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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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samedi 18 août 29 (19 Eloul) environs de Giscala
- Pierre soupçonne le disciple de
Gamaliel 74 - L'hébraïsme 75 - Jésus dans la synagogue comme
simple fidèle 76 - Trois émissaires qui ont respecté
le sabbat 76 - Ils proposent à Jésus un cas de
conscience 77 - Jésus va au fond des choses 77 - Discours (Tous sont coupables
sauf le bâtard) 79 - Apportez l'enfant à Sara d'Aféca 80 - Discours (Le nouveau prophète
promis 80 - Le temps de l'amour est venu -
Les plus coupables 81 - Que Dieu pardonne à tous) 82 - Attaché à Gamaliel, Barnabé
admire Jésus 82 |
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Sommaire
du Tome 7 7.166. |
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74> "Elle ne me
plaît pas du tout cette halte avec cet homme qui s'est uni à nous..."
bougonne Pierre qui est avec Jésus dans un verger touffu. Ce doit être déjà l'après-midi du sabbat car le soleil est
encore haut sur l'horizon alors que c'était déjà le crépuscule quand ils sont
arrivés au village. "Après les prières, nous partirons. C'est le sabbat. Nous
ne pouvions pas voyager, et le repos ici nous a fait du bien. Nous ne nous
arrêterons plus jusqu'au prochain sabbat." "Mais tu t'es si peu reposé. Tous ces
malades !..." "Autant qui maintenant louent le Seigneur. Pour vous
épargner tant de route, je serais resté ici deux jours, pour donner à ceux
qui ont été guéris le temps d'apporter la nouvelle au-delà des frontières.
Mais vous n'avez pas voulu." 75> "Non ! Non ! Je voudrais être
déjà loin. Et... n'aie pas trop confiance, Maître. Tu
parles ! Tu parles ! Mais sais-tu que chacune de tes paroles en
certaines bouches se change en poison pour Toi ? Pourquoi nous l'ont-ils
envoyé ?" "Tu le sais." "Oui. Mais pourquoi est-il resté ?" "Ce n'est pas le premier qui reste après m'avoir
approché." Pierre secoue la tête. Il n'est pas convaincu. Il mâchonne:
"Un espion ! Un espion !..." "Ne juge pas, Simon. Tu pourrais te repentir un jour de
ton jugement actuel..." "Je ne juge pas. J'ai peur, pour Toi. Et cela c'est de
l'amour. Et le Très-Haut ne peut me punir de t'aimer." "Je ne dis pas que tu te repentirais de cela, mais d'avoir
pensé du mal de ton frère." "Lui est frère de ceux qui te haïssent. Il n'est donc pas
mon frère." Le raisonnement, humainement, est juste, mais Jésus
observe : "Il est disciple de Gamaliel. Gamaliel n'est pas contre
Moi." "Mais il n'est pas non plus avec Toi." "Qui n'est pas contre Moi, est avec Moi, même s'il ne
semble pas [1]. On ne peut pas
demander qu'un Gamaliel, le plus grand docteur que possède Israël,
aujourd'hui, un puits de savoir rabbinique, une vraie mine dans laquelle se
trouve toute la... substance de la science rabbinique, puisse rapidement tout
répudier pour me prendre... Moi. Simon, il est difficile même à vous de me
prendre en laissant de côté tout le passé..." "Mais nous, nous t'avons pris !" "Non. Sais-tu ce que c'est que de me prendre, Moi ?
Ce n'est pas seulement m'aimer et me suivre. Cela est plutôt le mérite de
l'Homme que je suis et qui attire vos sympathies. Me prendre, c'est
prendre ma doctrine, qui est pareille à l'ancienne pour la Loi divine, mais
qui est complètement différente de cette loi, de cet amas de lois humaines
qui se sont accumulées au cours des siècles pour former tout un code et un
formulaire qui n'a rien de divin. Vous, tous les humbles d'Israël, et
aussi quelque grand très juste, vous vous lamentez et vous critiquez les
subtilités formalistes des scribes et des pharisiens, leurs intransigeances
et leurs duretés... mais vous aussi vous n'en êtes pas exempts. Ce n'est pas
votre faute. Pendant des siècles et des siècles, vous, les hébreux, avez
assimilé lentement les... exhalaisons humaines de ceux qui ont manipulé la
Loi de Dieu, pure et surhumaine. Tu le sais. 76> Quand quelqu'un continue pendant des années et des années à vivre d'une
certaine manière différente de celle de son pays natal, parce qu'il est dans
un pays qui n'est pas le sien, et qu'y vivent ses enfants et ses
petits-enfants, il arrive que sa descendance finisse par devenir comme celle
de l'endroit où elle se trouve. Elle s'acclimate au point de perdre jusqu'à
l'aspect physique de sa nation en plus des habitudes morales et,
malheureusement, au point de perdre la religion de ses pères... Mais voici
les autres. Allons à la synagogue." "Tu parles ?" "Non. Je suis un simple fidèle. J'ai parlé par les
miracles ce matin..." "Pourvu que cela ne t'ait pas été nuisible..." Pierre
est vraiment mécontent et préoccupé, mais il suit le Maître qui s'est joint aux
autres apôtres et qui se trouve rejoint en route par l'homme de Giscala, et d'autres qui sont peut-être du village. Dans la synagogue le chef de la synagogue, se tourne vers Jésus
avec respect en disant : "Veux-tu, Ô Rabbi, expliquer la
Loi ?" Mais Jésus refuse et c'est comme simple fidèle qu'il suit
toutes les cérémonies baisant comme les autres le rouleau que Lui présente
l'adjoint (je l'appelle ainsi ne sachant quel nom donner à cet assistant du
chef de la synagogue) et écoutant l'explication du point qui a été choisi.
Certainement pourtant, même s'il ne parle pas, son attitude est déjà une
prédication de la façon dont il prie... Beaucoup le regardent. Le disciple de
Gamaliel ne le perd pas de vue une seule minute. Et les apôtres, soupçonneux
comme ils sont, ne perdent pas de vue le disciple. Jésus ne se retourne pas même quand sur le seuil de la
synagogue se produit un bourdonnement qui distrait beaucoup de gens. Mais la
cérémonie prend fin et les gens sortent sur la place où se trouve la
synagogue. Jésus, bien qu'étant plutôt vers le fond de la synagogue, sort un
des derniers, et se dirige vers la maison pour prendre son sac et partir.
Beaucoup de gens de l'endroit le suivent et parmi eux le disciple de Gamaliel
qu'appellent à un certain moment trois hommes adossés au mur d'une maison. Il
parle avec eux, et avec eux se fraie un chemin vers Jésus. "Maître, ces
gens veulent te parler" dit-il pour attirer l'attention de Jésus qui
parlait avec Pierre et son cousin Jude. "Des scribes ! Je l'avais dit !" s'écrie
Pierre déjà troublé. Jésus salue profondément les trois qui le saluent et
demande : "Que voulez-vous ?" 77> Le plus âgé parle : "Tu n'es pas
venu. Nous, nous venons. Et pour que personne ne pense
que nous n'avons pas respecté le sabbat, nous disons à tous que nous avons
partagé le parcours en trois temps : le premier jusqu'à ce que la
dernière lueur du crépuscule eût vécu; le second, de six stades, pendant que
la lune éclairait les sentiers; le troisième se termine maintenant et n'a pas
dépassé la mesure légale. Ceci dit pour nos âmes et les vôtres. Mais pour
notre esprit, nous te demandons ta sagesse. Tu es au courant de ce qui est
arrivé dans la ville de Giscala ?" "Je viens de Capharnaüm, je ne sais rien." "Écoute. Un homme s'était absenté pour de longues affaires
de sa maison. En revenant, il apprit que, pendant son absence, sa femme
l'avait trahi, et jusqu'au point d'avoir un fils qui ne pouvait être du mari
puisqu'il avait été absent pendant quatorze mois. L'homme a tué secrètement
sa femme. Mais, dénoncé par quelqu'un qui l'avait appris de la servante, il a
été mis à mort conformément à la loi d'Israël. L'amant, qui selon la Loi
devrait être lapidé, s'est réfugié à Cédés, et certainement il cherchera à
rejoindre de là d'autres lieux. Le bâtard, que le mari voulait avoir pour le
tuer lui aussi, ne fut pas remis par la femme qui l'allaitait, et elle est
allée à Cédés pour demander au vrai père du bébé de s'occuper de son enfant,
car le mari de la nourrice ne veut pas garder le bâtard chez lui. Mais l'homme
l'a repoussée en lui disant que son fils le gênerait dans sa fuite. Selon
Toi, comment juges-tu le fait ?" "Je ne pense pas que désormais on puisse le juger. Tout
jugement, juste ou injuste, a déjà été prononcé.» "Quel est, selon Toi, le jugement juste et celui qui est
injuste? Il y a eu divergence d'idées entre nous au sujet du supplice de
l'homicide." Jésus les regarde, fixement, l'un après l'autre. Puis il
dit : "Je vais parler. Mais d'abord, répondez à mes questions, quel
que soit leur poids. Et soyez sincères. L'homme homicide de la femme était-il
de l'endroit ?" "Non. Il s'y était établi après avoir épousé la femme qui,
elle, en était." "L'adultère était-il de l'endroit ?" "Oui." "Comment l'homme trahi sut-il qu'il l'était ? La
faute était-elle publique ?" "Non, vraiment, et on ne comprend pas comment l'homme put
le savoir. La femme s'était absentée depuis des mois en disant que, pour ne
pas rester seule, elle allait à Ptolémaïs chez ses parents, et elle revint en disant qu'elle avait pris avec elle le bébé d'une
parente morte." 78> "Quand elle était à Giscala,
sa conduite était-elle effrontée ?" "Non. Au contraire nous avons tous été étonnés de sa
relation avec Marc." "Mon parent n'est pas un pécheur. C'est un accusé
innocent" dit l'un des trois qui n'a encore jamais parlé. "C'était ton parent ? Qui es-tu ?" demande
Jésus. "Le premier des Anciens de Giscala.
C'est pour cela que j'ai voulu la mort de l'homicide, car non seulement il a
tué, mais il a tué une innocente" et il regarde de travers le troisième
qui a environ quarante ans, et qui répond : "La Loi dit de tuer
l'homicide." "Tu voulais la mort de la femme et de l'adultère." "C'est la Loi." "S'il n'y avait pas d'autre raison, personne n'aurait
parlé." La discussion s'enflamme entre les deux antagonistes qui
oublient presque Jésus. Mais celui qui a parlé le premier, le plus âgé,
impose le silence en disant avec impartialité : "On ne peut nier
que l'homicide ait été consommé, comme on ne peut nier qu'il y ait eu faute.
La femme l'a avouée à son mari. Mais laissons parler le Maître." "Moi, je dis : comment le mari l'a-t-il su ?
Vous ne m'avez pas répondu." Celui qui défend la femme dit : "Parce que quelqu'un
a parlé dès le retour du mari." "Et alors Moi je dis que celui-là n'avait pas l'âme
pure" dit Jésus en abaissant ses paupières pour voiler son regard et
l'empêcher d'accuser. Mais l'homme de quarante ans qui voulait la mort de la femme et
de l'adultère s'emporte : "Moi, je ne désirais pas cette
femme." "Ah ! maintenant c'est clair ! C'est toi qui as
parlé ! Je le soupçonnais, mais maintenant tu t'es trahi !
Assassin !" "Et toi qui favorise l'adultère. Si tu ne l'avais pas
averti, il ne se serait pas enfui. Mais c'est ton parent ! C'est ainsi
que se fait la justice en Israël ! C'est pour cela que tu défends aussi
la mémoire de la femme : pour défendre ton parent. S'il n'y avait
qu'elle tu ne t'en soucierais pas." "Et toi, alors ? Toi qui as jeté l'homme contre la
femme pour te venger de ses refus ?" "Et toi, le seul qui as témoigné contre l'homme ? Toi
qui dans cette maison payais une servante pour qu'elle te favorise ? Un
seul témoignage n'est pas valide : c'est la Loi
qui le dit." Un brouhaha e de marché ! 79> Jésus et le plus âgé cherchent à calmer les
deux hommes qui représentent deux intérêts et deux courants opposés et qui
révèlent une haine inguérissable entre deux familles. Ils y réussissent non
sans peine, et maintenant c'est Jésus qui parle. Calme, solennel, il commence
par se défendre de l'accusation venue de l'un des deux adversaires :
"Toi qui protèges les prostituées..." "Moi, non seulement je dis que l'adultère consommé est un
crime contre Dieu et le prochain, mais je dis : même celui qui a des
désirs impurs pour la femme d'un autre est adultère dans son cœur et il
commet le péché. Malheur si tout homme qui a désiré la femme d'autrui devait
être mis à mort ! Les lapidateurs devraient avoir toujours des cailloux
à la main. Mais si bien des fois le péché reste, impuni de la part des hommes
sur la Terre, le péché sera expié dans l'autre vie, parce que le Très-Haut a
dit : "Tu ne forniqueras pas et tu ne désireras pas la femme
d'autrui", et il faut obéir à la parole de Dieu. Cependant, je dis
aussi : "Malheur à celui par qui se commet un scandale et malheur à
celui qui dénonce son prochain". Ici, il y a eu des manquements de la
part de tous. De la part du mari. Y avait-il pour lui une véritable nécessité
d'abandonner sa femme pendant si longtemps ? L'avait-il toujours traitée
avec cet amour qui gagne le cœur de la compagne ? S'est-il examiné
lui-même pour voir si avant d'être offensé par sa femme, il ne l'avait pas
offensée, lui ? La loi du talion dit "Œil pour oeil,
dent pour dent". Mais si elle le dit pour exiger réparation, cette
réparation doit-elle être donnée par un seul ? Je ne défends pas la
femme adultère, mais je dis : "Combien de fois aurait-elle pu
accuser son conjoint de ce péché ?" Les gens murmurent : "C'est vrai ! C'est
vrai !" et ils approuvent aussi le vieillard de Giscala
et le disciple de Gamaliel. Jésus poursuit : "...Moi, je dis : comment
n'a-t-il pas craint Dieu. celui qui par vengeance a causé une pareille
tragédie ? L'aurait-il voulue au sein de sa famille ? Moi, je
dis : l'homme qui s'est enfui et, qui, après avoir joui et causé des
malheurs, repousse aussi maintenant l'innocent, croit-il qu'en fuyant il
échappera au Vengeur éternel ? Voilà ce que je dis. Et je dis
encore : la Loi exigeait la lapidation des adultères et la mise à mort
de l'homicide. Mais un jour viendra où la Loi, nécessaire pour contenir la
violence et la luxure des hommes qui ne sont pas fortifiés par la Grâce du
Seigneur, sera modifiée, et s'il restera les commandements : 80> "Ne pas tuer et
ne pas commettre l'adultère", les sanctions contre ces péchés seront remises
à une justice plus élevée que celle de la haine et du sang. Une justice, par
rapport à laquelle la justice existante toujours fallacieuse et injuste des
juges humains, tous adultères et peut-être plusieurs fois, sinon homicides,
sera moins que rien. Je parle de la justice de Dieu qui demandera raison aux
hommes même des désirs impurs d'où viennent les vengeances, les délations,
les homicides, et qui surtout demandera raison des motifs pour lesquels on
refuse aux coupables le temps de se racheter et pour lesquels on impose aux
innocents de porter le poids des fautes d'autrui. Tous sont coupables ici.
Tous. Même les juges mus par des motifs opposés de vengeance personnelle. Il
n'y a qu'un innocent, et c'est à lui que va ma pitié. Moi, je ne peux revenir
en arrière. Mais qui de vous sera charitable pour le petit et pour Moi qui
souffre pour lui ?" Jésus jette sur la foule un regard de prière
attristée. Plusieurs disent : "Que veux-tu ? Mais
rappelle-toi : c'est un bâtard." "A Capharnaüm, il y a une femme qui s'appelle Sara. Elle
est d'Afec. Une de mes disciples. Conduisez-lui
l'enfant, et dites-lui : "Jésus de Nazareth te le confie".
Quand le Messie que vous attendez aura fondé son Royaume, et apporté ses lois
qui n'annulent pas la Parole du Sinaï, mais la perfectionnent avec la
charité, les bâtards ne seront plus sans mère, car je serai le Père de ceux
qui n'ont pas de père, et je dirai à mes fidèles : "Aimez-les par
amour pour Moi". Et d'autres choses seront changées car la violence sera
remplacée par l'amour. Vous croyiez peut-être, en m'interrogeant, que je m'opposerais
à la Loi. Et. c'est pour cela que vous m'avez cherché. Dites-vous à
vous-mêmes et dites à ceux qui vous ont envoyés que je suis venu pour
perfectionner la Loi, jamais pour la contredire [2]. Dites-vous à
vous-mêmes et dites aux autres que Celui qui prêche le Royaume de Dieu ne
peut certes enseigner ce qui dans le Royaume de Dieu serait horreur et ne
pourrait par conséquent être accueilli. Dites-vous à vous-mêmes et dites aux
autres de se souvenir du Deutéronome :
"Le Seigneur ton Dieu suscitera pour toi, de ta nation, d'entre
tes frères, un prophète. Écoute-le. C'est ce que tu as demandé au Seigneur
ton Dieu près de l'Oreb et tu as dit :
"Que je n'entende plus la voix du Seigneur mon Dieu et que je ne voie
plus cet immense feu, et que je ne meure pas". Et le Seigneur m'a
dit : "Ils ont bien parlé et Moi, Je leur susciterai d'entre leurs
frères un prophète semblable à toi et Je mettrai mes paroles sur ses lèvres et il leur dira tout ce que Je lui aurai commandé. Et si quelqu'un ne
veut pas écouter les paroles qu'il dira en mon nom, J'en tirerai
vengeance" [3]. 81> Une fois de plus, d'une chose désormais résolue, comme la
sainteté ne l'aurait pas résolue, vous avez fait un instrument d'inquisition
pour me prendre en péché. Mais Moi, je sais que je ne pèche pas. Et je ne
crains pas de dire ma pensée : l'homme homicide a expié, d'abord par le
déshonneur et puis par la mort, d'avoir fait du gain le but de sa vie. La
femme a expié par sa mort son péché et - cela vous étonnera, mais il en est
ainsi - et son aveu dans l'intention d'amener son mari à la pitié pour
l'innocent, a diminué auprès de Dieu le poids de son péché. Les autres :
toi et toi, et celui qui s'est enfui sans même avoir pitié de son enfant,
vous êtes plus coupables que les deux premiers. Vous murmurez ? Vous
n'avez pas expié par la mort et vous n'avez pas les circonstances atténuantes
du mari trahi, ni celles de la femme délaissée et qui avait avoué sa faute.
Et tous vous avez un péché, tous, sauf la nourrice de l'innocent : le
péché de repousser cet innocent comme s'il était un mal honteux. Vous avez su
tuer l'homicide, vous auriez su aussi tuer les adultères. Ce qui est justice
sévère, vous avez su le faire et vous auriez su le faire. 82> Mais aucun n'a su et
ne sait ouvrir les bras à la pitié pour
l'innocent. Mais vous n'êtes pas complètement responsables. Vous ne savez
pas... Vous ne savez jamais exactement ce que vous faites et ce qu'il
faudrait faire. Et en cela vous avez une excuse. Quand ce disciple de Gamaliel est venu me trouver, il m'a
dit : "Viens. Ils veulent t'interroger sur un fait dont les
conséquences durent". Les conséquences, c'est l'innocent. Eh bien ?
Maintenant que vous connaissez ma pensée, changez-vous peut-être votre jugement
là où il peut l'être ? A lui, j'ai dit : "Moi, je ne juge pas.
Je pardonne". Gamaliel a dit : "Seul Jésus de Nazareth
jugerait ici avec justice". Moi, comme je l'ai dit à celui-ci, j'aurais
conseillé à tous, je dis à tous, d'attendre pour frapper un examen attentif
et que les passions se soient calmées. Beaucoup de choses pouvaient être
changées sans offenser la Loi. La chose est passée désormais. Et que Dieu
pardonne à qui s'est repenti ou se repentira. Je n'ai pas autre chose à dire.
Ou plutôt, j'ai encore une chose : que Dieu vous pardonne, une fois
encore, d'avoir tenté le Fils de l'homme." "Pas moi. Maître ! Pas moi ! Moi... j'aime le
rabbi Gamaliel comme un disciple doit aimer son maître : plus qu'un
père. Davantage parce qu'un rabbi forme l'intelligence qui est quelque chose
de plus grand que la chair. Et... je ne puis quitter mon rabbi pour Toi.
Mais, voici. Pour te saluer, je ne trouve que les paroles du cantique de
Judith. Elles fleurissent du fond de mon cœur, car j'ai senti la justice et
la sagesse en toutes tes paroles. "Adonaï, Seigneur, tu es grand
et magnifique dans ta puissance. Personne ne peut te surpasser. Personne ne
peut résister à ta voix. Ceux qui te craignent, seront toujours devant
Toi !"... Seigneur, je vais descendre à Capharnaüm chez la femme
dont tu parles... Et Toi, prie pour moi pour que mon granit fonde et qu'y
pénètre la Parole qui établit le Royaume de Dieu en nous... Maintenant j'ai
compris. Nous sommes dans l'erreur. Et nous disciples, nous sommes les moins
coupables..." "Que dis-tu,
imbécile ?" interrompt violemment l'Ancien de Giscala
en s'adressant au disciple de Gamaliel. "Ce que je dis ? Je dis que mon maître a raison et
que celui qui offre à Lui pour le tenter un royaume temporel est un Satan,
car Lui est un vrai Prophète du Très-Haut et la Sagesse parle par ses lèvres.
Dis-moi, Maître, que dois-je faire ?" "Méditer." "Mais..." 83> "Méditer. Tu es un fruit vert et il te faut une greffe.
Je prierai pour toi. Vous, venez..." Et, avec les
apôtres chargés de leurs sacs, il se met en route, laissant derrière Lui les
commentaires. |
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