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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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vendredi 2 juin 28 (20 siwan)
- La pièce, la table et les convives 57 - L'entrée remarquée de la Madeleine 58 - Qui baise les pieds de Jésus 59 - Le regard complexe du pharisien Simon 59 - Elle baigne de larmes les pieds de Jésus 60 - Réaction de Jean, de Simon et de Jésus 60 |
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57> Pour me réconforter
de mes souffrances complexes et me faire oublier les méchancetés des hommes,
mon Jésus m'accorde cette suave contemplation. Je vois une salle
très riche. Un riche lampadaire à becs multiples est suspendu au milieu et il
est tout allumé. Aux murs, des tapis très beaux, des sièges ornés de
marqueterie et incrustés d'ivoire et de lames précieuses, et aussi des
meubles très beaux. Au milieu, une grande
table carrée, mais formée de quatre tables réunies. La table est certainement
disposée de cette manière pour les nombreux convives (tous des hommes) et
elle est couverte de très belles nappes et de riche vaisselle. Il y a de
nombreuses amphores et des coupes précieuses et les serviteurs se déplacent
tout autour, apportant des plats et versant des vins. Au milieu du carré, il
n'y a personne. Je vois le très beau dallage, sur lequel se reflète la lumière
du lampadaire à huile. À l'extérieur, par contre, il y a de nombreux
lits-sièges tous occupés par des convives. 58> Il me semble me
trouver dans l'angle à moitié obscur situé au fond de la salle, près d'une
porte qui est grande ouverte à l'extérieur, mais qui est en même temps fermée
par un lourd tapis ou tapisserie qui pend de son architrave. Du côté le plus
éloigné de la porte, se trouve le maître de maison avec les invités de
marque. C'est un homme âgé, vêtu d'une ample tunique blanche serrée à la
taille par une ceinture brodée. L'habit a aussi au cou, au bord des manches
et du vêtement lui-même, des bandes de broderies appliquées comme si
c'étaient des rubans brodés ou des galons, si on préfère les appeler ainsi.
Mais la figure de ce petit vieux ne me plaît pas. C'est un visage méchant,
froid, orgueilleux et avide. À l'opposé, en face
de lui, se trouve mon Jésus. Je le vois de côté, je dirais presque par
derrière. Il a son vêtement blanc habituel, des sandales, les cheveux séparés
en deux sur le front et longs comme toujours. Je remarque que Lui
et tous les convives ne sont pas allongés comme je croyais qu'on l'était sur
ces lits-sièges, c'est-à-dire perpendiculairement à la table, mais
parallèlement. Dans la vision des noces de Cana, je n'avais pas fait beaucoup
attention à ce détail, j'avais vu qu'ils mangeaient appuyés sur le coude
gauche, mais il me semblait qu'ils n'étaient pas couchés parce que les lits
étaient moins luxueux et beaucoup plus courts. Ceux-ci sont de vrais lits,
ils ressemblent aux divans modernes, à la mode turque. Jésus a Jean pour
voisin, et comme Jésus s'appuie sur le coude gauche (comme tout le monde) il
en résulte que Jean se trouve encastré entre la table et le corps du
Seigneur, arrivant avec son coude gauche à l'aine du Maître, de manière à ne
pas le gêner pour manger et à lui permettre aussi, s'il le veut, de s'appuyer
confidentiellement sur sa poitrine. Il n'y a pas de
femmes. Tout le monde parle, et le maître de maison s'adresse de temps en
temps à Jésus avec une familiarité pleine d'affectation et une condescendance
manifeste. Il est clair qu'il veut Lui montrer, et montrer à tous ceux qui
sont présents, qu'il Lui a fait un grand honneur de l'inviter dans sa riche
maison, Lui, pauvre prophète que l'on juge aussi un peu exalté... Je vois que Jésus
répond avec courtoisie, paisiblement [1]. Il sourit de son
léger sourire à ceux qui l'interrogent, il sourit d'un sourire lumineux si
celui qui Lui parle, ou même seulement le regarde, est Jean. 59> Je vois se lever la
riche tapisserie qui couvre l'embrasure de la porte et entrer une femme
jeune, très belle, richement vêtue et soigneusement coiffée. La chevelure
blonde très épaisse fait sur sa tête un véritable ornement de mèches
artistement tressées. Elle semble porter un casque d'or tout en relief,
tellement la chevelure est fournie et brillante. Elle a un vêtement dont je
dirais qu'il est très excentrique et compliqué si je le compare à celui que
j'ai toujours vu à la Vierge Marie. Des boucles sur les épaules, des bijoux
pour retenir les froncis en haut de la poitrine, des chaînettes d'or pour
dessiner la poitrine, une ceinture avec des boucles d'or et des pierres
précieuses. Un vêtement provocant qui fait ressortir les lignes de son très
beau corps. Sur la tête un voile si léger... qu'il ne voile rien. Ce n'est
qu'une parure, c'est tout. Aux pieds de très riches sandales avec des boucles
d'or, des sandales de cuir rouge avec des brides entrelacées aux chevilles.
Tous, sauf Jésus, se retournent pour la regarder. Jean l'observe un instant,
puis il se tourne vers Jésus. Les autres la fixent avec une visible et
mauvaise gourmandise. Mais la femme ne les regarde pas du tout et ne se
soucie pas du murmure qui s'est élevé à son entrée et des clins d’œil de tous
les convives, excepté Jésus et le disciple. Jésus fait voir qu'il ne
s'aperçoit de rien, il continue de parler en terminant la conversation qu'il
avait engagée avec le maître de maison. La femme se dirige
vers Jésus et s'agenouille près des pieds du Maître. Elle pose par terre un
petit vase en forme d'amphore très ventrue, enlève de sa tête son voile en
détachant l'épingle précieuse qui le retenait fixé aux cheveux, elle enlève
les bagues de ses doigts et pose le tout sur le lit-siège près des pieds de
Jésus, ensuite elle prend dans ses mains les pieds de Jésus d'abord celui de
droite, puis celui de gauche et en délace les sandales, les dépose sur le
sol, puis elle Lui baise les pieds en sanglotant et y appuie son front, elle
les caresse et ses larmes tombent comme une pluie qui brille à la lumière du
lampadaire et qui arrose la peau de ces pieds adorables. Jésus tourne
lentement la tête, à peine, et son regard bleu sombre se pose un instant sur
la tête inclinée. Un regard qui absout. Puis il regarde de nouveau vers le
milieu. Il la laisse libre dans son épanchement. Mais les autres, non.
Ils plaisantent entre eux, font des clins d’œil, ricanent. Et le pharisien se
met assis un moment pour mieux voir et son regard exprime désir, contrariété,
ironie. C'est de sa part la convoitise pour la femme, ce sentiment est
évident. 60> Il est fâché d'autre part qu'elle soit entrée si
librement, ce qui pourrait faire penser aux autres que la femme est... une
habituée de la maison. C'est enfin un coup d’œil ironique à Jésus... Mais la femme ne fait
attention à rien. Elle continue de verser des larmes abondantes, sans un cri.
Seulement de grosses larmes et de rares sanglots. Ensuite elle dénoue ses
cheveux en en retirant les épingles d'or qui tenaient en place sa coiffure
compliquée et elle pose aussi ces épingles près des bagues et de la grosse
épingle qui maintenait le voile. Les écheveaux d'or se déroulent sur les
épaules. Elle les prend à deux mains, les ramène sur sa poitrine et les passe
sur les pieds mouillés de Jésus, jusqu'à ce qu'ils soient secs. Puis elle
plonge les doigts dans le petit vase et en retire une pommade légèrement
jaune et très odorante. Un parfum qui tient du lys et de la tubéreuse se
répand dans toute la salle. La femme y puise largement, elle étend, elle
enduit, baise et caresse. Jésus, de temps en
temps, la regarde avec une affectueuse pitié. Jean, qui s'est retourné étonné
en entendant les sanglots, ne peut détacher le regard du groupe de Jésus et
de la femme. Il regarde alternativement l'Un et l'autre. Le visage du
pharisien est de plus en plus hargneux. J'entends ici les paroles connues de
l'Évangile [2] et je les entends
dites sur un ton et accompagnées d'un regard qui font baisser
la tête au vieillard haineux. |
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J'entends les paroles
d'absolution adressées à la femme qui s'en va en laissant ses bijoux aux
pieds de Jésus. Elle a enroulé son voile autour de sa tête en y enserrant le
mieux possible sa chevelure défaite. Jésus, en lui disant : "Va en
paix", lui pose un instant la main sur sa tête inclinée, mais avec une
extrême douceur. |
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[2] Luc, chapitre 7,39
"À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même: "Si
cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce
qu’elle est : une pécheresse!" Mais, prenant la parole, Jésus lui
dit: "Simon, j’ai quelque chose à te dire" -"Parle,
maître", répond-il. - "Un créancier avait deux débiteurs; l’un devait
cinq cents deniers, (20.000 €) l’autre cinquante. (2.000 €) Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser,
il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus?" Simon répondit:
"Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus." Il lui dit:
"Tu as bien jugé." Et, se tournant vers la femme: "Tu vois cette
femme? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé
d’eau sur les pieds; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et
les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser; elle, au
contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de
baisers. Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête; elle, au contraire, a répandu
du parfum sur mes pieds. À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses
nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais
celui à qui on remet peu montre peu d’amour." Puis il dit à la femme:
"Tes péchés sont remis." Et ceux qui étaient à table avec lui se
mirent à dire en eux-mêmes: "Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre
les péchés?" - Mais il dit à la femme: "Ta foi t’a sauvée; va en
paix."