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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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vendredi
17 mars 28 Esdrelon n Malédiction et bénédiction
- Les nouvelles dispositions de Giocana 292 - Pierre invite Jésus à voir les champs de Doras 294 - Leur désolation 295 - Jésus séjourne chez les paysans de Giocana 295 |
3.51. |
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292> Le crépuscule commence pendant que le ciel rougit lorsque Jésus arrive en vue des champs de Giocana. "Hâtons le pas, amis, avant que le soleil se couche. Toi, Pierre, va avec ton frère prévenir nos amis, ceux de Doras." "J'y vais oui, pour voir aussi si le fils est bien parti." Pierre dit ce mot "fils" sur un ton qui vaut un long discours. Et il s'en va… Entre temps, Jésus avance plus doucement, regardant tout 293> autour pour voir s'il découvre quelque paysan de Giocana. Mais il n'y a que les champs fertiles, avec les épis déjà bien formés. Finalement, à travers les plants de vigne, se dégage un visage en sueur, puis c'est un cri: "Oh ! Seigneur béni !" et le paysan court hors de la vigne pour venir se prosterner devant Jésus. "La paix soit à toi, Isaïe !" "Oh ! Tu te rappelles aussi mon nom ?" "Je l'ai écrit dans mon cœur. Lève-toi. Tes compagnons, où sont- ils ?" "Là, dans la pommeraie, mais je vais les avertir. Tu es notre hôte, n'est ce-pas ? Le maître n'est pas là, et nous pouvons te faire fête. Et puis... un peu là peur, un peu la joie, il est meilleur. Pense qu'il nous a donné l'agneau cette année et la faculté d'aller au Temple ! Il ne nous a donné que six jours... mais nous courrons pour faire la route... Nous aussi a Jérusalem... Penses-y ! Et grâce à Toi." L'homme est au septième ciel par la joie d'avoir été traité en homme et en israélite. "Moi, je n'ai rien fait, que je sache" dit Jésus en souriant. "Oh ! non ! Tu as agi. Doras, et puis les champs de Doras et ceux-ci, au contraire, si beaux cette année... Giocana a su de ta venue et ce n'est pas un sot. Il a peur et... et il a peur." "De quoi ?" "Peur qu'il lui arrive la même chose qu'à Doras, pour la vie et pour les biens. Tu as vu les champs de Doras ?" "Je viens de Naïm..." "Alors tu ne les as pas vus. C'est une ruine totale. (L'homme dit cela à voix basse et pourtant en articulant bien, comme quelqu'un qui confie en secret, une chose redoutable.) Ruine totale ! Pas de foin, pas de blé, pas de fruits. Les vignes desséchées, les pommiers desséchés... Mort... tout est mort... comme à Sodome et Gomorrhe... Viens, viens que je te les montre." "C'est inutile. Je vais chez ces paysans..." "Mais ils n'y sont plus ! Tu ne le sais pas ? Il les a dispersés ou renvoyés tous, Doras, fils de Doras. Et ceux qu'il a dispersés dans d'autres propriétés sont obligés de ne pas parler de Toi sous peine d'être fustigés... Ne pas parler de Toi ! Ce sera difficile ! Giocana lui- même nous l'a dit." "Qu'est-ce qu'il a dit ?" "Il a dit : "Je ne suis pas aussi bête que Doras, et je ne vous dis pas : 'Je ne veux pas que vous parliez du Nazaréen'. Ce serait inutile parce que vous le feriez tout de même et je ne veux pas vous 294> perdre en vous faisant périr sous le fouet comme des bêtes récalcitrantes. Je vous dis au contraire : 'Soyez bons' comme certainement le Nazaréen vous l'enseigne et dites-Lui que je vous traite bien. Je ne veux pas qu'il me maudisse moi aussi". Il voit bien ce que sont ces champs depuis que tu les as bénis et ce que sont ceux-là depuis que tu les as maudits. Oh ! voilà ceux qui m'ont labouré le champ..."[1] et l'homme court à la rencontre de Pierre et d'André. Mais Pierre le salue rapidement et continue son chemin et il se met à crier : "Oh ! Maître ! Il n 'y a plus personne ! Ce ne sont que des visages nouveaux. Et tout est dévasté ! En vérité, il pourrait se dispenser de garder ici des paysans. C'est pire que sur la Mer Salée !..." "Je le sais. Isaïe me l'a dit." "Mais, viens voir! Quel spectacle!..." Jésus le contente et dit d'abord à Isaïe: "Alors je serai avec vous. Avertis tes compagnons et ne vous dérangez pas. La nourriture, je l'ai. Il nous suffit d'avoir une grange à foin pour dormir, et votre amour. Je viendrai sans tarder."
"Il a la main lourde, le Dieu du Sinaï" murmure Simon le Zélote. Jésus fait un geste comme pour dire : "Et comment !" mais il ne dit rien. Il demande seulement: "Comment est-ce arrivé ?" Un paysan murmure entre ses dents : "Taupes, sauterelles, vers... mais va-t-en ! Le surveillant est dévoué à Doras... Ne nous fais pas du mal..." Jésus pousse un soupir et s'en va. Un autre paysan, tout en étant courbé à rechausser un pommier 295> dans l'espoir de le sauver, dit : "Nous te rejoindrons demain... quand le surveillant sera à Jezraël pour la prière. ..nous viendrons chez Michée." Jésus fait un geste de bénédiction et s'en va. Quand il revient au carrefour, il y trouve tous les paysans de Giocana, tout en fête, heureux, ils entourent leur Messie et l'emmènent dans leurs pauvres maisons. "Tu as vu là-bas ?" "J'ai vu. Demain les paysans de Doras viendront." "Bien, pendant que les hyènes sont à la prière... C'est ce que nous faisons chaque sabbat... et nous parlons de Toi, avec ce que nous avons appris par Jonas, par Isaac qui vient souvent nous trouver, et par ton discours de Tisri[2]. Nous parlons comme nous savons. Car nous ne pouvons nous passer de parler de Toi. Et nous en parlons, d'autant plus que nous souffrons davantage et qu'on nous interdit de le faire. Ces pauvres gens... boivent la vie à chaque sabbat... Mais, dans cette plaine, combien il y en a qui ont besoin de savoir, d'être au moins informés sur ton compte, et qui ne peuvent venir jusqu ici..." "Je penserai aussi à eux. Vous, soyez bénis pour ce que vous faites." Le soleil se couche au moment où Jésus entre dans une cuisine enfumée. Le repos du sabbat commence. |
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