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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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samedi
28 avril 29
- [Commentaire de MV : L'obéissance des porte-voix] 91 - Judas insulte André 91 - Pierre, enragé, se défoule sur la nature 91 - Jésus le remercie de sa victoire sur lui-même 92 |
6.92. |
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91> Je puis te contempler, mon Seigneur, pendant que tu descends par des chemins rapides vers une fertile vallée en laissant derrière Toi le château de Béther, encore lumineux dans le jour qui meurt là-haut, au sommet de sa colline fleurie... Laissant là-haut l'amour des femmes disciples, des petits, des humbles, et descendant vers les routes qui vont à Jérusalem, vers le monde… vers le bas... Et elles ne sont pas seulement plus obscures que les sommets parce que ce sont des "vallées" et que par conséquent le soleil, la lumière les a quittées depuis un moment, mais parce que surtout en bas, dans le monde, il y a l'embuscade, il y a la haine, il y a tant de mal qui t'attendent, mon Seigneur... Jésus est tout à fait en tête. Forme blanche et silencieuse qui avance, majestueuse même en descendant par des sentiers malaisés et irréguliers qu'il a pris pour raccourcir le chemin. Dans la descente son long vêtement, son large manteau, balaient la pente et Jésus paraît déjà enveloppé du manteau royal qui fait une traîne derrière ses pas. Derrière Lui, moins majestueux mais pareillement silencieux, les apôtres... Le dernier, à quelque distance, Judas dans son sombre dépit qui le rend laid. Parfois les plus simples : André, Thomas, se retournent pour le regarder et André lui dit même : « Pourquoi restes-tu ainsi seul, si loin en arrière ? Tu te sens mal ? » Cela provoque une brutale repartie : « Pense pour toi » qui étonne André, d'autant plus qu'elle est accompagnée d'une épithète grossière. Pierre est le second de la file des apôtres, derrière Jacques 92> d'Alphée qui suit immédiatement le Maître. Et, dans le grand silence du soir dans les montagnes, Pierre a entendu. Il se retourne brusquement, et brusquement il va aller en arrière vers Judas. Puis il s'arrête. Il réfléchit un moment, et il court vers Jésus. Il le saisit rudement par un bras et le secoue en disant, angoissé : « Maître, tu m'assures qu'il en est bien comme tu l'as dit l'autre soir ? Que les sacrifices et les prières ne restent jamais sans résultat, même s'il semble qu'ils ne servent pas ?... » Jésus, doux, triste, pâle, regarde son Simon qui sue dans l'effort qu'il fait pour ne pas réagir tout de suite à l'insulte, qui est tout rouge, qui tremble même. qui peut-être Lui fait mal tellement il Lui serre le bras, et il lui répond avec un sourire paisible et attristé : « Ils ne sont jamais sans récompense. Sois-en certain. » Pierre le quitte et s'en va, non pas à sa place, mais sur la pente de la montagne parmi les arbres, et il se défoule en brisant, en brisant arbustes et jeunes plantes avec une violence qui visait ailleurs et qui se décharge ici sur les plantes. « Mais que fais-tu ? Tu es fou ? » lui demandent plusieurs. Pierre ne répond pas : il casse, casse, casse. Il se fait dépasser de tous les apôtres, de Judas... et il casse, casse, casse. Il semble travailler aux pièces tant il y met d'entrain. A ses pieds il a tout un fagot qui suffirait à rôtir un veau. Il s'en charge péniblement et se met à rejoindre ses compagnons. Je ne sais comment il fait ainsi empêtré par son manteau, le fardeau, la besace, sur le sentier malaisé. Mais il avance tout courbé, comme sous un joug... Judas rit en le voyant arriver et lui dit : « Tu ressembles à un esclave ! » Pierre a du mal à détourner la tête de dessous le joug et il va lui dire quelque chose, mais il se tait, serre les dents et avance. « Je vais t'aider, frère » dit André. « Non. » « Mais pour un agneau cela fait trop de bois » observe Jacques de Zébédée. Pierre ne répond pas. Il avance, ainsi chargé et il n en peut plus, semble-t-il, mais il tient bon. Enfin Jésus s'arrête près d'une grotte, presque au bas de la descente et tous avec Lui. « Nous allons rester ici pour partir au point du jour » ordonne le Maître. « Préparez le souper. » Alors Pierre jette son chargement par terre et il s'assoit dessus. sans expliquer à personne le motif de sa grande fatigue, alors qu'il y a du bois partout. 93> Mais pendant que l'un va ici, l'autre là pour prendre de l'eau de boisson, pour nettoyer le sol de la grotte et laver l'agneau qu'on va cuire, et Pierre reste seul avec son Maître, Jésus, debout, pose sa main sur la tête grisonnante de son Simon et il caresse cette tête honnête... Alors Pierre prend cette main et la baise. Il la tient contre sa joue et il la baise de nouveau, la caresse... Une goutte tombe sur la main blanche, qui n'est pas de la sueur de son rude et honnête apôtre, mais une larme silencieuse d'amour et de peine, de victoire après l'effort. Jésus se penche et l'embrasse en lui disant : « Merci, Simon ! » |
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Voilà : Pierre n'est sûrement pas un bel homme, mais quand il renverse sa tête en arrière pour regarder son Jésus qui l'a embrassé et remercié, car Lui, Lui seul a compris, la vénération, la joie le rendent beau... C'est sur cette transformation que la vision cesse pour moi. |