"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 6.387 - À Galgala. Il mendico Ogla e gli scribi tentatori. Gli apostoli paragonati aile dodici pietre del prodigio di Giosuè.

 3.386- At Gilgal. The Beggar Ogla. The Twelve Stones.

 4.387 - En Guilgal. El mendigo Ogla y los escribas tentadores. Los apóstoles comparados con las doce piedras del prodigio de Josué.

 7.434 - Zu Gilgal.


Mercredi 11 avril 29
(11 Nissan 3789)
Galgala.


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 La haine et son déchaînement : le premier des crimes.

 La contrition est nécessaire au pardon.

 Le Baptême de Jésus.


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- Entrée dans la ville........ 8

- Un mendiant ulcéré...... 9

- Qui parlera seul à seul avec Jésus................................ 10


- Il Lui raconte sa vie de haine.......................................... 10

- Tu n'avais pas raison de te venger.............................. 11

- Repentir et pardon...... 12

- Diatribe : Jésus réduit au silence un jeune scribe sarcastique..................... 13


- Un autre l'accuse de nécromancie.................. 13

- Il est tenté comme autrefois au désert......................... 14

- Discours : (Les douze pierres de Josué : Les apôtres) 15

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 77.

387.
À Galgala.


Vision du lundi 18 février 1946

8> Je ne sais pas comment est maintenant Galgala. Au moment où Jésus y entre, c'est une ville ordinaire de Palestine, assez peuplée, située sur une colline peu élevée, couverte surtout de vignes et d'oliviers. Mais le soleil y est si fort que les blés aussi peuvent y trouver place, semés au hasard sous les arbres ou entre les rangs de vignes. Et ils mûrissent malgré les feuillages parce qu'ils sont rôtis à souhait par le soleil qui déjà se ressent du voisinage du désert.        

9> Poussière, brouhaha, saleté, confusion de jour de marché. Et, inévitables comme le destin, les habituels pharisiens et scribes zélés et non convaincus, qui avec de grands gestes discutent doctoralement dans le meilleur coin de la place et qui font semblant de ne pas voir Jésus ou de ne pas le connaître. Jésus va tout droit consommer son repas sur une petite place secondaire, presque à la périphérie, toute ombragée par un enchevêtrement de branches d'arbres de toutes espèces. J'ai l'impression qu'il s'agit d'une portion de montagne faisant partie depuis peu de l'agglomération et qui garde encore le souvenir de son état naturel. 

Le premier à s'approcher de Jésus, qui mange du pain et des olives. est un homme déguenillé. Il demande un peu de pain. Jésus lui passe le sien avec toutes les olives qu'il a en main.       

"Et Toi? Nous n'avons pas d'argent, tu le sais" observe
Pierre. "Nous avons tout laissé à Ananias..."   

"N'importe. Je n'ai pas faim. Soif, si..."        

Le mendiant dit : "Ici derrière il y a un puits. Mais pourquoi m'as-tu tout donné ? Tu pouvais me donner la moitié de ton pain... Si tu n'éprouves pas du dégoût de le reprendre..."

"Mange, mange. Moi, je puis m'en passer. Mais pour que tu ne penses pas que j'aie du dégoût, donne-moi de tes mains une seule bouchée et je la mangerai pour être ton ami..."

L'homme, au visage triste et sombre, s'éclaire d'un sourire étonné et il dit : "Oh ! c'est la première fois depuis que je suis le pauvre Ogla que quelqu'un me dit qu'il veut être mon ami !" et il donne une bouchée de pain à Jésus. Et il demande : "Qui es-tu ? Comment t'appelles-tu ?"         

"Je suis Jésus de Nazareth, le Rabbi de Galilée."      

"Ah !... J'ai entendu par d'autres parler de Toi... Mais... n'es-tu pas le Messie ?..."     

"Je le suis."  

"Et Toi, Messie, tu es si bon avec les mendiants ? Le Tétrarque nous fait battre par ses serviteurs s'il nous voit sur sa route..."          

"Moi, je suis le Sauveur. Je ne bats pas. J'aime."      

L'homme le regarde fixement. Puis il se met à pleurer lentement.       

"Pourquoi pleures-tu ?"         

"Parce que... je voudrais être sauvé... Tu n'as plus soif, Seigneur ? Je pourrais te conduire au puits et je parler..."          

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10> Jésus comprend que l'homme veut avouer quelque chose et il se lève en disant : "Allons."       

"Je viens moi aussi !" déclare vivement Pierre.          

"Non. Je reviens tout de suite, d'ailleurs... Et il faut respecter celui qui se repent."     

Il va avec l'homme derrière une maison au-delà de laquelle s'étend la campagne.      

"Là il y a le puits... Bois, et puis écoute-moi."           

"Non, homme. Verse d'abord en Moi ta peine et ensuite... je boirai. Et puis j'aurai peut-être une eau plus douée pour ma soif que celle du sol."  

"Laquelle, Maître ?"   

"Ton repentir. Allons sous ces arbres. Ici les femmes nous observent. Viens" et il lui met la main sur l'épaule et le pousse vers un massif d'oliviers.        

"Comment sais-tu que je suis coupable et que je me repens ?"         

"Oh !... Mais parle et n'aie pas peur de Moi."

"Seigneur... Nous étions sept frères d'un même père, mais moi j'étais né d'une femme que mon père avait épousée une fois veuf. J'étais haï par les six autres. Le père. en mourant, nous laissa à tous des parts égales. Mais quand il fut mort, les six autres, en corrompant les juges, m'enlevèrent tout mon bien. Ils chassèrent ma mère et moi-même, avec des accusations infâmes. Elle mourut alors que j'avais seize ans... et elle mourut de privations... Et dès lors, je n'ai plus eu personne pour m'aimer..." et il pleure tout abattu. Il se reprend et continue : "Les six, riches et heureux, connaissaient la prospérité, grâce aussi à mon bien, et moi je mourais de faim car j'étais tombé malade en assistant ma mère épuisée... Mais Dieu les à frappés l'un après l'autre. Je les ai tant maudits, tant haïs, qu'ils ont été victimes du sortilège. Faisais-je mal ? Certainement. Je le sais. Et je le savais. Mais comment aurais-je pu ne pas les haïr et les maudire ? Le dernier, qui était en réalité le troisième par rang d'âge, résistait à toutes les malédictions. Il prospérait même, grâce aux biens des cinq autres, il avait hérité légitimement des trois plus jeunes, morts sans épouses, il avait épousé la veuve du premier, mort sans enfants, et il avait frauduleusement, par des prêts et des ruses, enlevé une bonne partie de la succession du second à la veuve et aux orphelins. Quand il me rencontrait par hasard aux marchés où j'allais comme serviteur d'un riche pour vendre des denrées, il m'insultait et me frappait... Un soir, je l'ai rencontré... J'étais seul, il était seul. Lui était un peu ivre de vin...
       

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11>
Et moi, j'étais ivre de souvenirs et de haine... Il y avait dix ans que ma mère était morte... Il m'insulta, en insultant la morte... Il l'appela "chienne immonde" et il m'appela "fils de la hyène..." Seigneur, s'il n'avait pas touché ma mère... j'aurais supporté. Mais il l'a insultée... Je l'ai pris au collet. Nous avons lutté... Je voulais seulement le frapper... Mais il a glissé à terre... et la terre était couverte d'une herbe glissante, en pente... et dessous il y avait un ravin et un torrent... Il a roulé, ivre comme il l'était, et il est tombé... On le cherche encore depuis tant d'années... Mais il est enseveli dans les pierres et le sable d'un torrent du Liban. Moi, je ne suis plus revenu chez mon maître, et lui n'est plus revenu à Césarée Panéade. J'ai marché sans paix... Ah ! la malédiction de Caïn ! Peur de vivre... et peur de mourir... Je suis tombé malade... Et puis... j'ai entendu parler de Toi... Mais j'avais peur... On disait que tu voyais dans le cœur de l'homme. Et ils sont si méchants les rabbis d'Israël !... Ils ne connaissent pas la pitié... Toi, Rabbi des rabbis, tu étais ma terreur... Et je fuyais devant Toi. Et pourtant je voudrais être pardonné..." Il pleure, affaissé sur le sol...

Jésus le regarde et murmure : "Et prenons sur Moi-même ces péchés !... Fils ! Écoute. Je suis la Pitié, pas la terreur. C'est aussi pour toi que je suis venu. N'aie pas honte de Moi... Je suis le Rédempteur. Tu veux être pardonné ? De quoi ?"  

"De mon crime. Tu me le demandes ? J'ai tué mon frère."     

"Tu as dit : "Je voulais seulement le frapper" parce qu'à ce moment-là tu étais offensé et irrité. Mais quand tu haïssais et maudissais non pas un mais six frères, tu n'étais pas offensé et irrité. Tu le faisais comme tu respirais, spontanément. La haine et la malédiction, la joie de les voir frappés, c'était ton pain spirituel, n'est-ce pas ?"    

"Oui, Seigneur. Pendant dix années ce fut mon pain."           

 "Eh bien, en réalité, le plus grand crime, tu l'as commencé du moment où tu as haï et maudit. Tu es six fois homicide de tes frères."          

"Mais, Seigneur, ils m'avaient ruiné et haï... Et ma mère était morte de faim..."          

"Tu veux dire que tu avais raison de te venger."        

"Oui, je veux le dire."            

"Tu n'as pas raison. Il y avait Dieu pour punir. Toi, tu devais aimer. Et Dieu t'aurait béni sur la Terre et dans le Ciel."        

"Il ne me bénira donc jamais ?"         

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12> "Le repentir ramène la bénédiction. Mais que de douleurs, que d’angoisses tu t'es donné ! Par ta haine tu t'en es données beaucoup plus que ne t'en avaient données tes frères !..."     

"C'est vrai ! C'est vrai ! Une horreur qui dure depuis vingt-six ans. Oh ! Pardonne-moi, au nom de Dieu. Tu vois que j'ai en moi la douleur de ma faute ! Je ne demande rien pour ma vie. Je suis mendiant et malade. Mais je veux rester tel, souffrir, expier. Mais donne-moi la paix de Dieu ! J'ai fait des sacrifices au Temple en souffrant de la faim, pour accumuler la somme pour l'holocauste. Mais je ne pouvais dire mon crime, et je ne sais pas si mon sacrifice a été accepté."       

"Nullement. Même si chaque jour tu en avais consommé un, à quoi aurait-il servi quand tu mentais en l'offrant ?
 C'est un rite superstitieux et inutile celui qui n'est pas précédé du sincère aveu de la faute. Faute ajoutée à une faute, et donc encore plus qu'inutile. Offrande sacrilège. Que disais-tu au prêtre ?"  

"Je disais : "J'ai péché par ignorance en faisant des choses interdites par le Seigneur et je veux expier". Je pensais : "Je sais en quoi j'ai péché, et Dieu le sait. Mais à l'homme je ne peux le dire clairement. Dieu, qui voit tout, sait que je pense à mon péché"."

"Restrictions mentales, échappatoires indignes. Le Très-Haut les hait. Quand on pèche, on expie. Ne le fais plus."         

"Non, Seigneur. Et serai-je pardonné ? Ou dois-je aller tout avouer? Payer de ma vie la vie que j'ai prise? Il me suffit de mourir avec le pardon de Dieu."            

"Vis pour expier. Tu ne pourrais pas rendre son mari à la veuve et leur père aux enfants... Avant de tuer, avant de permettre que la haine devienne maîtresse, il faudrait réfléchir ! Mais lève-toi et marche par ton nouveau chemin. En marchant, tu trouveras de mes disciples. Les monts de Judée, si tu vas de Tecua à Bethléem, et au-delà vers Hébron, sont certainement parcourus par eux. Dis-leur que Jésus t'envoie et dis-leur qu'avant la Pentecôte il remontera vers Jérusalem en passant par Béthsur et Béther. Demande Elie, Joseph, Lévi, Mathias, Jean, Benjamin, Daniel, Isaac. Te rappelleras-tu ces noms ? Adresse-toi à eux particulièrement. Maintenant allons..."        

"Et tu ne bois pas ?"            

"J'ai bu tes larmes. Une âme qui revient à Dieu ! Il n'y a rien de plus réconfortant pour Moi."

"Je suis pardonné, alors ?! Tu dis : "Qui revient à Dieu"..."    

"Oui. Tu es pardonné. Et ne hais jamais plus."          

L'homme se penche de nouveau, car il s'était redressé, et il baise les pieds de Jésus.

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13> Ils reviennent vers les apôtres et ils les trouvent en discussion avec des scribes.

"Voici le Maître. Lui, peut vous répondre et vous dire que vous êtes pécheurs."        

"Qu'y a-t-il ?" demande Jésus dont le salut déférent n'obtient pas de réponse.          

"Maître, ils nous vexent avec leurs questions et leurs moqueries..."   

"Supporter les ennuis, c'est une œuvre de miséricorde."       

"Mais ils t'offensent Toi. Ils font de Toi un objet de mépris... et les gens hésitent. Tu le vois ? Nous avions réussi à rassembler des personnes... Maintenant qui reste-t-il ? Deux ou trois femmes..."   

"Oh ! non ! Vous avez aussi un homme, un homme crasseux ! C'est encore trop pour vous ! Seulement, ô Maître, ne te semble-t-il pas de te contaminer trop, Toi qui dis toujours que les saletés te dégoûtent ?" raille un jeune scribe en montrant le mendiant qui est à côté de Jésus.     

"Lui n'est pas sale. Il n'a pas la saleté qui me répugne. Lui c'est "le pauvre". Le pauvre ne me dégoûte pas. Sa misère doit seulement ouvrir l'âme à des sentiments de pitié fraternelle. J'ai le dégoût des misères morales, des cœurs empuantis, des âmes en lambeaux, des esprits couverts de plaies."   

"Et tu sais si lui n'est pas tel ?"         

"Je sais qu'il croit et espère en Dieu et en sa miséricorde, maintenant qu'il l'a connue."

"Connue ? Où habite-t-elle ? Dis-le pour que nous aussi nous puissions y aller et voir son visage. Ah ! Ah ! Le Dieu terrible, que Moïse n'osait pas regarder, doit avoir une bien terrible face même dans sa miséricorde, même si après tant de siècles s'est adoucie sa rigueur !" réplique le jeune scribe et il rit d'un rire qui est plus négateur qu'un blasphème.

"Moi qui te parle, je suis la Miséricorde de Dieu !" crie Jésus. Il s'est dressé, et fulgurante est la puissance de son regard et de son geste. Je ne sais pas comment l'autre n'aie pas peur...          

Cependant, même s'il ne fuit pas, il ne sait plus continuer ses sarcasmes et il se tait alors qu'un autre le remplace : "Oh ! que de paroles inutiles ! Nous voudrions seulement pouvoir croire. Nous ne demanderions pas mieux. Mais, pour croire, il faut avoir des preuves. Maître, sais-tu ce qu'est Galgala pour nous ?"           

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14> "Et tu me prends pour un sot ?" dit Jésus. Et prenant le ton de la psalmodie, lent, un peu traînant, il commence : "Et Josué, s'étant levé avant le jour, leva le camp. Partis de Setim, lui et tous les fils d'Israël arrivèrent au Jourdain où ils s'arrêtèrent trois jours, à la fin desquels les hérauts parcoururent le camp en criant : 'Quand vous verrez l'Arche de l'Alliance du Seigneur votre Dieu, portée par les prêtres de la race de Lévi, partez, vous aussi et suivez-les, mais qu'il y ait entre vous et l'Arche un intervalle de deux mille coudées, afin que vous puissiez voir de loin et distinguer le chemin par lequel vous devez marcher, n'y étant jamais passé et...[1]"          

"Assez ! Assez ! La leçon tu la sais. Eh bien, nous voudrions avoir de Toi, pour croire, un pareil miracle. Au Temple, à Pâque, on nous a rebattu les oreilles de la nouvelle apportée par un passeur, que tu as arrêté le fleuve en crue
[2]. Donc si pour un homme quelconque tu as tant fait, pour nous, qui sommes tellement plus qu'un homme, fais le miracle de descendre dans le Jourdain avec les tiens et de le passer à pied sec comme Moïse à la Mer Rouge et Josué à Galgala. Allons ! Les sortilèges ne servent que pour les ignorants, mais nous nous ne serons pas séduits par ta nécromancie, bien que Toi, c'est connu, tu connaisses les secrets de l'Égypte et les formules magiques."         

"Je n'en ai pas besoin."        

"Descendons au fleuve et nous croirons en Toi."      

"Il est dit: "Ne tente pas le Seigneur ton Dieu
[3] !"       

"Tu n'es pas Dieu ! Tu es un pauvre fou. Tu es quelqu'un qui soulève les foules ignorantes. Avec elles c'est facile, car tu as Belzébuth avec Toi. Mais avec nous qui sommes pourvus des insignes d'exorcistes, tu es moins que rien" dit un scribe sur un ton agressif.     

"Ne l'offense pas ! Prie-le de nous contenter. Comme tu le traites, il s'avilit et perd sa puissance. Allons, Rabbi de Nazareth ! Donne-nous une preuve et nous t'adorerons" dit un vieux scribe, astucieux comme un serpent, et il est plus hostile dans ses flatteries tortueuses que les autres dans leur férocité déclarée.           

Jésus le regarde. Puis il se tourne vers le sud-ouest et il ouvre les bras en les tendant en avant. Il dit : "Là-bas se trouve le désert de Juda et là il me fut dit par l'Esprit du Mal de tenter le Seigneur mon Dieu. Et j'ai répondu : "Va-t-en Satan ! Il est dit que Dieu doit être adoré, non tenté. Et il faut pour le suivre dépasser la chair et le sang". C'est ce que je vous dis, à vous
[4]."           

"C'est à nous que tu donnes le nom de Satan ? À nous ? Ah! Maudit !" et, plus semblables à des voyous qu'à des docteurs de la Loi, ils prennent des pierres éparses sur le sol pour le frapper, et ils crient : "Va-t-en ! Va-t-en ! Maudit sois-tu éternellement !"     

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15> Jésus les regarde, sans peur. Il paralyse leur geste sacrilège, ramasse son manteau et il dit : "Allons ! Homme, marche devant Moi" et il revient vers le puits, vers l'oliveraie de la confession, il y pénètre... Et accablé, il baisse la tête alors que deux larmes qu'il ne peut retenir roulent de ses cils sur son visage pâle.          

Ils arrivent à une route. Jésus s'arrête et il dit au mendiant : "Je ne peux te donner de l'argent. Je n'en ai pas.
Je te bénis. Adieu. Fais ce que je t'ai dit."     

Ils se séparent... Les apôtres sont affligés. Ils ne parlent pas. Ils se regardent en dessous...    

Jésus rompt le silence en reprenant le ton du psaume
[5] interrompu par le scribe : "Et le Seigneur dit à Josué : 'Prends douze hommes, un par tribu, et fais leur prendre au milieu du lit du Jourdain, à l'endroit où se sont arrêtés les pieds des prêtres, douze pierres très dures que vous érigerez à l'endroit des campements, là où vous planterez les tentes cette nuit'. Et Josué, après avoir appelé à lui les douze hommes choisis parmi les fils d'Israël, un par tribu, leur dit :'Allez en avant de l'Arche du Seigneur votre Dieu au milieu du Jourdain et prenez de là, sur vos épaules, chacun une pierre selon le nombre des fils d'Israël, pour en faire un monument au milieu de vous. Et quand dans l'avenir vos fils vous interrogeront, en disant : Que signifient ces pierres ? Vous leur répondrez : Les eaux du Jourdain disparurent devant l'Arche de l'Alliance du Seigneur qui les traversa, et ces pierres furent placées comme monument éternel des fils d'Israël."  

Jésus relève sa tête qu'il tenait baissée. Il tourne son regard vers les douze qui le regardent. Il dit avec une autre voix, sa voix des moments de plus grande tristesse :
 "Et l'Arche a été dans le fleuve. Et ce ne furent pas les eaux, mais les cieux qui s'ouvrirent par respect pour le Verbe qui s'y trouvait pour les sanctifier, les rendre plus saintes qu'elles ne le furent à cause de l'Arche arrêtée dans le lit du fleuve. Et le Verbe s'est choisi douze pierres. Très dures, car elles doivent durer jusqu'à la fin du monde. Et parce qu'elles doivent être les fondations pour le Temple nouveau et pour la Jérusalem éternelle. Douze. Rappelez-le-vous. Ce doit être le nombre. Et puis il en a choisi douze autres pour un second témoignage. Les premiers disciples bergers, et Abel le lépreux, et Samuel l'estropié, les premiers guéris... et reconnaissants... Très dures aussi, car elles devront résister aux coups d'Israël qui hait Dieu !... Qui hait Dieu !..."



16> Quelle voix déchirée, affaiblie, presque blanche a Jésus alors qu'il pleure sur la dureté d'Israël. Il reprend : "Dans le fleuve, les siècles et l'homme éparpillèrent les pierres souvenir... Sur la Terre la haine éparpillera mes douze. Sur les rives du fleuve, les siècles et les hommes ont détruit l'autel souvenir... Les premières et les secondes pierres, ayant servi à tous les usages à cause de la haine des démons qui ne sont pas seulement dans l'enfer mais aussi dans les hommes, ne se reconnaissent plus. Telles d'entre elles servirent même pour tuer. Et qui me dit que dans les pierres levées contre Moi il n'y avait pas des éclats des pierres très dures choisies par Josué ? Très dures ! Ennemies ! Oh ! très dures ! Même parmi les miens, il y en aura qui, séparés, serviront de trottoir aux démons qui marchent sur Moi... et se feront cailloux pour me frapper et ils ne seront plus les pierres choisies... mais les satans... Oh ! Jacques, mon frère ! Très dur est Israël avec son Seigneur !" et, chose jamais vue, Jésus accablé par je ne sais quel découragement qui le domine, se penche sur l'épaule de Jacques d'Alphée et l'embrasse en pleurant...

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[1] Josué 3, 1-17.

[2] Cf. Tome 5, chapitre 51.

[3] Deutéronome 6,16.

[4] Cf. Tome 2, chapitre 5.

[5] Josué 3, 1-17.