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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Jeudi 2 décembre 27 (15 Kisleu)
Exode 20,8-11
- Début de guérison d'un enfant inerte 535 - Discours (Le repos sabbatique 537 - Le travail honnête 538 - Un simulacre de sanctification du sabbat 538 - La foi comme celle d'un enfant) 539 - Fin de la guérison du petit Jean 539 |
2.92. |
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535> Le temps est moins mauvais, bien qu'il pleuve encore un peu et
les gens peuvent venir trouver le Maître. Jésus écoute à part deux ou trois personnes qui ont des
choses importantes à Lui dire et qui, après cela, regagnent leurs places plus
tranquilles. Il bénit aussi un petit
enfant qui souffre de fractures depuis
le haut des jambes et qu'aucun médecin ne veut soigner disant que :
"C'est inutile. La fracture s'étend tout en haut jusque vers l'épine
dorsale." C'est ce que dit la mère toute en larmes, et elle
explique : "Il courait avec sa petite sœur dans la rue du pays. 536> Un Hérodien est arrivé au galop avec son char et l'a
renversé dessous. J'ai cru qu'il était mort. Mais, c'est pire. Tu le vois. Je
l'allonge sur cette planche car ... il n'y a rien d'autre à faire. Et il
souffre, il souffre car l'os perce. Mais ensuite, quand l'os ne percera plus,
il souffrira car il ne pourra que rester allongé sur le dos." "Tu as grand
mal ?" demande avec compassion Jésus à l'enfant qui pleure. "Oui." "Où ?" "Ici... et
là." et il touche de sa main hésitante les deux os iliaques. "Et
puis ici et là." et il touche les reins et les épaules. "Elle est
dure, la planche, et je veux bouger, moi..." et il pleure désespéré. "Veux-tu venir
dans mes bras, à Moi ? Y viens-tu ? Je t'emmène là haut. Tu vas
voir tout le monde pendant que je parle." "Oh !
oui…" (son "oui" est plein de désir). Le pauvre petit tend ses
bras suppliants. "Viens,
alors." "Mais il ne peut
pas, Maître, c'est impossible ! Il a trop mal... Je ne peux même pas le
bouger pour le laver." "Je ne lui ferai
pas de mal." "Le
médecin..." "Le médecin,
c'est le médecin, mais Moi, je suis Moi. Pourquoi es-tu venue ?" "Parce que tu es
le Messie." répond la femme qui pâlit et rougit, prise entre l'espérance
et le désespoir. "Et alors ?
Viens, petit." Jésus passe un bras sous ses jambes inertes, l'autre bras
sous les petites épaules. Il prend le bambin et lui demande :
"Est-ce que je te fais mal ? Non ? Alors, dis adieu à la maman
et partons." Et, à travers la
foule qui s'ouvre, il s'en va avec son fardeau. Il va jusqu'au fond, sur
l'espèce d'estrade qu'on Lui a faite pour que tout le monde le voie, même de
la cour. Il se fait donner un petit banc et s'y assied. Il installe le bambin
sur ses genoux et lui demande : "Ça te plaît ? Maintenant,
tiens-toi tranquille et écoute toi aussi." et il commence à parler. Il
ne fait les gestes que d'une seule main, la droite, car de la gauche, il
soutient l'enfant qui regarde les gens, heureux de voir quelque chose et
sourit à sa maman qui est là-bas, au fond, le cœur palpitant d'espérance. Il joue avec le cordon du vêtement de Jésus et aussi avec la barbe
soyeuse et blonde du Maître et même avec une mèche de ses longs cheveux. 537> L’homme n’est pas plus que Dieu et Dieu aussi
a fait la création en six jours et le septième s’est reposé. Comment alors,
l’homme se permet-il de ne pas imiter le Père et de ne pas obéir à son
commandement ? Est-ce un ordre inintelligent ? Non. En vérité c’est
un commandement salutaire, que ce soit dans l’ordre physique, ou dans l’ordre
moral, ou dans le spirituel. Le corps de l’homme quand il est fatigué a
besoin de repos comme celui de toute créature. Il repose aussi, et nous le
laissons reposer pour ne pas le perdre, le bœuf qui laboure les champs, l’âne
qui nous porte, la brebis qui a mis bas son agneau et nous donne le lait.
Elle repose aussi, et nous la laissons reposer, la terre du champ, dans les
mois où elle n’est pas ensemencée, elle se nourrit et se sature des sels qui
lui tombent du ciel ou remontent du sol. Ils se reposent bien, et même sans
nous demander notre avis, les animaux et les plantes qui obéissent aux lois
éternelles d’une sage reproduction. Pourquoi, alors, l’homme ne veut-il pas
imiter le Créateur qui s’est reposé le septième jour, et les créatures
inférieures, végétaux ou animaux qui, sans avoir eu qu’un ordre à leur
instinct, savent s’y conformer et lui obéir ? Le commandement est aussi utile à l’ordre
moral qu’à l’ordre physique. Pendant six jours, l’homme a été occupé par tous
et par tout. Pris comme le fil dans le mécanisme du métier à tisser, il est
allé, en haut, en bas, sans jamais pouvoir dire : “Maintenant, je
m’occupe de moi-même, et de ceux qui me sont les plus chers. Je suis le père,
et aujourd’hui pour moi les fils existent; je suis l’époux, et aujourd’hui je
me consacre à l’épouse; je suis le frère et je jouis de mes frères; je suis
le fils et je donne mes soins à mes parents âgés”. C’est un ordre spirituel. Le travail est
saint. Plus saint l’amour. Très saint Dieu. Et alors, souviens-toi de donner au
moins un jour sur sept à notre bon et saint Père, qui nous a donné la vie et
nous la conserve. Pourquoi Le traiter moins bien qu’un père, que des fils,
que des frères, qu’une épouse, que notre propre corps ? Que le jour du
Seigneur Lui appartienne. 538> Oh ! quelle
douceur que de se retrouver après le travail du jour, le soir au foyer plein
d’affections ! Quelle douceur que de le retrouver après un long
voyage ! Et pourquoi ne pas se retrouver après six jours de travail dans
la maison du Père ? Pourquoi ne pas être comme un fils qui revient d’un
voyage de six jours et qui dit : “Voici que je viens passer mon jour de
repos avec toi” ? Mais, maintenant,
écoutez, j‘ai dit : “Travaille d’un travail honnête”.
Oh ! quelle offrande menteuse ! Et
comment peut-on oser la mettre au pied de l’autel, quand elle ruisselle des
larmes et du sang de l’inférieur frustré, ou qu’elle s’appelle “larcin”,
c’est à dire trahison à l’égard du prochain, car le voleur est un traître
pour son prochain ? Ce n’est pas, croyez-le sanctifier une fête que de
ne pas s’en servir pour s’examiner soi-même et s’employer à devenir meilleur,
que de ne pas réparer les péchés commis pendant les six jours. Voici ce qu’est la sanctification d’une
fête ! Ce n’est pas un acte tout extérieur et qui ne change pas d’un
iota votre façon de penser. Dieu veut des œuvres vivantes et non pas des
simulacres d’œuvres. C’est un simulacre, l’obéissance fausse à sa
Loi. C’est un simulacre la sanctification mensongère du sabbat, c’est à dire
le repos qu’on observe pour manifester aux yeux des hommes qu’on obéit au
commandement, mais en consumant ces heures de loisir, dans le vice, dans la
luxure, dans la ripaille, en réfléchissant à la manière de frustrer le
prochain et de lui nuire pendant la semaine suivante. C’est un simulacre, la
sanctification du sabbat, c’est à dire le repos matériel que n’accompagne pas
le travail intime, spirituel, sanctifiant, d’un sincère examen de soi-même,
d’un humble aveu de sa propre misère, d’une sérieuse résolution de mieux agir
la semaine suivante. 539> Vous direz : “Et
si ensuite on retombe dans le péché ?” Mais que diriez-vous d’un enfant
qui, étant tombé ne voudrait plus faire un pas pour ne pas s’exposer à une
chute ? Que c’est un sot. Qu’il ne doit pas avoir honte d’avoir une
démarche mal assurée, puisque nous sommes tous passés par là quand nous
étions petits et que ce n’est pas pour cela que notre père ne nous en a pas moins
aimé. Qui ne se souvient comment nos chutes ont fait tomber sur nous une
pluie de baisers maternels et de caresses de notre père ?
Voulez-vous voir la foi d’un tout petit, pour
apprendre à avoir la foi ? Regardez bien. Vous avez eu tous compassion
pour ce tout petit que je tiens sur ma poitrine. Contrairement à ce que
disaient les médecins et la maman, il n’a pas pleuré quand je l’ai assis sur
mon sein. Vous voyez ? Lui, qui depuis longtemps ne faisait que pleurer
nuit et jour sans trouver de repos, ici, il n’a pas pleuré et s’est endormi
tranquille sur mon cœur. Je lui ai demandé: “Veux-tu venir dans mes bras ?”
et lui a répondu : “Oui” sans raisonner sur son misérable état, sur la
douleur que probablement il aurait pu ressentir, sur les conséquences d’un
déplacement. Sur mon visage il a vu l’amour et il a dit : “oui“, et il
est venu. Il n’a pas ressenti de douleur. Il s’est réjoui d’être ici, tout en
haut, et de voir, lui qui était cloué sur cette planche, il a joui qu’on le
place sur la douceur de la chair, au lieu que sur la dureté du bois. Il a
souri, il a joué et s’est endormi avec encore une mèche de mes cheveux dans
ses petites mains. Maintenant, je vais l’éveiller avec un baiser..." et Jésus dépose un baiser sur les cheveux châtains du bambin, jusqu’à
ce qu’il l’éveille en lui souriant. 540> "Comment
t’appelles-tu ?" "Jean." "Écoute, Jean. Veux-tu marcher ?
Aller vers ta maman et lui dire : “Le Messie te bénit à cause de ta
foi” ?" "Oui ! oui !" et puis le
petit bat de ses petites mains et Lui demande : "Tu vas me faire
marcher ? Sur les prés ? Plus cette méchante planche si dure ?
Plus de médecins qui font mal ?" "Plus, jamais plus." "Ah ! Comme je t’aime !"
et il jette ses bras au cou de Jésus et le baise, et pour être plus à l’aise
pour le baiser saute à genoux sur les genoux de Jésus, et une grêle de
baisers innocents tombe sur le front, les yeux, les joues de Jésus. Dans sa joie, le bambin ne s’est pas même
aperçu qu’il pouvait remuer, lui, jusqu’alors brisé. Mais le cri de la mère
et ceux de la foule le secouent et le font se retourner avec étonnement. Ses
yeux innocents dans son visage amaigri se font interrogateurs. Toujours à
genoux, le bras droit autour du cou de Jésus, il Lui demande
confidentiellement - en désignant la foule tumultueuse, sa mère qui, au fond,
l’appelle en unissant son nom à celui de Jésus : "Jean !
Jésus ! Jean ! Jésus !" - : "Pourquoi la foule
crie-t-elle, et maman aussi ? Qu’est-ce qu’ils ont ? Est-ce Toi,
Jésus ?" "C’est Moi. La foule crie parce qu’elle
est contente que tu puisses marcher. Adieu, petit Jean (Jésus le baise et le
bénit). Va vers ta maman et sois gentil." Le bambin descend tranquillement des genoux
de Jésus, puis par terre. Il court vers sa maman, saute à son cou et lui
dit : "Jésus te bénit. Pourquoi pleures-tu, alors ?" Quand les gens sont un peu silencieux, Jésus
dit d’une voix de tonnerre : "Faites comme le petit Jean, vous qui
tombez dans le péché et vous vous blessez. Ayez foi en l’amour de Dieu. La
paix soit avec vous." |
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Et pendant que la foule crie des hosannas et que l’heureuse
mère pleure, Jésus, protégé par les siens, quitte la pièce et la vision prend
fin. |
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