"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano


aucun accent
Se repérer Consulter la Bible en ligne  Aller sur le forum

Qui sommes-nous

  3.222. - Un segreto dell'apostolo Giovanni.

  2.222. - Towards Modin.


samedi 13 mai 28
28 Ziv

vers Modin


- Les apôtres parlent de leurs activités 515

- On réussit à faire venir Jean 517

- Pierre s'efforce de le faire parler 517

- Jean lui résiste 518

- Et aussi à son frère Jacques 518

- Jésus a voulu le perfectionner, c'est tout 519

 

3.84.
Jésus avec les siens vers Modin


515> Après Jabnia les collines, dirigées d'ouest en est par rapport à l'étoile polaire, prennent de l'altitude et, derrière, on en voit surgir de plus hautes, de toujours plus hautes. Au loin, dans la dernière lueur du soir se profilent les sommets verts et violets des montagnes de Judée. Le soleil est tombé rapidement comme il le fait dans les pays situés au midi. De l'orgie de rouge du couchant, il est passé en moins d'une heure au premier scintillement des étoiles et il paraît impossible que l'incendie solaire se soit éteint si vite, faisant disparaître la couleur de sang du ciel sous un voile de plus en plus épais d'améthyste sanguine et puis d'un mauve qui pâlit et devient de plus en plus transparent pour laisser voir un ciel irréel non pas bleu, mais vert pâle qui ensuite s'assombrit en une couleur glauque d'avoines nouvelles, prélude à l'indigo qui dominera pendant la nuit en se parsemant de diamants comme un manteau 516> royal.

Et les premières étoiles rient déjà à l'orient en même temps qu'une faucille de lune à son premier quartier. La terre s'emparadise toujours plus sous la lumière des astres et dans le silence des hommes. C'est 1'heure du chant des choses qui ne pèchent pas : celui du rossignol, l'arpège des eaux, le bruissement des feuillages, le chant des grillons, des crapauds qui émettent des notes de hautbois en chantant à la rosée. Peut-être qu'elles chantent aussi là-haut les étoiles... Elles qui sont plus proches des anges que nous.

L'incendie de la chaleur s'éteint de plus en plus dans l'air de la nuit, humide d'une rosée si douce à l'herbe, aux hommes et aux animaux !

Jésus a attendu au pied d'une colline les apôtres qui sortent de Jabnia où Jean est allé les prendre. Il parle tout doucement avec l'Iscariote, en lui remettant des bourses de monnaie et en lui donnant des instructions pour leur répartition. Derrière Lui, Jean silencieux, qui tient le bouc, entre le Zélote et Barthélemy qui parlent de Jabnia où se sont distingués André et Philippe. Plus en arrière, en groupe, tous les autres qui parlent à haute voix et font une sorte de récapitulation des aventures en terre philistine et manifestent clairement leur joie pour le prochain retour en Judée pour la Pentecôte.

« Mais, vraiment, nous y allons tout de suite ? » demande Philippe très fatigué de courir à travers les sables brûlants.

« C'est ce qu'a dit le Maître. Tu l'as entendu » répond Jacques d'Alphée.

« Mon frère le sait certainement, mais il semble perdu dans ses rêves. Ce qu'ils ont fait pendant ces cinq jours est un mystère » dit Jacques de Zébédée.

« Oui. Et moi, je n'en peux plus du désir de le savoir. Au moins cela, pour nous récompenser de cette... purge à Jabnia. Cinq jours où il fallait surveiller chacune de nos paroles, chacun de nos regards ou de nos pas pour éviter un malheur » dit Pierre.

« Nous avons pourtant réussi. Nous commençons à savoir faire » dit Mathieu d'un air satisfait.

« Vraiment... j'ai tremblé deux ou trois fois. Ce sacré Judas de Simon !... Mais il n'apprendra jamais à se modérer ? » dit Philippe.

« Quand il sera vieux. Et pourtant, si l'on veut, il agit dans une bonne intention. Tu l'as entendu ? Même le Maître l'a dit. Ille fait par zèle... » dit André en l'excusant.

517> « Naturellement ! Le Maître a parlé ainsi parce qu'il est la Bonté et la Prudence, mais je ne crois pas qu'il l'approuve » dit Pierre.

« Il ne ment pas, Lui » réplique le Thaddée.

« Pour mentir, non. Mais il sait mettre dans ses réponses toute la prudence que nous ne savons pas y mettre, et il dit la vérité sans faire saigner le cœur de personne, sans provoquer des indignations, sans susciter des reproches. Hé ! Lui, c'est Lui ! » soupire Pierre.

Un silence, pendant qu'ils cheminent dans la blancheur toujours plus nette du clair de lune. Puis Pierre dit à Jacques de Zébédée: « Essaie d'appeler Jean. Je ne sais pas pourquoi il nous évite. »

« Je vais te le dire tout de suite : c'est parce qu'il sait que nous allons le tourmenter pour savoir » dit Thomas.

« C'est vrai ! Et il est avec les deux plus prudents et les plus sages » confirme Philippe.

« Eh bien, essaie quand même, sois serviable » insiste Pierre.

Et Jacques, condescendant, appelle par trois fois Jean qui n'entend pas ou fait semblant de ne pas entendre. Barthélemy au contraire se retourne, et Jacques lui dit : « Dis à mon frère de venir ici » et puis Jacques dit à Pierre : « Mais je ne crois pas que nous saurons. »

Jean, obéissant, vient tout de suite et demande : « Que voulez- vous ? »

«Savoir si d'ici on va directement en Judée » dit son frère.

« C'est ce qu'a dit le Maître. Il ne voulait pour ainsi dire pas revenir en arrière à partir d'Acron et il voulait m'envoyer vous prendre, mais ensuite il a préféré venir jusqu'aux dernières pentes... On va en Judée, d'ici également. »

« Par Modin ? »

« Par Modin. »

« C'est une route qui n'est pas sûre. Les malfaiteurs y attendent les caravanes et font des coups de mains » objecte Thomas.

« Oh !... avec Lui !... Rien ne Lui résiste, à Lui !... » Jean lève vers le ciel un visage qui l'entraîne dans je ne sais quel souvenir, et il sourit.

Tout le monde le remarque et Pierre dit : « Dis un peu: tu es en train de lire une merveilleuse histoire dans le ciel constellé, pour avoir ce visage ? »

« Moi ? non... »

« Allons ! Même les pierres le voient que tu es loin du monde. Dis: qu'est-ce qui t'est arrivé, à Acron ? »[1]

518> « Mais rien, Simon, je te l'assure. Je ne serais pas heureux s'il m'était arrivé quelque chose de pénible. »

« Pas pénible. Au contraire !... Allons ! Parle ! »

« Mais je n'ai rien à ajouter à ce que Lui vous a dit. Ils ont été bons, comme des êtres étonnés par les miracles. C'est tout. Exacte- ment comme Lui l'a dit. »

« Non » et Pierre hoche la tête. « Non. Non, tu ne sais pas mentir. Tu es limpide comme de l'eau de source. Non. Tu changes de couleur. Je te connais depuis que tu étais tout petit. Tu ne sauras jamais mentir. Par impuissance du cœur, de la pensée, de la langue et jusque de la peau qui change de couleur. C'est pour cela que je t'aime tant et que je t'ai toujours aimé. Allons, viens ici, près de ton vieux Simon de Jonas, près de ton ami. Tu te souviens quand tu étais petit, et que moi, j'étais déjà un homme ? Comme je te choyais ? Tu voulais des histoires et des barquettes de liège "qui ne font jamais naufrage", disais-tu, et qui te servaient pour aller au loin. ..Maintenant aussi, tu vas au loin et tu laisses à la rive le pauvre Simon. Et ta petite barque ne fera jamais naufrage. Elle s'en va, pleine de fleurs, comme celles qu'enfant tu lançais à Bethsaïda, dans le fleuve, pour que le fleuve les porte au lac et qu'elles aillent, qu'elles aillent. Tu t'en souviens ? Je t'aime bien, Jean. Tous nous t'aimons bien. Tu es notre voile. Tu es notre barque qui ne fait pas naufrage. Tu nous emmènes dans ton sillage. Pourquoi tu ne nous dis pas le prodige d'Acron ? »

Pendant qu'il parlait, Pierre entourait de son bras la taille de Jean, mais Jean cherche à éluder la question en disant : « Et toi qui es le chef, pourquoi ne t'adresses-tu pas aux foules avec cet accent persuasif dont tu uses à mon égard ? Elles ont besoin d'être convaincues, moi pas. »

« C'est qu'avec toi, je me sens à l'aise. Toi, je t'aime. Elles, je ne les connais pas » dit Pierre pour s'excuser.

« Et tu ne les aimes pas. Voilà ton erreur. Aime-les, même si tu ne les connais pas. Dis-toi, à toi-même : "Elles appartiennent à notre Père". Tu verras qu'il te semblera les connaître, et tu les aimeras. Vois en elles autant de Jean... »

« C'est vite dit ! Comme si l'on pouvait échanger les aspics et les porcs-épics, avec toi, éternel enfant. »

« Oh§ non§ Je suis comme tout le monde. »

« Non, mon frère. Pas comme tout le monde. Nous autres, sauf peut-être Barthélemy, André et le Zélote, nous aurions déjà dit, même aux herbes, ce qui nous serait arrivé et qui nous rendrait 519> heureux. Toi, tu te tais. Cependant tu dois le dire à moi, ton frère aîné. Je suis pour toi comme un père » dit Jacques de Zébédée.

« Le Père c'est Dieu, le Frère c'est Jésus, la Mère c'est Marie... »

« Alors le sang, pour toi, cela ne compte plus ? » crie Jacques fâché.

« Ne te fâche pas. Moi, je bénis le sang et le sein qui m'ont formé : mon père et ma mère; et je te bénis, toi, frère, qui viens des mêmes parents, parce que les parents m'ont engendré et élevé pour me permettre de suivre le Maître, et toi, parce que tu le suis. La mère, depuis qu'elle est disciple, moi, je l'aime à un double titre: avec la chair et le sang, en tant que fils; avec l'esprit, en tant que condisciple. Oh ! joie d'être unis dans son amour à Lui !... »

Jésus est revenu en arrière en entendant la voix fâchée de Jacques et les dernières paroles l'éclairent sur la question. « Laissez Jean tranquille. Cela ne sert à rien de le tourmenter. Il ressemble beaucoup à ma Mère, et il ne parlera pas. »

« Dis-le-nous alors, Toi, Maître » disent-ils tous d'une voix suppliante.

« Eh bien, voici. J'ai emmené Jean avec Moi, parce qu'il était le plus apte pour ce que je voulais faire. J'ai été aidé par lui et lui en a été perfectionné. C'est dit. »

Pierre, Jacques frère de Jean, Thomas, l'Iscariote se regardent en faisant la moue : déçus. Et Judas l'Iscariote ne se borne pas à faire voir sa déception, il dit : « Pourquoi le perfectionner, lui qui est déjà le meilleur ? »

Jésus lui répond : «C'est toi qui as dit : "Chacun a sa manière, et la met en oeuvre". J'ai ma manière. Jean a la sienne qui ressemble beaucoup à la mienne. La mienne ne peut se perfectionner. La sienne, si. Et je veux que cela soit parce qu'il est bien que cela soit. Et c'est pour cela que je l'ai pris, parce que j'avais besoin de quelqu'un qui eût cette manière et cette âme. Donc, pas de mauvaise humeur ni de curiosité. Nous allons à Modin. La nuit est sereine, fraîche et lumineuse. Nous marcherons tant qu'il y aura la lune, puis nous dormirons jusqu'à l'aube. J'amènerai les deux Judas pour qu'ils vénèrent la tombe des Macchabées dont ils portent le nom glorieux. »[i]

« Nous seuls avec Toi ! » dit l'Iscariote heureux.

« Non, avec tous. Mais la visite à la tombe des Macchabées, est pour vous, pour que vous sachiez les imiter surnaturellement, en portant luttes et victoires dans un champ tout spirituel »

 


[1] Jean « a tourné une page du livre de la Vie, et il a lu et connu de nouveaux mystères. Rien de plus. Il vous a précédés… » (3.86 ). Allusion au premier miracle fait par Jean au nom de Jésus. Ce point sera révélé à Jacques plus tard « Jean, près de Jabnia a fait un miracle par amour, en guérissant un mourant par une onction et une prière » (4.122.)

[i] 1 Maccabées 9,19 - Mattathias, était un prêtre âgé retiré au village de Modin d’où il déclencha la révolte en tuant un officier syrien qui voulait imposer les décrets idolâtres d’Antiochus. Il s’enfuit avec ses cinq fils dans les montagnes de Judée. Le mouvement de "résistance" s’organisa dans le pays, et en divers lieux des autels idolâtres furent renversés et le culte juif rétabli. Mattathias mourut en 166 av. J.-C. en confiant à ses 5 fils la conduite de la guerre de libération. - Juda, dit Maccabée (de l’hébr. maqqabhah: marteau) en prit le commandement. Il remporta une série de victoires d’autant plus remarquables que les Juifs ne s’étaient plus battus depuis plus de trois siècles. En 165, le 25 du mois de Kislèv, il purifia le Temple profané depuis trois ans et rétablit le sacrifice quotidien à Jérusalem. La fête nationale de la Dédicace en rappelait encore le souvenir à l’époque du Christ (Jn 10,22). C’est aussi le jour de sa naissance selon Maria Valtorta. Juda périt dans une bataille en 161. Jonathan, son frère, lui succéda au moment où deux prétendants se disputaient le trône de Syrie: Démétrius et Alexandre Balas. Ce dernier chercha à gagner l’appui de Jonathan jusque-là chef rebelle, et proposa de le reconnaître à la fois comme "souverain sacrificateur du peuple" et général-gouverneur de la Judée. La lignée d’Aaron fut ainsi mise de côté; elle s’était discréditée après avoir exercé cette fonction pendant près de 13 siècles. Jonathan conclut des traités avec Sparte et Rome, et suréleva les remparts de Jérusalem. Il finit par être traîtreusement mis à mort en 142 par Tryphon, général syrien qui convoitait à son tour le trône. Simon, le dernier survivant des cinq fils de Mattathias, prit alors le pouvoir. Il réussit à obtenir la reconnaissance de l’indépendance de la Judée en échange de son alliance avec Démétrius II, qui avait encore à lutter contre Tryphon. Simon s’empara de la citadelle de Jérusalem, qu’occupaient les Syriens depuis 26 ans. Le port de Jaffa passa sous le contrôle des Juifs, le commerce se développa et la prospérité s’accrut. La souveraine sacrificature héréditaire fut officiellement accordée à la famille des Asmonéens. Simon mourut tragiquement, assassiné par son gendre Ptolémée en 135 av. J.-C. (source BibleOnLine)