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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Lundi 20
janvier an-4 (22 Scébat)
- À travers la campagne et dans la ville 194 - La purification de la mère 196 - Le déplacement autour du Saint 196 - La présentation de l'enfant 197 - Réactions aux prophéties de Siméon 197 - Marie boit les paroles de la prophétesse Anne 198 - Dictée du 2
décembre 1943 : Seuls Élisabeth, Siméon et Anne virent en moi la Mère du
Sauveur, … |
1.53. |
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194> Je vois partir d'une petite maison très modeste un couple de
personnes. D'un petit escalier extérieur descend une très jeune mère avec, entre
ses bras, un bébé dans un lange blanc [1]. 195> Je reconnais, c'est notre Maman. C'est toujours elle, pâle et
blonde, agile et si gentille en toutes ses démarches. Elle est vêtue de blanc,
avec un manteau d'azur pâle qui l'enveloppe. Sur la tête un voile blanc. Elle
porte son Bébé avec tant de précautions. Au pied du petit escalier, Joseph l'attend auprès d'un âne gris. Joseph est habillé de
marron clair, aussi bien pour l'habit que pour le manteau. Il regarde Marie et lui sourit. Quand
Marie arrive près de l'âne, Joseph se passe la bride sur le bras gauche, et
prend pour un moment le Bébé qui dort tranquille pour permettre à Marie de
mieux s'installer sur la selle. Puis, il lui rend Jésus et ils se mettent en marche. Joseph marche à côté de
Marie en tenant toujours la monture par la bride et en veillant qu'elle
marche droit et sans trébucher. Marie tient Jésus sur son sein et, par
crainte que le froid ne puisse Lui nuire, elle étend sur Lui un pli de son
manteau. Ils parlent très peu, les deux époux, mais ils se sourient souvent. La route qui n'est
pas un modèle du genre se déroule à travers une campagne que la saison a
dépouillée. Quelque autre voyageur se rencontre avec les deux ou les croise,
mais c'est rare. Puis voici des
maisons qui se découvrent et des murs qui enserrent une ville. Les deux époux
entrent par une porte, puis commence le parcours sur le pavé très disjoint de
la ville. La marche devient beaucoup plus difficile, soit à cause du trafic
qui fait arrêter l'âne à tout moment, soit parce que sur les pierres et les
crevasses qui les interrompent il a de continuelles secousses qui dérangent
Marie et l'Enfant. La route n'est pas
plane : elle monte bien que légèrement. Elle est étroite entre les
hautes maisons aux entrées aussi étroites et basses et aux rares fenêtres sur
la rue. En haut, le ciel se montre avec tant de morceaux d'azur de maison à
maison ou de terrasse à terrasse. En bas sur la rue, il y a des gens qui
crient et croisent, d'autres personnes à pied ou à âne, ou conduisant des
ânes chargés et d'autres, en arrière d'une encombrante caravane de chameaux.
A un certain endroit passe avec beaucoup de bruits de sabots et d'armes une
patrouille de légionnaires romains qui disparaissent derrière une arcade qui
enjambe une rue très étroite et pierreuse. Joseph tourne à
gauche et prend une rue plus large et plus belle. J'aperçois l'enceinte
crénelée que je connais déjà tout au fond de la rue. 196> Marie descend de l'âne près de la porte où se trouve une sorte
d'abri pour les ânes. Je dis "abri" parce que c'est une espèce de
hangar ou mieux d'abri couvert jonché de paille avec des piquets munis
d'anneaux pour attacher les quadrupèdes. Joseph donne quelque argent à un
garçon qui est accouru, pour acheter un peu de foin et il tire un seau d'eau
a un puits rudimentaire situé dans un coin, pour la donner a l'âne.
Joseph et Marie se
dirigent vers une porte latérale où on accède par huit marches, comme on
dirait qu'ont toutes les portes, en sorte que le cube du Temple est surélevé
au-dessus du sol environnant. Cette porte a un grand hall comme les portes
cochères de nos maisons en ville, pour en donner une idée, mais plus vaste et
plus décoré. La il y a à droite et à gauche deux sortes d'autels c'est-à-dire
deux constructions rectangulaires dont au début je ne vois pas bien a quoi
elles servent. On dirait des bassins peu profonds car l'intérieur est plus
bas que le bord extérieur surélevé de quelques centimètres. Je ne sais si c'est
Joseph qui a appelé : voila qu'accourt un prêtre. Marie offre les deux
pauvres colombes et moi qui comprends leur sort, je détourne mon regard.
J'observe les ornements du très lourd portail, du plafond, du hall. Il me
semble pourtant voir, du coin de l’œil, que le prêtre asperge Marie avec de
l'eau, Ce doit être de l'eau, car je ne vois pas de tache sur son habit.
Puis, Marie, qui, en même temps que les colombes avait donné au prêtre une
petite poignée de monnaie (j'avais oublié de le dire), entre avec Joseph dans
le Temple proprement dit, accompagnée par le prêtre. Je regarde de tous
côtés. C'est un endroit très orné. Sculptures à têtes d'anges avec rameaux et
ornements courent le long des colonnes, sur les murs et le plafond. Le jour
pénètre par de longues et drôles fenêtres, étroites, sans vitres
naturellement et disposées obliquement sur le mur. Je suppose que c'est pour
empêcher d'entrer les averses. 197> Marie s'introduit jusqu'à un certain endroit, puis s'arrête. À
quelques mètres d'elle il y a d'autres marches et au-dessus une autre espèce
d'autel au-delà duquel il y a une autre construction. Je m'aperçois que je
croyais être dans le Temple et au contraire j'étais au dedans des bâtiments
qui entourent le Temple proprement dit, c'est-à-dire le Saint, et au-delà
duquel il semble que personne, en dehors des prêtres, ne puisse entrer. Ce
que je croyais être le Temple n'est donc qu'un vestibule fermé qui, de
trois côtés, entoure le Temple où est renfermé le Tabernacle. Je ne sais si
je me suis très bien expliquée, mais je ne suis pas architecte ou ingénieur. Marie offre le Bébé,
qui s'est éveillé et tourne ses petits yeux innocents tout autour, vers le
prêtre, avec le regard étonné des enfants de quelques jours. Ce
dernier le prend sur ses bras et le soulève à bras tendus, le visage vers le
Temple en se tenant contre une sorte d'autel qui est au-dessus des marches.
La cérémonie est achevée. Le Bébé est rendu à sa Mère et le prêtre s'en va. Il y a des gens, des
curieux qui regardent. Parmi eux se dégage un petit vieux, courbé qui marche
péniblement en s'appuyant sur une canne, Il doit être très vieux, je dirais
plus qu'octogénaire. Il s'approche de Marie et lui demande de lui donner pour
un instant le Bébé. Marie le satisfait en souriant. C'est Siméon, j'avais toujours cru qu'il appartenait à la caste
sacerdotale et au contraire, c'est un simple fidèle, à en juger du moins par
son vêtement. Il prend l'Enfant, l'embrasse. Jésus lui sourit avec la
physionomie incertaine des nourrissons. Il semble qu'il l'observe
curieusement, parce que le petit vieux pleure et rit à la fois et les larmes
font sur sa figure des dessins emperlés en s'insinuant entre les rides et
retombant sur la barbe longue et blanche vers laquelle Jésus tend les
mains : C'est Jésus, mais c'est toujours un petit bébé et, ce qui remue
devant lui, attire son attention et lui donne des velléités de se
saisir de la chose pour mieux voir ce que c'est. Marie et Joseph sourient, et
aussi les personnes présentes qui louent la beauté du Bébé.
Ici s'arrête
pour moi la vision. |
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[1] La purification de la mère et le rachat du premier-né qui appartenait
au Seigneur, avait lieu 40 jours après la naissance.
[2] Luc 2,29 (Nunc Dimitis) "Maintenant, Souverain Maître, tu peux,
selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix; car mes yeux ont vu
ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour
éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël." Son père et sa
mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. Siméon les bénit et
dit à Marie, sa mère : "Vois ! cet enfant doit amener la
chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël; il doit être un signe en
butte à la contradiction, et toi-même, une épée te transpercera l’âme afin que
se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs."
[3] Dans l'attroupement se
trouvent Jean de Nobé et sa femme Lia
[4] Anne de Phanouel, sa maîtresse des novices
quand elle était au Temple. Luc 2,36 "Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en
âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, elle était
restée veuve; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple,
servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure
même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la
délivrance de Jérusalem."