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Chapitre
7
L'Église en marche : son caractère eschatologique et son union avec l'Église
du ciel
Caractère eschatologique de la vocation chrétienne
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48.
L'Église, à laquelle nous sommes tout appelés en Jésus-Christ et dans laquelle
nous acquérons la sainteté par la grâce de Dieu, ne recevra son achèvement
que dans la gloire céleste, lorsque viendra le temps de la restauration
universelle (cf. Act. 3, 21) et que tout l'univers, intimement uni à
l'homme grâce auquel il parvient à sa fin, sera, lui aussi, parfaitement
restauré dans le Christ avec le genre humain (cf. Eph. 1.10; Col.
1, 20; II Petr. 3, 10-13).
En vérité le Christ, au jour de son
exaltation, attira tout à lui (cf. Jn 12, 32 gr.). Ressuscité des
morts (cf. Rem. 6, 9), il envoya aux Apôtres son Esprit vivifiant et,
par lui, se constitua un Corps, l'Église, sacrement universel du salut. Assis
à la droite du Père, il opère continuellement dans le monde pour conduire les
hommes à l'Église et, par elle, les unir plus étroitement à lui; pour les
rendre enfin participants de sa vie glorieuse en les nourrissant de son Corps
et de son Sang. Ainsi, la restauration promise que nous attendons a déjà
commencé dans le Christ; elle progresse avec l'envoi du Saint-Esprit et, grâce
à lui, continue dans l'Église dont la foi nous apprend aussi le sens de notre
vie temporelle, tandis que nous accomplissons, dans l'espérance des biens
futurs, l'œuvre que le Père nous a donné à faire en ce monde et que nous
opérons notre salut (cf. Phil. 2, 12).
Nous voilà donc déjà parvenus à la fin des
temps (cf. I Cor. I0, 11); le renouvellement de l'univers est
irrévocablement établi et, en un certain sens, il a vraiment commencé dès
ici-bas. Dès ici-bas l'Église est, en effet, auréolée d'une sainteté
véritable, si imparfaite qu'elle soit. Mais tant qu'il n'y aura pas de
nouveaux cieux et de terre nouvelle où habite la justice (cf. II Petr.
3, 13), l'Église voyageuse portera, dans ses sacrements et dans ses
institutions, qui appartiennent à l'ère présente, le reflet de ce monde qui
passe; elle-même vit au milieu des créatures, qui jusqu'à présent soupirent
et souffrent les douleurs de l'enfantement en attendant la révélation des
fils de Dieu (cf. Rom. 8, 22 et 19).
Unis donc avec le Christ dans l'Église et
marqués par le Saint-Esprit "qui est la garantie de notre héritage"
(Eph. 1, 14), nous sommes appelés fils de Dieu et en vérité nous le
sommes (cf. I Jn 3, 1); mis nous n'avons pas encore paru avec le
Christ, dans la gloire (cf. Col. 3, 4). C'est là que nous serons
semblables à Dieu, car nous le verrons tel qu'il est (cf. I Jn 3, 2).
Ainsi donc, "tant que nous demeurons dans ce corps, nous vivons exilés
loin du Seigneur" (II Cor. 5, 6) et, possédant les prémices de
l'Esprit, nous gémissons au fond de nous-mêmes (cf. Rom. 8, 23) et
nous souhaitons être avec le Christ (cf. Phil. 1, 23). C'est la même
charité qui nous presse de vivre plus intensément pour lui, qui est mort et
ressuscité pour nous (cf. II Cor. 5, 15). Aussi nous efforçons-nous de
plaire au Seigneur (cf. II Cor. 5, 9) et nous revêtons-nous des armes
de Dieu afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable et, au jour
mauvais, résister (cf. Eph. 6, 11-13). Mais comme nous ne connaissons
ni le jour ni l'heure, il nous faut, selon l'avertissement du Seigneur,
veiller assidûment afin qu'au terme de notre unique vie terrestre (cf. Hébr.
9, 27), nous méritions d'avoir avec lui accès au festin nuptial et d'être
comptés parmi les bienheureux (cf. Mt. 25, 31-46), plutôt que d'être jetés,
sur son ordre, dans le feu éternel (cf. Mt. 25, 41), comme il arriva
aux serviteurs mauvais et paresseux (cf. Mt. 25, 26), dans les
ténèbres extérieures où "il y aura des pleurs et des grincements de
dents" (Mt. 22, 13 et 25, 30). En effet, avant de régner avec le
Christ glorieux, nous comparaîtrons tous "devant le tribunal du Christ,
pour recevoir chacun le salaire du bien ou du mal que nous aurons accompli
durant notre vie corporelle" (II Cor. 5, I0); et à la fin du
monde "ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection de
la vie, et ceux qui auront fait le mal, pour la résurrection de la
damnation" (Jn 5, 29; cf. Mt. 25, 46). Estimant donc que
"les souffrances de cette vie ne peuvent se comparer à la gloire qui
doit un jour nous être révélée" (Rom. 8, 18; cf. II Tim.
2, 11-12), nous attendons, fermes dans la foi, "le bienheureux objet de
notre espérance et la glorieuse manifestation de notre grand Dieu et Sauveur
le Christ Jésus" (Tim. 2, 13), "qui viendra transformer
notre corps humilié, en le rendant .semblable à son corps glorieux" (Phil.
3, 21), qui "viendra peur être glorifié dans ses saints et être admiré
en tous ceux qui auront cru" (II Thess., 1, 10).
La Communion entre l'Église du ciel et
l'Église de la terre
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49.
Ainsi, en attendant que le Seigneur, escorté de tous ses Anges (cf. Mt.
25, 31), revienne dans sa gloire et que, la mort une fois détruite, toutes
choses lui soient soumises (cf. I Cor. 15, 26-27), certains de ses
disciples cheminent sur la terre tandis que d'autres, après cette vie,
subissent la purification et que d'autres enfin, jouissant de la gloire,
contemplent "clairement Dieu un et trine, tel qu'il est" (1) Tous cependant, bien qu'à des degrés divers et de façon
différente, nous communions dans le même amour de Dieu et du prochain et nous
chantons à notre Dieu la même hymne de gloire. En effet, tous ceux qui sont
du Christ, pour avoir reçu son Esprit, sont unis en une seule Église et
adhèrent les uns aux autres en lui (cf. Eph. 4, 16). L'union de ceux
qui sont en route avec les frères qui se sont endormis dans la paix du
Christ, loin donc d'être rompue, se trouve au contraire renforcée par la
communication des biens spirituels, selon la croyance immuable reçue dans
l'Église (2). Du fait de leur union très intime avec le
Christ, les bienheureux affermissent davantage dans la sainteté l'Église tout
entière; ils ennoblissent le culte qu'elle rend à Dieu sur cette terre et
contribuent de plusieurs manières à l'œuvre grandissante de son édification (3) (cf. I Cor. 12, 12-27). En effet, une fois
accueillis dans la patrie céleste et demeurant auprès du Seigneur (cf. II Cor.
5, 8), par Lui, avec Lui et en Lui ils ne cessent d'intercéder pour nous
auprès du Père (4), d'offrir les mérites qu'ils ont acquis
sur terre grâce au Christ Jésus, unique Médiateur entre Dieu et les hommes
(cf. I Tim. 2, 5), en servant le Seigneur en toute chose et en
achevant ce qui manque aux tribulations du Christ dans leur chair en faveur
de son Corps, qui est l'Église (5) (cf. Col. 1, 24).
C'est donc une aide très appréciable que leur fraternelle sollicitude apporte
à notre faiblesse.
Les rapports de l'Église de la terre
avec l'Église du ciel
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50.
Consciente de cette communion qui unit tous les membres du Corps mystique de Jésus-Christ,
l'Église en marche vers Dieu a honoré avec une grande piété la mémoire des
défunts, et cela dès les premiers siècles de l'ère chrétienne (6);
et "puisqu'il est saint et salutaire de prier pour les défunts afin
qu'ils soient absous de leurs péchés" (II Macc. 12, 46), elle a
même offert pour eux des suffrages. Que les apôtres et les martyrs du Christ,
qui par l'effusion de leur sang ont donné le témoignage suprême de la foi et
de la charité, nous soient plus étroitement unis dans le Christ, l'Église l'a
toujours cru; elle les a vénérés avec une ferveur particulière en même temps
que la bienheureuse Vierge Marie et les saints Anges (7),
et elle a pieusement imploré le secours de leur intercession. Très tôt elle
leur associa d'autres hommes qui avaient de plus près imité la virginité et
la pauvreté du Christ (8), et finalement tous ceux que leur
remarquable exercice des vertus chrétiennes (9) et les charismes
divins recommandaient à la pieuse dévotion et à l'imitation des fidèles (10).
Lors donc que nous considérons la vie de ceux
qui ont fidèlement suivi le Christ, nous découvrons un nouveau motif de
rechercher la Cité future (cf. Hébr. 13, 14 et I1, I0) et tout d'un
coup nous apprenons la voie sûre par laquelle, au milieu de l'agitation du
monde, nous pourrons, chacun selon son état de vie et sa condition
particulière, arriver à l'union parfaite avec le Christ, ou, si l'on veut, à
ta sainteté (11). C'est en effet dans la vie de ceux qui,
tout en partageant notre condition humaine, reflètent pourtant davantage les
traits du Christ (cf. II Cor. 3, 18), que Dieu se fait présent, qu'il manifeste
avec éclat son visage. En eux c'est lui-même qui nous parle et nous montre le
signe de son Royaume (12); et c'est vers ce Royaume que,
guidés par ces hommes, témoins de la vérité de l'Évangile (cf. H6br. 12, 1),
nous nous sentons puissamment attirés.
Cependant nous ne vénérons pas la mémoire des
saints uniquement pour leur exemple, mais plus encore pour que l'union de
toute l'Église dans l'Esprit se fortifie par la pratique de la charité
fraternelle (cf. Eph. 4, 1-6). Car, de même que notre communion de
chrétiens en marche vers Dieu nous rapproche davantage du Christ, ainsi la
fraternité entre nous et les saints nous unit au Christ, Source et Tête, qui
dispense toute grâce et la vie du Peuple même de Dieu (13)
Il convient donc au plus haut point que nous aimions ces amis et cohéritiers
de Jésus-Christ, qui sont aussi nos frères et d'éminents bienfaiteurs, et que
pour eux nous rendions à Dieu de dignes actions de grâces (14),
"que nous leur adressions des supplications et recourions à leurs
prières et à leur aide puissante pour obtenir de Dieu des grâces par son Fils
Jésus-Christ, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur" (15).
En effet, tout témoignage authentique d'amour que nous donnons aux saints,
par sa nature tend et aboutit au Christ, qui est "la couronne de tous
les saints" (16) et par lui à Dieu, qui est admirable
dans ses saints et glorifié en eux (17).
Mais notre union avec l'Église céleste se
réalise de la manière la plus éclatante - et avant tout dans la sainte
Liturgie où la vertu du Saint-Esprit agit sur nous par les signes
sacramentels, - lorsque nous célébrons dans une commune allégresse, les
louanges de la divine majesté (18) et que tous, de quelque
tribu, langue, peuple et nation que nous soyons, rachetés par le sang du
Christ (cf. Apoc. 5, 9) et rassemblés en une Église unique, nous chantons
d'une même voix les louanges du Dieu un et trine. Ainsi quand nous célébrons
le sacrifice eucharistique, nous nous unissons très intimement au culte de
l'Église céleste; réunis dans une même assemblée, nous vénérons d'abord la
mémoire de la glorieuse Marie, toujours Vierge, mais aussi du bienheureux
Joseph, des bienheureux apôtres et martyrs et de tous les saints (19).
Directives pastorales
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51.
Cette vénérable croyance qu'avaient nos aînés en une communion de vie avec
nos frères qui jouissent de la gloire céleste ou avec ceux qui après la mort
sont encore en état de purification, ce saint Concile la recueille avec grand
respect; et, de nouveau, il propose les décrets du deuxième Concile de Nicée
(20), du Concile de Florence (21) et de
celui de Trente (22) recommande à tous ceux que la chose
concerne de s'employer à écarter ou à corriger les abus, les excès ou les
défauts qui se seraient glissés ici ou là, et à tout rétablir pour une plus
grande gloire du Christ et de Dieu. Qu'ils enseignent donc aux fidèles que le
vrai culte des saints ne consiste pas tant dans la multiplicité des actes
extérieurs que dans l'intensité de notre amour effectif, amour qui, pour
notre plus grand bien et celui de l'Église, nous fait chercher "dans la
vie des saints un exemple, dans leur communion une participation à leurs
biens et dans leur intercession un secours" (23).
D'autre part, qu'ils enseignent aux fidèles que nos relations avec les
bienheureux, à condition de concevoir celles-ci dans la lumière plus pleine
de la foi, ne diminuent en rien le cuite d'adoration rendu à Dieu le Père par
le Christ dans l'Esprit, mais au contraire l'enrichissent davantage (24).
Nous tous, en effet, qui sommes fils de Dieu
et constituons dans le Christ une seule famille (cf. Hébr. 3, 6), tant
que nous communions entre nous dans la charité mutuelle et dans l'unique
louange de la très sainte Trinité, nous correspondons à la vocation infime de
l'Église et nous participons, comme par un avant-goût, à la liturgie de la
parfaite gloire (25). Quand le Christ apparaîtra et que se
produira la glorieuse résurrection des morts, la Cité céleste, dont l'Agneau
sera la lampe, s'illuminera de la clarté de Dieu (cf. Apoc. 21, 23).
Alors toute l'Église des saints, dans la suprême félicité de la charité,
adorera Dieu et "l'Agneau qui a été immolé" (Apoc. 5, 12),
en proclamant d'une voix unanime: "A Celui qui siège sur le trône et à
l'Agneau, louange, honneur, gloire et puissance aux siècles des siècles"
(Apoc, 5, 13).
CHAPITRE VII
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(1) Conc. Florentinum, Decretum
pro Graecis: Denz. 693 (1305).
(2) Outre les documents plus
anciens contre toute forme d'évocation des esprits depuis Alexandre IV (27
sept. 1258). cf. Encycl. S. S. C. S. Officii, De magnetismi abusu, 4 août
1856: AAS (1865) pp. 177-178, Denz. 1653-1654 (2823-2825); réponse de
S. S. C. S. Officii, 24 avr. 1917: AAS 9 (1917) p. 268, Denz. 2182
(3642).
(3) Voir l'exposé synthétique
de cette doctrine paulinienne dans: Pius XII, Litt. Encycl. Mystici
Corporis: AAS 35 (1943) p. 200 et passim.
(4) Cf., i. a., S. Augustinus,
Enarr. in Ps. 85, 24: PL 37, 1099. S. Hicronymus, Liber contra Vigilantium,
6: PL 23, 344. S. Thomas, In Ant Sent., d. 45.
q. 3, a. 2. S. Bonaventura, In Am Sent., d. 45, a. 3. q. 2; etc.
(5) Cf. Pius XII. Litt.
Encycl. Mystici Corporis. AAS 35 (1943) p. 245.
(6) Cf. de nombreuses
inscriptions dans les Catacombes romaines.
(7) Cf. Gelasius 1. Decretalis
De libris recipiendis, 3: PL 59, 160, Denz. 165 (353).
(8) Cf. S. Methodius Symposion,
VII, 3: GCS (Bonwetsch), p. 74.
(9) Cf. Benedictus XV,
Decretum approbationis virtutum in Causa beatificationis et canonizationis
Servi Dei Ioannis Nepomuceni Neumann: AAS 14 (1922) p. 23; nombre
d'allocutions de Pie XI sur les Saints: lnviti all'eroismo. Discorsi... t.
I-III, Romae 1941-1942, passim; Pius XII, Discorsi e Radiomessaggi, t. 10,
1949, pp. 37-43.
(10) Cf. Pius XII, Litt.
Encycl. Mediator Dei: AAS 39 (1947) p. 581.
(11) Cf. Hebr. 13.7; Eccli.
44-50; Hebr. 11, 3-40; Cf. aussi Pie XII, Litt. Encycl. Mediator Dei: AAS 39 (1947) pp. 582-583.
(12)
Cf. Conc. Vaticanum I. Const. De fide catholica, cap. 3: Denz. 1794
(3013).
(13) Cf. Pius XII, Litt.
Encycl. Mystici Corporis: AAS 35 (1943) p. 216
(14) Sur la gratitude envers les
Saints, cf. E. Diehl, Inscriptiones latinae christianae veteres, I, Berolini,
1925, nn. 2008, 2382 et passim.
(15)
Conc. Tridentinum, Sess. 25, De invocatione... Sanctorum: Denz. 98]
(1821).
(16)
Bréviaire Romain, invitatorium in festo Sanctorum Omnium.
(17)
Cf. par ex. 2 Thess. I, I0.
(18) Conc. Vaticanum II,
Const. De Sacra Liturgia, cap. 5, n. 104: AAS 56 (1964), pp.
125-126 [P. 157].
(19) Canon de la Messe
Romaine.
(20)
Conc. Nicaenum II, Act. VII: Denz. 302 (600).
(21)
Conc. Florentinum, Decretum pro Graecis. Denz. 693 (1304).
(22)
Conc. Tridentinum, Sess. 35, De invocatione veneratione et reliquiis
Sanctorum et sacris imaginibus: Denz. 984-988 (1821-1824); Sess. 25, Decretum
de Purgatorio: Denz. 983 (1820); Sess. 6, Decretum de iustificatione,
can. 30: Denz. 840 (1580).
(23) De la Préface des saints
concédée à quelques diocèses.
(24) Cf. S. Petrus Canisius, Catechismus
Maior seu Summa Doctrinae christianae, cap. III (ed. crit. F. Streicher),
lère partie, pp. 15-16, n. 44 et pp. 100-101, n. 49.
(25)
Cf. Conc. Vaticanum II, Const. De Sacra Liturgia, cap. 1, n. 8: AAS
56 (1964), p. 101 [P. 1311]
Chapitre 8
La Bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de
l'Église
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1 - Préambule
La sainte Vierge dans le mystère du Christ
52.
Dieu, très bienveillant et très sage, voulant accomplir la rédemption du
monde, "lorsque les temps ont été révolus, a envoyé son Fils, qui est né
d'une femme... afin de faire de nous des fils adoptifs" (Gal. 4,
4-5). "Pour nous hommes et pour notre salut il est descendu du ciel et
s'est incarné par l'œuvre de l'Esprit-Saint dans la Vierge Marie" (1).
Ce divin mystère du salut nous est révélé et se continue dans l'Église, que
le Sauveur a constituée comme son corps et dans laquelle les fidèles,
adhérant au Christ comme à leur Tête et vivant en communion avec tous ses
saints, doivent également vénérer le souvenir "avant tout de la
glorieuse et toujours Vierge Marie, Mère de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ"
(2).
La sainte Vierge et l'Église
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53.
En effet, la Vierge Marie, qui, à l'annonce de l'Ange, accueillit dans son
cœur et dans son corps .le Verbe de Dieu et apporta la vie au monde, est
reconnue et honorée comme la vraie Mère de Dieu et du Rédempteur. Rachetée
d'une manière très sublime en considération des mérites de son Fils et unie à
lui par un lien étroit et indissoluble, elle est revêtue de la fonction et de
la dignité suprême de Mère du Fils de Dieu. Aussi est-elle la fille préférée
du Père et le temple de l'Esprit-Saint, par le don de cette grâce suprême,
elle dépasse de loin toutes les autres créatures célestes et
terrestres.
Cependant, elle est en même temps, de par sa
descendance d'Adam unie à tous les hommes, qui ont besoin du salut; bien
plus, elle est "vraiment Mère des membres (du Christ)... parce qu'elle a
coopéré par sa charité à la naissance, dans l'Église, des fidèles, qui sont
les membres de ce Chef" (3). Aussi est-elle encore saluée du nom de
membre suréminent et tout à fait singulier de l'Église, de figure et de
modèle admirable de l'Église dans la foi et dans la charité l'Église
catholique, docile à l'Esprit-Saint, la vénère avec une piété et une
affection filiale comme une mère très aimante.
Intention du Concile
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54.
En conséquence, le saint Concile, au moment où il expose la doctrine relative
à l'Église, en qui le divin Rédempteur opère le salut entend mettre
soigneusement en lumière la fonction de la bienheureuse Vierge dans le
mystère du Verbe incarné et du Corps mystique, et d'autre part, les devoirs
des hommes rachetés envers la Vierge, Mère du Christ et mère des hommes,
spécialement celle des fidèles. Il n'a pas cependant l'intention de proposer
un enseignement complet au sujet de Marie, ni de dirimer des questions que le
travail des théologiens n'a pas encore complètement élucidées. Aussi, gardent
leurs droits les opinions qui sont librement proposées dans les écoles
catholiques au sujet de celle qui, dans la sainte Église, tient la place la
plus élevée après le Christ, et en même temps la plus proche de nous
(4).
II - Rôle de la Sainte Vierge dans
l'économie du salut
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La Mère du Messie dans l'Ancien Testament
55.
Les saintes Lettres de l'Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que la
vénérable Tradition, montrent, avec une clarté grandissante, le rôle de la
Mère du Sauveur dans l'économie du salut et nous la mettent, pour ainsi dire,
sous les yeux. Les livres de l'Ancien Testament décrivent l'histoire du
salut, où lentement se prépara la venue du Christ dans le monde. Ces
documents des premiers âges, selon l'intelligence qu'en a l'Église à la
lumière de la révélation parfaite qui devait suivre, mettent peu à peu en une
lumière toujours plus claire la figure d'une femme: la Mère du Rédempteur.
C'est elle qu'on devine déjà prophétiquement présentée sons cette lumière
dans la promesse, qui est faite à nos premiers parents tombés dans le péché,
de la victoire sur le serpent (cf. Gen. 3, 15). Pareillement, c'est
elle, la Vierge qui concevra et mettra au monde un Fils dont le nom sera
Emmanuel (cf. Is. 7, 14; cf. Mich. 5, 2-3; Mt. 1,
22-23). Elle est au premier rang de ces humbles et de ces pauvres du Seigneur
qui attendent le salut avec confiance, et reçoivent de lui le salut. Et
enfin, avec elle, fille sublime de Sion, après la longue attente de la
promesse, les temps s'accomplissent et une nouvelle économie s'instaure
lorsque le Fils de Dieu prend d'elle la nature humaine pour libérer l'homme
du péché par les mystères de sa chair.
Marie à l'Annonciation
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56.
Le Père des miséricordes a voulu que l'acceptation de la mère prédestinée
précédât l'Incarnation; il voulait que de même qu'une femme avait contribué à
donner la mort, de même une femme servît à donner la vie. Et cela vaut d'une
manière extraordinaire pour la Mère de Jésus: elle a donné au monde la Vie
même qui renouvelle tout, et elle a été enrichie par Dieu de dons
correspondant à une si haute fonction. Il n'est pas étonnant que les saints
Pères appellent communément la Mère de Dieu la Toute Sainte, celle qui est
indemne de toute tache du péché, celle qui est façonnée et formée comme une
nouvelle créature par l'Esprit-Saint (5). Ornée dès le premier instant de sa
conception des splendeurs d'une sainteté tout à fait singulière, la Vierge de
Nazareth est, sur l'ordre de Dieu, saluée par l'Ange de l'Annonciation comme
"pleine de grâces" (cf. Lc 1, 28); et elle répond au
messager céleste: "Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait
selon ta parole" (Lc 1, 38). Ainsi Marie, fille d'Adam,
acquiesçant au verbe de Dieu, est devenue Mère de Jésus et embrassant de plein
cœur, sans être entravée par aucun péché, la volonté salvatrice de Dieu, elle
s'est consacrée totalement comme servante du Seigneur à la personne et à
l'œuvre de son Fils, toute au service du mystère de la Rédemption en
dépendance de son Fils et en union avec lui, par la grâce de Dieu Tout
Puissant. C'est donc à juste titre que les saints Pères estiment que Marie ne
fut pas un instrument purement passif dans les mains de Dieu, mais qu'elle
coopéra au salut de l'homme dans la liberté de sa foi et de son obéissance.
En fait, comme le dit saint Irénée, "en obéissant, elle est devenue
cause du salut pour elle-même et pour tout le genre humain" (6). Et,
avec Irénée, bien des anciens Pères affirment volontiers, dans leur
prédication, que "le nœud de la désobéissance d'Eve a été dénoué par
l'obéissance de Marie; ce que la vierge Eve lia par son incrédulité, la foi
de la Vierge Marie le délia" (7); et par comparaison avec Eve ils
appellent Marie "Mère des vivants" (8), et affirment très souvent :
"la mort nous est venue par le moyen d'Eve, la vie par celui de
Marie" (9).
La sainte Vierge et l'enfance de Jésus
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57.
Cette union de la Mère et de son Fils dans l'œuvre de la Rédemption se
manifeste depuis le moment de la conception virginale du Christ jusqu'à sa
mort. C'est d'abord lorsque Marie, qui se porte en hâte vers Elisabeth, est
proclamée par celle-ci bienheureuse à cause de sa foi dans la promesse du
salut; le précurseur se réjouit alors dans le sein de sa mère (cf. Lc
I, 41-45).
Cette union se manifeste ensuite à la
nativité, lorsque la Mère de Dieu, toute joyeuse, montra aux bergers et aux
Mages son Fils premier-né, lui qui n'a pas lésé sa virginité, mais l'a
consacrée (10). Quand elle le présenta au Seigneur dans le temple une fois
présentée l'offrande des pauvres, elle entendit Siméon annoncer à la fois que
le Fils serait un signe de contradiction et qu'une épée transpercerait l'âme
de la mère, pour que se révèlent les pensées d'un grand nombre de cœurs (cf. Lc
2, 34-35). Après avoir perdu l'enfant Jésus et l'avoir cherché avec angoisse,
ses parents le trouvèrent au temple, aux choses de son Père, et ils ne
comprirent pas les paroles du Fils. Sa mère méditait et conservait toutes ces
choses en son cœur (cf. Le 2, 41-51).
La sainte Vierge et le ministère
public de Jésus
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58.
Durant la vie publique de Jésus, sa Mère fait des apparitions qui sont
pleines de sens. Dès le début, quand, aux noces de Cana de Galilée, émue de compassion,
elle provoque par son intercession le premier des miracles de Jésus-Messie
(cf. Jn 2, 1-11). Pendant la prédication de Jésus, elle entendit les
paroles où son Fils, plaçant le Royaume au-dessus des rapports et des liens
de la chair et du sang, proclama bienheureux ceux qui écoutent et gardent la
parole de Dieu (cf. Mc 3, 35; Lc 11, 27-28), ainsi qu'elle le
faisait avec fidélité (cf. Lc 2, 19 et 51).
Ainsi même la bienheureuse Vierge progressa
sur le chemin de la foi, et elle resta fidèlement unie à son Fils jusqu'à la
croix. Là, ce n'est pas sans réaliser un dessein divin qu'elle se tint debout
(cf. Jn 19, 25); elle souffrit Profondément avec son Fils unique et
s'associa de toute son âme maternelle à son sacrifice, acquiesçant avec amour
à l'immolation de la victime qu'elle avait engendrée. Finalement, le même
Christ Jésus, mourant sur la croix, la donna pour mère au disciple, en
disant: "Femme, voici ton fils"(11) (Cf. Jn 19, 26-27).
La sainte Vierge après l'Ascension
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59.
Comme il avait plu à Dieu de ne pas manifester solennellement le mystère du
salut de l'humanité avant d'avoir envoyé l'Esprit, que le Christ avait
promis, nous voyons les Apôtres, avant le jour de la Pentecôte, "Persévérant d'un seul cœur dans la prière,
en compagnie de quelques femmes, de Marie Mère de Jésus et des frères de
celui-ci" (Act. 1, 14), et nous voyons aussi Marie implorer
par ses prières le don de l'Esprit, cet Esprit qui l'avait déjà couverte
elle-même de son ombre à l'Annonciation.
Enfin, la Vierge Immaculée, préservée de
toute tache de la faute originelle (12), au terme de sa vie terrestre, fut
élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps (13) et elle fut
exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers afin de ressembler plus
parfaitement à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Apoc. 19, 16) et
vainqueur du péché et de la mort (14).
III - La Bienheureuse Vierge et
l'Église
Haut de page
Marie, servante du Seigneur
60.
Nous n'avons qu'un Médiateur, selon la parole de l'Apôtre: "Il n'y a
qu'un Dieu et qu'un Médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme-Christ Jésus,
qui s'est lui-même donné pour tous comme rançon" (I Tim. 2, 5-6).
Le rôle maternel de Marie envers les hommes ne voile ou ne diminue en aucune
manière cette médiation unique du Christ, mais elle en montre l'efficacité.
En effet, toute l'action de la bienheureuse Vierge sur les hommes dans
l'ordre du salut ne provient pas d'une quelconque nécessité: elle naît du bon
plaisir de Dieu et découle de la surabondance des mérites du Christ. Elle
s'appuie sur la médiation du Christ, elle en dépend et en tire toute sa
vertu. Ainsi cette action, loin d'empêcher de quelque manière une union
immédiate des croyants avec le Christ. la facilite bien plutôt.
61.
La bienheureuse Vierge, dont la prédestination à la maternité divine, est
allée de pair, de toute éternité, avec celle de l'Incarnation du Verbe de
Dieu, fut sur cette terre, par disposition de la divine Providence, la noble
Mère du divin Rédempteur, l'associée du Seigneur la plus généreuse qui fut,
et son humble servante. Elle, qui a conçu le Christ, l'a enfanté, l'a nourri,
l'a présenté au Père dans le temple, qui a souffert avec son Fils mourant sur
la croix, elle a coopéré, d'une manière toute spéciale, à l'œuvre du Sauveur
par obéissance, sa foi, son espérance et son ardente charité. Elle a vraiment
collaboré à la restauration de la vie surnaturelle dans les âmes. Voilà
pourquoi elle fut pour nous une mère dans l'ordre de la grâce.
62.
Cette maternité de Marie, elle dure sans cesse, dans l'économie de la grâce,
depuis le consentement que sa foi lui fit donner à l'Annonciation et qu'elle
maintint sans hésitation sous la croix, jusqu'à l'accession de tous les élus
à la gloire éternelle. En effet, au ciel, elle n'a pas déposé cette fonction
salvifique, mais elle continue, par son instante intercession, à nous obtenir
des grâces en vue de notre salut éternel (15). Dans sa charité maternelle,
elle s'occupe, jusqu'à ce qu'ils soient parvenus à la félicité de la patrie,
des frères de son Fils qui sont encore des pèlerins et qui sont en butte aux
dangers et aux misères. Aussi la bienheureuse Vierge est-elle invoquée dans
l'Église sous les titres d'Avocate, d'Auxiliatrice, d'Aide et de
Médiatrice(16). Tout cela doit pourtant s'entendre de manière qu'on n'enlève
ni n'ajoute rien à la dignité et à l'action du Christ, seul Médiateur (17).
En fait, aucune créature ne peut jamais
figurer sur le même plan que le Verbe incarné, notre Rédempteur. Mais, de
même que les ministres sacrés et le peuple fidèle participent, selon des
façons variées, au sacerdoce du Christ, et que la bonté unique de Dieu est
réellement répandue selon une grande variété de manières, dans les créatures,
de même également la médiation unique du Rédempteur n'exclut pas, mais
suscite plutôt chez les créatures une coopération variée, qui provient de la
source unique.
C'est cette fonction subordonnée de Marie que
l'Église n'hésite pas à professer, dont elle fait continuellement
l'expérience et qu'elle recommande à la piété des fidèles, pour que, soutenus
par cette aide maternelle, ils s'attachent plus étroitement au Médiateur et
Sauveur.
Marie, modèle de l'Église
Haut de page
63.
En outre, la bienheureuse Vierge est liée intimement à l'Église par le don et
la charge de la maternité divine qui l'unit à son Fils, le Rédempteur, de
même que par les grâces et les fonctions singulières dont elle est investie.
La Mère de Dieu est la figure de l'Église, comme l'enseignait déjà saint
Ambroise, et cela dans l'ordre de la foi, de la charité et de l'union
parfaite avec le Christ (18). En effet, dans le mystère de l'Église, qui
reçoit, elle aussi, avec raison, les noms de Mère et de Vierge, la bienheureuse
Vierge Marie est venue la première, offrant d'une manière éminente et
singulière le modèle de la Vierge et de la Mère (19). Car, dans la foi et
l'obéissance, elle engendra sur terre le Fils même de Dieu, sans commerce
charnel, mais sous l'action de l'Esprit-Saint; nouvelle Eve, elle a cru, non
plus au serpent ancien, mais au messager de Dieu, d'une foi qu'aucun doute
n'altéra. Elle enfanta le Fils que Dieu a établi premier-né d'un grand nombre
de frères (Rom. 8, 29), c'est-à-dire des fidèles. Aussi
coopère-t-elle, dans son amour de mère, à les engendrer et à les
éduquer.
64.
L'Église, qui contemple la sainteté mystérieuse et imite la charité de Marie,
l'Église, qui accomplit fidèlement la volonté du Père, devient mère, elle
aussi, par l'accueil plein de foi qu'elle offre au Verbe de Dieu. Car, par la
prédication et le baptême, elle engendre à la vie nouvelle et immortelle des
fils conçus du Saint-Esprit nés de Dieu. Elle est aussi la vierge qui
maintient intègre et pure foi qu'elle a donnée à l'Epoux. A l'imitation de la
Mère de son Seigneur, elle conserve d'une façon virginale, par la vertu de
l'Esprit-Saint, une foi intacte, une espérance ferme et une charité sincère
(20).
Les vertus de Marie, modèle pour
l'Église
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65.
Tandis que l'Église a déjà atteint dans la très bienheureuse Vierge la
perfection, par quoi elle est sans tache et sans ride (cf. Eph. 5,
27), les fidèles tâchent encore de croître en sainteté en triomphant du
péché. Aussi lèvent-ils les yeux vers Marie: elle brille comme un modèle de
vertu pour toute la communauté des élus. L'Église, en songeant pieusement à
elle et en la contemplant dans la lumière du Verbe fait homme, pénètre plus
avant, pleine de respect, dans les profondeurs du mystère de l'Incarnation,
et se conforme toujours davantage à son Époux. Marie, en effet, qui, par son
étroite participation à l'histoire du salut, unit en elle et reflète pour
ainsi dire les données les plus élevées de la foi, amène les croyants, quand
elle est l'objet de la prédication et du culte, à considérer son Fils, le
sacrifice qu'il a offert, et aussi l'amour du Père. Quant à l'Église, en
cherchant à procurer la gloire du Christ, elle devient plus semblable à son
très haut modèle: elle progresse alors sans cesse dans la foi, l'espérance et
la charité, elle cherche et suit en toutes choses la volonté de Dieu. Aussi,
l'Église, en son travail apostolique également, regarde-t-elle avec raison
vers celle qui engendra le Christ, conçu donc de l'Esprit-Saint et né de la
Vierge, afin qu'il naisse et grandisse également dans le cœur des fidèles par
le moyen de l'Église. La Vierge fut dans sa vie un modèle de cet amour
maternel dont doivent être animés tous ceux qui, associés à la mission
apostolique de l'Église, coopèrent à la régénération des hommes.
IV - Le culte de la Sainte Vierge dans
l'Église
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Nature et fondement du culte de la sainte
Vierge
66.
L'Église honore à juste titre d'un culte spécial celle que la grâce de Dieu a
faite inférieure à son Fils certes, mais supérieure à tous les anges et à
tous les hommes, en raison de son rôle de Mère très sainte de Dieu, et de son
association aux mystères du Christ. Déjà, depuis les temps les plus reculés,
la bienheureuse Vierge est vénérée sous le titre de "Mère de Dieu",
et les fidèles, en leurs prières, se réfugient sous sa protection au milieu
de tous les périls et des difficultés qu'ils rencontrent (21). C'est surtout
à partir du Concile d'Ephèse que le culte du peuple de Dieu envers Marie, à
la fois vénération et amour, prière et imitation, grandit admirablement,
selon la prophétie de Marie elle-même: "Toutes les générations
m'appelleront bienheureuse, parce que le Tout-Puissant a fait en moi de
grandes choses" (Le 1, 48-49). Ce culte, qui existe toujours dans
l'Église, bien qu'il soit de caractère tout à fait singulier, diffère
essentiellement du culte d'adoration rendu au Verbe incarné ainsi qu'au Père
et à l'Esprit-Saint et il favorise fortement celui-ci. En effet, grâce aux
diverses formes de dévotion mariale que l'Église a approuvées selon les
circonstances de temps et de lieu et selon le caractère et les dispositions
des fidèles, pourvu qu'elles se tinssent dans les limites d'une doctrine
saine et orthodoxe, grâce à ces formes de dévotion, donc, tandis que la Mère
est honorée, le Fils pour qui tout existe (cf. Col. 1, 15-16) et en
qui "il a plu" au Père éternel "de faire résider toute la
plénitude" (Col. 1, 19), est reconnu comme il convient, aimé,
glorifié et obéi.
L'esprit de la prédication et du culte
de la sainte Vierge
Haut de page
67.
Le saint Concile enseigne expressément cette doctrine catholique et, en même
temps, exhorte tous les fils de l'Église à pratiquer généreusement le culte,
spécialement le culte liturgique, à l'égard de la bienheureuse Vierge; à
tenir en grande estime les pratiques et les exercices de dévotion de
caractère marial que le magistère de l'Église recommande depuis des siècles;
à observer religieusement ce qui, dans le passé, a été décidé quant au culte
des images du Christ, de la bienheureuse Vierge et des saints (22). En outre,
il exhorte avec force les théologiens et les prédicateurs à s'abstenir avec
soin de toute fausse exaltation, comme aussi de toute étroitesse d'esprit
lorsqu'ils ont à considérer la dignité particulière de la Mère de Dieu (23).
Par l'étude, menée sous la direction du magistère, de la sainte Ecriture, des
saints Pères, des docteurs et des liturgies de l'Église, ils doivent
expliquer correctement le rôle et les privilèges de la bienheureuse Vierge:
tout est tourné vers le Christ, source exclusive de la vérité, de la sainteté
et de la dévotion. Dans leurs paroles, ou leurs actions, ils doivent éviter
avec soin tout ce qui pourrait induire en erreur les frères séparés, ou
n'importe quelle autre personne, au sujet de la véritable doctrine de
l'Église. Les fidèles, eux, doivent se rappeler que la vraie dévotion ne
consiste ni dans un sentimentalisme stérile et passager, ni dans une certaine
crédulité vaine, mais, au contraire, qu'elle procède de la vraie foi, qui
nous porte à reconnaître la prééminence de la Mère de Dieu, nous pousse à un
amour de fils envers notre Mère et à l'imitation de ses vertus.
V - Marie, signe d'espérance certaine
et de consolation pour le peuple de Dieu en marche
Haut de page
68.
Si la Mère de Jésus, déjà glorifiée au ciel en son corps et en son âme, est
l'image et le commencement de ce que sera l'Église en sa forme achevée, au
siècle à venir, eh bien! sur la terre, jusqu'à l'avènement du jour du
Seigneur (cf. II Petr. 3, 10), elle brille, devant le Peuple de Dieu
en marche, comme un signe d'espérance certaine et de consolation.
69.
C'est une grande joie et une grande consolation pour ce saint Concile qu'il
ne manque pas de gens, même parmi les frères séparés, pour rendre à la Mère
du Seigneur et Sauveur, l'honneur qui lui est dû, spécialement chez les
Orientaux qui rivalisent d'ardeur et de dévotion dans le culte de la Mère de
Dieu, toujours Vierge (24). Que tous les fidèles adressent avec instance des
prières à la Mère de Dieu et à la Mère des hommes, elle qui entoura de ses
prières les débuts de l'Église, et qui, maintenant, est exaltée au-dessus de
tous les bienheureux et de tous les anges, oui, qu'ils la prient
d'intercéder, en union avec tout les saints, auprès de son Fils, jusqu'à ce
que toutes les familles des peuples, qu'elles soient marquées du nom chrétien
ou qu'elles ignorent encore leur Sauveur, soient réunies heureusement dans la
paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu pour la gloire de la très
sainte et indivisible Trinité !
Rome, près Saint-Pierre, le 21 novembre
1964.
CHAPITRE VIII
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(1) Credo dans la Messe Romaine: Symbolum
Constantinopolitanum: Mansi 3, 566. Cf. Conc. Ephesinum, lb. 4, 1130 (ainsi
que ib. 2, 665 et 4, 1071); Conc. Chalcedonense, ib. 7, 111-116; Conc.
Constantinopolitanum II. ib. 9, 375-396.
(2) Canon de la Messe Romaine.
(3) S. Augustinus, De S. Virginitate,
6: PL 40, 399.
(4) Cf. Paulus
Pp. VI Allocutio in Concilio, 4 déc. 1963 : AAS 56 (1964) p. 37.
(5) Cf. S.
Germanus Const., Hom. in Annunt. Deiparae. PG 98, 328 A; In Dorm. 2:
col. 357. - Anastasius Antioch., Serra. 2 de Annunt., 2: PG 89, 1377 AB;
Serm.. 3, 2: col. 1388 C. ~ S. Andreas Cret., Can. in B. V. Nat..1: PG
97, 1321 B. In B. V. Nat., 1: col. 812 A. Hom. in dorm, 1: col. 1068 C. - S.
Sophronius. Or. 2 in Annunt., 18: PG 87 (3), 3237 BD.
(6) S.
Irenaeus, Adv. Haer. III, 22, 4: PG 7. 959 A; Harvey, 2,
123.
(7) S.
Irenaeus, Ib.; Harvey, 2, 124.
(8) S. Epiphanius, Haer,
78, 18: PG 42, 728 CD - 729 AB.
(9) S. Hieronymus, Epist. 22, 21: PL
22, 408. Cf. S. Augustinus, 51, 2, 3: PL 38, 335: Serra. 232, 2: col. 1108. - S. Cyrillus Hieros., Catech. 12, 15: PG
33, 741 AB. - S. Io. Chrysostomus, In Ps. 44, 7: PG 55,
193. -S. Io. Damascenus, Hom. 2 in dorm. B.M.V., 3: PG 96, 728.
(10) Cf. Conc.
Lateranense, anno 649, Can. 3: Mansi 10, 1151. - S. It0 M., Epist. ad Flav.: PL
54. 759.
- Conc. Chalcedonense: Mansi 7, 462 - S. Ambrosius. De inst. virg.: PL
16. 320.
(11) Cf. Pius XII, Litt. Encycl. Mystici
Corporis, 29 juin 1943: AAS 35 (l943) pp. 247-248.
(12) Cf. Pius IX, Bulla Ineffabilis. 8
déc. 1854: Acta Pii.IX, 1. I, p. 616; Denz. 1641 (2803).
(13) Cf. Pius XII. Const. Apost. Munificentissimus. 1 nov. 1950: AAS
42 (1950) ; Denz. 2333 (3903). Cf. S. Io. Damascernes. Enc. in dorm. Dei
genitricis, Hom. 2 et 3: PG 96, 721-761, spécialement col. 728 B..-S.
Germanus Constantinop., In S. Dei gen. dorm. Serm. 1: PG 98 (6), 340-348;
Serm. 3: col. 361. S. Modestus Hier., In dorm. SS. Deiparae.. PG
86 (2), 3277-3312.
(14) Cf. Pius XII, Litt. Encycl. Ad cœli Reginam, 11 oct. 1954: AAS 46 (1954), pp. 633-636: Denz. 3913
ss. Cf. S. Andreas Cret., Hom. 3 in dorm. SS. Deiparae.. PG 97, 1089-1109. - S.
Io. Damascenus,
De ride orth., IV, 14: PG 94, 1153-1161.
(15) Cf. Kleutgen. texte réformé De
mysterio vervi incarnati cap IV Mansi 53, 290. Cf.
S. Andreas Cret., In nat. Mariae, sermo 4: PG 97, 865 A - S. Gerrnanus
Constantinop., In annunt. Deiparae. PG 98, 321 BC. Deiparae, III: col.
361 D. - S. Io. Damascenus, In dorm. B. V. Mariae ,Hom I. 8: PG 96,
712 BC - 713 A.
(16) Cf. Leo
XIII, Litt. Encycl. Adiutricem populi, 5 sept. 1895: ASS 15 (1895-96), p.
303. - S. Pius X, Litt. Encycl. Ad diem
illum, 2 févr. 1904: Acta, I, p. 154; Denz. 1978 a (3370). - Pius XI,
Litt. Encycl.
Miserentissimus, 8 mai 1928: AAS 20 (1928) p. 178. - Pius XII.
Radiomessaggio. 13 mai 1946: AAS 38 (1946) p. 266.
(17) S. Arnbrosius, Epist. 63: PL
16, 1218.
(18) S. Arnbrosius, Expos. Lc.
II, 7: PL 15, 1555.
(19) Cf. Ps.-Petrus Dam., Serm. 63: PL
144, 861 AB. - Godefridus a S. Victore, In nat. B. M., Ms. Paris Mazarine,
1002, fol. 109 r. - Gerhohus Reich., De gloria et honore Filii hominis,
10: PL. 194, 1105 AB.
(20) S. Ambrosius, I. c. et Expos. Lc. X, 24-25: PL 15, 1810. - S.
Augustinus, In Io. Tr. 13, 12: PL 35, 1499. Cf. Serm. 191,
2. 3: PL 38, 1010; etc. Cf. aussi Ven. Beda, In Lc Expos. , cap. 2: PL
92. 330. -- Isaac de SteIla .Serm. 51: PL 194. 1863 A.
(21) Cf. Bréviaire romain, ant. "Sub
tuum praesidium", des lères vêpres du petit office de la Sainte
Vierge.
(22) Conc. Nicaenurn II, anno 787: Mansi 13,
378-379; Denz. 302 (600-601). - Conc. Trident., sess. 25: Mansi 33,
171-172.
(23) Cf. Pius XII, Radiomessaggio, 24 octobre
1954: AAS 46 (1954) p. 679. Litt. Encycl. Ad
cœli Reginam. 11 octobre 1954: AAS 46 (1954) p. 637.
(24) Cf. Pius
XI Litt. Encycl.
Ecclesiam Dei. 12 nov. 1923: AAS 15 (1923) p. 581. - Pius XII,
Litt. Encycl. Fulgens corona, 8 sept. 1953: AAS 45 (1953) pp.
590-591.
NOTIFICATIONS
faites
par le secrétaire général du Concile, à la 123e congrégation générale
tenue le 16 novembre 1964
On a demandé quelle note théologique devait
être appliquée à la doctrine exposée dans le schéma De Ecclesia et soumise au
vote des Pères. Répondant à cette question, la commission théologique, dans
l'examen des observations apportées au chapitre trois du schéma sur l'Église,
a déclaré ce qui suit: Il va de soi que le texte du Concile est toujours à
interpréter selon les normes générales connues de tous. En l'occurrence, la
commission renvoie à sa déclaration du 6 mars 1964 que nous reproduisons ici:
" Compte tenu de la pratique en usage aux conciles et de la fin
pastorale du présent Concile, celui-ci précise que, parmi les points de foi
ou de morale, l'Église doit tenir ceux-là seuls que le Concile aura
explicitement déclarés tels. " Quant aux autres points proposés par le
Concile et contenant la doctrine du Magistère suprême de l'Église, ils
doivent être reçus par tous et chacun des fidèles selon le sens que leur
donne le Concile lui-même. Ce sens est à entendre soit à partir du sujet
traité, soit d'après la manière même de parler, selon les normes
d'interprétation reçues en théologie. " Au sujet du troisième chapitre du
schéma De Ecclesia, l'autorité supérieure communique aux Pères une
note explicative précédant les observations qui y sont annexées. C'est dans
l'esprit et selon la pensée exprimés par cette note qu'il faut entendre et
expliquer la doctrine de ce chapitre.
NOTE EXPLICATIVE PRÉALABLE
* Voici les remarques générales par
lesquelles la commission a décidé de faire précéder l'examen des
observations:
1.
Le mot "collège" ne s'entend pas au sens strict qu'il possède dans
la langue juridique, savoir d'un groupe d'égaux qui déléguerait son pouvoir à
un président, mais d'un groupe stable dont la structure et l'autorité se
déterminent à partir de la Révélation. Aussi, pour satisfaire à la 12e
observation, est-il dit explicitement des Apôtres que le Seigneur les établit
"à la façon d'un collège", c'est-à-dire d'un groupe stable (voir
aussi la 53e observation). La même raison a fait employer ici ou là les mots
"ordre" ou "corps" pour désigner le collège des évêques.
Le parallélisme entre Pierre et les autres Apôtres d'une part, entre Je
souverain Pontife et les évêques de l'autre n'implique pas la transmission du
pouvoir extraordinaire des Apôtres à leurs successeurs; il n'implique pas non
plus, bien sûr l'égalité de la tête et des membres du collège, mais seulement
la proportionnalité entre la première relation (Pierre-Apôtres) et la seconde
(Pape-Evêques). Aussi la commission a-t-elle résolu de parler, au numéro 22,
non pas d'un "rapport identique", mais "semblable" (voir
la 57e observation).
2.
On devient membre du collège en vertu de la consécration épiscopale et par la
communion hiérarchique avec la tête et les membres du collège. (Voir numéro
22, paragr. 1, à la fin.) Comme le montre clairement la tradition, y compris
la tradition liturgique, c'est une participation d'ordre ontologique aux
fonctions sacrées qui est conférée pat la consécration. On a utilisé à
dessein le mot "fonction", et non "pouvoir", qui pourrait
être entendu d'un pouvoir déjà libre de s'exercer. Pour qu'un tel pouvoir existe
en fait, il faut que l'autorité hiérarchique l'ait juridiquement ou, si l'on
veut, canoniquement déterminé. La détermination dont il est question peut
consister dans la concession d'un office particulier ou l'assignation des
sujets, et elle est faite d'après les normes approuvées par l'autorité
suprême. C'est la nature même de la chose qui requiert cette dernière norme,
puisqu'il s'agit de charges à exercer par plusieurs sujets coopérant
hiérarchiquement entre eux, comme l'a voulu le Christ. Il est bien clair que
cette "communion" existait déjà dans la vie de l'Église, en autant
que le permettaient les circonstances, et cela bien avant de se voir
juridiquement déterminée. Aussi est-il expressément déclaré que la communion
avec la tête et les membres doit être une communion hiérarchique avec la tête
et les membres de l'Église. L'idée de communion est une idée dont l'Église
antique (comme aujourd'hui, l'Église d'Orient) faisait grand cas. Il ne
s'agit pas ici d'un vague sentiment, mais d'une réalité organique qui veut
s'incarner dans une structure juridique et dont l'âme est la charité. Pour ce
motif la commission a décidé quasi unanimement d'écrire: "...dans une
communion hiérarchique". (Voir la 40e observation et aussi ce qu'on dit
au no 24, p. 67, lignes 17-24, au sujet de la mission canonique.) C'est donc
à partir de cette indispensable précision concernant les pouvoirs qu'il faut
interpréter les documents récents des. souverains Pontifes concernant la
juridiction des évêques.
3.
Le collège, qui n'existe pas sans sa tête, s'appelle "le sujet aussi du
pouvoir suprême et plénier dans l'Église universelle". Il faut admettre
ceci pour ne pas mettre en doute la plénitude du pouvoir dont jouit le
Pontife romain. Le collège, en effet, s'entend toujours et nécessairement
avec sa tête, qui conserve intégralement en lui son rôle de Vicaire du Christ
et de Pasteur de l'Église universelle. En d'autres termes la distinction
n'est pas à faire entre le Pontife romain et les évêques vus collectivement,
mais entre le Pontife romain lorsqu'il agit seul et ce même Pontife agissant
avec les évêques. C'est vraiment parce qu'il est la tête du collège que le
souverain Pontife peut poser certains actes qui ressortissent à lui seul et
nullement aux évêques: par exemple convoquer le collège et y siéger comme
président, approuver des lignes de conduite et ainsi de suite (voir 8le
observation). Il est également de son ressort à lui, qui a la charge du
troupeau tout entier, de déterminer, selon les besoins de l'Église qui
varient avec les époques, comment il convient d'exercer cette même charge
soit personnellement, soit collégialement. C'est de la libre initiative du
Pontife romain regardant au bien de l'Église, que dépend l'ordonnance, la
promotion, l'approbation de l'activité collégiale.
4.
En tant que pasteur suprême de l'Église, le souverain Pontife peut exercer en
tout temps et à discrétion son pouvoir, comme le requiert sa fonction.
D'autre part, 1e collège, même s'il existe toujours, n'agit pas toujours,
pour autant, comme collège pris au sens strict, comme le montre bien la
tradition de l'Église. En d'autres termes, il n'est pas toujours "en
plein exercice"; bien plus, ce n'est que par intervalles qu'il pose un
acte strictement collégial, et non sans le consentement de sa tête. Nous disons
"... le consentement de sa tête", afin qu'on n'aille pas imaginer
une dépendance d'ordre purement externe; le mot "consentement"
appelle au contraire la communion entre la tête et les membres, et implique
la nécessité d'un acte qui ressortit proprement à la tête. (Ceci se trouve
expressément affirmé au numéro 22, paragr. 2, et expliqué au même endroit, à
la fin.) La clausule négative: "non sans le consentement de la
tête" englobe tous les cas; d'où il suit évidemment que les normes
approuvées par l'autorité suprême doivent toujours être observées (voir la
84e observation). On voit ainsi qu'il s'agit bien d'une union des évêques à
leur tête, et jamais d'une action que poseraient les évêques indépendamment
du Pape. En ce dernier cas, l'action de la tête faisant défaut, les évêques
ne peuvent agir collégialement, comme le montre clairement la notion de
"collège". Cette communion hiérarchique de tous les évêques avec le
souverain Pontife est d'ailleurs consacrée par toute la tradition.
* Cette note (Nota explicativa praevia) fait assurément partie
des Actes du Concile; toutefois elle ne fait pas partie du texte voté et
promulgué le 21 novembre 1964. (Note des éditeurs.)
N. B. -- L'aspect sacramentel et ontologique de la fonction (que nous avons
distingué de l'aspect canonico-juridique) ne peut s'exercer hors de la
communion hiérarchique. La commission n'a cependant pas cru nécessaire
d'aborder les questions de licéité ou de validité, qui sont laissées aux
discussions des théologiens, par exemple en ce qui concerne le pouvoir qui,
de fait, s'exerce chez les Orientaux séparés, et dont l'explication a donné
lieu à diverses opinions.
Périclès FELICI,
Archevêque titulaire de Samos,
Secrétaire général du saint Concile œcuménique Vatican II.
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