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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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Les Textes Fondamentaux |
Catéchisme
de l’Église catholique |
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Chapitre deuxième - Les Sacrements de guérison 1420 1421 Le Seigneur Jésus-Christ, médecin de nos âmes et de nos corps, Lui qui a remis les péchés au paralytique et lui a rendu la santé du corps (cf. Marc 2, 1-12), a voulu que son Église continue, dans la force de l’Esprit Saint, son œuvre de guérison et de salut, même auprès de ses propres membres. C’est le but des deux sacrements de guérison : du sacrement de Pénitence et de l’Onction des malades. Article 4 - Le sacrement de Pénitence et de Réconciliation 1422 I. Comment est appelé ce sacrement ? 1423 Il est appelé sacrement de Pénitence puisqu’il consacre une démarche personnelle et ecclésiale de conversion, de repentir et de satisfaction du chrétien pécheur. 1424 Il est appelé sacrement du pardon puisque par l’absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent " le pardon et la paix " (OP formule de l’absolution). Il est appelé sacrement de Réconciliation car il donne au pécheur l’amour de Dieu qui réconcilie : " Laissez-vous réconcilier avec Dieu " (2 Co 5, 20). Celui qui vit de l’amour miséricordieux de Dieu est prêt à répondre à l’appel du Seigneur : " Va d’abord te réconcilier avec ton frère " (Mt 5, 24). II. Pourquoi un sacrement de la réconciliation après le Baptême ? 1425 1426 La conversion au Christ, la nouvelle naissance du Baptême, le don de l’Esprit Saint, le Corps et le Sang du Christ reçus en nourriture, nous ont rendu " saints et immaculés devant lui " (Éphésiens 1, 4), comme l’Église elle-même, épouse du Christ, est " sainte et immaculée devant lui " (Éphésiens 5, 27). Cependant, la vie nouvelle reçue dans l’initiation chrétienne n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché que la tradition appelle la concupiscence, qui demeure dans les baptisés pour qu’ils fassent leurs preuves dans le combat de la vie chrétienne aidés par la grâce du Christ (cf. Denzinger-Schönmetzer 1515). Ce combat est celui de la conversion en vue de la sainteté et de la vie éternelle à laquelle le Seigneur ne cesse de nous appeler (cf. Denzinger-Schönmetzer 1545 ; Lumen gentium 40). III. La conversion des baptisés 1427
1428 Or,
l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des
chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour
toute l’Église qui " enferme des pécheurs dans son propre
sein " et qui " est donc à la fois sainte et appelée à se
purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de
renouvellement " (Lumen gentium 8). Cet effort de conversion n’est
pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du " cœur
contrit " (Psaume 51,19) attiré et mû par la grâce (cf. Jean 6,
44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a
aimés le premier (cf. 1 Jean 4, 10). 1429 Saint Ambroise dit des deux conversions que, dans l’Église,
" il y a l’eau et les larmes : l’eau du Baptême et les larmes
de la Pénitence " (ep. 41, 12 : PL 16, 1116B). 1430
1431 1432 Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ et comprenons
combien il est précieux à son Père car, répandu pour notre salut, il a ménagé
au monde entier la grâce du repentir (Saint Clément de Rome, Cor. 7,4). 1433 Depuis
Pâques, c’est l’Esprit Saint qui " confond " le monde en
matière de péché " (Jean 16, 8-9), à savoir que le monde n’a pas
cru en Celui que le Père a envoyé. Mais ce même Esprit, qui dévoile le péché,
est le Consolateur (cf. Jean 15, 26) qui donne au cœur de l’homme la grâce du
repentir et de la conversion (cf. Actes 2, 36-38 ; cf. Jean-Paul II, DeV
27-48). V. Les multiples formes de la pénitence dans la vie chrétienne 1434 1435
La conversion se
réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le
souci des pauvres, l’exercice et la défense de la justice et du droit (cf. Am
5, 24 ; Is 1, 17), par l’aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle,
la révision de vie, l’examen de conscience, la direction spirituelle,
l’acceptation des souffrances, l’endurance de la persécution à cause de la
justice. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus
sûr de la pénitence (cf. Luc 9, 23). 1436
Eucharistie et Pénitence.
La conversion et la pénitence quotidiennes trouvent leur source et leur
nourriture dans l’Eucharistie, car en elle est rendu présent le sacrifice du
Christ qui nous a réconciliés avec Dieu ; par elle sont nourris et
fortifiés ceux qui vivent de la vie du Christ ; " elle est
l’antidote qui nous libère de nos fautes quotidiennes et nous préserve des
péchés mortels " (Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer
1638). 1437
La lecture de
l’Écriture Sainte, la prière de la Liturgie des Heures et du Notre Père, tout
acte sincère de culte ou de piété ravive en nous l’esprit de conversion et de
pénitence et contribue au pardon de nos péchés. 1438
Les temps et les jours de pénitence
au cours de l’année liturgique (le temps du carême,
chaque vendredi en mémoire de la mort du Seigneur) sont des moments forts de
la pratique pénitentielle de l’Église (cf. SC 109-110 ; CIC, can.
1249-1253 ; CCEO, can. 880-883). Ces temps sont particulièrement
appropriés pour les exercices spirituels, les liturgies pénitentielles, les
pèlerinages en signe de pénitence, les privations volontaires comme le jeûne
et l’aumône, le partage fraternel (œuvres caritatives et missionnaires). 1439 VI. Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation 1440 Dieu
seul pardonne le péché 1441 Dieu seul pardonne les péchés (cf. Marc 2, 7). Parce que Jésus est le Fils de Dieu, il dit de lui-même : " Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre " (Marc 2, 10) et il exerce ce pouvoir divin : " Tes péchés sont pardonnés ! " (Marc 2, 5 ; Luc 7, 48). Plus encore : en vertu de sa divine autorité, il donne ce pouvoir aux hommes (cf. Jean 20, 21-23) pour qu’ils l’exercent en son nom. 1442 Réconciliation
avec l’Église 1443 Durant sa vie publique, Jésus n’a pas seulement pardonné les péchés, il a aussi manifesté l’effet de ce pardon : il a réintégré les pécheurs pardonnés dans la communauté du peuple de Dieu d’où le péché les avait éloignés ou même exclus. Un signe éclatant en est le fait que Jésus admet les pécheurs à sa table, plus encore, qu’il se met lui-même à leur table, geste qui exprime de façon bouleversante à la fois le pardon de Dieu (cf. Luc 15) et le retour au sein du peuple de Dieu (cf. Luc 19, 9). 1444
1445 Les mots lier et délier signifient : celui que vous exclurez de votre communion, celui-là sera exclu de la communion avec Dieu ; celui que vous recevez de nouveau dans votre communion, Dieu l’accueillera aussi dans la sienne. La réconciliation avec l’Église est inséparable de la réconciliation avec Dieu. Le
sacrement du pardon 1446 Le Christ a institué le sacrement de Pénitence pour tous les membres pécheurs de son Église, avant tout pour ceux qui, après le baptême, sont tombés dans le péché grave et qui ont ainsi perdu la grâce baptismale et blessé la communion ecclésiale. C’est à eux que le sacrement de Pénitence offre une nouvelle possibilité de se convertir et de retrouver la grâce de la justification. Les Pères de l’Église présentent ce sacrement comme " la seconde planche [de salut] après le naufrage qu’est la perte de la grâce " (Tertullien, pæn. 4, 2 ; cf. Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1542). 1447 Au cours des siècles la forme concrète, selon laquelle l’Église a exercé ce pouvoir reçu du Seigneur, a beaucoup varié. Durant les premiers siècles, la réconciliation des chrétiens qui avaient commis des péchés particulièrement graves après leur Baptême (par exemple l’idolâtrie, l’homicide ou l’adultère), était liée à une discipline très rigoureuse, selon laquelle les pénitents devaient faire pénitence publique pour leurs péchés, souvent durant de longues années, avant de recevoir la réconciliation. A cet " ordre des pénitents " (qui ne concernait que certains péchés graves) on n’était admis que rarement et, dans certaines régions, une seule fois dans sa vie. Pendant le septième siècle, inspirés par la tradition monastique d’Orient, les missionnaires irlandais apportèrent en Europe continentale la pratique " privée " de la pénitence qui n’exige pas la réalisation publique et prolongée d’œuvres de pénitence avant de recevoir la réconciliation avec l’Église. Le sacrement se réalise désormais d’une manière plus secrète entre le pénitent et le prêtre. Cette nouvelle pratique prévoyait la possibilité de la réitération et ouvrait ainsi le chemin à une fréquentation régulière de ce sacrement. Elle permettait d’intégrer dans une seule célébration sacramentelle le pardon des péchés graves et des péchés véniels. C’est, dans les grandes lignes, cette forme de la pénitence que l’Église pratique jusqu’à nos jours. 1448 A travers les changements que la discipline et la célébration de ce sacrement ont connu au cours des siècles, on discerne la même structure fondamentale. Elle comporte deux éléments également essentiels ; d’une part, les actes de l’homme qui se convertit sous l’action de l’Esprit Saint : à savoir la contrition, l’aveu et la satisfaction ; d’autre part, l’action de Dieu par l’intervention de l’Église. L’Église qui, par l’évêque et ses prêtres, donne au nom de Jésus-Christ le pardon des péchés et fixe la modalité de la satisfaction, prie aussi pour le pécheur et fait pénitence avec lui. Ainsi le pécheur est guéri et rétabli dans la communion ecclésiale. 1449 La formule d’absolution en usage dans l’Église latine exprime les éléments essentielles de ce sacrement : le Père des miséricordes est la source de tout pardon. Il réalise la réconciliation des pécheurs par la Pâque de son Fils et le don de son Esprit, à travers la prière et le ministère de l’Église : " Que
Dieu notre Père vous montre sa miséricorde ; par la mort et la
résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé
l’Esprit Saint pour la rémission des péchés : par le ministère de l’Église,
qu’il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et
du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés ". (Ordo
Paenitentiae 46. 55 [Polyglotte Vaticane 1974, p. 27. 37]) 1450 La
contrition 1451 Parmi les actes du pénitent, la contrition vient en premier lieu. Elle est " une douleur de l’âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir " (Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1676). 1452 Quand elle provient de l’amour de Dieu aimé plus que tout, la contrition est appelée " parfaite " (contrition de charité). Une telle contrition remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle (cf. Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1677) 1453 1454
Il convient de
préparer la réception de ce sacrement par un examen de conscience fait
à la lumière de la Parole de Dieu. Les textes les plus adaptés à cet effet
sont à chercher dans le Décalogue et dans la catéchèse morale des Évangiles
et des lettres apostoliques : Sermon sur la montagne, les enseignements
apostoliques (cf. Rm 12-15 ; 1 Co 12-13 ; Ga 5 ; Éphésiens
4-6). La
confession des péchés 1455 La confession des péchés (l’aveu), même d’un point de vue simplement humain, nous libère et facilite notre réconciliation avec les autres. Par l’aveu, l’homme regarde en face les péchés dont il s’est rendu coupable ; il en assume la responsabilité et par là, il s’ouvre de nouveau à Dieu et à la communion de l’Église afin de rendre possible un nouvel avenir. 1456 L’aveu au prêtre constitue une partie essentielle du sacrement de Pénitence : " Les pénitents doivent, dans la confession, énumérer tous les péchés mortels dont ils ont conscience après s’être examinés sérieusement, même si ces péchés sont très secrets et s’ils ont été commis seulement contre les deux derniers préceptes du Décalogue (cf. Ex 20, 17 ; Mt 5, 28), car parfois ces péchés blessent plus grièvement l’âme et sont plus dangereux que ceux qui ont été commis au su de tous " (Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1680) : Lorsque
les fidèles du Christ s’efforcent de confesser tous les péchés qui leur
viennent à la mémoire, on ne peut pas douter qu’ils les présentent tous au
pardon de la miséricorde divine. Ceux qui agissent autrement et qui en
cachent sciemment quelques-uns ne proposent à la bonté divine rien qu’elle
puisse remettre par l’intermédiaire du prêtre. Car " si le malade
rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu’elle
ignore " (Saint Jérôme, Eccl. 10, 11 : PL 23, 1096) (Concile
de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1680). 1457 D’après le commandement de l’Église, " tout fidèle parvenu à l’âge de la discrétion doit confesser au moins une fois par an, les péchés graves dont il a conscience " (Denzinger-Schönmetzer 1683 ; cf. Denzinger-Schönmetzer 1708 ; CIC, can. 989). Celui qui a conscience d’avoir commis un péché mortel ne doit pas recevoir la Sainte Communion, même s’il éprouve une grande contrition, sans avoir préalablement reçu l’absolution sacramentelle (cf. Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1647 ; 1661), à moins qu’il n’ait un motif grave pour communier et qu’il ne lui soit possible d’accéder à un confesseur (cf. CIC, can. 916 ; CCEO, can. 711). Les enfants doivent accéder au sacrement de la Pénitence avant de recevoir pour la première fois la Sainte. Communion (cf. CIC, can. 914). 1458 Sans être strictement nécessaire, la confession des fautes quotidiennes (péchés véniels) est néanmoins vivement recommandée par l’Église (cf. Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1680 ; CIC, can. 988, § 2 ). En effet, la confession régulière de nos péchés véniels nous aide à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l’Esprit. En recevant plus fréquemment par ce sacrement, le don de la miséricorde du Père, nous sommes poussés à être miséricordieux comme lui (cf. Luc 6, 36) : Celui
qui confesse ses péchés agit déjà avec Dieu. Dieu accuse tes péchés ; si
tu les accuses toi aussi, tu te joins à Dieu. L’homme et le pécheur sont pour
ainsi dire deux réalités : quand tu entends parler de l’homme, c’est
Dieu qui l’a fait ; quand tu entends parler du pécheur, c’est l’homme
lui-même qui l’a fait. Détruis ce que tu as fais pour que Dieu sauve ce qu’il
a fait... Quand tu commences à détester ce que tu as fait, c’est alors que
tes œuvres bonnes commencent parce que tu accuses tes œuvres mauvaises. Le
commencement des œuvres bonnes, c’est la confession des œuvres mauvaises. Tu
fais la vérité et tu viens à la Lumière (Saint Augustin, ev. Jo. 12, 13). La
satisfaction 1459 Beaucoup de péchés causent du tort au prochain. Il faut faire le possible pour le réparer (par exemple restituer des choses volées, rétablir la réputation de celui qui a été calomnié, compenser des blessures). La simple justice exige cela. Mais en plus, le péché blesse et affaiblit le pécheur lui-même, ainsi que ses relations avec Dieu et avec le prochain. L’absolution enlève le péché, mais elle ne remédie pas à tous les désordres que le péché a causés (cf. Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1712). Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle. Il doit donc faire quelque chose de plus pour réparer ses péchés : il doit " satisfaire " de manière appropriée ou " expier " ses péchés. Cette satisfaction s’appelle aussi " pénitence ". 1460 La pénitence que le confesseur impose, doit tenir compte de la situation personnelle du pénitent et doit chercher son bien spirituel. Elle doit correspondre autant que possible à la gravité et à la nature des péchés commis. Elle peut consister dans la prière, une offrande, dans les œuvres de miséricorde, le service du prochain, dans des privations volontaires, des sacrifices, et surtout dans l’acceptation patiente de la croix que nous devons porter. De telles pénitences aident à nous configurer au Christ qui, seul, a expié pour nos péchés (cf. Rm 3, 25 ; 1 Jean 2, 1-2) une fois pour toutes. Elles nous permettent de devenir les cohéritiers du Christ ressuscité, " puisque nous souffrons avec lui " (Rm 8, 17 ; cf. Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1690) : Mais
notre satisfaction, celle que nous acquittons pour nos péchés, n’est que par
Jésus-Christ : nous qui, de nous mêmes comme tels, ne pouvons rien
nous-mêmes, avec l’aide " de celui qui nous fortifie, nous pouvons
tout " (Ph 4, 13). Ainsi l’homme n’a rien dont il puisse se
glorifier, mais toute notre " gloire " est dans le
Christ... en qui nous satisfaisons, " en faisant de dignes fruits
de pénitence " (Luc 3, 8), qui en Lui puisent leur force, par Lui
sont offerts au Père et grâce à Lui sont acceptés par le Père (Concile de
Trente : Denzinger-Schönmetzer 1691). VIII. Le ministre de
ce sacrement 1461 1462 Le pardon des péchés réconcilie avec Dieu mais aussi avec l’Église. L’évêque, chef visible de l’Église particulière, est donc considéré à juste titre, depuis les temps anciens, comme celui qui a principalement le pouvoir et le ministère de la réconciliation : il est le modérateur de la discipline pénitentielle (Lumen gentium 26). Les presbytres, ses collaborateurs, l’exercent dans la mesure où ils en ont reçu la charge soit de leur évêque (ou d’un supérieur religieux) soit du Pape, à travers le droit de l’Église (cf. CIC, can. 844 ; 967-969 ; 972 ; CCEO, can. 722, §§ 3-4). 1463
Certains péchés
particulièrement graves sont frappés de l’excommunication, la peine
ecclésiastique la plus sévère, qui empêche le réception des sacrements et
l’exercice de certains actes ecclésiastiques (cf. CIC, can. 1331 ; CCEO,
can. 1431 ; 1434), et dont l’absolution, par conséquent, ne peut être
accordée, selon le droit de l’Église, que par le Pape, l’évêque du lieu ou
des prêtres autorisés par eux (cf. CIC, can. 1354-1357 ; CCEO, can.
1420). En cas de danger de mort tout prêtre, même dépourvu de la faculté
d’entendre les confessions, peut absoudre de tout péché (cf. CIC, can.
976 ; CCEO, can. 725) et de toute excommunication. 1464 Les prêtres doivent encourager les fidèles à accéder au sacrement de la Pénitence et doivent se montrer disponibles à célébrer ce sacrement chaque fois que les chrétiens le demandent de manière raisonnable (cf. CIC, can. 986 ; CCEO, can. 735 ; PO 13). 1465 En célébrant le sacrement de la Pénitence, le prêtre accomplit le ministère du Bon Pasteur qui cherche la brebis perdue, celui du Bon Samaritain qui panse les blessures, du Père qui attend le Fils prodigue et l’accueille à son retour, du juste Juge qui ne fait pas acception de personne et dont le jugement est à la fois juste et miséricordieux. Bref, le prêtre est le signe et l’instrument de l’amour miséricordieux de Dieu envers le pécheur. 1466 Le confesseur n’est pas le maître, mais le serviteur du pardon de Dieu. Le ministre de ce sacrement doit s’unir à l’intention et à la charité du Christ (cf. PO 13). Il doit avoir une connaissance éprouvée du comportement chrétien, l’expérience des choses humaines, le respect et la délicatesse envers celui qui est tombé ; il doit aimer la vérité, être fidèle au magistère de l’Église et conduire le pénitent avec patience vers la guérison et la pleine maturité. Il doit prier et faire pénitence pour lui en le confiant à la miséricorde du Seigneur. 1467 Étant donnée la délicatesse et la grandeur de ce ministère et le respect dû aux personnes, l’Église déclare que tout prêtre qui entend des confessions est obligé de garder un secret absolu au sujet des péchés que ses pénitents lui ont confessés, sous des peines très sévères (CIC, can. 1388, §1 ; CCEO, can. 1456). Il ne peut pas non plus faire état des connaissances que la confession lui donne sur la vie des pénitents. Ce secret, qui n’admet pas d’exceptions, s’appelle le " sceau sacramentel ", car ce que le pénitent a manifesté au prêtre reste " scellé " par le sacrement. IX. Les effets de ce sacrement 1468 1469 Ce sacrement nous réconcilie avec l’Église. Le péché ébrèche ou brise la communion fraternelle. Le sacrement de Pénitence la répare ou la restaure. En ce sens, il ne guérit pas seulement celui qui est rétabli dans la communion ecclésiale, il a aussi un effet vivifiant sur la vie de l’Église qui a souffert du péché d’un de ses membres (cf. 1 Co 12, 26). Rétabli ou affermi dans la communion des saints, le pécheur est fortifié par l’échange des biens spirituels entre tous les membres vivants du Corps du Christ, qu’ils soient encore dans l’état de pèlerinage ou qu’ils soient déjà dans la patrie céleste (cf. Lumen gentium 48-50) : Il
faut rappeler que la réconciliation avec Dieu a comme conséquence, pour ainsi
dire, d’autres réconciliations qui porteront remède à d’autres ruptures
produites par le péché : le pénitent pardonné se réconcilie avec
lui-même dans la profondeur de son être, où il récupère la propre vérité
intérieure ; il se réconcilie avec les frères que de quelque manière il
a offensé et blessé ; il se réconcilie avec l’Église ; il se
réconcilie avec la création toute entière (RP 31). 1470 Dans ce sacrement, le pécheur, en se remettant au jugement miséricordieux de Dieu, anticipe d’une certaine façon le jugement auquel il sera soumis à la fin de cette vie terrestre. Car c’est maintenant, dans cette vie-ci, que nous est offert le choix entre la vie et la mort, et ce n’est que par le chemin de la conversion que nous pouvons entrer dans le Royaume d’où exclut le péché grave (cf. 1 Co 5, 11 ; Ga 5, 19-21 ; Ap 22, 15). En se convertissant au Christ par la pénitence et la foi, le pécheur passe de la mort à la vie " et il n’est pas soumis au jugement " (Jean 5, 24). 1471 Qu’est-ce
que l’indulgence ? " L’indulgence
est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont
la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à
certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant
que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le
trésor des satisfactions du Christ et des saints " (Paul VI, const.
ap. " Indulgentiarum doctrina ", Norme 1). " L’indulgence
est partielle ou plénière, selon qu’elle libère partiellement ou totalement
de la peine temporelle due pour le péché " (ibid, Norme 2).
" Tout fidèle peut gagner des indulgences pour soi-même ou les
appliquer aux défunts " (CIC, can. 994). 1472 1473 Dans
la communion des saints 1474 1475 1476 1477 Obtenir
l’indulgence de Dieu par l’Église 1478
L’indulgence s’obtient
par l’Église qui, en vertu du pouvoir de lier et de délier qui lui a été
accordé par le Christ Jésus, intervient en faveur d’un chrétien et lui ouvre
le trésor des mérites du Christ et des saints pour obtenir du Père des
miséricordes la remise des peines temporelles dues pour ses péchés. C’est
ainsi que l’Église ne veut pas seulement venir en aide à ce chrétien, mais
aussi l’inciter à des œuvres de piété, de pénitence et de charité (cf. Paul
VI, loc. cit. 8 ; Concile de Trente : Denzinger-Schönmetzer 1835). 1479
Puisque les fidèles
défunts en voie de purification sont aussi membres de la même communion des
saints, nous pouvons les aider entre autres en obtenant pour eux des
indulgences, de sorte qu’ils soient acquittés des peines temporelles dues
pour leurs péchés. XI. La célébration du
sacrement de pénitence 1480 1481
La liturgie byzantine
connaît plusieurs formules d’absolution, de forme déprécative, qui expriment
admirablement le mystère du pardon : " Que le Dieu, qui par le
prophète Nathan, a pardonné à David lorsqu’il eut confessé ses propres
péchés, et à Pierre lorsqu’il eut pleuré amèrement, et à la courtisane
lorsqu’elle eut répandu ses larmes sur ses pieds, et au pharisien, et au
prodigue, que ce même Dieu vous pardonne, par moi, pécheur, en cette vie et
dans l’autre et qu’Il vous fasse comparaître sans vous condamner à son
redoutable tribunal, Lui qui est béni dans les siècles des siècles.
Amen. " (Euxologia to mèga [Athens 1992] p. 222) 1482
Le sacrement de la
Pénitence peut aussi avoir lieu dans le cadre d’une célébration
communautaire, dans laquelle on se prépare ensemble à la confession et on
rend grâce ensemble pour le pardon reçu. Ici, la confession personnelle des péchés
et l’absolution individuelle sont insérées dans une liturgie de la Parole de
Dieu, avec lectures et homélie, examen de conscience mené en commun, demande
communautaire du pardon, prière du " Notre Père " et
action de grâce en commun. Cette célébration communautaire exprime plus
clairement le caractère ecclésial de la pénitence. Quelle que soit cependant
la manière de sa célébration, le sacrement de Pénitence est toujours, d’après
sa nature même, une action liturgique, donc ecclésiale et publique (cf. SC
26-27). 1483
En des cas de
nécessité grave on peut recourir à la célébration communautaire de la
réconciliation avec confession générale et absolution générale. Une telle
nécessité grave peut se présenter lorsqu’il y a un danger imminent de mort
sans que le ou les prêtres aient le temps suffisant pour entendre la
confession de chaque pénitent. La nécessité grave peut exister aussi lorsque,
compte tenu du nombre des pénitents, il n’y a pas assez de confesseurs pour
entendre dûment les confessions individuelles dans un temps raisonnable, de
sorte que les pénitents, sans faute de leur part, se verraient privés pendant
longtemps de la grâce sacramentelle ou de la sainte communion. Dans ce cas
les fidèles doivent avoir, pour la validité de l’absolution, le propos de
confesser individuellement leurs péchés graves en temps voulu (cf. CIC, can.
962, § 1). C’est à l’Evêque diocésain de juger si les conditions requises
pour l’absolution générale existent (cf. CIC, can. 961, § 2). Un grand
concours de fidèles à l’occasion de grandes fêtes ou de pèlerinages ne
constitue pas un cas d’une telle grave nécessité (cf. CIC, can. 961, § 1) 1484 " La confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution demeure le seul mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l’Église, sauf si une impossibilité physique ou morale dispense d’une telle confession " (OP 31). Ceci n’est pas sans raisons profondes. Le Christ agit en chacun des sacrements. Il s’adresse personnellement à chacun des pécheurs : " Mon enfant, tes péchés sont remis " (Marc 2, 5) ; il est le médecin qui se penche sur chacun des malades qui ont besoin de lui (cf. Marc 2, 17) pour les guérir ; il les relève et les réintègre dans la communion fraternelle. La confession personnelle est donc la forme la plus significative de la réconciliation avec Dieu et avec l’Église. En
bref 1485 1486 Le pardon des péchés commis après le Baptême est accordé par un sacrement propre appelé sacrement de la conversion, de la confession, de la pénitence ou de la réconciliation. 1487 Qui pèche blesse l’honneur de Dieu et son amour, sa propre dignité d’homme appelé à être fils de Dieu et le bien-être spirituel de l’Église dont chaque chrétien doit être une pierre vivante. 1488 Aux yeux de la foi, aucun mal n’est plus grave que le péché et rien n’a de pires conséquences pour les pécheurs eux-mêmes, pour l’Église et pour le monde entier. 1489 Revenir à la communion avec Dieu après l’avoir perdue par le péché, est un mouvement né de la grâce du Dieu plein de miséricorde et soucieux du salut des hommes. Il faut demander ce don précieux pour soi-même comme pour autrui. 1490 Le mouvement de retour à Dieu, appelé conversion et repentir, implique une douleur et une aversion vis-à-vis des péchés commis, et le propos ferme de ne plus pécher à l’avenir. La conversion touche donc le passé et l’avenir ; elle se nourrit de l’espérance en la miséricorde divine. 1491 Le sacrement de la Pénitence est constitué par l’ensemble des trois actes posés par le pénitent, et par l’absolution du prêtre. Les actes du pénitent sont : le repentir, la confession ou manifestation des péchés au prêtre et le propos d’accomplir la réparation et les œuvres de réparation. 1492 1493 Celui qui veut obtenir la réconciliation avec Dieu et avec l’Église, doit confesser au prêtre tous les péchés graves qu’il n’a pas encore confessé et dont il se souvient après avoir examiné soigneusement sa conscience. Sans être en soi nécessaire, la confession des fautes vénielles est néanmoins vivement recommandée par l’Église. 1494 Le confesseur propose au pénitent l’accomplissement de certains actes de " satisfaction " ou de " pénitence ", en vue de réparer le dommage causé par le péché et de rétablir les habitudes propres au disciple du Christ. 1495 Seuls les prêtres qui ont reçu de l’autorité de l’Église la faculté d’absoudre peuvent pardonner les péchés au nom du Christ. 1496 Les effets spirituels du sacrement de Pénitence sont : – la réconciliation avec Dieu par laquelle le pénitent recouvre la grâce, – la réconciliation avec l’Église ; – la remise de la peine éternelle encourue par les péchés mortels ; – la remise, au moins en partie, des peines temporelles, suites du péché ; – la paix et la sérénité de la conscience, et la consolation spirituelle ; – l’accroissement des forces spirituelles pour le combat chrétien. 1497 La confession individuelle et intégrale des péchés graves suivie de l’absolution demeure le seul moyen ordinaire pour la réconciliation avec Dieu et avec l’Église. |
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