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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Jeudi 6
septembre 29 (9 Tisri) Au sud de Nazareth sur la route d'Esdrelon
- Jésus marche par les colline et
prend la route 115 - Il rencontre ses cousins Joseph
et Simon avec Jean 116 - Discours de Joseph (Je me
suis trompé - Ta mère m'a expliqué les prophéties 117 - J'ai résisté à ceux qui sont
venus 118 - Tu dois te faire connaître des
grands) 118 - Simon d'Alphée insiste dans le
même sens 119 - Fais à Jérusalem les œuvres
faites ailleurs 120 - Discours (Vous
ignorez le dessein de mon Père 121 - Jésus, signe de contradiction
121 - Votre incompréhension de
l'Homme-Dieu) 122 - Le signe sera donné à Gamaliel
122 - Joseph promet de veiller sur
Jésus et sur Marie 123 - Joseph approche du réveil 124 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7 7.173. |
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115> Le soleil se lève à peine sur la nature rendue humide par une averse,
tombée depuis peu certainement parce que la poussière de la route en est
encore humectée, sans pourtant avoir fait de la boue. Voilà pourquoi je dis
qu'il a plu depuis peu et que cela n'a été qu'une averse. Une première pluie
d'automne, l'annonce des pluies de novembre qui changeront les routes de
Palestine en un ruban visqueux de boue. 116> Mais celle-ci légère,
favorable aux voyageurs, n'a fait qu'humecter la poussière - l'autre fléau de
la Palestine réservé aux mois d'été, comme la boue l'est à ceux d'hiver - et
laver l'atmosphère, les feuilles et les herbes qui, propres, brillent toutes
au premier rayon du soleil. Un petit vent, doux et pur, court à travers les
oliviers qui couvrent les collines de Nazareth et il semble qu'un grand vol
d'anges court à travers les arbres pacifiques, tellement leurs frondaisons
rappellent dans leur bruissement le bruit des grandes ailes qui se meuvent
dans le vol, et elles brillent avec leur argent lumineux, toutes penchées du
même côté, comme si à l'arrière du vol angélique il restait un sillage de
lumière paradisiaque. La ville est déjà
dépassée de quelques stades quand Jésus, qui a marché par des raccourcis à
travers les collines, entre dans la grand-route qui, de Nazareth, va à la
plaine d'Esdrelon, la route des caravanes qui de
minute en minute s'anime avec le passage des pèlerins. Il fait quelques
autres stades sur la route. À un endroit, elle bifurque près d'une pierre
milliaire, qui sur deux côtés porte l'inscription : "Jafia Simonia - Bethléem
Carmel" à l'ouest, et : "Xalot - Naïm Scythopolis – Engannim" à l'est. Là Jésus voit, arrêtés sur le
bord de la route, ses cousins Joseph et Simon qui, avec Jean de Zébédée, le
saluent tout de suite. "Paix à
vous ! Vous êtes déjà ici ? Je pensais m'arrêter ici pour vous attendre
et être le premier... et je vous trouve déjà" et il les embrasse
visiblement content de les voir. "Tu ne pouvais
arriver le premier. Craignant que tu passes avant que nous arrivions, nous
sommes partis à la clarté des étoiles, tout de suite cachées par des
nuages." "Je vous avais
dit que vous m'auriez vu. Alors, toi, Jean, tu n'as pas dormi !" "Peu, Maître,
mais toujours plus que Toi certainement. Mais cela ne fait rien" et le
visage serein de Jean sourit, vrai miroir de son excellent caractère toujours
content de tout. "Eh bien, mon
frère, tu voulais me parler ?" dit Jésus à Joseph. "Oui... Viens un
peu à l'intérieur de cette vigne. Nous serons plus tranquilles" et
Joseph d'Alphée le premier pénètre entre deux rangs de vignes déjà
dépouillées de leurs fruits. Seuls quelques grappillons restent encore sur
les sarments, au milieu des feuilles qui blondissent et vont bientôt tomber,
réservés à la faim du pauvre et du pèlerin, suivant les prescriptions
mosaïques. Jésus le suit avec
Simon. Jean reste sur la route, mais Jésus l'appelle en
disant : "Tu peux venir, Jean. Tu es mon témoin." 117> "Mais..."
dit l'apôtre en regardant interdit les deux fils d'Alphée. "Oui, oui,
viens aussi. Et même nous voulons que tu entendes nos paroles" dit
Joseph, et alors Jean descend à son tour dans le vignoble où tous ensemble
ils s'enfoncent en suivant les courbes des rangées, au point que l'on ne peut
plus les voir de la route. "Jésus, j'ai été
heureux de voir que tu m'aimes" dit Joseph. "Et pouvais-tu
en douter ? Ne t'ai-je pas toujours aimé ?" "Moi aussi, je
t'ai toujours aimé. Mais... dans notre amour, depuis quelque temps, nous ne
nous comprenions plus. Moi... je ne pouvais approuver ce que tu faisais, car cela
me paraissait ta ruine, celle de ta Mère et la nôtre. Tu sais... Nous tous
les vieux galiléens, nous nous rappelons comment fut frappé Jude le galiléen [1] et comment furent
dispersés ses parents et ses disciples dont les biens furent confisqués. Ceux
qui ne furent pas tués, furent envoyés aux galères et eurent leurs biens
confisqués. Moi, je ne voulais pas cela pour nous. C'est que... Oui, il me
semblait que cela ne devait pas être vrai que justement chez nous, de la
descendance de David, oui, mais ainsi... Nous ne manquons pas de pain, pour
cela non, et que le Très-Haut en soit loué. Mais où se trouve la grandeur
royale que toutes les prophéties attribuent à celui qui sera le Messie ?
Et Toi, es-tu la verge qui frappe pour dominer ? Tu n'as pas été la
lumière à ta naissance. Tu n'es même pas né dans ta maison !...
Oh ! je les connais bien les prophéties ! Nous, bois sec désormais,
mais rien ne disait que le Seigneur l'aurait revêtu d'une frondaison. Et Toi,
qu'es-tu sinon un juste ? C'étaient les idées à
cause desquelles je te combattais en gémissant sur notre ruine. Et pendant
que je gémissais ainsi, voici venir des tentateurs pour faire enflammer
encore plus mes idées de grandeur, de royauté... Jésus, ton frère a été un
imbécile. Je les ai crus, et je t'ai déplu. C'est dur de l'avouer, mais je
dois le dire. Et toi pense qu'Israël tout entier était en moi, imbécile comme
moi, sûr comme moi que l'apparence du Messie n'est pas celle que tu nous
donnes... Il est dur de dire : "Je me suis trompé ! Nous nous
sommes trompés et nous nous trompons ! Depuis des siècles". Mais ta
Mère m'a expliqué les paroles des prophètes. Oh ! oui !
Jacques a raison, et Jude a raison. Entendues de sa bouche, comme eux les ont
entendues tout enfants, on voit que tu es le Messie. Voilà, mes cheveux
blanchissent car je ne suis plus un enfant, et je ne l'étais pas non plus
quand Marie revint du Temple comme épouse de Joseph. 118> Et je me souviens de
ces jours-là, et de la réprobation stupéfaite de mon père quand il vit
que son frère ne faisait pas les noces au plus vite. Sa stupeur, stupeur de
Nazareth, et aussi les médisances. Car il n'est pas d'usage de laisser passer
tant de mois avant les noces, en se mettant dans les conditions de pécher et
de... Jésus, j'estime Marie, et j'honore la mémoire de mon parent. Mais le
monde... Pour le monde, cela n'a pas été un bon moment… Toi... Oh !
maintenant je sais. Ta Mère m'a expliqué les prophéties. Voilà pourquoi Dieu
a voulu que les noces soient retardées. Pour que ta naissance coïncide avec
le grand Édit et que tu naisses à Bethléem de Juda. Et... Marie m'a tout
expliqué, tout oui, et il y a eu une sorte de lumière pour que je comprenne
ce qu'elle a tu par humilité. Et je dis : tu es le Messie. C'est ce que
j'ai dit et ce que je dirai. Mais le dire, ce n'était pas encore changer
l'esprit... car mon esprit pense que le Messie est Roi. Les prophéties
parlent... et il est difficile de pouvoir comprendre dans le Messie un
caractère autre que celui de Roi... Mais suis-tu ? Tu es fatigué ?" "Non,
j'écoute." "Eh bien... Ceux
qui cherchaient à séduire mon cœur sont revenus et ils voulaient que je te
contraigne... Et parce que je n'ai pas voulu, le voile est tombé de leurs
visages et ils sont apparus pour ce qu'ils sont : de faux amis, de vrais
ennemis... Et d'autres sont venus, pleurant comme des pécheurs, et je les ai
entendus. Ils ont répété tes paroles dans la maison de Chouza...
Maintenant je sais que tu régneras sur les esprits, c'est-à-dire que tu seras
Celui en qui toute la sagesse d'Israël se centralise pour donner des lois
nouvelles et universelles. En Toi la sagesse des patriarches et celle des
juges, et celle des prophètes, et celle de nos aïeux David et Salomon, en Toi
la sagesse qui a guidé les rois, Néhémie et Esdras, en Toi celle qui a
conduit les Maccabées. Toute la sagesse d'un peuple, de notre peuple, du
Peuple de Dieu. Je comprends que tu donneras au monde, tout entier soumis à
ton pouvoir, tes lois très sages. Et c'est vraiment un peuple de saints que
sera ton peuple. Mais, mon Frère, tu ne peux faire cela tout seul. Moïse pour
bien moins se choisit des aides [2]. Et ce n'était qu'un
peuple ! Toi... Tout le monde. Tout entier à tes pieds !… Ah !
Mais pour faire cela, tu dois te faire connaître... Pourquoi ce sourire sur
tes lèvres, tout en restant les yeux fermés ?" "Parce que
j'écoute et que je me demande : "Mon frère oublie-t-il qu'il m'a
fait des reproches parce que je me faisais connaître, disant que j'aurais nui
à toute la famille !" Voilà pourquoi je souris. Et je pense aussi
que depuis deux ans et six mois, je ne fais que me faire connaître." 119> "J'ai parlé.
C'est pour cela qu'ils m'ont haï." "Insiste, et
parle en roi. Ne te rappelles-tu pas la puissance, la majesté des actes de
Salomon ? Si (il est splendide ce "si" !) tu es vraiment
celui qu'ont prophétisé les prophètes, comme le montrent les prophéties vues
avec les yeux de l'esprit, tu es plus qu'un Homme. Lui, Salomon, n'était
qu'un homme. Alors, montre-toi pour ce que tu es, et ils t'adoreront." "M'adoreront-ils
les juifs, les princes, et les chefs des familles et des tribus
d'Israël ? Pas tous, mais quelques-uns qui ne m'adorent pas, m'adoreront
en esprit et en vérité. Mais pas maintenant. Je dois avant ceindre la couronne
et prendre le sceptre et revêtir la pourpre." "Ah !
alors, tu es roi, tu vas l'être bientôt ! Tu le dis ! C'est comme
je pensais ! C'est comme beaucoup la pensent !" "En vérité, tu
ne sais pas comment Je régnerai. Seul le Très-Haut et Moi, et quelques âmes
auxquelles l'Esprit du Seigneur s'est plu à le révéler, maintenant et dans
les temps passés, nous savons comment régnera le Roi d'Israël, l'Oint de
Dieu." "Pourtant,
écoute-moi aussi, Frère" dit Simon d'Alphée. "Pourtant Joseph a
raison. Comment veux-tu qu'ils t'aiment ou qu'ils te craignent si tu évites
toujours de les stupéfier ? Ne veux-tu pas appeler Israël aux
armes ? L'ancien cri de guerre et de victoire ne veux-tu pas le
dire ? Mais, au moins - ce n'est pas la première fois que se produisent
ainsi les appels au trône en Israël - mais au moins par les hosannas du
peuple, mais au moins pour avoir su arracher ces hosannas par ta puissance de
Rabbi et de Prophète, deviens roi." 120> "Je le suis
déjà. Depuis toujours." "Oui"
réplique Simon. "C'est ce que nous a dit un chef du Temple. Tu es né roi
des juifs. Mais tu n'aimes pas la Judée. Tu es un roi déserteur puisque tu ne
vas pas à elle. Tu es un roi qui n'est pas saint si tu n'aimes pas le Temple
où la volonté d'un peuple te consacrera roi. Sans la volonté d'un peuple, si
tu ne veux pas t'imposer à lui par la violence, tu ne peux régner."
Joseph reprend la
parole. "Tu laisses passer ton heure. C'est moi qui te le dis. Le peuple
est las des oppresseurs étrangers et de nos chefs. C'est l'heure, je te le
dis. Toute la Palestine, à l'exception de la Judée, et encore pas toute, te
suit en qualité de Rabbi et plus encore. Tu es comme un étendard élevé sur
une hauteur et tous te regardent. Tu es comme un aigle et tous suivent ton
vol. Tu es comme un vengeur et tous attendent que tu décoches la flèche. Va,
quitte la Galilée, la Décapole, la Pérée, les autres régions, et va au cœur
d'Israël, dans la citadelle où tout le mal est renfermé et d'où doit venir
tout le bien, et conquiers-la. Là aussi tu as des disciples, mais qui sont
tièdes, parce qu'ils te connaissent peu; mais peu nombreux parce que tu n'y
séjournes pas; mais incertains parce que tu n'y as pas fait les œuvres que tu
as faites ailleurs. Va-t-en en Judée pour qu'eux aussi voient qui tu es par
tes œuvres. Tu reproches aux juifs de ne pas t'aimer. Mais comment peux-tu
prétendre de l'être, si tu leur restes caché ? Personne, qui cherche à
être acclamé en public et le désire, ne fait ses œuvres en cachette, mais il
les fait de façon que le public les voie. Si donc tu peux faire des prodiges
sur les cœurs, sur les corps et sur les éléments, va là et fais-toi connaître au monde." 121> Je vous comprends et
vous excuse. Je n'ai pas de rancœur pour vous. Je n'éprouve pas de lassitude,
d'ennui pour votre cécité... Vous ne savez pas, mais Moi, je sais. Vous ne
savez pas, vous voyez la surface du visage du monde. Moi, je vois la
profondeur. Le monde vous montre encore bon visage. Il ne vous hait pas, non
qu'il vous aime, mais parce que vous ne méritez pas sa haine. Vous êtes trop
peu de chose. Mais il me hait Moi, parce que je suis un danger pour le
monde : un danger pour la fausseté, pour la cupidité, pour la violence
qu'est le monde. Je suis la Lumière,
et la lumière illumine. Le monde n'aime pas la lumière car elle manifeste les
actions du monde [3]. Le monde ne m'aime
pas, il ne peut pas m'aimer car il sait que je suis venu pour le vaincre dans
le cœur des hommes et dans le roi ténébreux qui le domine et le dévoie. Le
monde ne veut pas se convaincre que je suis son Médecin et son Remède et,
comme un fou, il voudrait m'abattre pour n'être pas guéri. Le monde encore ne
veut pas se persuader que je suis le Maître parce que ce que je dis est
contraire à ce qu'il dit. Et alors il cherche à étouffer la Voix qui parle au
monde afin de l'instruire à Dieu, de lui montrer la vraie nature de ses
actions qui sont mauvaises. Entre le Monde et
Moi, il y a un abîme, et pas par ma faute. Je suis venu pour donner au monde
la Lumière, le Chemin, la Vérité, la Vie. Mais le monde ne veut pas
m'accueillir et pour lui ma lumière devient ténèbres parce qu'elle sera la
cause de la condamnation de ceux qui n'ont pas voulu de Moi. 122> Mais ceux qui
m'accueillent, en vérité, en vérité je vous dis qu'ils deviendront des fils de
la Lumière, c'est-à-dire de Dieu, car ils sont nés à Dieu pour avoir
accueilli Dieu. Par conséquent, si je suis venu pour faire des hommes des
fils de Dieu, comment puis-je faire de Moi un roi comme, par amour ou par
haine, par simplicité ou par malice, beaucoup en Israël vous voulez
faire ? Vous ne comprenez pas que je me détruirais Moi-même, le vrai
Moi-même, c'est-à-dire le Messie, non pas le Jésus de Marie et Joseph de
Nazareth. Je détruirais le Roi des rois, le Rédempteur, celui qui est né d'une
Vierge, appelé Emmanuel [5], appelé l'Admirable,
le Conseiller, le Fort, le Père du siècle futur, le Prince de la Paix [6], Dieu, Celui dont
l'empire et la paix n'auront pas de limites, en s'assoyant sur le trône de
David à cause de la descendance humaine, mais ayant le monde pour escabeau de
ses pieds, pour escabeau de ses pieds tous ses ennemis et le Père à ses
côtés, comme il est dit au livre des Psaumes [7], par droit surhumain
d'origine divine ? Vous ne comprenez pas que Dieu ne peut être Homme,
autrement que par perfection de bonté, pour sauver l'homme, mais ne peut pas,
ne doit pas s'abaisser Lui-même à de pauvres choses humaines ? Vous ne
comprenez pas que si j'acceptais la couronne, la royauté comme vous la
comprenez, j'avouerais que je suis un faux Christ, je mentirais à Dieu, je me
renierais Moi-même, et je renierais le Père, et je serais pire que Lucifer,
car je priverais Dieu de la joie de vous avoir, je serais pire que Caïn pour
vous, car je vous condamnerais à être perpétuellement exilé de Dieu dans les Limbes
sans espérance de Paradis ? Tout cela, vous ne le
comprenez pas ? Ne comprenez-vous pas le piège où les hommes veulent me
faire tomber ? Le piège de Satan pour frapper l'Éternel dans son Aimé et
dans ses créatures : les hommes ? Ne comprenez-vous pas que c'est
le signe que je suis plus qu'un homme, que je suis l'Homme-Dieu ? Le
fait que je n'aspire qu'à des choses spirituelles pour vous donner le Royaume
spirituel de Dieu ?... Vous ne comprenez pas que le signe que je…" "Les paroles de
Gamaliel !" s'écrie Simon. "...que je ne
suis pas un roi, mais le Roi, c'est cette haine de tout l'enfer et du monde
entier envers Moi ? Je dois enseigner, souffrir, vous sauver. C'est cela
que je dois faire. Et cela Satan ne le veut pas et les satans
ne le veulent pas. L'un de vous a dit : "Les paroles de
Gamaliel". Voici : lui n'est pas mon disciple et il ne le sera
jamais tant que je serai de ce monde, mais c'est un
juste. 123> Eh bien : parmi ceux qui me proposent
et qui vous proposent le pauvre royaume humain, y a-t-il par hasard
Gamaliel ?" "Oh !
non !" dit Simon. "Etienne a dit que le rabbi, ayant appris ce
qui est arrivé chez Chouza, s'est écrié :
"Mon esprit tressaille en se demandant si Lui peut être vraiment ce
qu'il dit. Mais toute question serait morte avant de se former dans mon
esprit, et pour toujours, s'il avait consenti à cette chose. L'Enfant, que
j'ai entendu, a dit que l'esclavage comme la royauté ne seront pas ce que
nous croyons, en comprenant mal les prophètes, c'est-à-dire matérielles, mais
de l'esprit, grâce au Christ, Rédempteur de la Faute et Fondateur du Royaume
de Dieu dans les esprits. Je me rappelle ces paroles, et c'est sur elles que
je juge le Rabbi. Si, en le jugeant, je le trouvais au-dessous de cette
hauteur, je le repousserais comme un pécheur et un menteur. Et j'ai tremblé
de voir se dissoudre dans le néant l'espérance que cet Enfant m'a
donnée" "Oui, mais en
attendant, il ne l'appelle pas le Messie" dit Joseph. "Il attend un
signe, dit-il" répond Simon. "Et Toi,
donne-le-lui, alors ! Et qu'il soit puissant." "Je lui donnerai
ce que je lui ai promis, mais pas maintenant. Vous, allez à cette fête. Moi
je n'y viens pas publiquement, comme rabbi, comme prophète, pour m'imposer,
car ce n'est pas encore mon temps." "Mais, au moins,
tu viendras en Judée ? Tu donneras aux juifs des preuves qui les
convainquent ? Pour qu'ils ne puissent pas dire..." "Oui. Mais
crois-tu qu'elles serviront à me procurer la paix ? Frère, plus j'agirai
et plus je serai haï. Mais je te contenterai. Je leur donnerai les preuves
les plus grandes qui puissent exister... et je leur dirai des paroles
capables de changer des loups en agneaux, des pierres dures en cire molle.
Mais cela ne servira à rien..." Jésus est triste. "Je t'ai fait
souffrir ? Je le disais pour ton bien." "Non, tu ne me
donnes pas du chagrin… Je voudrais pourtant que tu me comprennes, que toi,
mon frère, tu me voies pour ce que je suis... Je voudrais m'en aller avec la
joie de te savoir mon ami. L'ami comprend et il veille sur les intérêts de
l'ami..." "Et moi, je te
dis que je le ferai. Je sais qu'ils te haïssent. Désormais, je le sais. C'est
pour cela que je suis venu. Mais tu le sais : je veillerai sur Toi. Je
suis l'aîné, je réfuterai les calomnies et je penserai à ta Mère" promet
Joseph. 124> "Merci, Joseph.
Il est grand mon fardeau et tu l'allèges. La douleur, une mer, s'avance
avec ses flots pour me submerger et avec elle la haine... Mais si j'ai votre
amour, ce n'est rien. C'est que le Fils de l'homme a un cœur... et ce cœur a
besoin d'amour..." "Et moi, je te
le donne. Oui. Sous l’œil de Dieu qui me voit, je te dis que je te le donne.
Va en paix, Jésus, à ton travail. Je t'aiderai. Nous nous aimions bien.
Puis... Mais maintenant redevenons ce que nous étions autrefois, l'un pour
l'autre. Toi : le Saint; moi : l'homme, mais unis pour la gloire de
Dieu. Adieu, Frère." "Adieu,
Joseph." Ils s'embrassent.
C'est le tour de Simon qui demande : "Bénis-nous pour que nos cœurs
s'ouvrent à toute la Lumière." Jésus les bénit et,
avant de les quitter, il leur dit encore : "Je vous confie ma
Mère…" "Va en paix.
Elle aura deux fils en nous." Ils se quittent. Jésus revient sur la
route et, avec Jean à côté de Lui, il se met à marcher vite, très vite. Après un bon moment,
Jean rompt le silence pour demander : "Mais Joseph d'Alphée, il est
convaincu ou non, désormais ?" "Pas
encore." "Et alors, Toi, qu'es-tu pour lui ?
Messie ? Homme ? Roi ? Dieu ? Je n'ai pas bien compris.
Il me semble qu'il..." |
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"Joseph est comme dans un de ces rêves du matin où l’esprit se rend déjà à la réalité en se dégageant d'un lourd sommeil qui lui donnait des rêves irréels, parfois des cauchemars. Les fantômes de la nuit s'éloignent, mais l'esprit flotte encore dans le rêve qu'on ne voudrait pas voir finir parce qu'il est beau... Pour lui, c'est cela. Il approche du réveil, mais pour l'instant il caresse encore son rêve. Il le retient pour ainsi dire car, pour lui, il est beau... Mais il faut savoir prendre ce que l'homme peut donner, et louer le Très-Haut pour la transformation survenue jusqu'à présent. Bienheureux les enfants ! Il est si facile pour eux de croire !" et Jésus passe un bras à la taille de Jean, qui sait être enfant et croire, pour lui faire sentir son amour. |
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[1] Galiléen qui fut le chef
d’une révolte en l’an 6 ap. J.C. – Les Actes 5,37 y font référence : "Après lui, à
l’époque du recensement, se leva Judas le Galiléen, qui entraîna du monde à sa
suite; il périt, lui aussi, et ceux qui l’avaient suivi furent dispersés."
[3] Cf. Jean 1,4-5