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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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vendredi 17 août 29 (18 Eloul)
- La beauté du panorama 60 - Jésus fait réfléchir une
belle-mère plaignarde 61 - Discours (L'homme quittera son
père et sa mère 63 - Ta bru remplacera tes filles) 64 - La petite vieille reconnaît
Jésus 64 - Il y a de bonnes belles-mères 65 - Le lieu enchanteur d'une halte
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Sommaire
du Tome 7 7.164. |
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60> Les monts boisés et
fertiles, où se trouve Giscala, présentent un repos
de verdure, de brises, d'eaux et d'horizons toujours magnifiques et variés
selon le point cardinal vers lequel on se tourne. Au nord, c'est une
succession de cimes boisées avec les verts les plus variés, on dirait que la
Terre s'élève vers l'azur du firmament auquel elle paraît offrir, en hommage
reconnaissant de l'eau et des rayons de soleil qu'il lui donne, toutes les
beautés de sa végétation. 61> Au nord-est, l’œil
après s'être arrêté fasciné sur le joyau, dont les couleurs changent selon
les heures et la lumière, du grand Hermon qui dresse son plus haut sommet,
semblable à un gigantesque obélisque de diamant, d'opale, de très pâle
saphir, ou de rubis très adouci, ou d'acier à peine trempé - selon que le
soleil le baise ou le quitte et les nuées ébouriffées, amenées par les vents,
font des jeux de lumière sur ses neiges éternelles - descend le long des
pentes couleur d'émeraude de ses plateaux, de ses crêtes, des gorges et des
pics, qui forment la base du géant royal. Et puis, voilà qu'en tournant un
peu plus vers l'est, s'étend le vaste haut plateau vert de la Gaulanitide et de l'Auranitide,
borné à son extrémité orientale par des monts qui s'estompent dans le
brouillard lointain, et a l'occident par le vert différent qui longe le
Jourdain et en marque la vallée. Et plus proches, splendides comme deux
saphirs, les deux lacs de Méron qui forme le fond
d'une plaine bien irriguée, et de Tibériade, gracieux comme un délicat pastel
au milieu des collines qui l'entourent, différentes de formes et de teintes
et ses rives éternellement fleuries : rêve d'orient avec ses bouquets de
palmiers dont la brise des monts proches fait onduler la cime, poésie de nos
plus beaux lacs pour la paix de ses eaux et les cultures de ses rives. Et
puis, au sud, le Thabor avec son sommet caractéristique, et le petit Hermon
tout vert qui veille sur la plaine d'Esdrelon dont
on mesure l'étendue dans le cadre d'un horizon que n'interrompe aucune
élévation montagneuse, et encore plus bas, vers le midi, les monts élevés et
puissants de la Samarie qui se perdent au-delà de la vue en direction de la
Judée. Le seul côté qu'on ne voit pas est le côté ouest , où doit se trouver
le Carmel et la plaine qui remonte vers Ptolémaïs, cachés par une chaîne plus
haute que celles et qui coupe la vue. On a là une des vues les plus belles de
la Palestine. Jésus avance en suivant la route au milieu des montagne, tantôt
seul, tantôt rejoint par l'un ou l'autre de ses apôtres. Il s'arrête une fois pour caresser les enfants d'un berger qui
jouent près du troupeau, et il accepte le lait que le berger Lui offre
"pour Toi et pour les tiens" car il a reconnu en Jésus le Rabbi que
lui ont décrit d'autres qui l'ont vu. Une autre fois il écoute une petite vieille qui, ne sachant pas
qui il est, Lui raconte les peines de famille que lui donne sa bru grincheuse
et sans respect. 62> Tout en compatissant la
petite vieille, Jésus l'exhorte à être patiente, pour amener à la bonté par
la bonté : "Tu dois être pour elle une mère, même si elle n'est pas
une fille pour toi. Sois sincère : si au lieu d'être une bru, c'était ta
fille, ses défauts te paraîtraient-ils aussi graves ?" La petite vieille réfléchit et puis elle avoue :
"Non... Mais une fille c'est toujours une fille…" "Et si une de tes filles te disait que dans la maison de
son époux sa belle-mère la maltraite, que dirais-tu ?" "Qu'elle est méchante. Car elle devrait lui apprendre les
usages de la maison - chaque maison a les siens - avec bonté, surtout si
l'épouse est jeune. Je dirais qu'elle devrait se rappeler du temps où elle
était nouvelle épouse, et comme elle était charmée par l'amour de sa belle-mère
si elle avait eu assez de chance pour la trouver bonne, et comme elle avait
souffert si elle avait eu une belle-mère méchante. Et ne pas faire souffrir
ce qu'elle n'avait pas souffert, ou ne pas faire souffrir parce qu'elle sait
ce que c'est que de souffrir. Oh! je la défendrais ma fille !" "Quel âge a ta bru ?" "Dix-huit, Rabbi. Elle a épousé Jacob il y a trois
ans" "Très jeune. Est-elle fidèle à son mari ?" "Oh ! oui. Toujours à la maison et toute aimante pour
lui et le petit Lévi, et la petite, la petite qui s'appelle Anne, comme moi.
Elle est née à Pâque... Elle est si belle !..." "Qui a voulu qu'elle s'appelle Anne ?" "Marie,
hein ! Lévi était le nom du beau-père et Jacob l'a donné au premier-né.
Et Marie, quand elle a eu la petite, a dit : "À celle-ci le nom de
ta mère" "Et cela ne te paraît pas amour et respect ?" La
petite vieille réfléchit... Jésus enchaîne : "Elle honnête, elle
toute à sa maison, elle épouse affectueuse et mère aimante, elle soucieuse de
te faire plaisir... Elle pouvait donner à la fille le nom de sa propre mère.
Elle a donné le tien. Elle honore ta maison par sa conduite..." "Oh ! pour cela, oui ! Elle n'est pas comme
cette malheureuse de Jisabel." "Alors, pourquoi ces lamentations et ces plaintes à son
sujet ? Ne te paraît-il pas d'avoir deux mesures en portant sur la bru
un jugement différent de celui que tu porterais sur une fille ?" "C'est que... c'est que... elle m'a pris l'amour de mon
fils. Avant, il était tout pour moi, maintenant, il l'aime plus que
moi..." L'éternelle véritable raison des préjugés des belles-mères
déborde finalement du cœur de la petite vieille en même temps que les larmes
de ses yeux. 63> "Ton fils te
fait-il manquer de quelque chose ? Te néglige-t-il depuis qu'il est
marié ?..." "Non, je ne puis le dire. Mais, en somme, maintenant il
appartient à sa femme..." elle gémit et pleure plus fort. Jésus a un sourire apaisé de compassion pour la petite vieille
jalouse. Mais, doux comme il l'est toujours, il ne lui fait pas de reproches.
Il compatit à la souffrance de la mère et cherche à l'apaiser. Il pose sa
main sur l'épaule de la petite vieille, comme pour la guider car les larmes
l'aveuglent, peut-être pour lui faire sentir par ce contact tant d'amour
qu'elle en soit consolée et guérie, et il lui dit : "Comment sais-tu que mes filles, toutes plus âgées que le
garçon, sont mariées et loin d'ici ?... Es-tu prophète aussi ? Tu
es un rabbi. Les nœuds de ton vêtement l'indiquent et même si tu ne les avais
pas, ta parole le dirait, car tu parles comme un grand docteur. Serais-tu ami
de Gamaliel ? Il était ici avant-hier. Maintenant, Je ne sais pas... Et
il avait beaucoup de rabbis avec lui et beaucoup de ses disciples préférés.
Mais Toi tu es peut-être arrivé en retard." "Je connais
Gamaliel, mais je ne vais pas le trouver. Je n'entre même pas à Giscala..." 65> "Mais qui
es-tu ? Un rabbi certainement, et tu parles encore mieux que
Gamaliel..." "Et alors, fais ce que je t'ai dit, et tu auras la paix en
toi. Adieu, mère. Moi, je continue. Toi, certainement, tu entres dans la
ville." "Oui... Mère !... Les autres rabbis ne sont pas si
humbles devant une pauvre femme... Certainement Celle qui t'a porté est
sainte plus que Judith, si elle t'a donné ce doux cœur pour toute
créature." "Elle est sainte, en vérité." "Dis-moi son nom." "Marie." "Et le tien ?" "Jésus." "Jésus !..." La petite vieille est stupéfaite. La
nouvelle la paralyse et la cloue sur place. "Adieu, femme. La paix soit avec toi" et Jésus s'en
va rapidement, presque en courant, avant qu'elle revienne de sa réflexion.
Les apôtres le suivent du même pas, alors que volent au vent leurs vêtements,
poursuivis vainement par les cris de la femme qui supplie :
"Arrêtez-vous ! Rabbi Jésus ! Arrête-toi ! Je veux te
dire quelque chose..." Ils ralentissent lorsque désormais le feuillage
des monts boisés les a de nouveau cachés, et on ne voit plus le chemin qui mène
à Giscala en partant de ce sentier muletier. "Comme tu as bien parlé à la femme" dit Barthélemy. "Une leçon de docteur ! Dommage qu'elle était
seule..." remarque Jacques d'Alphée. "Je veux me rappeler ces paroles..." s'écrie Pierre. "La femme a compris, ou presque, après avoir su ton Nom...
Maintenant elle va aller parler de Toi dans la ville..." dit Thomas. "Pourvu qu'elle ne pique pas les guêpes et ne les lance
pas à notre poursuite ! [2]" murmure Judas
de Kériot. "Oh ! nous sommes loin désormais !... Et on ne
laisse pas de traces à travers ces bois, et nous ne serons pas dérangés"
dit André optimiste. "Même si on l'était !... C'est la paix dans une
famille que j'ai reconstruite" répond Jésus à tout le monde. "Mais comme elles sont ! Toutes pareilles les
belles-mères !" dit Pierre. "Non. Nous en avons connu de bonnes. Tu te rappelles la
belle-mère de Jérusa de Doco ?
Et la belle-mère de Dorca de Césarée de
Philippe ?" 66> "Mais oui,
Jacques… Il y en a quelques unes de bonnes…" reconnaît Pierre, mais certainement
il pense que la sienne est une plaie. "Arrêtons-nous ici et mangeons, Nous nous reposerons
ensuite pour arriver au village de la vallée pour la nuit" ordonne
Jésus. Ils s'arrêtent dans une petite cuvette de verdure qui semble l'intérieur d'une grande coquille smaragdine [3] incrustée dans la montagne et ouverte pour accueillir les pèlerins dans sa paix. La lumière est douce, malgré l'heure, à cause des arbres hauts et puissants qui forment sur le pré une voûte bruissante. La brise, qui court sur les montagnes, adoucit la température. Une petite source fait courir un filet d'argent entre deux rochers sombres et elle chante doucement en se perdant parmi les herbes épaisses, dans un lit minuscule qu'elle s'est creusé, large d'une palme et tout couvert par les herbes de la rive qui ondulent au vent léger, et elle descend ensuite, par une petite cascade, à l'escarpement situé plus bas. L'horizon encadre entre deux troncs puissants un horizon vaporeux et lointain, dans la direction des monts du Liban : c'est un spectacle merveilleux… |
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