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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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- Une règle de conduite pour les âmes lépreuses 46 - Aller au-devant du pécheur 47 - Sans vous laisser contaminer 47 - Ne pas craindre la souffrance 48 - La voix de la Vérité et du pardon 48 - Leur prouver que j'étais Dieu 50 - Pardon et compassion 50 - L'apôtre face à la défaite 52 - Je l'ai persécuté de mon amour 52 - Trois conditions du salut d'une âme : Parler à tous sans crainte -
Avoir une audace persévérante - Être plus doux qu'un cœur de maman 53 - Une rosée qui nourrit] 54 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 4 4.95. |
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46> Jésus dit : "Depuis Janvier,
depuis le moment où je t'ai fait voir le souper dans la maison de Simon le
lépreux, toi et celui qui te guide, vous avez désiré connaître davantage
Marie de Magdala et les paroles que je lui avais adressées. 47> Sept mois après, je
vous découvre ces pages du passé pour vous faire plaisir et pour donner une
règle de conduite à ceux qui doivent savoir se pencher sur ces âmes
lépreuses, et une voix qui s'adresse à ces malheureux qui étouffent dans leur
tombeau de vice, pour qu'ils en sortent.
Soyez vraiment bons,
un seul bloc, avec la Bonté éternelle au centre, et aucune corruption ne
pourra monter pour vous souiller au-dessus des semelles qui s'appuient sur le
sol. L'âme est tellement au-dessus ! L'âme de celui qui est bon et de
qui n'est qu'une chose avec Dieu. L'âme est au Ciel. Là n'arrive pas la
poussière et la boue, même, si elle est lancée avec rancœur contre l'esprit
de l'apôtre. Elle peut atteindre
la chair, vous blesser matériellement et moralement en vous persécutant parce
que le Mal hait le bien, ou en vous offensant. Et qu'est-ce que cela
fait ? N'ai-je pas été offensé, Moi ? N'ai-je pas été blessé ?
Mais est-ce que ces coups et ces paroles obscènes ont fait impression sur mon
Esprit ? L'ont-ils troublé ? Non. Comme un crachat sur un miroir et
comme un caillou lancé contre la pulpe juteuse d'un fruit, ils ont glissé
sans pénétrer ou bien ils ont pénétré, mais seulement en surface, sans
blesser le germe renfermé dans le noyau, en favorisant, au contraire, la
germination car il est plus facile pour le germe de sortir d'une masse
entrouverte que de celle qui est entière. C'est en mourant que le grain germe
et que l'apôtre devient fécond. En mourant matériellement parfois, en mourant
presque journellement au sens métaphorique parce que le moi humain n'en
est que brisé. Et ce n'est pas la mort : c'est la Vie. C'est le triomphe
de l'esprit sur ce qui n'est qu'humain.
Ne vous rappelez-vous
pas le carillon de fête qui, en temps de paix, rendait si gai le jour dédié
au Seigneur ? La grosse cloche donnait, avec son battant, le premier son,
au nom de la Loi divine. Elle disait : "Je parle au nom de Dieu,
Juge et Roi". 49> Mais ensuite les plus petites
arpégeaient : "Qui est bon, miséricordieux et patient" jusqu'à
ce que la cloche la plus argentine disait d'une voix angélique :
"Sa charité pousse au pardon et à la compassion pour vous enseigner que
le pardon est plus utile que la rancœur et la compassion que inexorabilité.
Venez à Celui qui pardonne, ayez foi en Celui qui compatit". Moi aussi,
après avoir rappelé la Loi, piétinée par la pécheresse, j'ai fait chanter
l'espérance du pardon. Comme une bande soyeuse de vert et d'azur, je l'ai
secouée parmi les teintes noires pour y mettre ses paroles réconfortantes.
Le pardon est comme
cette rosée. Il amène avec lui non seule- ment la netteté, mais les sucs
vitaux qu'il prend non aux éléments mais aux foyers divins. Puis, après la
promesse du pardon, voici la Sagesse qui parle et qui dit ce qui est licite
et ce qui ne l'est pas, et rappelle et secoue. Pas par dureté mais par souci
maternel de sauver. Que de fois votre
silex ne se rend-il pas plus impénétrable et plus tranchant envers la Charité
qui sur vous se penche ! ... Que de fois vous vous enfuyez alors qu'Elle
vous parle ! ... Que de fois vous vous moquez d'Elle ! Que de fois vous la haïssez ! ... Si
la Charité en usait avec vous comme vous le faites avec Elle, malheur à vos
âmes ! Au contraire, vous le voyez ! Elle est l'Infatigable
Marcheuse qui va à votre recherche. Elle va vous rejoindre même si vous vous
enfouissez dans de dégoûtantes tanières. Pourquoi ai-je voulu
aller dans cette maison ? Pourquoi n'y ai-je pas opéré le miracle ?
[2] C'est pour enseigner
aux apôtres comment ils doivent agir, en défiant les préventions et les critiques
pour accomplir un devoir si élevé qu'il échappe à ces choses du monde. Pourquoi ai-je dit à
Judas ces paroles? Les apôtres s'en tenaient beaucoup à leur
tempérament d'hommes. Tous les chrétiens en sont là, même les saints de la
terre, à un moindre degré. 50> Quelque chose en survit, même. chez
ceux qui sont parfaits. Mais les apôtres n'en étaient pas encore là. Leur
pensée était pénétrée d'humain. Je les élevais, mais le poids de leur
humanité les ramenait en bas. Pour les faire monter toujours plus, je devais
mettre sur le chemin de la montée des choses capables d'arrêter leur descente
de façon qu'ils s'arrêtent contre elles à réfléchir et prendre du repos pour
ensuite monter plus haut que la fois précédente, des choses qui fussent d'un
niveau capable de les persuader que Moi j'étais un Dieu. Pour cela des
introspections d'âmes, pour cela la victoire sur les éléments, pour cela des
miracles, pour cela la transfiguration, la résurrection et des ubiquités.
Plus que pour Judas,
membre qui couvait déjà en lui la mort, je parlais pour les onze autres. Je
devais nécessairement faire briller à leurs yeux que j'étais Dieu, non par
orgueil mais parce que c'était nécessaire pour leur formation. J'étais Dieu
et Maître. Ces mots indiquaient qui j'étais. Je me suis révélé par une
puissance qui dépassait l'humain et j'enseignais une perfection : de ne
pas avoir des conversations mauvaises même en notre intérieur. Parce
que Dieu voit et Dieu doit voir un intérieur pur pour pouvoir y descendre et
y faire sa demeure. Pourquoi n'ai-je
pas opéré le miracle en cette maison ? Pour faire comprendre à tous
que la présence de Dieu exige une ambiance pure, par respect pour
la grandeur de sa majesté. Pour parler sans remuer les lèvres, mais avec une
parole plus pénétrante, à l'esprit de la pécheresse et lui dire :
"Le vois-tu, malheureuse? Tu es tellement souillée que tout, autour de
toi en est souillé, tellement souillé que Dieu ne peut y agir. Toi, tu es
plus souillée que celui-ci parce que tu renouvelles la faute d'Eve et que
tu offres le fruit aux Adams, en les tentant et en les enlevant à leur
Devoir. Toi, ministre de Satan". Pourquoi, cependant,
je ne veux pas qu'elle soit appelée "satan"
par la mère angoissée ? [4] Parce qu'aucune
raison ne justifie l'insulte et la haine. La première nécessité qui
s'impose et la première condition pour avoir Dieu avec nous, c'est de n'avoir
pas de rancœur et de savoir pardonner. La deuxième nécessité, c'est de
savoir reconnaître qu'en nous aussi et en ce qui est nôtre il y a de la
culpabilité. Ne pas voir seulement les fautes d'autrui. 51> La troisième nécessité, c’est de savoir se conserver reconnaissants et
fidèles après avoir eu la grâce, par justice envers l'Eternel. Malheureux
ceux qui, après avoir obtenu la grâce, sont pires que des chiens et ne se
souviennent pas de leur Bienfaiteur, alors que le chien s'en souvient ! Je n'ai pas dit une
parole à Marie-Magdeleine. Comme si elle avait été
une statue, je l'ai regardée un instant, et puis je l'ai laissée. Je suis
revenu aux "vivants" que je voulais sauver. Elle, matière morte
comme et davantage qu'une statue de marbre, je l'ai enveloppée d'une
négligence apparente. Mais je n'ai pas dit une parole ni fait un acte
qui n'eût pas pour principal but sa pauvre âme que je voulais racheter. Et ma
dernière parole : "Moi, je n'insulte pas. N'insulte pas. Prie pour
les pécheurs. Rien d'autre" comme une guirlande de fleurs que l'on
forme, elle est allée se souder à la première que j'avais dite sur la
montagne : "Le pardon est plus utile que la rancœur, et la
compassion plus que l'inexorabilité [5]". Et elles
l'ont enfermée, la pauvre malheureuse, dans un cercle velouté, frais, parfumé
de bonté, en lui faisant sentir combien l'amoureux service de Dieu est
différent de l'esclavage féroce de Satan, combien est suave le parfum céleste
en comparaison de la puanteur de la faute et combien il est reposant d'être aimé
saintement plutôt que d'être possédé sataniquement. Voyez comme le
Seigneur est modéré dans ses volontés. il n'exige pas des conversions
foudroyantes. il ne prétend pas à l'absolu d'un cœur. il sait attendre. il
sait se contenter. Et pendant qu'il attend que celle qui est perdue retrouve
le chemin, que la folle retrouve la raison, il se contente de ce que peut Lui
donner la mère bouleversée. Je lui demande seulement : "Peux-tu
pardonner ?" Combien d'autres choses j'aurais eu à lui demander,
pour la rendre digne du miracle si j'avais jugé comme les hommes! Mais je
mesure divine- ment vos forces. Pour cette pauvre mère bouleversée,
c'était déjà beaucoup d'arriver à pardonner, et je ne lui demande que cela à
cette heure. Après, lui ayant rendu son fils, je lui dis: "Sois sainte
et rends sainte ta maison". Mais pendant qu'elle est bouleversée, je ne
lui demande que le pardon pour la coupable. On ne doit pas tout exiger
de celui qui peu avant était dans le néant des ténèbres. Cette mère serait
ensuite venue à la lumière totale et, avec elle, l'épouse et les enfants. Sur
le moment, à ses yeux aveuglés par les larmes, il fallait faire arriver le
crépuscule de la Lumière : le pardon, l'aube du jour de Dieu. 52> De ceux qui étaient présents - je ne compte
pas Judas, je parle des gens accueillis à cet endroit, pas de mes disciples -
un seul ne serait pas venu à la Lumière. Ces défaites accompagnent les
victoires de l'apostolat. Il y a toujours quelqu'un pour qui l'apôtre se
fatigue vainement. Mais elles ne doivent pas, ces défaites, faire perdre
courage. Il faut y aller même
s'il y en a qu'un sur mille qui se sauvera. La journée de l'apôtre sera
fructueuse pour ce seul homme, comme elle le serait pour mille. Car il aura
fait tout ce qu'il pouvait, et c' est cela que Dieu récompense. Il faut aussi
penser que là où l'apôtre ne peut faire de conversions parce que celui qu'on
doit convertir est trop accaparé par Satan et que les forces de l'apôtre sont
insuffisantes pour l'effort demandé, Dieu peut intervenir. Et alors ?
Qui est plus que Dieu ? [6] Autre chose que doit
absolument pratiquer l'apôtre, c'est l'amour. L'amour manifeste. Pas
seulement l'amour secret des Cœurs fidèles. Cela suffit pour les frères qui
sont bons. Mais l'apôtre est un ouvrier de Dieu, et il ne doit pas se borner
à prier : il doit agir. Qu'il agisse avec amour, un grand amour. La
rigueur paralyse le travail de l'apôtre et le mouvement des âmes vers la
Lumière. Pas de rigueur, mais de l'amour. L'amour c'est le vêtement
d'amiante que les flammes des mauvaises passions ne peuvent attaquer. L'amour
vous sature d'essences préservatrices qui empêchent la pourriture
humano-satanique de pénétrer en vous. Pour conquérir une âme, il faut savoir
l'aimer. Pour conquérir une âme, il faut l'amener à aimer. Aimer le Bien en
repoussant tous ses pauvres amours de péché. J'ai voulu l'âme de Marie. Et
comme pour toi, petit Jean, je ne me suis pas borné à parler de ma chaire de
Maître. Je suis descendu la chercher sur les chemins du péché. Je l'ai
poursuivie et persécutée de mon amour. Douce persécution ! Je suis
entré, Moi la Pureté, où elle était, elle l'Impureté. Je n'ai pas redouté
le scandale, ni pour Moi ni pour les autres. Le scandale ne pouvait entrer en
Moi parce que j'étais la Miséricorde, et celle-ci pleure sur les fautes mais
ne s'en scandalise pas. 53> Malheureux le pasteur qui se
scandalise et qui se retranche derrière ce paravent pour
abandonner une âme !
C'est le premier
travail à faire pour briser la croûte de la glèbe dure et la préparer
aux semailles. C'est le travail plus sévère, pour celui qui l'accomplit et
pour celui qui le supporte parce que la parole doit, comme le soc tranchant,
blesser pour ouvrir. Et en vérité je vous dis que le cœur de l'apôtre qui est
bon se blesse et saigne par la souffrance de devoir blesser pour ouvrir. Mais
cette douleur aussi est féconde. C'est par le sang et les pleurs de l'apôtre
que devient fertile la glèbe inculte. Seconde
qualité : Travailler même là où quelqu'un, qui comprendrait mal
sa mission, s'enfuirait. Se briser en s'efforçant d'arracher :
l'ivraie, le chiendent et les épines pour mettre à nu le terrain labouré et
faire briller sur lui, comme un soleil, la puissance de Dieu et sa bonté, et
en même temps en qualité de juge et de médecin être sévère et pourtant plein
de pitié, s'arrêtant pour attendre, pour donner le temps aux âmes de
surmonter la crise, de réfléchir , de décider. Troisième
point : Dès que l'âme qui dans le silence s'est repentie, en
pleurant et en méditant ses erreurs, ose venir timidement vers
l'apôtre, craignant d'être chassée, que l'apôtre ait un cœur plus grand que
la mer, plus doux qu'un cœur de maman, plus énamouré qu'un cœur
d'époux et qui l'ouvre tout grand pour en faire couler des flots de
tendresse. Si vous avez Dieu en
vous, Dieu qui est Charité, vous trouverez facilement les paroles de charité
qu'il faut dire aux âmes. 54> Dieu parlera en vous et par vous et
comme le miel qui coule d'un rayon, comme le baume qui
coule d'une ampoule, l'amour ira sur les lèvres brûlées et dégoûtées, ira aux
esprits blessés et sera soulagement et remède. Faites que les pécheurs vous
aiment, vous, docteurs des âmes. Faites qu'elles goûtent la saveur de la
Charité céleste et en deviennent anxieuses de ne plus chercher d'autre
nourriture. Faites qu'elles éprouvent en votre douceur un tel soulagement
qu'elles le cherchent pour toutes leurs blessures. Il faut que votre
charité écarte d'eux toute crainte parce que, comme le dit l'épître que tu as
lue aujourd'hui : "La crainte suppose le châtiment. Celui qui
craint n'est pas parfait en charité [7]". Mais ne l'est
pas non plus celui qui fait craindre. Ne dites pas : "Qu'as-tu
fait ?" Ne dites pas : "Va-t-en". Ne dites
pas : "Tu ne peux pas goûter l'amour bon". Mais dites, dites
en mon nom: "Aime et je te pardonne". Mais dites: "Viens, les
bras de Jésus sont ouverts". Mais dites: "Goûte ce Pain angélique
et cette Parole et oublie la poix d'enfer et le mépris de Satan".
Faites-vous bêtes de somme pour les faiblesses d'autrui. L'apôtre doit porter
son fardeau et celui d'autrui en même temps que ses croix et celles d'autrui.
Et, quand vous venez à Moi chargés des brebis blessées, rassurez-les, ces
brebis errantes, et dites : "Tout est oublié à partir de
maintenant"; dites : "N'aie pas peur du Sauveur. Il est venu
du Ciel pour toi, exprès pour toi. Je ne suis que le pont pour te conduire à
Lui qui t'attend, outre le canal de l'absolution pénitentielle, pour t'amener
à ses pâturages saints, dont le commencement est ici sur la terre, mais
continuent ensuite, dans une Beauté éternelle qui nourrit et charme, dans les
Cieux". Voilà le commentaire. Il vous concerne peu,
vous brebis fidèles au Bon Pasteur. Mais pour toi, petite épouse, il sera un
accroissement de confiance, pour le Père il sera encore plus de lumière dans
sa lumière de juge, pour beaucoup il sera non pas l'aiguillon qui pousse au Bien,
mais il sera la rosée dont j'ai parlé, qui pénètre et nourrit et qui fait se
redresser les fleurs flétries. |
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Levez la tête. Le Ciel
est là-haut. Va en paix, Maria. Le Seigneur est avec toi." |
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[1] Matthieu
10,11-14 - Marc
6,10-11 - Luc 10,5-6
– Voir aussi
4.128.
[6] Psaume 77,14 – "Dieu, ton chemin n’est que
sainteté ! Quel dieu est aussi grand que Dieu ?"