exactitude les
mouvements des planètes de 17 avant J-C à 10 après J-C, qui rappelle qu’en 7
avant J-C ont avait remarqué la conjonction entre Jupiter et Saturne, visible
dans son plus bel éclat sur toute l’étendue de la Méditerranée.
En 1925 enfin, on publie une description du Calendrier stellaire de Sippar : une tablette en terre cuite avec des
inscriptions cunéiformes provenant de l’antique cité de Sippar,
sur l’Euphrate, qui était le siège d’une importante école d’astrologie
babylonienne. Sur ce "calendrier"
sont portés tous les mouvements et conjonctions célestes de l’an 7 avant
Jésus-Christ justement. Pourquoi ? Parce que selon les astrologues
babyloniens, cette conjonction qui ne s’observe une seule fois que tous les
794 ans s’était produite 3 fois en 7 avant J-C : le 29 mai, le 1er octobre et
le 5 décembre. Et ils considéraient Jupiter comme la planète des dominateurs
du monde, Saturne comme la planète des protecteurs d’Israël, et la
constellation des Poissons comme le signe de la fin des temps, c’est-à-dire
du commencement de l’ère messianique. (…)
Il est désormais certain, en effet, qu’entre le Tigre et l’Euphrate, non
seulement on attendait comme dans tout l’Orient, un Messie qui devait venir
d’Israël, mais que l’on avait également établi avec une sûreté stupéfiante
qu’il devait naître en un temps et un moment déterminés.
D’après Hypothèses sur Jésus, pages
91-93
VIII - Une attente unique au monde : Tous
les temps sont désormais échus
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"Le temps de la venue du Messie a été
prédit par l’état du peuple juif, par l’état du peuple païen, par l’état du
Temple, par le nombre des années : il fallait que les quatre monarchies, le
sceptre ôté de Juda et les soixante-dix semaines arrivassent en même temps,
et le tout avant que le deuxième Temple ne fut détruit" (Blaise
Pascal - Pensée 708 et 709).
Les païens bénéficiant aussi d’annonces complémentaires, il y a comme une
polarisation de l’attention, le sommet d’une attente jamais vue dans
l’histoire du monde, aux alentours précisément des années où Jésus apparut.
C’est un fait historique prouvé : tout inexplicable qu’elle semble,
l’attention du monde se concentre, au premier siècle, sur un seul point,
cette lointaine province romaine.
Cette attente unique est celle que Marie porte plus que tout autre en son
cœur, dans sa prière auprès du Saint des saints. Elle s’accomplira pour elle
et pour tous les chrétiens dans la venue du Sauveur, à la plénitude des temps
fixés. Mais pour ceux qui ne l’ont pas reconnu, le rendez-vous manqué posera
longtemps question. Comme l’observe le Talmud lui-même, "toutes les dates qui ont été calculée pour
la venue du Messie sont désormais passées" (Traité Sanhédrin 97). Et
sous le coup de la déception, les docteurs d’Israël en viendront à tenter de
réinterpréter l’attente du Messie.
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