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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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Vision et catéchèse du 1er mars 1944 Accès direct aux rubriques |
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------------------------------ MOTS-CLÉS |
183> Autour de 17 h,
Jésus me dit : "Ce n’était pas mon intention de te
donner cette vision ce soir. Je me proposais de te faire vivre un autre
épisode des "évangiles de la foi". [1] Mais un désir m’a été
exprimé par quelqu’un qui mérite d’être satisfait. Je le fais donc. Malgré
tes douleurs, vois, observe et décris. À moi, offre tes souffrances et, à tes
frères, la description." J’écris donc en dépit de mes souffrances extrêmement
intenses : j’ai l’impression d’avoir la tête enserrée dans un étau qui
part de la nuque et conflue sur le front, pour descendre vers l’épine
dorsale; cela me fait terriblement mal, au point d’avoir pensé que j’étais en
train de commencer une méningite; puis je me suis évanouie. C’est encore très
douloureux en ce moment. Mais Jésus permet que je parvienne à écrire par
obéissance. Ensuite... ensuite advienne que pourra ! Je vous assure cependant que je vais de
surprise en surprise, car je me trouve tout d’abord devant des Africains, ou
tout au moins des Arabes, alors que j’avais toujours cru que ces saints
étaient européens. Je n'avais en effet pas la moindre idée de leur condition
sociale et physique, ainsi que de leur martyre. Je connaissais la vie et la
mort d’Agnès. [2] Mais d’eux ! C’est
comme si je lisais un récit inconnu. 184> Comme première
image, avant de m’évanouir, j’ai vu un amphithéâtre qui ressemblait plus ou
moins au Colisée (pas en ruines toutefois). [3] À ce moment-là, il
n’y avait encore personne. Seule une très belle jeune Maure se tient au
centre, en l’air. Elle rayonne d’une lumière béatifique qui se dégage de son
corps brun et des vêtements sombres qui la couvrent. Elle semble être l’ange
de cet endroit. Elle me regarde et sourit. Ensuite, je m’évanouis et je ne
vois plus rien.
Dans l’une de ces tanières, la jeune Maure
que j’ai vue dans l’amphithéâtre est assise sur une planche, qui sert en même
temps de lit, de siège et de table. Cette fois, il n’en émane pas de lumière,
seulement une grande paix. Elle porte sur son sein un bébé de quelques mois
qu’elle allaite. Elle le berce et le cajole avec amour. L’enfant joue avec sa
jeune mère et frotte son visage très olivâtre contre le sein brun de sa mère;
il le prend et s’en détache avec avidité, en faisant de soudaines risettes
pleines de lait. La jeune fille est très belle : un visage
régulier plutôt rond, de superbes grands yeux d’un noir velouté, une petite
bouche charnue, des dents très blanches et régulières, des cheveux noirs et
plutôt crépus mais maintenus par des tresses serrées qui encadrent son
visage. Son teint est d’un brun olivâtre, mais pas excessivement. On trouve aussi
cette couleur chez nous, notamment dans le sud de l’Italie, à peine plus
claire que celle-ci. Lorsqu’elle se lève pour endormir son bébé en parcourant
la cellule de long en large, je me rends compte qu’elle est grande. Elle a
des formes gracieuses, certes pas exagérément, mais enfin elle a un corps
bien modelé. Son port rempli de dignité lui donne l’air d’une reine. Elle
porte un vêtement simple, presque aussi sombre que sa peau, qui lui tombe en
légers plis sur le corps.
Le vieillard est à genoux, il baise l’ourlet
du vêtement de sa fille, il lui enlace les genoux, il essaie lui prendre la
main, qu’elle pose sur son cœur pour en réprimer le déchirement humain. Mais
rien ne la fait fléchir. "C’est en raison de l’amour que
j’éprouve pour toi et pour lui que je reste fidèle à mon Seigneur,
répond-elle. Aucune gloire terrestre n’accordera à tes cheveux blancs et à
cet innocent autant d’honneur que ma mort. Vous parviendrez à la foi. Que
diriez-vous alors si j’avais renoncé à ma foi à cause d’un moment de lâcheté
? Mon Dieu n’a pas besoin de mon sang ni de tes larmes pour triompher. Mais toi,
tu en as besoin pour parvenir à la Vie, et cet innocent pour y rester. En
échange de la vie que tu m’as donnée et de la joie qu’il m’a apportée, je
vous obtiens la Vie véritable, éternelle et bienheureuse. Non, mon Dieu
n’enseigne pas à manquer à l’amour envers parents et enfants. Mais il s’agit
de l’amour véritable. Maintenant, la douleur te fait délirer, père. Mais,
plus tard, la lumière se fera en toi et tu me béniras. Du ciel, je te
l’apporterai. Quant à cet innocent, ce n’est pas que je l’aime moins,
maintenant que je me suis fait vider de mon sang pour le nourrir. Si la
cruauté païenne n’était pas tournée contre nous, les chrétiens, j’aurais été
pour lui la plus aimante des mères et il aurait été le but de ma vie. Mais
Dieu est plus grand que la chair née de moi, et l’amour qui doit lui être
donné est infiniment plus grand. Même au nom de la maternité, je ne peux
faire passer l’amour pour lui après celui pour une créature. Non. Tu n’es pas
l’esclave de ta fille. Je suis toujours ta fille et je t’obéis en toutes
choses excepté en ceci : renoncer au vrai Dieu pour toi. Laisse s’accomplir
la volonté des hommes. Et, si tu m’aimes, suis-moi dans la foi. C’est là que
tu retrouveras ta fille, pour toujours, car la vraie foi ouvre l’accès au
paradis; or le saint Pasteur m’a déjà souhaité la bienvenue dans son
Royaume." À ce moment, la vision change : je vois
entrer d’autres personnages dans la cellule, trois hommes et une très jeune
femme. Ils s’embrassent et s’étreignent les uns les autres. Les geôliers
entrent eux aussi pour enlever son fils à Perpétue. Elle vacille comme si un
coup l’avait atteinte. Mais elle se reprend.
Perpétue prend le petit, qu’elle avait posé
sur la couche et qui dort, rassasié et content. Après lui avoir donné un
léger baiser pour ne pas l’éveiller, elle le tend à son père. Elle le bénit
également et lui trace une croix sur le front, et une autre sur les mains,
les pieds et la poitrine; ses doigts sont baignés des larmes qui lui coulent
des yeux. Elle fait tout cela si doucement que l’enfant sourit dans son
sommeil comme sous une caresse. Les condamnés sortent ensuite et, entourés de
soldats, ils sont conduits dans une cave obscure de l’amphithéâtre dans
t’attente du martyre. Les heures se passent à prier, à chanter des hymnes
sacrés et à s’exhorter mutuellement à l’héroïsme. Il me semble maintenant me trouver moi aussi
dans l’amphithéâtre que j’ai déjà vu. Il est rempli d’une foule à la peau
bronzée pour la plupart. Toutefois, il y a aussi bon nombre de Romains. Sur
les gradins, la foule gronde et s’agite. La lumière est intense malgré le
voile tendu du côté du soleil. Les six martyrs sont fait entrer dans
l’arène, en file. J’ai l’impression que des jeux cruels y ont déjà eu lieu,
car elle est tachée de sang. La foule siffle et insulte. Perpétue en tête,
ils entrent en chantant. Ils s’arrêtent au centre de l’arène et l’un des six
se tourne vers la foule. "Vous feriez mieux de faire preuve de
courage en nous suivant dans la foi et non en insultant des êtres sans
défense qui répondent à votre haine en priant pour vous et en vous aimant.
Les verges avec lesquelles vous nous avez fouettés, la prison, les tortures,
le fait d’avoir arraché leur enfant à deux mères, tout cela ne fait pas
changer notre cœur. Vous mentez, vous qui prétendez être civilisés mais
attendez qu’une femme accouche pour la tuer ensuite dans son corps et dans
son cœur en la séparant de son enfant. Vous êtes cruels, vous qui mentez pour
tuer, puisque vous savez parfaitement qu’aucun de nous ne vous cause de tort,
et encore moins les mères dont toutes les pensées sont tournées vers leur
enfant. Non, rien ne fait changer notre cœur, ni pour ce qui est de l’amour
de Dieu, ni pour ce qui est de l’amour du prochain. 188> C’est trois fois,
sept fois, cent fois que nous donnerions notre vie pour notre Dieu et pour
vous, afin que vous en veniez à l’aimer. C’est donc pour vous que nous
prions, tandis que le Ciel s’ouvre au-dessus de nous : Notre Père, qui es aux
cieux..." À genoux, les six martyrs prient. Une porte basse s’ouvre et les bêtes font
irruption; bien qu’elles paraissent être des bolides tant leur course est
rapide, il me semble qu’il s’agit de taureaux ou de buffles sauvages. Comme
une catapulte ornée de cornes pointues, ils attaquent le groupe sans défense.
Ils les soulèvent sur leurs cornes, les lancent en l’air comme des chiffons,
les jettent au sol, les piétinent. Ils s’enfuient de nouveau, comme fous de
lumière et de bruit, puis repartent à l’assaut. Perpétue, prise comme une brindille entre les
cornes d’un taureau, est projetée plusieurs mètres plus loin. Bien que
blessée, elle se relève et son premier souci est de remettre de l’ordre dans
ses vêtements arrachés sur son sein. Tout en les maintenant de sa main
droite, elle se traîne vers Félicité tombée sur le dos et à demi éventrée;
elle la couvre et la soutient, faisant d’elle-même un appui pour la blessée.
Les bêtes reviennent à l’attaque jusqu’à ce que les six martyrs, à
demi-morts, soient étendus sur le sol. Les bestiaires les font alors rentrer
et les gladiateurs achèvent l’ouvrage.
"Voilà le martyre de Perpétue, de sa
compagne Félicité et de ses compagnons. Elle était coupable d’être chrétienne.
Bien qu’elle soit encore catéchumène, comme son amour pour moi était
intrépide ! Au martyre de la chair elle a uni celui du cœur, tout comme
Félicité. Si elles ont été capables d’aimer leurs bourreaux, combien
n’ont-elles pas aimé leur enfant ! Elles étaient jeunes et heureuses, remplies
d’amour pour leur époux, leurs parents et leur enfant. Mais Dieu doit être
aimé plus que tout, et elles l’ont aimé de cette manière. On leur a arraché
les entrailles en les séparant de leur enfant, mais la foi ne meurt pas. 189> Elles croient en
l’autre vie, fermement. Elles savent qu’elle appartient à ceux qui auront été
fidèles et auront vécu selon la Loi de Dieu. L’amour est la loi dans la loi. L’amour pour
le Seigneur Dieu et pour le prochain. Quel plus grand amour existe-t-il que
de donner sa vie pour ceux qu’on aime, tout comme le Sauveur l’a fait pour
l’humanité qu’il aimait ? Elles ont sacrifié leur vie pour m’aimer et pour en
amener d’autres a m aimer et, par conséquent, à avoir la Vie éternelle. Elles
veulent que leurs enfants, leurs parents, leur époux, leurs frères et sœurs
ainsi que tous ceux qu’elles aiment d’un amour de parenté ou spirituellement — parmi lesquels leurs
bourreaux, puisque j’ai dit : "Aimez ceux qui vous persécutent" [7] —, que tous aient la
Vie dans mon Royaume. Et, pour les y conduire, elles tracent de leur sang un
signe qui va de la terre au ciel, qui resplendit, qui appelle. Souffrir ? Mourir ? Qu’est-ce donc ? C’est un
instant fugitif, alors que la vie éternelle demeure. Ce moment de souffrance
n’est rien en regard de l’avenir de joie qui les attend. Les bêtes ? Les
épées ? Qu’est-ce ? Bénies soient-elles puisqu’elles donnent la Vie ! Leur unique préoccupation est de garder leur pudeur,
car ceux qui sont saints le sont en toutes choses. A cet instant, elles n’ont
cure de leurs blessures mais se soucient de leurs vêtements en désordre. Car,
si elles ne sont pas vierges, elles sont toujours pudiques. Le vrai
christianisme procure toujours la virginité d’esprit. Il garde cette belle
pureté, même là où le mariage et les enfants ont enlevé ce sceau qui, de
vierges, fait des anges. |
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Le corps humain lavé par le baptême est le
temple de l’Esprit de Dieu. Il ne doit donc pas être violé par des modes
inconvenantes ou des vêtements impudiques. De la femme, notamment de celle
qui ne se respecte pas elle-même, rien ne peut provenir d’autre qu’une
descendance dévergondée et une société corrompue dont Dieu se retire et dans
laquelle Satan laboure et sème ses tourments qui vous portent au
désespoir." |
[1] Voir le passage correspondant du 28 février.
[2] Visions des 13 et 20 janvier.
[3] L'amphithéâtre de Carthage (Tunis), construit au
Ier siècle et agrandi au IIIème siècle, pouvait contenir 30.000 personnes. Ses
arches étaient impressionnantes.
[4] Prison de Tebourba (Thuburbo Minus) en Tunisie
[5] 29 février 1944 : Visions des premiers martyrs
à la prison mamertine (Tullianum). L’apôtre Paul bénit Castulus, un petit
martyr qui enseigne que la force se trouve dans l’eucharistie. "Le sol du
monde chrétien est en train de redevenir païen."
[6] Félicité
[7] Matthieu 5,43-44 - Luc 6,27