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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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vendredi 17 août 29 soirée
- Fin d'une pause 66 - Discours de Philippe (Son
messianisme temporel) 66 - Je voudrais en vous un autre
amour 67 - Vous ferez ce que je n'ai pas eu
le temps de faire 68 - Jésus refuse de juger un cas 68 - Violer le sabbat pour une
discussion oiseuse! 70 - L'un des émissaires reste et se
présente 71 - Le principal attribut de Dieu :
l'amour 71 - Discours (Dieu est amour -
L'amour de Dieu et du prochain) 73 - Gamaliel est un juste 74 |
7.165. |
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66> Elle est douce la
pause sur le petit plateau, mais il est prudent de descendre dans la vallée
pendant qu'il fait encore jour car la nuit viendrait vite et serait sombre,
sous cette voûte de feuillage des arbres qui couvre la montagne. Jésus se lève le premier et il va se rafraîchir le visage, les
mains et les pieds dans le ruisselet que forme la petite source. Puis. il
appelle ses apôtres, endormis dans l'herbe, et les invite à se préparer et à
partir. Et pendant qu'ils l'imitent, en se lavant l'un après l'autre dans le
frais ruisseau, et qu'ils remplissent les gourdes au filet d'eau qui sort du
rocher, Lui va les attendre au bout du petit pré, près des deux arbres
centenaires qui le bornent à l'est, et il regarde l'horizon lointain. Philippe est le premier à le rejoindre et regardant là où son
Maître regarde, il dit : "Elle est belle cette vue ! Tu
l'admires..." "Oui. Mais je ne regardais pas seulement sa beauté." "Et quoi, alors ? Tu pensais peut-être, au moment où
Israël sera 67> grand, de ces lieux
au-delà du Liban et de l'Oronte, qui au cours des siècles nous ont affligés
et ils sont encore affliction pour nous parce que c'est là que réside le cœur
de la puissance qui nous opprime avec le Légat ? Elle est redoutable, en
effet; la prophétie qu'a faite sur eux un prophète et même plusieurs :
"J'écraserai l'assyrien dans ma terre, je le piétinerai sur mes
montagnes... C'est la main qui s'étend sur les nations... Et qui pourra la
retenir ?... Voilà, Damas cessera d'exister et il restera comme le tas
de pierres d'une ruine... [1] C'est ce qui
arrivera à ceux qui nous ont saccagés". C'est Isaïe qui parle ! Et
Jérémie parle aussi : "Je mettrai le feu aux murs de Damas et il
dévorera les murs de Benadab [2]". Et cela
arrivera quand le Roi d'Israël, le Promis, prendra son sceptre, et que Dieu
aura pardonné à son peuple en lui donnant le Roi Messie... Oh ! c'est
Ézéchiel qui le dit ! "Vous, montagnes d'Israël, faites pousser vos
branches, portez vos fruits pour mon peuple d'Israël, car il va bientôt revenir...
Je vous reconduirai mon peuple et eux t'auront comme une possession
héréditaire… Je ne ferai plus entendre contre toi les outrages des nations...
[3]" Et les psaumes
chantent avec Etân Esraita [4] : "J'ai
trouvé mon serviteur David et je l'ai oint de mon huile sainte. Ma main
l'assistera... L'ennemi ne pourra rien contre lui... En mon nom, il grandira
en puissance... Il étendra sur la mer sa main, sur les fleuves sa main
droite... Et moi, j'en ferai l'aîné, le souverain parmi les rois de la
Terre". Et Salomon chante : "Il restera autant que le soleil
et la lune... Il dominera d'une mer à l'autre, et du fleuve jusqu'aux
extrémités de la Terre... Tous les rois de la Terre l'adoreront, tous les
peuples seront ses sujets... [5]" Toi, Messie,
car en Toi se trouvent tous les signes de l'esprit et de la chair, tous les
signes donnés par les prophètes. Alléluia à Toi, fils de David, Roi Messie,
Roi saint !" "Alléluia !" crient en chœur les autres qui se
sont réunis à Jésus et à Philippe et ont entendu les paroles de ce dernier. Et
l'alléluia se répercute, par l'écho, de gorge en gorge, de colline en
colline... Jésus les regarde, très triste... Et il dit en réponse :
"Mais vous ne vous rappelez pas ce que dit David du Christ, et ce que du
Christ dit Isaïe... Vous prenez le doux miel, le vin enivrant des
prophètes... mais vous ne réfléchissez pas que pour être le Roi des rois, le
Fils de l'homme devra boire le fiel et le vinaigre et se revêtir de la
pourpre de son Sang... Mais ce n'est pas votre faute si vous ne comprenez
pas... Et votre erreur de compréhension, c'est de l'amour. Je voudrais en
vous un autre amour. Mais, pour le moment vous ne pouvez pas... Des
siècles de péché sont contre les 68> hommes pour empêcher
en eux la Lumière. Mais la Lumière abattra les murailles et entrera en
vous... Allons." Ils reviennent sur le chemin muletier qu'ils avaient quitté
pour monter au plateau éloigné et descendent vivement vers la vallée. Les
apôtres parlent entre eux à voix basse... Puis Philippe court en avant, rejoint le Maître, demande :
"Je t'ai déplu, Seigneur ? Je ne voulais pas... As-tu de la rancœur
contre moi ?" "Non, Philippe. Mais je voudrais que vous au moins
compreniez." "Tu regardais là-bas avec tant de désir..."
"Pourtant toutes les régions des anciennes tribus, tu les
as parcourues, mon Maître. Au moins une fois tu les as sanctifiées, on peut
donc dire que tu as pris en mains les douze tribus..." "C'est vrai. Vous, ensuite, vous ferez ce que le temps ne
m'a pas permis de faire." "Toi qui arrêtes les fleuves et qui calmes les mers, ne
pourrais-tu pas ralentir le temps ?" "Je le pourrais. Mais le Père dans le Ciel, le Fils sur la
Terre, l'Amour au Ciel et sur la Terre, brûlent d'accomplir le
Pardon..." et Jésus se plonge dans une méditation profonde que Philippe
respecte en le laissant seul pour aller retrouver ses compagnons auxquels il
rapporte le dialogue. ...La vallée
désormais est proche et déjà on voit une route, une vraie grand-route qui
vient du sud et se dirige vers l'ouest, en faisant un virage juste au pied de
la montagne pour en suivre la base et continuer ensuite en direction d'un
beau village qui s'étend dans la verdure près d'un ruisseau, dont le lit à
présent n'est guère occupé que par des pierres avec de ci de là quelques
roseaux qui ont résisté, surtout au milieu où un filet, un vrai filet d'eau,
s'obstine à s'écouler vers la mer. Tous se réunissent avant de prendre la grand-route, mais ils
n'ont fait que quelques mètres quand deux hommes viennent à leur rencontre en
les saluant. "Deux disciples des rabbis, et l'un d'eux est lévite. Que
veulent-ils ?" disent entre eux les apôtres qui ne sont pas du tout
contents 69> de la rencontre. Moi, je ne sais pas de quoi
ils déduisent que ce sont des disciples, et que l'un d'eux est lévite. Je ne
comprends pas encore bien le langage des nœuds et des franges et autres
secrets de l'habillement Israélite. Jésus, quand il se trouve à deux mètres environ des deux, et
quand aucune équivoque n'est possible, car la route est désormais libre de
voyageurs qui, à pied ou à cheval, se hâtent vers le village, répond à leurs
salutations répétées et s'arrête pour les attendre. "La paix à Toi, Rabbi" dit maintenant le lévite qui
s'était borné d'abord à saluer profondément. "La paix à toi, et à toi" dit Jésus en s'adressant à
l'autre. "Es-tu le Rabbi nommé Jésus ?" "Je le suis." "Une femme [6] est entrée avant
sexte dans la ville et elle a dit qu'elle avait parlé en route avec un rabbi
plus grand que Gamaliel, parce qu'en plus d'être sage, il est bon. La
nouvelle nous est arrivée, et les maîtres nous ont envoyés tous, tant que
nous étions, en suspendant le départ pour Jérusalem, pour te trouver :
deux pour chaque route qui descend de Giscala vers les chemins de la plaine.
En leur nom et par notre entremise, ils te disent : "Viens dans la
ville, car nous voulons t'interroger"." "Et pour quel motif ?" "Pour que tu te prononces sur un fait survenu à Giscala,
et dont durent les conséquences." "Et n'avez-vous pas les grands docteurs d'Israël pour
rendre un jugement ? Pourquoi vous adresser au Rabbi
inconnu ?" "Si tu es Celui que disent les rabbis, tu n'es pas
inconnu. N'es-tu pas Jésus de Nazareth ?" "Je le suis." "Ta sagesse est connue des rabbis." "Et Moi, je connais leur rancœur à mon égard." "Pas tous, Maître. Le plus grand et le plus juste ne te
hait pas." "Je le sais. Il ne m'aime pas non plus. Il m'étudie. Mais
le rabbi Gamaliel est-il à Giscala ?" "Non, il est déjà parti pour être à Sephoris avant le
sabbat. Il est parti tout de suite après le jugement." "Et alors, pourquoi me cherchez-vous ? Moi aussi, je
dois respecter le sabbat et il m'est à peine possible d'arriver à temps à cet
endroit. Ne me retenez pas davantage." "Tu as peur, Maître ?" "Je n'ai pas peur, car je sais qu'aucun pouvoir n'est
donné, pour l'instant, a mes ennemis. Mais je laisse aux sages le plaisir de 70> juger." "Que veux-tu dire ?" "Que Moi, je ne juge pas. Moi, je pardonne." "Tu sais juger mieux que tout autre. Gamaliel l'a dit. Il
a dit : "Seul Jésus de Nazareth jugerait avec justice
ici"." "C'est bien. Mais désormais, vous avez jugé et la chose ne
peut plus être remise en question. J'aurais donné l'avis de faire calmer les
passions avant de juger. S'il y avait faute, le coupable pouvait se repentir
et se racheter. S'il n'y avait pas eu faute, il n'y aurait pas eu le supplice
qui pour quelqu'un est, aux yeux de Dieu, pareil à un homicide
prémédité." "Maître ! Mais comment sais-tu ? La femme a juré
que tu n'as parlé avec elle que de ses affaires... et.,, tu sais... Tu es
alors vraiment un prophète ?" "Je suis qui je suis. Adieu. La paix à toi. Le soleil
descend à l'horizon" et il tourne le dos pour aller vers le village. "Tu as bien fait, Maître ! Certainement ils te
tendaient un piège !" Les apôtres sont solidaires du Maître. Mais
leurs louanges, leurs raisons sont interrompues par les deux de tout à
l'heure qui les rejoignent pour supplier Jésus de remonter à Giscala. "Non. Le coucher du soleil me surprendrait en chemin.
Dites à ceux qui vous envoient que Moi, j'observe la Loi, toujours, quand son
observation ne lèse pas un commandement plus grand que celui du sabbat :
celui de l'amour." "Maître, Maître, nous t'en supplions. Ici c'est justement
une question d'amour et de justice. Viens avec nous, Maître." "Je ne puis. Et vous non plus vous ne pouvez pas y
remonter à temps." "Nous avons la permission de le faire pour ce cas." "Et quoi ? On a élevé la voix quand je guérissais un
malade et quand je l'absolvais un jour de sabbat, et à vous il est permis de
violer le sabbat pour une discussion oiseuse ? Il y a donc deux mesures
en Israël ? Allez ! Allez ! Et laissez-moi aller." "Maître, tu es prophète. Tu sais par conséquent. Moi, je
le crois et lui le croit. Pourquoi nous repousses-tu ?" "Pourquoi !..." Jésus les regarde fixement, en
s'arrêtant. Ses yeux sévères qui traversent et pénètrent au-delà des voiles
de la chair pour lire les cœurs, regardent, dominateurs, les deux qu'il a
devant Lui. Et ses yeux si insoutenables dans la rigueur, si doux dans
l'amour, changent de regard et prennent une expression si affectueuse, si
miséricordieuse que si d'abord le cœur tremblait de 71> crainte devant la puissance du regard, maintenant il tremble
d'émotion devant l'éclat de l'amour du Christ. "Pourquoi !"
répète-t-il... "Ce n'est pas Moi qui repousse, mais les hommes qui
repoussent le Fils de l'homme, et ce dernier doit se défier de ses frères.
Mais à ceux qui n'ont pas de malice dans le cœur, je dis :
"Venez"et je dis encore : "Aimez-moi" à ceux qui me
haïssent..." "Et alors, Maître..." "Et alors, je vais au village pour le sabbat." "Attends-nous, au moins." "Au crépuscule du sabbat, je pars. Je ne puis
attendre." Les deux se regardent et ils restent en arrière pour se
consulter, puis l'un d'eux, celui dont le visage est le plus ouvert et qui a
presque toujours parlé, revient en courant. "Maître, je reste avec Toi jusqu'après le sabbat." Pierre, qui est à côté de Jésus, tire son vêtement pour
l'obliger à se tourner de son côté, et lui murmure : "Non. Un
espion." Jude Thaddée derrière son cousin Lui souffle :
"Méfie-toi." Nathanaël, qui est allé en avant avec Simon et
Philippe, se retourne et Lui fait les gros yeux pour dire :
"Non." Jusqu'aux deux plus confiants, André et Jean, font signe que
non par derrière l'importun. Mais Jésus ne tient pas compte de leur peur soupçonneuse et
répond brièvement : "Reste" et les autres doivent se résigner. L'homme, content, se
sent moins étranger, éprouve le besoin de dire son nom, qui il est, pourquoi
il est en Palestine lui qui est né dans la Diaspora, mais consacré à Dieu dès
se naissance parce qu'il fut une "consolation pour ses parents"
qui, reconnaissants au Seigneur de l'avoir, le confièrent à des parents à
Jérusalem pour qu'il appartînt au Temple. Là, en servant la Maison de Dieu,
il connut le rabbi Gamaliel et devint son disciple attentif et aimé : "Ils
m'ont appelé Joseph parce que, comme
l'ancien Joseph, j'ai enlevé à ma mère la peine d'être stérile. Mais ma mère
disait toujours "ma consolation" pendant qu'elle me nourrissait, et
je suis devenu Barnabé pour tous [7]. Même le grand rabbi
m'appelle ainsi parce qu'il trouve sa consolation dans ses meilleurs
élèves." "Fais en sorte que Dieu aussi te donne ce nom, et même
par-dessus tout que Dieu t'appelle ainsi" dit Jésus. Ils entrent, dans le village. "Le connais-tu ?" demande Jésus. "Non. Je n'y ai jamais été. C'est la première fois que je
viens ici, en Nephtali. Le rabbi m'a amené avec lui, avec d'autres, parce que
je suis resté seul..." 72> "As-tu Dieu
pour ami ?" "Je l'espère. J'essaie de le servir le mieux
possible." "Alors, tu n'es pas seul. Seul est le pécheur." "Je puis pécheur moi aussi..." "Toi, disciple d'un grand rabbi, tu connais certainement
les conditions pour qu'une action devienne péché." "Tout est péché, Seigneur. L'homme pèche continuellement
car les préceptes sont plus nombreux que les moments d'une journée. Et pas
toujours la réflexion et les circonstances nous aident à ne plus
pécher." "En vérité même les circonstances, surtout elles, nous
amènent souvent à pécher. Mais as-tu une idée claire du principal attribut de
Dieu ?" "Justice." "Non." "Puissance." "Non." "...Rigueur." "Moins que jamais." "Et pourtant...
elle se manifesta sur le Sinaï et plus tard encore..." "Alors on vit le Très-Haut au milieu des éclairs. Ils
ceignaient d'une auréole terrible le visage du Père et Créateur. En vérité
vous ne connaissez pas le vrai visage de Dieu. Si vous le connaissiez et si
vous en connaissiez l'esprit, vous sauriez que le principal attribut de Dieu
c'est l'Amour et l'Amour miséricordieux." "Je sais que le Très-Haut nous a aimés. Nous sommes le
peuple élu, mais il est terrible de le servir !" "Si tu sais que Dieu est Amour, comment peux-tu dire qu'il
est redoutable ?" "C'est qu'en péchant, nous perdons son amour."
"Quand ce n'est pas une action des six cent treize
préceptes, des traditions, des décisions, des coutumes, des bénédictions et
des prières, en plus des dix commandements de la Loi, ou bien quand ce n'est
pas comme les scribes enseignent ces choses, alors c'est un péché." "Même si l'homme ne le fait pas avec une pleine
advertance(conscience) et un parfait consentement de la volonté ?" "Même en ce cas. Aussi, qui peut dire : "Moi, je
ne pèche pas" ? 73> Qui peut avoir à sa
mort la paix en Abraham ?" "Les hommes ont-ils un esprit parfait ?" "Non. Car Adam a péché, et nous avons cette faute en nous.
Elle nous rend faibles. L'homme a perdu la Grâce du Seigneur, unique force
pour nous conduire..." "Et le Seigneur le sait ?" "Lui sait tout."
"C'est ainsi... Maître juste, je voudrais rester avec Toi.
Mais Gamaliel a déjà perdu à cause de Toi, ses meilleurs disciples...
Moi..." "Ce n'est pas encore l'heure de venir à Moi. Quand elle
arrivera, ton maître lui-même te le dira car c'est un juste." "Il l'est, c'est vrai ? Tu le dis ?" "Je le dis
parce que c'est la vérité. Je ne suis pas homme à abattre pour m'élever sur
celui que j'ai abattu. Je reconnais à chacun le sien... Mais ils nous
appellent... Ils ont certainement trouvé où nous loger. Allons-y..." |
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[3] Ézéchiel 34,11 et suivants
[4] Psaume 89 (88) d’Étan l’Ezrahite
[5] Psaume 72 (71) de Salomon
[6] Voir l’épisode précédent
[7] Barnabé (Barnabas) veut
dire "fils de la prophétie qui console".