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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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Les Textes Fondamentaux |
Catéchisme
de l’Église catholique |
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Chapitre troisième : Je crois en l’Esprit Saint 683 Le Baptême nous accorde la grâce de la nouvelle naissance en
Dieu le Père par le moyen de son Fils dans l’Esprit Saint. Car ceux qui
portent l’Esprit de Dieu sont conduits au Verbe, c’est-à-dire au Fils ;
mais le Fils les présente au Père, et le Père leur procure
l’incorruptibilité. Donc, sans l’Esprit, il n’est pas possible de voir le
Fils de Dieu, et, sans le Fils, personne ne peut approcher du Père, car la
connaissance du Père, c’est le Fils, et la connaissance du Fils de Dieu se
fait par l’Esprit Saint (Saint Irénée, dem. 7). 684 L’Esprit
Saint par sa grâce, est premier dans l’éveil de notre foi et dans la vie
nouvelle qui est de " connaître le Père et celui qu’il a envoyé,
Jésus-Christ " (Jean 17, 3). Cependant il est dernier dans la
révélation des Personnes de la Trinité Sainte. Saint Grégoire de Nazianze, " le Théologien ", explique
cette progression par la pédagogie de la
" condescendance " divine : L’Ancien Testament proclamait manifestement le Père, le Fils
plus obscurément. Le Nouveau a manifesté le Fils, a fait entrevoir la
divinité de l’Esprit. Maintenant l’Esprit a droit de cité parmi nous et nous
accorde une vision plus claire de lui-même. En effet il n’était pas prudent,
quand on ne confessait pas encore la divinité du Père, de proclamer
ouvertement le Fils et, quand la divinité du Fils n’était pas encore admise,
d’ajouter l’Esprit Saint comme un fardeau supplémentaire, pour employer une
expression un peu hardie... C’est par des avances et des progressions
" de gloire en gloire " que la lumière de la Trinité
éclatera en plus brillantes clartés (Saint Grégoire de Naz.,
or. theol. 5, 26 : PG 36, 161C). 685 Croire
en l’Esprit Saint c’est donc professer que l’Esprit Saint est l’une des
Personnes de la Trinité Sainte, consubstantielle au Père et au Fils,
" adoré et glorifié avec le Père et le Fils " (Symbole de
Nicée-Constantinople). C’est pourquoi il a été question du mystère divin de
l’Esprit Saint dans la " théologie " trinitaire. Ici il
ne s’agira donc de l’Esprit Saint que dans " l’économie "
divine. 686 Article 8 - " Je crois en
l’Esprit Saint " 687 688 – dans les Écritures qu’Il a inspirées ; – dans la Tradition, dont les Pères de l’Église sont les témoins
toujours actuels ; – dans le Magistère de l’Église qu’Il assiste ; – dans la liturgie sacramentelle, à travers ses paroles et ses
symboles, où l’Esprit Saint nous met en communion avec le Christ ; – dans la prière dans laquelle Il intercède pour nous ; – dans les charismes et les ministères par lesquels l’Église
est édifiée ; – dans les signes de vie apostolique et missionnaire ; – dans
le témoignage des saints où Il manifeste sa sainteté et continue l’œuvre du
salut. I. La mission conjointe du Fils et de
l’Esprit 689 690 La notion de l’onction suggère (...) qu’il n’y a aucune
distance entre le Fils et l’Esprit. En effet de même qu’entre la surface du
corps et l’onction de l’huile ni la raison ni la sensation ne connaissent
aucun intermédiaire, ainsi est immédiat le contact du Fils avec l’Esprit, si
bien que pour celui qui va prendre contact avec le Fils par la foi, il est
nécessaire de rencontrer d’abord l’huile par le contact. En effet il n’y a
aucune partie qui soit nue de l’Esprit Saint. C’est pourquoi la confession de
la Seigneurie du Fils se fait dans l’Esprit Saint pour ceux qui la reçoivent,
l’Esprit venant de toutes parts au devant de ceux qui s’approchent par la foi
(Saint Grégoire de Nysse, Spir.
3, 1 : PG 45, 1321A-B). II. Le nom, les appellations et les
symboles de l’Esprit Saint Le nom propre de l’Esprit Saint 691 Le terme " Esprit " traduit le terme hébreu
Ruah qui, dans son sens premier, signifie
souffle, air, vent. Jésus utilise justement l’image sensible du vent pour
suggérer à Nicodème la nouveauté transcendante de Celui qui est personnellement
le Souffle de Dieu, l’Esprit divin (Jean 3, 5-8). D’autre part, Esprit et
Saint sont des attributs divins communs aux Trois Personnes divines. Mais en
joignant les deux termes, l’Écriture, la liturgie et le langage théologique
désignent la Personne ineffable de l’Esprit Saint, sans équivoque possible
avec les autres emplois des termes " esprit " et
" saint ". Les appellations de l’Esprit Saint 692 Jésus,
lorsqu’il annonce et promet la venue de l’Esprit Saint, le nomme le
" Paraclet ", littéralement : " celui qui
est appelé auprès ", ad-vocatus
(Jean 14, 16. 26 ; 15, 26 ; 16, 7).
" Paraclet " est traduit habituellement par
" Consolateur ", Jésus étant le premier consolateur (cf.
1 Jean 2, 1). Le Seigneur lui-même appelle l’Esprit Saint " l’Esprit
de Vérité " (Jean 16, 13). 693 Outre
son nom propre, qui est le plus employé dans les Actes des apôtres et les
Épîtres, on trouve chez Saint Paul les appellations : l’Esprit de la
promesse (Galates 3, 14 ; Ep 1, 13), l’Esprit
d’adoption (Romains 8, 15 ; Ga 4, 6), l’Esprit du Christ (Romains 8,
11), l’Esprit du Seigneur (2 Co 3, 17), l’Esprit de Dieu (Romains 8, 9.
14 ; 15, 19 ; 1Corinthiens 6, 11 ; 7, 40), et chez Saint
Pierre, l’Esprit de gloire (1 P 4, 14). Les symboles de l’Esprit Saint 694 L’eau. Le
symbolisme de l’eau est significatif de l’action de l’Esprit Saint dans le
Baptême, puisque, après l’invocation de l’Esprit Saint, elle devient le signe
sacramentel efficace de la nouvelle naissance : de même que la gestation
de notre première naissance s’est opérée dans l’eau, de même l’eau baptismale
signifie réellement que notre naissance à la vie divine nous est donnée dans
l’Esprit Saint. Mais " baptisés dans un seul Esprit ",
nous sommes aussi " abreuvés d’un seul Esprit " (1Corinthiens
12, 13) : l’Esprit est donc aussi personnellement l’Eau vive qui jaillit
du Christ crucifié (cf. Jean 19, 34 ; 1 Jean 5, 8) comme de sa source et
qui en nous jaillit en Vie éternelle (cf. Jean 4, 10-14 ; 7, 38 ;
Ex 17, 1-6 ; Is 55, 1 ; Za 14, 8 ; 1Corinthiens
10, 4 ; Ap 21, 6 ; 22, 17). 695 696 Le feu.
Alors que l’eau signifiait la naissance et la fécondité de la Vie donnée dans
l’Esprit Saint, le feu symbolise l’énergie transformante
des actes de l’Esprit Saint. Le prophète Elie, qui " se leva comme
un feu et dont la parole brûlait comme une torche " (Si 48, 1), par
sa prière attire le feu du ciel sur le sacrifice du mont Carmel (cf. 1 R 18,
38-39), figure du feu de l’Esprit Saint qui transforme ce qu’il touche.
Jean-Baptiste, " qui marche devant le Seigneur avec ‘l’esprit’ et
la puissance d’Elie " (Luc 1, 17) annonce le Christ comme celui qui
" baptisera dans l’Esprit Saint et le feu " (Luc 3, 16),
cet Esprit dont Jésus dira : " Je suis venu jeter un feu sur
la terre et combien je voudrais qu’il fût déjà allumé " (Luc 12,
49). C’est sous la forme de langues " qu’on eût dites de
feu " que l’Esprit Saint se pose sur les disciples au matin de la Pentecôte
et les remplit de lui (Actes 2, 3-4). La tradition spirituelle retiendra ce
symbolisme du feu comme l’un des plus expressifs de l’action de l’Esprit
Saint (cf. Saint Jean de la Croix, llama).
" N’éteignez pas l’Esprit " (1 Th 5, 19). 697 La nuée et la lumière. Ces deux symboles sont inséparables dans
les manifestations de l’Esprit Saint. Dès les théophanies de l’Ancien
Testament, la Nuée, tantôt obscure, tantôt lumineuse, révèle le Dieu vivant
et sauveur, en voilant la transcendance de sa Gloire : avec Moïse sur la
montagne du Sinaï (cf. Ex 24, 15-18), à la Tente de Réunion (cf. Ex 33, 9-10)
et durant la marche au désert (cf. Ex 40, 36-38 ; 1Corinthiens 10,
1-2) ; avec Salomon lors de la dédicace du Temple (cf. 1 R 8, 10-12). Or
ces figures sont accomplies par le Christ dans l’Esprit Saint. C’est Celui-ci
qui vient sur la Vierge Marie et la prend " sous son
ombre " pour qu’elle conçoive et enfante Jésus (Luc 1, 35). Sur la
montagne de la Transfiguration, c’est lui qui " survient dans la
nuée qui prend sous son ombre " Jésus, Moïse et Elie, Pierre,
Jacques et Jean, et " de la nuée sort une voix qui dit :
‘Celui-ci est mon Fils, mon Élu, écoutez-le’ " (Luc 9, 34-35).
C’est enfin la même Nuée qui " dérobe Jésus aux yeux "
des disciples le jour de l’Ascension (Actes 1, 9) et qui le révélera Fils de
l’homme dans sa Gloire au Jour de son Avènement (cf. Luc 21, 27). 698 Le sceau est un symbole proche de celui de l’Onction. C’est en effet le
Christ que " Dieu a marqué de son sceau " (Jean 6, 27) et
c’est en lui que le Père nous marque aussi de son sceau (2 Co 1, 22 ; Ep 1, 13 ; 4, 30). Parce qu’elle indique l’effet
indélébile de l’Onction de l’Esprit Saint dans les sacrements du Baptême, de
la Confirmation et de l’Ordre, l’image du sceau (sphragis)
a été utilisée dans certaines traditions théologiques pour exprimer le
" caractère " ineffaçable imprimé par ces trois
sacrements qui ne peuvent être réitérés. 699 La main . C’est en imposant les mains que Jésus guérit les malades (cf.
Mc 6, 5 ; 8, 23) et bénit les petits enfants (cf. Mc 10, 16). En son
nom, les apôtres feront de même (cf. Mc 16, 18 ; Ac
5, 12 ; 14, 3). Mieux encore, c’est par l’imposition des mains des
apôtres que l’Esprit Saint est donné (cf. Ac 8,
17-19 ; 13, 3 ; 19, 6). L’Épître aux Hébreux met l’imposition des
mains au nombre des " articles fondamentaux " de son
enseignement (cf. He 6, 2). Ce signe de l’effusion toute-puissante de
l’Esprit Saint, l’Église l’a gardé dans ses épiclèses sacramentelles. 700 Le doigt. " C’est par le doigt de Dieu que [Jésus] expulse les
démons " (Luc 11, 20). Si la Loi de Dieu a été écrite sur des
tables de pierre " par le doigt de Dieu " (Ex 31, 18),
" la lettre du Christ ", remise aux soins des apôtres,
" est écrite avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de
pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs " (2 Co 3, 3).
L’hymne " Veni, Creator
Spiritus " invoque l’Esprit Saint comme
" le doigt de la droite du Père " (In Dominica Pentecostes, Hymnus ad I et II Vesperas). 701 La colombe. A la fin du déluge (dont le symbolisme concerne le Baptême), la
colombe lâchée par Noé revient, un rameau tout frais d’olivier dans le bec,
signe que la terre est de nouveau habitable (cf. Gn
8, 8-12). Quand le Christ remonte de l’eau de son baptême, l’Esprit Saint,
sous forme d’une colombe, descend sur lui et y demeure (cf. Mt 3, 16 par.).
L’Esprit descend et repose dans le cœur purifié des baptisés. Dans certaines
églises, la sainte Réserve eucharistique est conservée dans un réceptacle
métallique en forme de colombe (le columbarium) suspendu au-dessus de
l’autel. Le symbole de la colombe pour suggérer l’Esprit Saint est
traditionnel dans l’iconographie chrétienne. III. L’Esprit et la Parole de Dieu dans
le temps des promesses 702 Par " prophètes ", la foi de l’Église
entend ici tous ceux que l’Esprit Saint a inspirés dans la vivante annonce et
dans la rédaction des livres saints, tant de l’Ancien que du Nouveau
Testament. La tradition juive distingue la Loi (les cinq premiers livres ou
Pentateuque), les Prophètes (nos livres dits historiques et prophétiques) et
les Écrits (surtout sapientiels, en particulier les Psaumes) (cf. Luc 24,
44). Dans la création 703 La
Parole de Dieu et son Souffle sont à l’origine de l’être et de la vie de
toute créature (cf. Ps 33, 6 ; 104, 30 ; Gn
1, 2 ; 2, 7 ; Qo 3, 20-21 ; Ez 37, 10) : Au Saint-Esprit il convient de régner, de sanctifier et
d’animer la création, car il est Dieu consubstantiel au Père et au Fils
(...). A Lui revient le pouvoir sur la vie, car étant Dieu il garde la
création dans le Père par le Fils (Liturgie byzantine, Tropaire
des matines des dimanches du second mode). 704 " Quant
à l’homme, c’est de ses propres mains [c’est-à-dire le Fils et l’Esprit
Saint] que Dieu le façonna (...) et Il dessina sur la chair façonnée sa
propre forme, de façon que même ce qui serait visible portât la forme
divine " (Saint Irénée, dem. 11). L’Esprit de la promesse 705 Défiguré
par le péché et par la mort, l’homme demeure " à l’image de
Dieu ", à l’image du Fils, mais il est " privé de la
Gloire de Dieu " (Romains 3, 23), privé de la
" ressemblance ". La promesse faite à Abraham inaugure
l’économie du salut au terme de laquelle le Fils lui-même assumera
" l’image " (cf. Jean 1, 14 ; Ph 2, 7) et la
restaurera dans " la ressemblance " avec le Père en lui
redonnant la Gloire, l’Esprit " qui donne la Vie ". 706 Contre
toute espérance humaine, Dieu promet à Abraham une descendance, comme fruit
de la foi et de la puissance de l’Esprit Saint (cf. Gn
18, 1-15 ;Luc 1, 26-38. 54-55 ; Jean 1, 12-13 ; Rm 4, 16-21). En elle seront bénies toutes les nations de
la terre (cf. Gn 12, 3). Cette descendance sera le
Christ (cf. Ga 3, 16) en qui l’effusion de l’Esprit Saint fera
" l’unité des enfants de Dieu dispersés " (cf. Jean 11,
52). En s’engageant par serment (cf. Luc 1, 73), Dieu s’engage déjà au don de
son Fils Bien-aimé (cf. Gn 22, 17-19 ; Rm 8, 32 ; Jean 3, 16) et au don de
" l’Esprit de la Promesse (...) qui (...) prépare la rédemption du
Peuple que Dieu s’est acquis " (Ep 1,
13-14 ; cf. Ga 3, 14). Dans les Théophanies et la Loi 707 Les
Théophanies (manifestations de Dieu) illuminent le chemin de la promesse, des
patriarches à Moïse et de Josué jusqu’aux visions qui inaugurent la mission
des grands prophètes. La tradition chrétienne a toujours reconnu que dans ces
Théophanies le Verbe de Dieu se laissait voir et entendre, à la fois révélé
et " ombré " dans la Nuée de l’Esprit Saint. 708 Cette
pédagogie de Dieu apparaît spécialement dans le don de la Loi (cf. Ex
19-20 ; Dt 1-11 ; 29-30). La Loi a été
donnée comme un " pédagogue " pour conduire le Peuple
vers le Christ (Galates 3, 24). Mais son impuissance à sauver l’homme privé
de la " ressemblance " divine et la connaissance accrue
qu’elle donne du péché (cf. Rm 3, 20) suscitent le
désir de l’Esprit Saint. Les gémissements des Psaumes en témoignent. Dans le Royaume et l’Exil 709 La
Loi, signe de la promesse et de l’alliance, aurait dû régir le cœur et les
institutions du Peuple issu de la foi d’Abraham. " Si vous écoutez
ma voix et gardez mon alliance, je vous tiendrai pour un royaume de prêtres,
pour une nation sainte " (Ex 19, 5-6 ; cf. 1 P 2, 9). Mais,
après David, Israël succombe à la tentation de devenir un royaume comme les
autres nations. Or le Royaume, objet de la promesse faite à David (cf. 2 S
7 ; Ps 89 ;Luc 1, 32-33) sera l’œuvre de l’Esprit Saint ; il
appartiendra aux pauvres selon l’Esprit. 710 L’oubli
de la Loi et l’infidélité à l’alliance aboutissent à la mort : c’est
l’Exil, apparemment échec des promesses, en fait fidélité mystérieuse du Dieu
sauveur et début d’une restauration promise, mais selon l’Esprit. Il fallait
que le Peuple de Dieu souffrît cette purification (cf. Luc 24, 26) ;
l’Exil porte déjà l’ombre de la Croix dans le dessein de Dieu, et le Reste
des pauvres qui en revient est l’une des figures les plus transparentes de
l’Église. L’attente du Messie et de son Esprit 711 " Voici
que je vais faire du nouveau " (Is 43, 19) : Deux lignes
prophétiques vont se dessiner, portant l’une sur l’attente du Messie, l’autre
sur l’annonce d’un Esprit nouveau, et elles convergent dans le petit Reste,
le peuple des Pauvres (cf. So 2, 3), qui attend dans l’espérance la
" consolation d’Israël " et " la délivrance de
Jérusalem " (cf. Luc 2, 25. 38). On a vu plus haut comment Jésus accomplit les prophéties qui le
concernent. On se limite ici à celles où apparaît davantage la relation du
Messie et de son Esprit. 712 Les
traits du visage du Messie attendu commencent à apparaître dans le
Livre de l’Emmanuel (cf. Is 6-12) (" quand Isaïe eut la vision de
la Gloire " du Christ : Jean 12, 41), en particulier en Is 11,
1-2 :
713 Les
traits du Messie sont révélés surtout dans les chants du Serviteur (cf. Is
42, 1-9 ; cf. Mt 12, 18-21 ; Jean 1, 32-34, puis Is 49, 16 ;
cf. Mt 3, 17 ;Luc 2, 32, enfin Is 50, 4-10 et 52, 13 – 53, 12). Ces
chants annoncent le sens de la passion de Jésus, et indiquent ainsi la
manière dont Il répandra l’Esprit Saint pour vivifier la multitude : non
pas de l’extérieur, mais en épousant notre " condition
d’esclave " (Ph 2, 7). Prenant sur lui notre mort, il peut nous
communiquer son propre Esprit de vie. 714 C’est
pourquoi le Christ inaugure l’annonce de la bonne Nouvelle en faisant sien ce
passage d’Isaïe (Luc 4, 18-19 ; cf. Is 61, 1-2) :
715 Les
textes prophétiques concernant directement l’envoi de l’Esprit Saint sont des
oracles où Dieu parle au cœur de son Peuple dans le langage de la promesse,
avec les accents de " l’amour et de la fidélité " (cf. Ez 11, 19 ; 36, 25-28 ; 37, 1-14 ; Jr 31,
31-34 ; et Jl 3, 1-5) dont Saint Pierre
proclamera l’accomplissement le matin de la Pentecôte (cf. Ac 2, 17-21). Selon ces promesses, dans les
" derniers temps ", l’Esprit du Seigneur renouvellera le
cœur des hommes en gravant en eux une Loi nouvelle ; il rassemblera et
réconciliera les peuples dispersés et divisés ; il transformera la
création première et Dieu y habitera avec les hommes dans la paix. 716 Le
Peuple des " pauvres " (cf. So 2, 3 ; Ps 22,
27 ; 34, 3 ; Is 49, 13 ; 61, 1 ; etc.), les humbles et
les doux, tout abandonnés aux desseins mystérieux de leur Dieu, ceux qui
attendent la justice, non des hommes mais du Messie, est finalement la grande
œuvre de la mission cachée de l’Esprit Saint durant le temps des promesses
pour préparer la venue du Christ. C’est leur qualité de cœur, purifié et
éclairé par l’Esprit, qui s’exprime dans les Psaumes. En ces pauvres,
l’Esprit prépare au Seigneur " un peuple bien disposé "
(cf. Luc 1, 17). IV. L’Esprit du Christ dans la
plénitude du temps Jean, Précurseur, Prophète et Baptiste 717 718 Jean
est " Elie qui doit venir " (Matthieu 17, 10-13) :
Le Feu de l’Esprit l’habite et le fait " courir devant "
[en " précurseur "] le Seigneur qui vient. En Jean le
Précurseur, l’Esprit Saint achève de " préparer au Seigneur un
peuple bien disposé " (Luc 1, 17). 719 720 Enfin,
avec Jean le Baptiste, l’Esprit Saint inaugure, en le préfigurant, ce qu’il
réalisera avec et dans le Christ : redonner à l’homme " la
ressemblance " divine. Le baptême de Jean était pour le repentir,
celui dans l’eau et dans l’Esprit sera une nouvelle naissance (cf. Jean 3,
5). " Réjouis-toi, comblée de grâce " 721 Marie,
la Toute Sainte Mère de Dieu, toujours Vierge est le chef-d’œuvre de la
mission du Fils et de l’Esprit dans la plénitude du temps. Pour la première
fois dans le dessein du salut et parce que son Esprit l’a préparée, le Père
trouve la Demeure où son Fils et son Esprit peuvent habiter parmi les
hommes. C’est en ce sens que la Tradition de l’Église a souvent lu en
relation à Marie les plus beaux textes sur la Sagesse (cf. Pr 8, 1 – 9,
6 ; Si 24) : Marie est chantée et représentée dans la liturgie
comme le " Trône de la Sagesse ". En elle commencent à se manifester les " merveilles
de Dieu ", que l’Esprit va accomplir dans le Christ et dans
l’Église : 722 723 En
Marie, l’Esprit Saint réalise le dessein bienveillant du Père. C’est par
l’Esprit Saint que la Vierge conçoit et enfante le Fils de Dieu. Sa virginité
devient fécondité unique par la puissance de l’Esprit et de la foi (cf. Luc
1, 26-38 ; Rm 4, 18-21 ; Ga 4, 26-28). 724 En
Marie, l’Esprit Saint manifeste le Fils du Père devenu Fils de la
Vierge. Elle est le Buisson ardent de la Théophanie définitive : comblée
de l’Esprit Saint, elle montre le Verbe dans l’humilité de sa chair et c’est
aux Pauvres (cf. Luc 1, 15-19) et aux prémices des nations (cf. Mt 2, 11)
qu’elle Le fait connaître. 725 Enfin,
par Marie, l’Esprit Saint commence à mettre en communion avec le
Christ les hommes " objets de l’amour bienveillant de
Dieu " (cf. Luc 2, 14), et les humbles sont toujours les premiers à
le recevoir : les bergers, les mages, Siméon et Anne, les époux de Cana
et les premiers disciples. 726 Au
terme de cette mission de l’Esprit, Marie devient la
" Femme ", nouvelle Eve " mère des
vivants ", Mère du " Christ total " (cf. Jean
19, 25-27). C’est comme telle qu’elle est présente avec les Douze,
" d’un même cœur, assidus à la prière " (Actes 1, 14), à
l’aube des " derniers temps " que l’Esprit va inaugurer
le matin de la Pentecôte avec la manifestation de l’Église. 727 Tout le deuxième chapitre du Symbole de la foi est à lire à
cette lumière. Toute l’œuvre du Christ est mission conjointe du Fils et de
l’Esprit Saint. Ici, on mentionnera seulement ce qui concerne la promesse de
l’Esprit Saint par Jésus et son don par le Seigneur glorifié. 728 729 C’est
seulement quand l’Heure est venue où Il va être glorifié que Jésus promet
la venue de l’Esprit Saint, puisque sa Mort et sa Résurrection seront
l’accomplissement de la promesse faite aux Pères (cf. Jean 14, 16-17.
26 ; 15, 26 ; 16, 7-15 ; 17, 26) : l’Esprit de Vérité,
l’autre Paraclet, sera donné par le Père à la prière de Jésus ; il sera
envoyé par le Père au nom de Jésus ; Jésus l’enverra d’auprès du Père
car il est issu du Père. L’Esprit Saint viendra, nous le connaîtrons, Il sera
avec nous à jamais, Il demeurera avec nous ; Il nous enseignera tout et
nous rappellera tout ce que le Christ nous a dit et lui rendra
témoignage ; Il nous conduira vers la vérité tout entière et glorifiera
le Christ. Quant au monde, Il le confondra en matière de péché, de justice et
de jugement. 730 Enfin
vient l’Heure de Jésus (cf. Jean 13, 1 ; 17, 1) : Jésus remet son
esprit entre les mains du Père (cf. Luc 23, 46 ; Jean 19, 30) au moment
où par sa Mort il est vainqueur de la mort, de sorte que,
" ressuscité des morts par la Gloire du Père " (Romains
6, 4), il donne aussitôt l’Esprit Saint en
" soufflant " sur ses disciples (cf. Jean 20, 22). A
partir de cette Heure, la mission du Christ et de l’Esprit devient la mission
de l’Église : " Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous
envoie " (Jean 20, 21 ; cf. Mt 28, 19 ;Luc 24,
47-48 ; Ac 1, 8). V. L’Esprit et l’Église dans les
derniers temps La Pentecôte 731 732 En
ce jour est pleinement révélée la Trinité Sainte. Depuis ce jour, le Royaume annoncé
par le Christ est ouvert à ceux qui croient en Lui : dans l’humilité de
la chair et dans la foi, ils participent déjà à la communion de la Trinité
Sainte. Par sa venue, et elle ne cesse pas, l’Esprit Saint fait entrer le
monde dans les " derniers temps ", le temps de l’Église,
le Royaume déjà hérité, mais pas encore consommé : Nous avons vu la vraie Lumière, nous avons reçu l’Esprit
céleste, nous avons trouvé la vraie foi : nous adorons la Trinité
indivisible car c’est elle qui nous a sauvés (Liturgie byzantine, Tropaire des vêpres de Pentecôte ; il est repris
dans les liturgies eucharistiques après la communion). L’Esprit Saint – le Don de Dieu 733 " Dieu
est Amour " (1 Jean 4, 8. 16) et l’Amour est le premier don, il
contient tous les autres. Cet amour, " Dieu l’a répandu dans nos
cœurs par l’Esprit qui nous fut donné " (Romains 5, 5). 734 Parce
que nous sommes morts, ou, au moins, blessés par le péché, le premier effet
du don de l’Amour est la rémission de nos péchés. C’est la communion de
l’Esprit Saint (2 Co 13, 13) qui, dans l’Église, redonne aux baptisés la
ressemblance divine perdue par le péché. 735 Il
donne alors les " arrhes " ou les
" prémices " de notre Héritage (cf. Rm
8, 23 ; 2 Co 1, 21) : la Vie même de la Trinité Sainte qui est
d’aimer " comme il nous a aimés " (cf. 1 Jean 4, 11-12).
Cet amour (la charité de 1Corinthiens 13) est le principe de la vie nouvelle
dans le Christ, rendue possible puisque nous avons " reçu une
force, celle de l’Esprit Saint " (Actes 1, 8). 736 Par communion avec lui, l’Esprit Saint rend spirituels,
rétablit au Paradis, ramène au Royaume des cieux et à l’adoption filiale,
donne la confiance d’appeler Dieu Père et de participer à la grâce du Christ,
d’être appelé enfant de lumière et d’avoir part à la gloire éternelle (Saint
Basile, Spir. 15, 36 : PG 32, 132). L’Esprit Saint et l’Église 737 La
mission du Christ et de l’Esprit Saint s’accomplit dans l’Église, Corps du
Christ et Temple de l’Esprit Saint. Cette mission conjointe associe désormais
les fidèles du Christ à sa communion avec le Père dans l’Esprit Saint :
L’Esprit prépare les hommes, les prévient par sa grâce, pour les
attirer vers le Christ. Il leur manifeste le Seigneur ressuscité, Il
leur rappelle sa parole et leur ouvre l’esprit à l’intelligence de sa Mort et
de sa Résurrection. Il leur rend présent le mystère du Christ,
éminemment dans l’Eucharistie, afin de les réconcilier, de les mettre en
communion avec Dieu, afin de leur faire porter " beaucoup de
fruit " (Jean 15, 5. 8. 16). 738 Ainsi
la mission de l’Église ne s’ajoute pas à celle du Christ et de l’Esprit Saint,
mais elle en est le sacrement : par tout sont être et dans tous ses
membres elle est envoyée pour annoncer et témoigner, actualiser et répandre
le mystère de la communion de la Sainte Trinité (ce sera l’objet du prochain
article) : Nous tous qui avons reçu l’unique et même esprit, à savoir,
l’Esprit Saint, nous nous sommes fondus entre nous et avec Dieu. Car bien que
nous soyons nombreux séparément et que le Christ fasse que l’Esprit du Père
et le sien habite en chacun de nous, cet Esprit unique et indivisible ramène
par lui-même à l’unité ceux qui sont distincts entre eux (...) et fait que
tous apparaissent comme une seule chose en lui-même. Et de même que la
puissance de la sainte humanité du Christ fait que tous ceux-là en qui elle
se trouve forment un seul corps, je pense que de la même manière l’Esprit de
Dieu qui habite en tous, unique et indivisible, les ramène tous à l’unité
spirituelle (Saint Cyrille d’Alexandrie, Jo. 12 : PG 74, 560-561). 739 Parce
que l’Esprit Saint est l’Onction du Christ, c’est le Christ, la Tête du
Corps, qui le répand dans ses membres pour les nourrir, les guérir, les
organiser dans leurs fonctions mutuelles, les vivifier, les envoyer
témoigner, les associer à son offrande au Père et à son intercession pour le
monde entier. C’est par les sacrements de l’Église que le Christ communique
aux membres de son Corps son Esprit Saint et Sanctificateur (ce sera l’objet
de la deuxième partie du Catéchisme). 740 Ces
" merveilles de Dieu ", offertes aux croyants dans les
sacrements de l’Église, portent leurs fruits dans la vie nouvelle, dans le
Christ, selon l’Esprit (ce sera l’objet de la troisième partie du
Catéchisme). 741 " L’Esprit
vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons que demander pour
prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des
gémissements ineffables " (Romains 8, 26). L’Esprit Saint, artisan
des œuvres de Dieu, est le Maître de la prière (ce sera l’objet de la
quatrième partie du Catéchisme).
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