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Vision du vendredi 13
octobre 1944
38> Avec l'âme accablée par trop de choses, je
prie pour avoir une lumière. Et je tombe au chapitre XII de l'Épître aux
Hébreux et réellement, elle refait les forces de mon esprit et me donne
l'énergie pour "écouter" parce que sous la pression de tant de
choses, j'en suis venue à penser : "Je ne veux plus rien faire. La
vie commune, la vie commune à tout prix," Mais "Celui qui
parle " je sais qui Il est, et je vois qu'il me regarde avec des
yeux affectueux qui me sollicitent, Et je ne sais plus dire : " Je
ne veux pas."
Vraiment Dieu est un feu qui dévore, même les tendances de notre humanité,
quand elle s'est abandonnée à Lui. À Celui qui me parle et me dit :
"Moi, je ne te laisserai pas, je ne t'abandonnerai pas", je veux
encore redire avec une pleine confiance : "Tu es mon secours, je ne
crains pas l'homme. Ne trompe pas, ô Dieu, mon espérance."
À 14h. je vois ceci :
Jésus s'avance par un petit chemin, un sentier entre deux
champs. Il est seul. Jean s'avance vers Lui par une petite route à travers
les champs et le rejoint finalement en passant par une brèche. au milieu de
la haie.
Jean, dans la vision d'hier, comme dans celle d'aujourd’hui
est tout à fait jeunet. Un visage rose et imberbe d'homme à peine formé et
blond par-dessus le marché. Aussi, pas trace de moustache ou de barbe, mais
seulement le teint rose des joues lisses et des lèvres rouges et la joyeuse
lumière de son beau sourire et de son regard pur, non pas tant pour la
couleur de turquoise foncée de ses yeux que pour la limpidité de l'âme vierge
qui y transparaît. Ses cheveux, blonds châtains, longs et soyeux ondoient à
ce moment où il marche d'un pas rapide, presque au pas de course. Il crie,
quand il va passer la haie : "Maître ! "
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39> Jésus s'arrête et se retourne
avec un sourire.
"Maître, je t'ai tant désiré! On m'a dit, dans la maison où tu séjournes
que tu étais parti vers la campagne, mais pas plus. Et je craignais de ne pas
te voir." Jean parle, légèrement penché par respect. Cependant il est
plein d'une affectueuse confiance, dans son attitude et dans le regard que,
en restant la tête légèrement penchée sur l'épaule, il élève vers Jésus.
"J'ai vu que tu me cherchais et je suis venu vers toi."
"Tu m'as vu ? Où étais-tu, Maître ?"
"J'étais là" et Jésus lui indique un bosquet d'arbres éloignés qu'à
cause de la couleur de leur frondaison j'appellerais des oliviers.
"J'étais là. Je priais et je pensais à ce que je dirais ce soir à la
synagogue. Mais j'ai de suite tout interrompu quand je t'ai vu."
"Mais, comment as-tu fait pour me voir, puisqu'à peine je distingue
l'endroit, caché comme il est, derrière cet escarpement ?"
"Et pourtant tu le vois ! Je suis venu à ta rencontre parce que je
t'ai vu. Ce que ne peut faire l'œil, l'amour le réalise. "
"Oui, l'amour le fait. Tu m'aimes donc, Maître ? "
"Et toi, tu m'aimes, Jean, fils de
Zébédée ? "
"Tellement, Maître. Il me semble que je t'ai toujours aimé. Avant de te
connaître, avant déjà, mon âme te cherchait et quand je t'ai vu, elle m'a
dit : "Voici Celui que tu cherches". À ma rencontre avec Toi, c'était mon âme qui te reconnaissait. "
"Tu le dis, Jean et c'est exact. Moi aussi je suis venu à ta rencontre
parce que mon âme t’a senti. Combien de temps m'aimeras-tu ? "
"Toujours, Maître. Je ne veux plus aimer d'autres que Toi. "
"Tu as père et mère, des frères, des sœurs, tu as la vie et, avec la vie, la femme et
l'amour. Comment feras-tu pour quitter tout pour Moi ?"
"Maître... je ne sais... il me semble, si ce n'est pas de l'orgueil de
le dire, que ton amour de prédilection me tiendra lieu de père et mère, de
frères et sœurs et aussi de femme. De tout, oui, de tout je resterai
rassasié, si tu m'aimes."
"Et si mon amour te vaut souffrances et persécutions ?"
"Ce ne sera rien, Maître, si tu m'aimes."
"Et le jour qu'il me faudra
mourir..."
"Non ! Tu es jeune, Maître... pourquoi mourir ? "
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40> "Parce que le Messie est
venu prêcher la Loi dans sa vérité et pour accomplir la Rédemption. Et le monde a horreur de la Loi et ne veut pas de
rédemption. C'est pour cela qu'il persécute les envoyés de Dieu."
"Oh ! qu'il n'en soit pas ainsi ! Ne le dis pas à celui qui
t'aime ce pronostic de mort !... Mais si Tu devais mourir, je t'aimerais
encore, Toi. Permets-moi de t'aimer. " Jean a un regard suppliant.
Plus penché que jamais, il marche à côté de Jésus et semble lui mendier son
amour.
Jésus s'arrête. Il le regarde. Il le pénètre de son regard profond et puis
lui pose la main sur sa tête inclinée. "Je veux que tu
m'aimes."
"Oh! Maître ! " Jean est heureux. Bien qu'une larme fasse
briller sa pupille, il rit, de sa bouche jeune, bien dessinée. il prend la
main divine, la baise au dos et la serre contre son cœur. Ils reprennent la
marche.
"Tu as dit que tu me cherchais..."
"Oui. Pour te dire que mes amis veulent te connaître... et parce que,
oh ! comme je désirais être encore avec Toi ! Je t'ai quitté depuis
quelques heures... mais je ne pourrais déjà plus rester sans Toi !"
"Tu as donc été un bon annonciateur du Verbe ?"
"Mais, Jacques, aussi,
Maître a parlé de Toi de façon... à les convaincre."
"De manière, que, qui était encore défiant a été persuadé. Il n'était
d'ailleurs pas coupable car c'était la prudence qui était la cause de sa
réserve. Allons le rassurer complètement."
"Il avait un peu peur ..."
"Non ! il ne faut pas avoir peur de Moi ! Je suis venu pour
les bons et surtout pour ceux qui sont dans l'erreur. Je veux sauver, non pas
condamner. Avec les gens honnêtes je serai tout miséricorde."
"Et avec les pécheurs ?"
"Aussi. Par malhonnêtes, j'entends parler de ceux qui sont
spirituellement malhonnêtes, et qui hypocritement se font passer pour bons,
alors qu'ils sont mauvais, des gens qui ne cherchent que leur propre intérêt,
même aux dépens du prochain. Avec eux, je serai sévère."
"Oh ! Simon alors peut
être tranquille, il est franc comme nul autre."
"C'est ainsi qu'il me plaît et que je veux voir tout le monde."
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41> "Il a tant de choses à
te dire, Simon."
"Je l'entendrai après avoir parlé à la Synagogue. J'ai fait prévenir les
pauvres et les malades en plus des riches et des gens en bonne santé. Tous
ont besoin de la Bonne Nouvelle."
On approche du pays. Des enfants jouent sur la route et l'un d'eux, en
courant viendrait s'abattre entre les jambes de Jésus si Lui n'avait pas été
attentif à le saisir. Le
bambin pleure tout de même, comme s'il
s'était fait mal et Jésus lui dit, en le tenant par le bras : "Un
israélite qui pleure ? Qu'auraient dû faire des milliers et des milliers
de bambins qui sont devenus des hommes en franchissant le désert derrière
Moïse ? Et pourtant, c'est plus pour eux que pour les autres que le Très
Haut a fait pleuvoir la manne si douce. Il aime en effet les innocents et
veille sur ces petits anges de la terre, ces oiseaux sans ailes, comme il le
fait pour les passereaux qui volent dans les bosquets et sur les toits. Tu
aimes le miel ? Oui ? Et bien ! si tu es bon, tu mangeras un
miel plus doux que celui de tes abeilles."
"Où donc ? Quand ?"
"Quand, après une vie de fidélité à Dieu, tu iras vers Lui."
"Je sais que je n'y irai pas, si le Messie ne vient. La maman nous dit
que pour l'heure, nous les gens d'Israël, nous sommes comme autant de Moïses
et mourrons en vue de la Terre Promise. Elle dit que nous devrons attendre
pour y entrer et que seul le Messie nous permettra d'y entrer."
"Mais, quel brave petit Israélite ! Eh bien, Moi, je te dis que
quand tu mourras tu entreras tout de suite au Paradis, parce que le
Messie aura déjà ouvert la porte du Ciel. Il faut donc que tu sois bon."
"Maman ! Maman !" Le bambin s'échappe des bras de Jésus
et court à la rencontre d'une jeune épouse qui rentre, avec une amphore de
cuivre. "Maman, le nouveau Rabbi m'a dit que j'irai tout de suite au
Ciel quand je mourrai, et que je mangerai tant de miel... Mais à condition
d'être bon. Je serai bon !"
"Dieu le veuille ! Excuse, Maître, s'il t'a ennuyé. Il est si
remuant !"
"L'innocence ne me cause pas d'ennui, femme. Dieu te bénisse parce que
tu es une mère qui élève ses enfants dans la connaissance de la Loi."
La femme rougit à ce compliment et répond : "À Toi aussi la bénédiction
de Dieu" et elle disparaît avec son petit.
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42> "Les enfants te
plaisent, Maître ?"
"Oui, parce qu'ils sont purs, sincères et aimants !"
"Tu as des enfants, Maître ?"
"Non, j'ai seulement une Mère, et en Elle
il y a la pureté, la franchise, l'amour des petits les plus saints, et en
même temps la sagesse, la justice et la force des adultes. J'ai tout en ma
Mère, Jean."
"Et tu l'as quittée ?"
"Dieu est au-dessus, même de la plus sainte des mères."
"Est-ce que je la connaîtrai ?"
"Tu la connaîtras."
"Et Elle m'aimera ?"
"Elle t'aimera parce qu'Elle aime ceux qui aiment son Jésus."
"Alors, tu n'as pas de frères ?"
"J'ai des cousins du côté
du mari de ma Mère . Mais tout homme est pour moi un frère, et c'est pour
tous que je suis venu. Nous voici devant la synagogue. J'entre et tu me
rejoindras avec tes amis."
Jean s'en va et Jésus entre dans une pièce carrée avec la garniture
habituelle de lampes disposées en triangle et des pupitres avec des rouleaux
de parchemin. Il y a déjà une foule qui attend et prie; Jésus prie aussi. La
foule bavarde à son sujet, en arrière. Lui s'incline pour saluer le chef de la
Synagogue et puis se fait donner, au
hasard un rouleau.
Jésus commence la lecture.
Il dit : "Ces choses, l'Esprit me
les fait lire pour vous. Au chapitre sept du livre de Jérémie , on
lit : "Voilà ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu
d'Israël : Corrigez vos mœurs et vos affections et alors, je viendrai
habiter avec vous en ce lieu. Ne vous bercez pas de paroles vaines que vous
répétez : c'est ici le Temple du Seigneur, le Temple du Seigneur, le
Temple du Seigneur. Parce que, si vous améliorez vos mœurs et vos affections,
si vous rendez justice entre l'homme et son prochain, si vous n'opprimez pas
l'étranger, l'orphelin et la veuve, si vous ne répandez pas en ce lieu le
sang innocent, si vous n'allez pas, pour votre malheur, vers des dieux
étrangers, alors, Moi, j'habiterai avec vous en ce lieu, dans la terre que
j'ai donnée à vos pères pour les siècles des siècles".
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43> Écoutez, ô vous Israélites.
Voici que je viens faire resplendir les paroles de lumière que votre âme
aveuglée ne sait plus voir ni comprendre. Écoutez. Beaucoup de larmes se
répandent sur la terre du Peuple de Dieu. Ils pleurent les anciens qui se
rappellent les antiques gloires ! Ils pleurent, les adultes, courbés sous le
joug ! Ils pleurent les enfants sans espoir d'une future gloire ! Mais
la gloire de la terre n'est rien en comparaison d'une gloire qu'aucun
oppresseur, sinon Mammon et la mauvaise volonté ne peut arracher".
Pourquoi pleurez-vous ? Est-ce que le Très-Haut qui fut toujours, bon
pour son peuple a tourné maintenant son regard autre part et lui refuse-t-il
la vue de son Visage ? N'est-il plus le Dieu qui entrouvrit la mer et y
fit passer Israël, qui le conduisit à travers les sables du désert et le
nourrit, qui le défendit contre ses ennemis ? N'est-ce pas Lui qui, pour
l'empêcher de perdre le chemin du ciel, donna à leurs âmes la Loi, comme il
donnait à leurs corps la colonne de nuée ? N'est-il plus le Dieu qui
adoucit les eaux amères et fit tomber la manne alors qu'ils étaient
épuisés ? N'est-il pas le Dieu qui voulut vous établir sur cette terre
et faire alliance avec vous ? N'est-il pas votre Père et vous ses
Fils ? Et pourquoi l'étranger vous a-t-il frappés ? Beaucoup, parmi
vous murmurent : "Et pourtant nous avons ici le Temple !". Il
ne suffit pas d'avoir le Temple et d'aller y prier Dieu.
Le premier temple est dans
le cœur de tout homme et c'est là que se fait la prière sainte. Mais, sainte,
elle ne peut l'être si le cœur ne s'amende pas, si ne s'amendent pas les
mœurs, les affections, les principes de justice à l'égard des pauvres, à
l'égard des serviteurs, des parents, à l'égard de Dieu.
Regardez maintenant. Je vois des riches au cœur dur qui font de riches
offrandes au Temple, mais ne savent pas dire au pauvre : " Frère, voici
un pain et un denier, accepte-les. De cœur à cœur, que mon aide ne t'humilie pas
et que le don que je t'en fais ne me donne pas d'orgueil ". Voilà :
je vois des gens qui prient et qui se plaignent à Dieu de ce qu'il ne les
écoute pas promptement, mais qui, ensuite, au malheureux, parfois du même
sang qu'eux, alors qu'il leur dit : "Écoute-moi" répondent avec un
cœur dur comme la pierre : "Non". Voilà, je vous vois pleurer parce
que le dominateur vide votre bourse. Mais vous pressurez ensuite le sang de
qui vous haïssez et n'avez pas horreur de faire un vœu sanguinaire contre la
vie.
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44> O vous d'Israël ! Le temps de
la Rédemption est arrivé mais préparez-en les voies en vous, par la bonne
volonté. Soyez honnêtes, bons, aimez-vous entre vous.
Riches, soyez sans mépris; marchands, ne fraudez pas; pauvres, n'enviez pas.
Vous êtes tous d'un seul sang, d'un seul Dieu. Vous êtes tous appelés à une
même destinée. Ne vous fermez pas, avec vos péchés, le Ciel que le Messie
vous ouvrira. Vous avez, jusqu'alors, erré ? Maintenant plus. Que toute
erreur disparaisse. Simple, bonne, facile est la Loi qui se ramène aux dix
commandements primitifs mais imprégnés d'une lumière d'amour.
Venez. Je vous les montrerai tels qu'ils sont : amour, amour, amour.
Amour de Dieu pour vous, de vous pour Dieu. Amour pour le prochain. Toujours
amour parce que Dieu est Amour et que les fils du Père sont ceux qui savent
vivre l'amour. Je suis ici pour tous, et pour donner à tous la lumière de
Dieu. Voici la Parole du Père, qui se fait nourriture en vous. Venez, goûtez,
renouvelez le sang de votre esprit avec cette nourriture. Que tout poison
disparaisse, que tout désir charnel meure.
Une gloire nouvelle vous est apportée : la gloire éternelle et à elle
viendront ceux qui feront dans leur cœur une véritable étude de la Loi de
Dieu. Commencez par l'amour. Il n'y a rien de plus grand. Mais quand vous
saurez aimer, vous saurez déjà tout et Dieu vous aimera et l'amour de Dieu
signifie le secours de Dieu contre toute tentation.
Que la bénédiction de Dieu repose sur qui se tourne vers Lui d'un cœur plein
de bonne volonté."
Jésus se tait. Les gens parlottent. L'assemblée se sépare après le chant
psalmodié de plusieurs hymnes.
Jésus sort sur la petite place. Au seuil de la porte se trouvent Jean
et Jacques
avec Pierre
et André.
"La paix soit avec vous, dit Jésus, et il ajoute : Voici l'homme qui
pour être juste a besoin de s'abstenir de juger sans s'être d'abord informé,
mais qui cependant sait reconnaître honnêtement ses torts. Simon, tu as voulu
me voir ? Me voici. Et toi, André, pourquoi n'es-tu pas venu plus
tôt ?"
Les deux frères se regardent, embarrassés. André murmure : " Je n'osais
pas..."
Pierre, tout rouge ne dit rien. Mais, quand il entend Jésus dire à son
frère : "Était-ce un mal de venir ? Il n'y a que le mal que
l'on ne doit pas oser faire" intervient franchement : "C'est à
cause de moi qu'il est resté. Lui voulait me conduire tout de suite vers Toi.
Mais moi... J'ai dit... Oui, j'ai dit : " Je n'y crois pas", et je
n'ai pas voulu. Oh ! maintenant, cela va mieux !..."
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45> Jésus sourit, puis il dit :
"Et, pour ta sincérité, je te dis que je t'aime."
"Mais moi... moi, je ne suis pas bon. Je ne suis pas capable de faire ce
que tu as dit à la synagogue. Je suis irascible et, si quelqu'un m'offense...
Eh !... Je suis avide et j'aime avoir de l'argent... et dans ma vente de
poissons... eh !... pas toujours... je ne suis pas toujours sans
frauder. Et je suis ignorant. Et j'ai peu de temps à te suivre pour avoir la
lumière. Comment faire ? Je voudrais devenir comme tu dis... mais..."
"Ce n'est pas difficile, Simon. Tu connais un peu l'Écriture ?
Oui ? Et bien pense au prophète Michée. Dieu veut de toi ce que dit
Michée . Il
ne te demande pas de t'arracher le cœur ni de sacrifier les affections les
plus saintes. Non, Il ne te le demande pas pour l'instant. Un jour,
sans que Dieu te le demande, tu te donneras aussi toi-même à Dieu. Mais Lui
attend qu'un soleil et une ondée ait fait de toi, qui n'es qu'une frêle
pousse, un palmier robuste et splendide. Pour l'heure, Il te demande
ceci : pratiquer la justice, aimer la miséricorde, t'appliquer
totalement à suivre ton Dieu, Efforce-toi de faire cela et le passé de Simon
sera effacé, et tu deviendras l'homme nouveau, l'ami de Dieu et de son
Christ. Non plus Simon mais Céphas, la Pierre solide sur laquelle je
m'appuie."
"Ceci me plaît ! Je le comprends. La Loi, c'est cela... c'est
cela... voilà je ne sais plus l'observer comme l'ont faite les
rabbis !... Mais comme tu l'expliques, oui. Il me semble que j'y
arriverai. Et tu m'aideras. Tu restes dans cette maison ? J'en connais
le propriétaire."
"Je reste ici, mais je vais aller à Jérusalem et après, je prêcherai à travers la Palestine. Je suis
venu pour cela. Mais je viendrai ici souvent."
"Je viendrai t'écouter. Je veux être ton disciple. Un peu de lumière m'entrera
dans la tête !"
"Dans le cœur, Simon, surtout, dans le cœur. Et toi, André, tu ne parles
pas ?"
"J'écoute, Maître."
"Mon frère est timide."
"Il deviendra un lion. La nuit tombe. Que Dieu vous bénisse et vous
donne bonne pêche. Allez."
"Paix à Toi." Ils s'en vont.
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46> À peine sorti, Pierre
dit : "Mais qu'est-ce qu'il aura voulu dire d'abord, quand il
parlait que je pêcherais avec d'autres filets et que je ferais d'autres
pêches ?"
"Pourquoi ne le Lui as-tu pas demandé ? Tu voulais dire tant de
choses, et puis, tu n'as rien dit."
"Moi... j'avais honte. Il est si différent de tous les
rabbis !"
"Maintenant, il va à Jérusalem… Jean dit cela avec un tel désir,
une telle nostalgie. Je voulais lui demander s'il me laissait aller avec
Lui... et je n'ai pas osé."
"Va le lui dire, garçon, dit Pierre. Nous l'avons quitté comme çà...
sans une parole d'affection... Qu'il sache, au moins que nous l'admirons. Va,
va. Je vais le dire à ton père."
"J'y vais, Jacques ?"
"Va."
Jean part au pas de course… et au pas de course il revient, jubilant :
"Je lui ai dit : "Tu veux de moi, à Jérusalem ?" Il
m'a répondu : "Viens, ami." Il m'a dit ami ! Demain à
cette heure, je viendrais ici. Ah ! À Jérusalem, avec Lui..."
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