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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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samedi
4 août 29
- Une flottille en route vers Magdala 391 - Sortie de Pierre contre les étrangers 392 - Jésus reproche à Pierre son mépris 392 - Discours 1 (Présence de Dieu chez les païens) 393 - Pierre se fait une parabole de sa fausse manœuvre 393 - Décision de rester sur le lac pour prêcher 394 - Une barque brillante et d'autres sans lumières 395 - Discours 2 (Gravité du mépris et de la fausse manoeuvre ?) 396 - Pierre attend le jugement des barques 398 - Toutes le condamnent 398 - Discours 3 (L'intention et la culpabilité 399 - L'égoïsme à l'origine de la faute) 400 - Les barques s'éloignent sous les étoiles 401 - Jésus loue la bonne volonté de Pierre 401 |
6.140. |
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391> « Où ? Maître ? » demande Pierre qui a terminé les manœuvres et les préparatifs de la navigation et se trouve avec sa barque en tête 392> de la petite flottille de barques qui, chargées de gens, sont prêtes à suivre le Maître. « A Magdala. Je l'ai promis à Marie de Lazare. » « C'est bien » répond Pierre et il manœuvre le timon de façon à prendre la bonne direction, en louvoyant. Jeanne est dans la barque avec le Maître, Marie très Sainte et Marie de Cléophas et en plus Margziam, Mathieu, Jacques d'Alphée et quelqu'un que je ne connais pas. Elle montre les barques nombreuses qui sont sur le lac, dans la tranquille soirée d'été qui tamise les feux du couchant en cascades de voiles violacés, comme si du ciel il tombait des cascades d'améthystes ou des grappes de glycines en fleurs. Elle dit : « Peut-être parmi elles il y a aussi les barques des romaines. C'est un de leurs passe-temps favoris de simuler une pêche dans ces soirées tranquilles. » « Il y en aura pourtant davantage à sud » remarque l'homme que je ne connais pas. « Oh! non, Benjamin. Ils ont des barques rapides et des bateliers adroits. Ils viennent jusque là-haut. » « Pour ce qu'ils ont à faire... » bougonne Pierre, et il continue dans sa barbe, avec son intransigeance de pêcheur qui voit la navigation et la pêche comme une profession et non comme un passe-temps, presque comme une religion réglée par des lois sévères et utiles et il lui semble que c'est une profanation de s'en servir maladroitement : « Avec leurs encens et leurs fleurs et leurs parfums et autres choses démoniaques, ils corrompent les eaux; avec leurs musiques, leurs cris stridents et leurs conversations, ils troublent les poissons; avec leurs torches fumeuses, ils les épouvantent; avec leurs filets maudits jetés au hasard, ils abîment les fonds et la reproduction... Cela devrait être interdit. La Mer de Galilée appartient aux galiléens, aux pêcheurs du pays, pas aux prostituées et à leurs compères... Si j'étais le maître ! Je vous ferais voir, fétides barques païennes, sentines flottantes de vices, alcôves qui naviguent pour apporter même ici, sur ces eaux de Dieu, de notre Dieu, à ses fils, vos... Oh ! mais regardez ! Elles foncent justement vers nous ! Mais peut-on voir !... Mais peut-on permettre... Mais... » Jésus interrompt ce réquisitoire, dans lequel Pierre épanche tout son esprit d'Israélite et de pêcheur, rougissant, étouffé par le mépris, haletant comme s'il luttait contre des forces infernales, et il lui dit avec un sourire paisible : « Mais il est bien que tu ne sois pas le maître. Heureusement tu ne l'es pas ! Pour eux et pour toi. En effet tu les empêcherais de suivre une bonne impulsion et donc une 393> impulsion imprimée à leurs esprits - païens, j'en conviens, mais naturellement bons - imprimée à leurs esprits par la Miséricorde Éternelle qui guide ces créatures qui ne sont pas coupables d'être nées dans la Nation romaine au lieu de l'être dans la Nation hébraïque. Dieu jette sur eux un regard de pitié précisément parce qu'il les voit tendre vers ce qui est bon. Et tu te ferais du mal à toi-même car tu commettrais un acte contre la charité et un autre contre l'humilité... » « Humilité ? Je ne vois pas... Étant maître du lac, il me serait permis d'en disposer à mon gré. »
« Tu as raison, Maître ! Je suis un grand malheureux! Pardonne-moi, Maître ! » Et Pierre, toujours impulsif, lâche la barre du timon pour se précipiter aux pieds de Jésus. Alors, la barque subitement laissée à elle-même et justement sur le fil du courant, dévie et fait une embardée effrayante au milieu des cris de Marie de Cléophas et de 394> Jeanne et des occupants de la légère barque jumelle qui voient venir maintenant contre eux la lourde barque de Pierre. Heureusement Mathieu reprend rapidement le timon et la barque reprend sa route après avoir tangué d'une manière effrayante, parce qu'aussi les autres se sont servis des rames pour l'éloigner, lui imprimant des secousses brusques et produisant des remous. « Ohé, Simon ! Une fois tu as insulté les romains en les traitant de mauvais navigateurs, parce qu'ils venaient sur nous, mais aujourd'hui, c'est toi qui fais triste figure... Et justement à leur vue. Regarde comme ils sont tous debout sur les barques pour voir... » dit pour le piquer l'Iscariote en montrant les barques romaines maintenant si proches, dans le miroir d'eau en face de Magdala, qu'on peut les voir, bien que les voiles violacés du soir soient devenus plus sombres en amortissant la lumière. « Tu as perdu aussi une corbeille et un seau, Simon. Veux-tu que nous cherchions à les repêcher avec les grappins ? » dit Jacques de Zébédée d'une autre barque maintenant toute proche parce que, après l'incident, tous se sont groupés autour de la barque de Pierre. « Mais comment as-tu fait ? Cela ne t'arrive jamais ! » dit et s'exclame André, encore d'une autre barque. Pierre répond à tous, les uns après les autres, alors qu'ils lui ont parlé tous ensemble. « Ils m'ont vu ? N'importe ! S'ils avaient vu aussi mon cœur et... Bon, cela ne le dis pas, Pierre... Pourtant, toi, sache que tu ne me fais pas mal. Ce n'est pas une fausse manœuvre, c'est arrivé pour une bonne cause celle de pouvoir me mortifier... Ne te tracasse pas, Jacques ! Des vieilleries sont allées au fond... Si je pouvais jeter aussi à leur suite le vieil homme qui résiste en moi ! Je voudrais perdre tout, même la barque, mais être vraiment comme le Maître le veut... Comment ai-je fait ? Hé ! Je me suis prouvé à moi-même, à mon orgueil qui veut faire la leçon même à Dieu dans les choses de l'esprit, que je suis une grosse bête, même pour les choses de la barque... C'est bien fait pour moi. Je me suis fait une parabole, de moi-même à moi-même... Maître, n'est-il pas vrai ? » Jésus sourit pour montrer son accord... Assis à la poupe, à sa place habituelle, blanc sur le fond de l'air qui s'assombrit, tranquille, les cheveux ondulant légèrement au vent du soir, il se détache sur le crépuscule comme un ange de lumière et de paix. Les barques romaines les ont rejoints. « Elles ont des coques et des voiles parfaites... et puis, des bateliers ! 395> Ils vont rapides comme des alcyons ! Ils utilisent tout fil de vent, toute veine de courant... » « Les rameurs sont presque tous des esclaves de Crète ou du Nil » explique Jeanne. « Les marins du delta sont très adroits, et de même ceux de Crète. Pourtant très bons aussi ceux d'Italie... Ils franchissent Scylla et Charybde... et cela suffit pour les dire excellents » avoue l'inconnu du nom de Benjamin. « Où allons-nous, Seigneur ? A Magdala, ou bien... Regarde, ceux de Magdala viennent vers nous... » En effet toutes les petites embarcations de cet endroit s'empressent de quitter le rivage ou le petit port, chargées, surchargées de gens d'une manière effrayante, si bien que le bord est presque au niveau de l'eau et elles se dirigent vers les barques de Capharnaüm. « Non. Restons ici au large en face de la ville. Je parlerai de la barque... » « C'est que... Ces imprudents veulent se noyer. Mais regarde, Maître ! Il est vrai que le lac est tranquille comme une plaque d'argent... mais l'eau, c'est toujours l'eau... et la charge, c'est toujours la charge... et là... ils se croient sur la terre ferme et non pas sur l'eau... Donne leur l'ordre de s'en retourner... Ils vont se noyer... » « Homme de peu de foi ! Et tu ne te rappelles pas que tant que tu as cru, tu as marché sur l'eau, sur mon invitation, comme sur un terrain solide ? Ils ont la foi. Et alors, contre la loi de l'équilibre entre la charge et l'enfoncement, les eaux soutiendront ces barques surchargées. » « Si cela arrive... c'est vraiment un soir de grand miracle... » murmure Pierre en haussant les épaules alors qu'il descend la petite ancre pour arrêter la barque. Elle reste ainsi au milieu d'un cercle de barques, en partie de Capharnaüm, en partie de Magdala et en partie de Tibériade, et ces dernières sont celles des romaines, qui prudemment se placent en arrière de celles de Capharnaüm, vers le milieu du lac. Jésus leur tourne le dos. Il regarde vers celles de Magdala, vers le jardin vaste et ombragé de Marie de Lazare, vers les maisonnettes qui s'étendent sur la rive et dont la blancheur ressort dans la nuit. Le lac, qui n'est plus remué par les proues et les rames, reprend un aspect paisible : c'est une vaste plaque de cristal moirée d'argent par un commencement de lumière lunaire et parsemée 396> d'écaillés de topaze ou de rubis là où les feux des fanaux ou les flammes des lanternes mises à toutes les proues se reflètent dans le lac. Les visages semblent étranges par le contraste des lueurs rouges-jaunes ou des rayons lunaires. Ils apparaissent en partie très nets, en partie à peine visibles; d'autres semblent coupés en deux, en long ou en large, avec seulement le front ou le menton éclairés, ou bien avec une seule joue, une moitié de visage qui se détache en un profil très net, l'autre côté étant presque caché. Certains ont des yeux brillants alors que d'autres paraissent avoir des orbites vides, et il en est ainsi des bouches ou pour certains les dents s'éclairent d'un sourire alors que, pour d'autres, elles disparaissent dans l'ombre. Mais pour que tout le monde voie Jésus, voilà que des barques de Capharnaüm et de Magdala on passe des quantités de fanaux que l'on met aux pieds de Jésus, accrochés aux rames inutilisées, placés sur le bord de la proue et de la poupe et jusque sur le mât dont la voile a été amenée. La barque où se trouve Jésus brille ainsi dans un cercle de barques restées sans lumières, et Jésus est maintenant bien visible, revêtu de tous côtés par la lumière. Seules les barques romaines s'éclairent de leurs lanternes rouges dont une brise très légère fait osciller la flamme. « La paix soit avec vous ! » commence Jésus en se mettant debout malgré le léger tangage de la barque et en ouvrant les bras pour bénir. Puis il poursuit, en parlant lentement, pour que tout le monde entende bien et, sur le lac silencieux, la voix se répand, puissante et harmonieuse. « Il y a un moment, un de mes apôtres m'a proposé une parabole et maintenant je vous la propose, car elle peut être utile à tous, étant donné que tous vous pouvez la comprendre. Écoutez-la.
Un soir donc qu'il s'en allait naviguant avec assurance, il se permit d'exprimer des jugements sur son prochain. C'était, selon lui, 397> un prochain si lointain qu'il n'avait plus à le considérer comme prochain. Aucun lien de nationalité, de métier ou de foi, ne l'unissait à ce prochain et ainsi lui, n'étant retenu par aucun lien de solidarité nationale, religieuse ou professionnelle, le ridiculisait tranquillement, sévèrement même, et il se lamentait de n'être pas le maître du lieu, car s'il l'avait été, il aurait chassé de ce lieu le prochain, et dans sa foi intransigeante, il reprochait presque au Très-Haut de permettre à ces gens différents de lui de faire ce que lui faisait, et de vivre là où lui vivait. Dans la barque il avait un ami, un très bon ami qui l'aimait avec justice et pour cette raison le voulait sage, et quand il fallait le faire, il corrigeait ses idées erronées. Ce soir-là, donc, cet ami dit au batelier : "Pourquoi ces pensées ? N'est-il pas unique le Père des hommes ? N'est-ce pas Lui le Seigneur de l'Univers ? Est-ce que par hasard son soleil ne descend pas sur tous les hommes pour les réchauffer, et est-ce que par hasard ses nuages n'arrosent pas les champs des gentils comme ceux des hébreux ? Et s'il le fait pour les besoins matériels de l'homme, n'aura-t-Il pas la même prévoyance pour ses besoins spirituels ? Et voudrais-tu suggérer à Dieu ce qu'il doit faire ? Qui est comme Dieu ?" L'homme était bon. Dans son intransigeance il y avait beaucoup d'ignorance, beaucoup d'idées erronées, mais il n'y avait pas de mauvaise volonté, il n'y avait pas l'intention d'offenser Dieu mais, au contraire, l'intention d'en défendre les intérêts. En entendant ces paroles, il se jeta aux pieds du sage et il Lui demanda pardon d'avoir parlé comme un sot. Il le demanda avec tant d'impétuosité, que pour un peu il provoquait une catastrophe en faisant périr la barque et ceux qui s'y trouvaient. En effet dans son empressement à demander pardon, il ne se soucia plus ni du timon, ni de la voile, ni du courant. Ainsi, après la première erreur d'un jugement défectueux, il commit une seconde erreur de mauvaise manœuvre, et il se prouva à lui-même que non seulement il était un pauvre juge mais aussi un marin maladroit. Voilà la parabole. Maintenant, écoutez: selon vous, cet homme aura-t-il ou non le pardon de Dieu ? Rappelez-vous: il avait péché contre Dieu et le prochain en jugeant les actions de l'un et l'autre, et il s'en est fallu de peu qu'il soit homicide de ses compagnons. Réfléchissez et répondez... » Et Jésus croise les bras et il tourne son regard sur toutes les barques, jusqu'aux plus lointaines, jusqu'aux romaines qui font voir une rangée de visages attentifs de patriciennes et de 398> rameurs qui dépassent par dessus les bords... Les gens parlottent et se consultent... Un murmure à peine sensible de voix qui se confond avec le léger clapotis de l'eau contre les embarcations. Il est difficile de juger. La plupart cependant sont d'avis que l'homme ne sera pas pardonné, parce qu'il a péché. Non, du moins pour le premier péché il ne sera pas pardonné... Jésus entend le murmure qui s'amplifie en ce sens. Il sourit du regard de ses yeux merveilleux qui brillent dans la nuit, elle-même, comme deux saphirs sous le rayonnement de la lune de plus en plus belle et resplendissante au point que plusieurs pensent à éteindre les lanternes et fanaux, pour rester sous le seul éclairement de la lumière phosphorescente de la lune. « Éteins aussi celles-là, Simon » dit Jésus à Pierre. « Elles sont misérables comme des étincelles en comparaison des étoiles sous ce ciel rempli d'astres et de planètes. » Pierre est tendu pour entendre le jugement de la foule, et Jésus caresse son apôtre, pendant qu'il allonge la main pour détacher les lanternes et il lui demande tout bas : « Pourquoi ce regard troublé ? » « Parce que cette fois tu me fais juger par le peuple... » « Oh! pourquoi le crains-tu ? » « Parce que... il est comme moi... injuste... » « Mais c'est Dieu qui juge, Simon ! » « Oui. Mais Toi, tu ne m'as pas encore pardonné et maintenant tu attends leur jugement pour le faire... Tu as raison, Maître... Je suis incorrigible... Mais... Pourquoi à ton pauvre Simon ce jugement de Dieu ?... » Jésus lui met la main sur l'épaule et il le fait aisément car Pierre est en bas dans la barque et Jésus debout à la poupe, par conséquent bien au-dessus de Pierre. Et il sourit... mais ne lui répond pas. Au contraire, il demande aux gens : « Eh bien ? parlez fort, bar-que par barque. » Hélas ! Pauvre Pierre ! Si Dieu l'avait jugé d'après l'avis de ceux qui étaient là, Il l'aurait condamné. Sauf trois barques, toutes les autres, y compris celles des apôtres le condamnent. Les romaines ne se prononcent pas et ne sont pas interrogées, mais il est visible qu'elles aussi jugent l'homme condamnable, car d'une barque à l'autre - elles sont trois - elles font le signe du pouce renversé. Pierre lève ses yeux bovins, effrayés, vers le visage de Jésus, et il rencontre un visage encore plus doux et de ses yeux de saphir s'écoule une sorte de paix, et il voit se pencher sur lui un visage que l'amour fait resplendir et il se sent attiré contre Jésus, de sorte que 399> sa tête grisonnante se trouve appliquée au côté de Jésus alors que le bras du Maître embrasse étroitement ses épaules. « C'est ainsi que juge l'homme, mais ce n'est pas ainsi que Dieu juge, mes enfants ! Vous dites : "II ne sera pas pardonné". Moi, je dis: "Le Seigneur ne voit même pas en lui matière à pardon". En effet le pardon suppose une faute, mais ici, il n'y avait pas de faute. Non, ne murmurez pas en hochant la tête. Je répète : ici, il n'y avait pas de faute.
Réfléchissez sur un exemple. Quelqu'un a un ennemi et il sait qu'il est malade. Il sait que par ordre du médecin il ne doit pas boire d'eau froide, ni même aucun liquide. Il va le trouver, soi-disant par amour. Il l'entend gémir : "J'ai soif, j'ai soif !" et, simulant la pitié, il s'empresse de lui donner à boire de l'eau glacée du puits en disant : "Bois, ami. Moi je t'aime et je ne puis te voir souffrir ainsi de ta soif ardente. Regarde : je t'ai apporté exprès cette eau si fraîche. Bois, bois, car une grande récompense est donnée à celui qui assiste les malades et qui donne à boire à ceux qui ont soif" et en lui donnant à boire, il amène sa mort. Croyez-vous que cet acte, bon en lui-même puisqu'il est fait de deux œuvres de miséricorde, est bon alors qu'il est fait dans un but mauvais ? Non, il ne l'est pas. Et encore : un fils qui a un père ivrogne et qui pour le sauver de la mort qu'amènerait son intempérance, ferme le cellier, enlève l'argent à son père, et lui impose même sévèrement de ne pas aller au village pour boire et ruiner sa santé, vous paraît-il qu'il manque au quatrième commandement du seul fait qu'il fait des reproches à son père et les fait, lui, comme s'il était chef de famille, à son propre père ? En apparence il fait souffrir son père et semble coupable. En réalité, c'est un bon fils, car sa volonté est bonne puisqu'il veut sauver son père de la mort. C'est toujours la volonté qui donne à l'acte sa valeur. Et encore : le soldat qui tue à la guerre est-il homicide ? Non, si 400> son esprit ne consent pas au massacre et s'il combat parce qu'il y est contraint, mais le fait avec ce minimum d'humanité que la dure loi de la guerre et sa situation subalterne lui impose. Par conséquent cet homme de la barque, qui par une bonne volonté de croyant, de patriote et de pêcheur ne supportait pas ceux qui selon lui étaient des profanateurs, ne faisait pas de péché contre l'amour du prochain, mais il avait seulement une idée erronée de l'amour du prochain. Et il ne faisait pas de péché d'irrespect envers Dieu, parce que son ressentiment envers Dieu venait de son esprit de croyant qui était bon mais n'était pas équilibré ni éclairé, et il ne commettait pas d'homicide parce qu'il provoquait l'embardée par un bon désir de demander pardon. Sachez toujours faire la distinction. Dieu est Miséricorde plutôt qu'intransigeance. Dieu est bon. Dieu est Père. Dieu est Amour. C'est cela qu'est le vrai Dieu. Et le vrai Dieu ouvre son cœur à tous, à tous, en disant : "Venez", à tous en indiquant son Royaume. Et Il est libre de le faire car Il est le Seigneur Unique, Universel, Créateur, Éternel. Je vous en prie, vous d'Israël. Soyez justes, rappelez-vous ces choses. Ne faites pas en sorte que les comprennent ceux qui pour vous sont immondes, alors que vous vous ne les comprenez pas. Même l'amour excessif et désordonné de la religion et de la patrie est un péché parce qu'il devient de l'égoïsme. Et l'égoïsme est toujours une raison et une cause de péché.
401> Peut-il ne pas les faire s'il n'a plus que de la volonté mauvaise, en lui-même ? Alors, alors seulement, Dieu ne pardonne pas. Mais quand l'homme a de la bonne volonté et accomplit même des actes spontanés de vertu, il finit certainement par arriver à posséder la Vérité, car la bonne volonté mène à Dieu, et Dieu, le Père très Saint, se penche, plein d'amour, de pitié, d'indulgence, pour aider, pour bénir, pour pardonner à ses enfants qui ont bonne volonté. C'est pour cela que l'homme de cette barque a été pleinement aimé, car n'ayant pas la volonté de pécher, il n'avait pas péché. Allez maintenant en paix à vos maisons. Les étoiles ont occupé tout le ciel et la lune revêt le monde de pureté. Allez, obéissants comme les étoiles et rendez-vous purs comme la lune, car Dieu aime ceux qui sont obéissants et purs d'esprit et Il bénit ceux qui mettent en chacune de leurs actions la bonne volonté d'aimer Dieu et les frères et de travailler à sa gloire et à leur profit. La paix soit avec vous ! » Et Jésus rouvre ses bras pour bénir, pendant que s'éloignent les barques qui l'entourent, qu'elles se séparent, chacune prenant sa propre direction. Pierre est si heureux qu'il ne pense pas au départ. Mathieu le secoue : « Tu ne fais pas attention, Simon ? Moi je ne suis pas au courant... » « C'est vrai... Oh ! mon Maître ! Alors tu ne m'avais pas condamné ?! Et j'avais une telle crainte... » « Ne crains pas, Simon de Jonas. Moi je t'ai pris pour te sauver, non pour te perdre. Moi, je t'ai pris à cause de ta bonne volonté... Allons, prends le timon et regarde la Polaire et va avec assurance, Simon de Jonas. Toujours avec assurance... Dans toutes les navigations... Dieu, ton Jésus, sera toujours debout à ton côté sur la proue de ta barque spirituelle. Et Il te comprendra toujours, Simon de Jonas. Tu comprends ? Toujours. Et Il n'aura pas à te pardonner parce que tu pourras même tomber comme un faible enfant, mais tu n'auras jamais la volonté mauvaise de tomber... Sois content, Simon de Jonas. » |
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Et Pierre acquiesce, acquiesce, trop ému pour parler, suffoqué par l'amour, et la main lui tremble un peu sur le timon, mais son visage resplendit de paix, de sécurité, d'amour, alors qu'il regarde son Maître qui est debout tout près de Lui, sur le bord de la barque, comme un archange tout blanc de lumière. |