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"L'Évangile tel qu'il m'a été
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jeudi 1 juin 28 (19 siwan)
- Discours (Le bon pasteur 43 - Le tentateur lui ravit une brebis 44 - Le bon pasteur va à sa recherche et il la rassure 45 - La prend dans ses bras) 46 - Marie-Madeleine a écouté sans se montrer 46 - [Commentaire de Jésus : Le commentaire est dans la vision] 46 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 4 4.94. |
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43> Jésus parle à la foule. Monté sur le bord planté d'arbres d'un
torrent, il parle à une foule nombreuse répandue dans un champ dont le blé est
coupé et qui présente l'aspect désolant des chaumes brûlés par le soleil. C'est le soir. Le
crépuscule descend, mais déjà la lune monte. Une belle et claire soirée d'un
début d'été. Des troupeaux rentrent au bercail et le tintement des sonnailles
se mêle au chant perçant des grillons ou des cigales, un grand: gri, gri,
gri... Jésus prend la
comparaison des troupeaux qui passent. Il dit : "Votre Père est
comme un berger attentif. Que fait le bon pasteur ? Il cherche de bons pâturages
pour ses brebis, où il n 'y pas de ciguë ni de plantes dangereuses, mais des
trèfles agréables, des herbes aromatiques et des chicorées amères mais bonnes
pour la santé. 44> Il cherche une place
où se trouve en même temps que la nourriture, de la fraîcheur, un ruisseau
aux eaux limpides, des arbres qui donnent de l'ombre, où il n'y a pas
d'aspics au milieu de la verdure. Il ne se soucie pas de trouver des
pâturages plus gras parce qu'il sait qu'ils cachent facilement des serpents
aux aguets et des herbes nuisibles, mais il donne la préférence aux pâturages
de montagne où la rosée rend l'herbe pure et fraîche, mais que le soleil
débarrasse des reptiles, là où l'on trouve un bon air que remue le vent et
qui n'est pas lourd et malsain comme celui de la plaine. Le bon pasteur
observe une par une ses brebis. Il les soigne si elles sont malades, les
panse si elles sont blessées. A celle qui se rendrait malade par
gloutonnerie, il élève la voix, à celle qui prendrait du mal à rester dans un
endroit trop humide ou trop au soleil, il dit d'aller dans un autre endroit.
Si une est dégoûtée, il lui cherche des herbes acidulées et aromatiques
capables de réveiller son appétit et les lui présente de sa main en lui
parlant comme à une personne amie. C'est ainsi que se
comporte le bon Père qui est aux Cieux avec ses fils qui errent sur la terre.
Son amour est la verge qui les rassemble, sa voix leur sert de guide, ses
pâturages c'est sa Loi, son bercail le Ciel. Mais voilà qu'une
brebis le quitte. Combien il l'aimait ! Elle était jeune, pure, candide
comme une nuée légère dans un ciel d'avril. Le berger la regardait avec tant
d'amour en pensant à tout le bien qu'il pouvait lui faire et à tout l'amour
qu'il pourrait en recevoir. Et elle l'abandonne. Le long du chemin qui
borde le pâturage, un tentateur est passé. Il ne porte pas une casaque
austère, mais un habit aux mille couleurs. Il ne porte pas la ceinture de
peau avec la hache et le couteau suspendus, mais une ceinture d'or d'où
pendent des sonnettes au son argentin, mélodieux comme la voix du rossignol,
et des ampoules d'essences enivrantes... Il n'a pas le bourdon avec lequel le
bon pasteur rassemble et défend les brebis, et si le bourdon ne suffit pas,
il est prêt à les défendre avec sa hache ou son couteau et même au péril de
sa vie. Mais ce tentateur qui passe a dans les mains un encensoir tout
brillant de pierres précieuses d'où s'élève une fumée qui est à la fois
puanteur et parfum, qui étourdit comme éblouissent les facettes des bijoux,
oh ! combien faux ! Il va en chantant et laisse tomber des poignées
d'un sel qui brille sur le chemin obscur... Quatre-vingt-dix-neuf
brebis le regardent sans bouger. 45> La centième, la plus jeune et la plus chère, fait un bond et
disparaît derrière le tentateur. Le berger l'appelle, mais elle ne revient
pas. Elle va, plus rapide que le vent, rejoindre celui qui est passé et, pour
soutenir ses forces dans sa course, elle goûte ce sel qui pénètre au dedans
et la brûle d'un délire étrange qui la pousse à chercher les eaux noires et
vertes dans l'obscurité des forêts. Et, dans les forêts, à la suite du
tentateur, elle s'enfonce, elle pénètre, monte et descend et elle tombe...
une, deux, trois fois. Et une, deux, trois fois, elle sent autour de son cou
l'embrassement visqueux des reptiles, et assoiffée, elle boit des eaux
souillées, et affamée, elle mord des herbes qui brillent d'une bave
dégoûtante. Que fait pendant ce
temps le bon pasteur ? Il enferme en lieu sûr les quatre-vingt-dix-neuf
brebis fidèles et puis se met en route et ne s'arrête pas jusqu'à ce qu'il
trouve des traces de la brebis perdue. Puisqu'elle ne revient pas à lui, qui
confie au vent ses appels, il va vers elle. Il la voit de loin, enivrée et
enlacée par les reptiles, tellement ivre qu'elle ne sent pas nostalgie du
visage qui l'aime, et elle se moque de lui. Et il la revoit, coupable d'être
entrée comme une voleuse dans la demeure d'autrui, tellement coupable qu'elle
n'ose plus le regarder... Et pourtant le pasteur ne se lasse pas... et il va.
Il la cherche, la cherche, la suit, la harcèle. Il pleure sur les traces de
l'égarée ; lambeaux de toison ; lambeaux d'âme ; traces de
sang ; délits de toutes sorte ; ordures ; témoignages de sa
luxure. Il va et la rejoint. Ah ! je t'ai
trouvée, mon aimée ! Je t'ai rejointe ! Que de chemin j'ai fait
pour toi ! Pour te ramener au bercail. Ne courbe pas ton front souillé.
Ton péché est enseveli dans mon cœur. Personne, excepté moi qui t'aime, ne le
connaîtra. Je te défendrai contre les critiques d'autrui, je te couvrirai de
ma personne pour te servir de bouclier contre les pierres des accusateurs.
Viens. Tu es blessée ? Oh ! montre-moi tes blessures. Je les
connais, mais je veux que tu me les montre, avec la confiance que tu avais
quand tu étais pure et quand tu me regardais moi, ton pasteur et ton dieu,
d'un oeil innocent. Les voilà. Elles ont toutes un
nom. Oh ! comme elles sont profondes ! Qui te les a faites si
profondes ces blessures au fond du cœur ? Le Tentateur, je le sais.
C'est lui qui n'a ni bourdon ni hache mais qui blesse plus profondément avec
sa morsure empoisonnée et, après lui, ce sont les faux bijoux de son
encensoir, qui t'ont séduite par leur éclat... et qui étaient un soufre
infernal qui se produisait à la lumière pour te brûler le cœur. Regarde
combien de blessures, combien de toison déchirée, combien de sang, combien de
ronces ! 46> Oh ! pauvre petite âme illusionnée ! Mais
dis-moi : si je te pardonne, tu m'aimeras encore ? Mais
dis-moi : si je te tends les bras, tu t'y jetteras ? Mais
dis-moi : as-tu soif d'un amour bon ? Et alors : viens et
reviens à la vie. Reviens dans les pâturages saints. Tu pleures. Tes larmes
mêlées aux miennes lavent les traces de ton péché, et Moi, pour te nourrir,
puisque tu es épuisée par le mal qui t'a brûlée, je m'ouvre la poitrine, je
m'ouvre les veines et je te dis : "Nourris-toi, mais
vis !" Viens que je te
prenne dans mes bras. Nous irons plus rapidement aux pâturages saints et
sûrs. Tu oublieras tout de cette heure de désespoir et tes
quatre-vingt-dix-neuf sœurs, les bonnes, jubileront pour ton retour. Je te le
dis, ma brebis perdue, que j'ai cherchée en venant de si loin, que j'ai
retrouvée, que j'ai sauvée, qu'on fait une plus grande fête parmi les bons
pour une brebis perdue qui revient que pour les quatre-vingt-dix-neuf justes
qui ne se sont pas éloignées du bercail." |
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Jésus ne s'est jamais
retourné pour regarder vers le chemin qui se trouve derrière Lui et par
lequel est arrivée, dans la pénombre du soir, Marie de Magdala, encore très
élégante, mais habillée, du moins, et couverte d'un voile foncé qui cache ses
traits et ses formes. Mais, quand Jésus arrive à ces paroles : "Je
t'ai trouvée, mon aimée", Marie passe la main sous son voile et pleure
doucement et sans arrêt. Les gens ne la voient pas car elle est au-delà du
talus qui borde le chemin. Il n'y a pour la voir que la lune désormais haute,
et l'esprit de Jésus... Qui me dit. "Le commentaire est dans la
vision, mais je t'en parlerai encore. Maintenant repose-toi, car c'est
l'heure. Je te bénis, Maria fidèle." |
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