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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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mardi 2 mai (17 Ziv)
- Les égards de Jésus pour Marie mère de Judas
459 - Pierre fait l'éloge de son épouse Porphyrée
460 - Judas distribue les apôtres dans le pays 461 - Jésus lui conseille la douceur 461 - Arrivée de Marie et du Zélote 462 - Marie donne des nouvelles d'Élise 462 - Conversation de Marie avec la mère de Judas - La mère de Judas ne peut suivre son fils 463 - Elle fond en larmes 463 - Mon fils est ma douleur 463 - Judas est un instable 465 - J'ai tellement peur pour lui 465 - Prie le Seigneur 465 |
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459> Jésus est sur le point de se mettre à table,
dans la belle maison de Judas, en même temps que tous les siens. Et il dit à
la mère de Judas, venue de sa maison de campagne pour recevoir dignement le
Maître : "Non, mère, toi aussi tu dois rester avec nous. Ici, nous
sommes en famille. Ce n'est pas le banquet froid et compassé des hôtes
d'occasion. 460> Moi, je t'ai pris un fils et je veux que tu
me prennes comme fils, comme Moi je te prends comme mère,
car tu en es bien digne. N'est-ce pas mes amis, qu'ainsi nous nous sentirons
tous plus contents et plus à notre aise ?" Les apôtres et les
deux Marie acceptent chaleureusement, et la mère de Judas, avec une larme
éclair dans les yeux, doit s'asseoir entre son fils et le Maître qui a en
face de Lui les deux Marie avec Margziam au milieu. La servante apporte les
mets et Jésus les offre et les bénit et puis les distribue parce que, sur ce
point, la mère de Judas est inflexible. Et il distribue en commençant
toujours par elle, ce qui émeut toujours plus la femme et rend Judas tout
fier et en même temps pensif. Les conversations
roulent sur plusieurs sujets, et Jésus cherche à intéresser la mère de Judas
et de la mettre en relation avec les deux Marie. A cela Margziam est très utile
en déclarant qu'il aime déjà bien aussi la mère de Judas "parce qu'elle
s'appelle Marie, comme toutes les femmes qui sont bonnes." "Et celle qui
nous attend sur le lac, tu ne l'aimeras pas, petit méchant ? "
demande Pierre à moitié sérieux. "Oh ! beaucoup,
si elle est bonne." "Pour cela, tu
peux en être certain. Tout le monde le dit, et je dois le dire moi aussi que,
si elle a toujours été douce avec sa mère et avec moi, c'est vraiment signe
qu'elle est bonne. Mais elle ne s'appelle pas Marie, fils. Elle a un nom
bizarre, car son père lui a donné le nom de la chose qui l'avait enrichi et
il voulut l'appeler Porphyrée. La pourpre est belle et précieuse. Mon épouse
n'est pas belle, mais sa bonté la rend précieuse. Et moi, je l'ai aimée parce
qu'elle est paisible, chaste, silencieuse. Trois vertus... hé ! elles ne
sont pas faciles à trouver ! Je l'avais remarquée alors qu'elle n'était
qu'une petite fille. Je descendais à Capharnaüm avec le poisson et je la
voyais travailler silencieusement aux filets, ou à la fontaine, ou dans le
jardin de la maison. Ce n'était pas le papillon volage qui va ici et là, ni
non plus la poulette étourdie qui se retourne à chaque cocorico du coq. Elle
ne levait jamais la tête, même si elle entendait des voix d'hommes et quand moi,
énamouré de sa bonté et de ses magnifiques tresses, c'était tout ce qu'elle
avait de bien, et aussi... oui, et aussi apitoyé par sa condition d'esclave
dans sa famille, je lui ai adressé mes premières salutations - elle avait
alors seize ans - elle a à peine répondu, en descendant davantage son voile
et en restant davantage à la maison. Hé ! il m'en a fallu du temps pour
comprendre si elle ne me prenait pas pour un ogre et pour envoyer le paranymphe !... Mais je ne
m'en repens pas. Je pouvais faire le tour de la terre, mais une autre comme
elle, je ne l'aurais pas trouvée. N'est-ce pas, Maître, qu'elle est
bonne ?" 461> "Très bonne. Et
je suis sûr que Margziam l'aimera, même si elle ne s'appelle pas Marie.
N'est-ce pas, Margziam ?" "Oui. Elle, elle
s'appelle "maman" et les mères sont bonnes et on les aime." Puis Judas raconte ce
qu'il a fait pendant la journée. Je comprends qu'il est allé prévenir sa mère
de leur arrivée et qu'ensuite il a commencé à parler dans les campagnes de Kériot avec André pour compagnon. Il dit ensuite :
"Demain je voudrais que vous veniez tous, pourtant. Je ne veux pas être
le seul à briller. Nous irons, autant que possible un juif avec un galiléen.
Moi, par exemple avec Jean, et Simon avec Thomas. Si l'autre Simon pouvait
venir ! Quant à vous deux (et il indique les fils d'Alphée) vous pouvez
aller ensemble. J'ai dit, même à ceux qui ne voulaient pas le savoir, que
vous étiez les frères du Maître et aussi vous deux (il montre Philippe et
Barthélemy) vous pouvez aller ensemble. J'ai dit que Nathanaël est un rabbin
venu à la suite du Maître. C'est une chose qui fait impression. Et... il
reste vous trois. Mais dès l'arrivée du Zélote on pourra faire un couple de
plus. Et puis nous alternerons parce que je veux qu'ils vous connaissent
tous..." Judas est plein d'entrain. "J'ai parlé sur le décalogue,
Maître, en cherchant à mettre en lumière spécialement les points auxquels je
sais que cette région est plus infidèle..." "N'aie pas la
main lourde, Judas. Je t'en prie. Aie toujours présent à ton esprit que la
douceur obtient plus que l'intransigeance et que tu es un homme, toi aussi.
Examine-toi donc et réfléchis comme il t'est facile à toi aussi de tomber et
comme tu te fâches pour des reproches trop ouverts "dit Jésus
pendant que la mère de Judas baisse la tête en rougissant. "Ne crains pas,
Maître, je m'efforce de t'imiter en tout. Cependant dans le pays que nous
voyons par cette porte même (ils man- gent avec les portes ouvertes et on
découvre un bel horizon de cette pièce surélevée) il y a un infirme qui
voudrait guérir et on ne peut le transporter. Voudrais-tu venir avec
moi ?" "Demain, Judas,
demain matin sans faute. Et s'il y a d'autres malades, dites-le moi et conduisez-moi
à eux." "Veux-tu
vraiment combler de bienfaits ma patrie, Maître ?" "Oui, pour qu'on
ne dise pas que j'ai été injuste envers ceux qui ne m'ont pas fait de mal. Je
fais du bien même aux méchants ! Pourquoi pas alors aux gens honnêtes de
Kériot ? Je veux laisser de Moi un souvenir ineffaçable..." 462> "Mais
comment ? Nous ne revenons plus ici ?" "Nous
reviendrons encore, mais..." "Voici la Mère,
la Mère avec Simon ! "s'écrie l'enfant qui voit Marie et Simon
monter l'escalier qui mène à la terrasse sur laquelle est la pièce. Tous se lèvent et
vont à la rencontre des deux qui arrivent. Bruits d'exclamations, de
salutations, de sièges qu'on remue. Mais rien ne détourne Marie de saluer
d'abord Jésus et puis la mère de Judas qui s'est profondément inclinée et que
Marie au contraire redresse et embrasse comme si c'était une chère amie
retrouvée après une longue absence. Ils rentrent dans la
pièce, et Marie de Judas commande à la servante de nouveaux aliments pour
ceux qui viennent d'arriver. "Voici, Fils, le
salut d'Élise "dit Marie et elle donne à Jésus un petit rouleau
qu'il ouvre et lit. Il dit ensuite : "Je le savais, j'en étais
certain. Merci, Maman, pour Moi et pour Elise. Tu es vraiment la santé des
infirmes !" "Moi ? Toi,
Fils. Pas moi." "Toi, et tu es
ma plus grande aide. " Puis il se tourne vers les apôtres et vers
les femmes disciples et il dit : "Élise écrit : "Reviens,
ma Paix. Je veux non seulement t'aimer mais te servir". Et ainsi nous
avons relevé de l'angoisse, de la mélancolie, une créature et nous avons
gagné une disciple. Nous reviendrons, oui." "Elle veut
connaître aussi les femmes disciples. Elle revient lentement, mais sans
arrêt. Pauvre chérie ! Elle a encore des moments de défaillance et de
peur. N'est-ce pas, Simon ? Un jour elle a voulu essayer de sortir avec
moi, mais elle a vu un ami de son Daniel. ..et nous avons eu beaucoup de mal
à calmer son chagrin. Mais Simon est si brave ! Il m'a suggéré,
puisqu'elle éprouve le désir de rentrer dans le monde mais que le monde de Béthsur est trop plein de souvenirs pour elle, d'appeler
Jeanne. Et il est allé l'appeler. Elle était revenue, après les fêtes, à Béther auprès de ses splendides roseraies de Judée. Simon
dit qu'il lui semblait rêver en traversant ces collines couvertes de rosiers,
il croyait être au Paradis. Elle est venue tout de suite. Elle a pu
comprendre et compatir avec une mère qui pleure ses fils ! Élise s'est
beaucoup attachée à elle et moi je suis venue. Jeanne veut la persuader de
sortir de Béthsur et d'aller dans son château. Et
elle y réussira car elle est douce comme une colombe mais ferme comme du
granit quand elle le veut." 463> "Nous irons à Béthsur au retour, et puis nous nous séparerons. Vous, les femmes disciples, vous resterez quelque temps avec Élise et
Jeanne. Nous, nous parcourrons la Judée et nous nous retrouverons à Jérusalem
pour la Pentecôte"... Marie la Très Sainte
et Marie mère de Judas sont ensemble. Non pas dans la maison de ville mais
dans celle de campagne. Elles sont seules. Jésus et les apôtres sont dehors.
Les femmes disciples et l'enfant sont dans la splendide pommeraie et on
entend leurs voix qui se mêlent au bruit du linge que l'on bat au lavoir.
Peut-être qu'elles font la lessive pendant que l'enfant joue. La mère de Judas est
assise dans une pièce dans la pénombre à côté de Marie et elle lui
parle : "Ces jours paisibles resteront en moi comme un doux rêve.
Trop courts ! Trop ! Je comprends qu'on ne doit pas être égoïste et
qu'il est juste que vous alliez chez cette pauvre femme et vers tant d'autres
malheureux. Mais si je pouvais ! Si je pouvais arrêter le temps, où
venir avec vous !... Mais je ne peux pas. Je n'ai pas de parents en
dehors de mon fils et je dois m'occuper des biens de la maison..."
"Qu'est-il ton
Fils, pour toi, Femme?" demande doucement Marie de Judas. Et la Très Sainte
Marie répond avec assurance: "C'est ma joie." "Ta
joie !!!... " et puis la mère de Judas fond en larmes en se
courbant sur elle-même, comme pour cacher son chagrin. Son front touche pour
ainsi dire ses genoux, tant elle est repliée sur elle-même. "Pourquoi
pleures-tu, ma pauvre amie ? Pourquoi ? Dis-le-moi. Je suis
heureuse dans ma maternité, mais je sais comprendre aussi les mères qui ne le
sont pas..." "Oui, les mères
qui ne sont pas heureuses ! Et je suis une de celles- ci. Ton Fils est
ta joie... Le mien est ma douleur. Il l'était, du moins. Maintenant, depuis
qu'il est avec ton Fils, il m'afflige moins. Oh ! parmi tous ceux qui
prient pour ton saint Fils, pour son bien et son triomphe, il n'y en a pas
une, après toi, bienheureuse, qui prie autant que
cette malheureuse qui te parle... 464> Dis-moi la
vérité : que penses-tu de mon fils ? Nous sommes deux mères, l'une
en face de l'autre. Entre nous, il y a Dieu. Et nous parlons de nos fils. Tu ne
peux que trouver facile de parler du tien. Moi... moi, je dois me faire
violence pour parler du mien. Mais pourtant, quel bien ou quelle douleur peut
me venir de cette conversation ! Et même si c'est de la douleur, ce sera
toujours un soulagement d'en avoir parlé... Cette femme de Béthsur a été presque folle de la mort de ses fils,
n'est-ce pas ? Mais je te jure que parfois j'ai pensé et que je pense en
regardant mon Judas, beau, en pleine santé mais qui n'est pas bon, pas
vertueux, qui n'a pas l'âme droite, dont les sentiments ne sont pas sains,
que je préférerais le pleurer mort plutôt que de le savoir... de le savoir
très mal vu de Dieu. Toi, dis-moi, que penses-tu de mon fils ? Sois
franche. Cela fait plus d'un an que cette question me brûle le cœur. Mais à
qui le demander ? Aux habitants ? Eux ne savaient pas encore qu'il
y avait le Messie et que Judas voulait aller avec Lui. Moi, je le savais. Il
me l'avait dit en venant ici, après la Pâque, exalté, violent, comme toujours
quand il a un caprice et comme toujours plein de mépris pour les conseils de
sa mère. A ses amis de Jérusalem ? Une sainte prudence et une pieuse
espérance me retenaient de le faire. Je ne voulais pas leur dire à eux, que
je ne peux pas aimer parce qu'ils ont tout sauf la sainteté :
"Judas suit le Messie". Et j'espérais que son caprice tomberait
comme tant d'autres, comme tous, me causant bien sûr des larmes et des
déplaisirs comme à plus d'une jeune fille ici et ailleurs qu'il a énamourée
et puis n'a jamais épousée. Tu ne sais pas qu'il y a des endroits où il ne va
plus parce qu'il pourrait s'y trouver justement châtié ? Même son
engagement au Temple fut un caprice. Il ne sait pas ce qu'il veut. Jamais.
Son père, que Dieu lui pardonne, l'a gâté. Les deux hommes de la maison ne
m'ont jamais écoutée. Je n'ai eu qu'à pleurer et réparer avec des
humiliations de toutes sortes... Quand Joanne est morte - et bien que
personne ne l'eût dit, je sais qu'elle mourut de chagrin quand, après avoir
attendu pendant toute sa jeunesse, Judas lui déclara qu'il ne voulait pas se
marier, alors qu'il était connu qu'à Jérusalem il avait envoyé des amis pour
demander sa fille à une femme riche et qui possédait des comptoirs jusqu'à
Chypre - j'ai dû pleurer beaucoup, beaucoup à cause des reproches que me fit la
mère de la jeune morte, comme si j'avais été complice de mon fils. Non. Je ne
le suis pas, mais je ne suis rien auprès de lui. 465> L'an passé, quand le Maître fut ici, je me
rendis compte que Lui avait compris... et je fus sur le point de parler. Mais
il est douloureux pour une mère de devoir dire: "Crains mon fils. Il est
avide, il a le cœur dur, c'est un vicieux, un orgueilleux, un instable".
Et cela, il l'est. Moi... moi je prie pour qu'un miracle, Lui qui en fait
tant, ton Fils le fasse sur mon Judas... Mais toi, toi, dis-moi : que
penses-tu de lui ?" Marie, qui est restée
toujours silencieuse et avec une expression de douloureuse pitié devant ces
lamentations maternelles auxquelles son âme droite ne peut donner un démenti,
dit doucement : "Pauvre mère !... Qu'est-ce que je
pense ? Oui ton fils n'est pas l'âme limpide de Jean, ni le doux André,
il n'a pas la fermeté de Mathieu qui a voulu se convertir et qui l’a fait.
C'est... un instable, oui, c'est cela. Mais nous prierons tant pour lui, toi
et moi. Ne pleure pas. Peut-être que dans ton amour de mère qui voudrait
pouvoir être fière du fils, tu le vois pire qu'il ne l'est..." "Non !
Non ! Je vois juste et j'ai tellement peur." La pièce est pleine
des plaintes de la mère de Judas et, dans la pénombre, se blanchit le visage
de Marie devenu plus pâle, après ces aveux maternels qui avivent tous les
soupçons de la Mère du Seigneur. Mais elle se maîtrise. Elle attire à elle la
mère malheureuse et la caresse, alors que celle-ci, une fois rompues les
digues de la retenue, raconte confusément, fiévreusement toutes les duretés,
les exigences, les violences de Judas, et pour terminer : "Je
rougis pour lui quand je me vois l'objet des attentions affectueuses de ton
Fils ! Je ne le Lui demande pas, mais je suis sûre qu'en plus de la
bonté qu'elles expriment, il agit ainsi pour dire, par ses actes, à
Judas : "Souviens-toi que c'est ainsi qu'on traite la mère".
Maintenant, maintenant il me semble toute bonté... Oh ! Si c'était
vrai ! Aide-moi, aide-moi
par ta prière, toi qui es sainte, pour que mon fils ne soit pas indigne de la
grande grâce que Dieu lui a accordée ! S'il ne veut pas m'aimer, s'il ne
veut pas être reconnaissant envers moi, qui l'ai enfanté et élevé, cela n'est
rien. Mais qu'il sache aimer réellement Jésus, qu'il sache le servir avec
fidélité et reconnaissance. Si cela ne devait pas être, alors... alors que
Dieu lui ôte la vie. Je préfère l’avoir au tombeau... je l'aurais finalement
car, depuis qu'il a eu la raison, il m'a bien peu appartenu. Mort plutôt que
mauvais apôtre. Puis-je prier ainsi ? Qu'en dis-tu ?" 466> "Prie le
Seigneur qu'il fasse pour le mieux. Ne pleure plus. J'ai vu des prostituées
et des gentils aux pieds de mon Fils et, avec eux, des publicains et des
pécheurs. Devenus tous des agneaux par sa Grâce. Espère,
Marie, espère. Les peines des mères sauvent les enfants, ne le sais-tu
pas ?..." |
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Et tout cesse avec
cette demande pleine de pitié. |
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