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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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dimanche 7 avril 30 (16 Nisan) RÉSUMÉ - Des conversations décousues à propos du Ressuscité 63 - Pierre ne sait comment il fera 65 - Jésus apparaît à des apôtres craintifs 66 - Il demande à Jean de s'approcher 66 - N'avez-vous rien à manger ? 66 - Il leur rappelle leur désir de le revoir 66 - Jean finalement s'abandonne 67 - Il appelle Pierre à lui pour lui pardonner 67 - Et chacun de s'excuser à tour de rôle 68 - On admire la conduite de Lazare et de ses soeurs
69 - Discours (Mes préférés,
c'était mes apôtres 70 - Infidèles sauf Jean et Simon 71 - La fidélité des femmes, des bergers, des païennes 71 - La pitié de Longin 71 - Il fallait briser votre
orgueil 72 - Avertissement à Pierre 73 - Mission des apôtres) 73 - Jésus disparaît, demeure sa paix 74 |
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63> Ils sont rassemblés
au Cénacle. La soirée doit être bien avancée car aucun bruit ne vient plus de
la rue ni de la maison. Je pense que ceux aussi qui étaient venus avant se
sont tous retirés ou dans leurs propres maisons ou pour dormir, fatigués par
tant d’émotions. Les dix de leur
côté, après avoir mangé des poissons, dont il reste encore quelques-uns sur
un plateau posé sur la crédence, sont en train de parler sous la lumière
d’une seule flamme du lampadaire la plus proche de la table. Ils y sont
encore assis autour et ils ont des conversations morcelées. Ce sont presque
des monologues Car il semble que chacun, plutôt qu’avec son compagnon, parle
avec lui-même. Et les autres le laissent parler, en parlant peut-être à leur
tour de toute autre chose. Pourtant ces conversations décousues, qui donnent
l’impression des rayons d’une roue démontée, on sent qu’elles se rapportent à
un seul sujet qui en est le centre bien qu’ainsi éparpillées, et que c’est
Jésus. “Je ne voudrais pas
que Lazare ait mal entendu et que les femmes aient compris mieux que lui...”
dit Jude d’Alphée. “À quelle heure la
romaine dit-elle l’avoir vu ?” demande Matthieu. Personne ne lui
répond. “Demain je vais à
Capharnaüm” dit André. “Quelle merveille !
Agir de telle façon que ce soit juste à. ce moment-là que sort la litière de
Claudia !” dit Barthélemy. “Nous avons mal
fait, Pierre, de nous éloigner tout de suite ce matin... Si nous étions
restés nous l’aurions vu comme la Magdeleine” dit Jean en soupirant.
64> “Il ne viendra pas.
Je n’ai pas suffisamment pleuré pour le mériter... Il a raison. Je dis qu’il
me fait attendre pendant trois jours a cause de mes trois reniements. Mais
comment, comment ai-je pu faire cela ?” “Comme il était
transfiguré, Lazare ! Je vous dis qu’il paraissait, lui, un soleil. Je pense
qu’il lui est arrivé comme à Moïse après avoir vu Dieu. Et tout de suite —
n’est-ce pas, vous qui étiez là ? —tout de suite après avoir offert sa vie !”
dit le Zélote. Personne ne
l’écoute. Jacques d’Alphée se
tourne vers Jean et dit : “Comment a-t-il dit à ceux d’Emmaüs ? Il me semble
qu’il nous a excusé, n’est-ce pas ? N’a-t-il pas dit que tout est arrivé à
cause de notre erreur d’israélites sur la façon de comprendre son Royaume ?” Jean ne l’écoute
pas. Il se tourne pour regarder Philippe et dit à l’air... car il ne parle
pas à Philippe : “Pour moi, il me suffit de savoir qu’il est ressuscité. Et
puis... Et puis que mon amour soit toujours plus fort. Vous avez vu, hein !
Si vous regardez de près il est allé en proportion de l’amour que nous avons
eu : la Mère, Marie-Magdeleine, les
enfants, ma mère et la tienne, et puis Lazare et Marthe... Quand à Marthe ?
Je dis quand elle a entonné le psaume de David : “Le Seigneur est
mon berger. Il ne me manquera rien. Il m’a mis dans un lieu d’abondants
pâturages. Il m’a conduit aux eaux qui désaltèrent. Il a appelé mon âme à
Lui" [1] Tu te souviens
comment elle nous a fait sursauter avec ce chant inattendu ? Et ces paroles
sont en relation avec ce qu’elle a dit : “Il a appelé mon âme à Lui”. En
effet Marthe semble avoir retrouvé sa route... Avant elle était égarée, elle,
la courageuse ! Peut-être qu’en l’appelant il lui a dit l’endroit où il la
veut. C’est même certain, car s’il lui a donné rendez-vous il doit savoir où
elle sera. Qu’aura-t-il voulu dire en disant : 'l’accomplissement des noces'
?” Philippe, qui l’a
regardé un moment et puis l’a laissé monologuer, dit en gémissant : “Moi je ne saurai pas quoi Lui dire s’il
vient... Je me suis enfui... et je sens que je vais fuir. D’abord, c’était
par peur des hommes. Maintenant, c’est par peur de Lui.” “Tous disent qu’il
est très beau. Peut-il jamais être plus beau qu’il ne l’était déjà ?” se
demande Barthélemy. “Moi, je Lui
dirai : “Tu m’as pardonné sans me
parler quand j’étais publicain. Pardonne-moi aussi maintenant par ton silence
car ma lâcheté ne mérite pas que tu me parles”” dit Matthieu. 65> “Longin dit qu’il
s’est demandé : “Dois-je Lui demander
de guérir ou de croire”’ ? Mais son cœur a dit : “De croire” et alors la Voix
a dit : “Viens à Moi” et il a senti la volonté de croire et en même temps la
guérison. C’est exactement ce qu’il m’a dit” affirme Jude d’Alphée. “Moi, je suis
toujours arrêté à la pensée que Lazare a été récompensé tout de suite à cause
de son offrande... J’ai dit, moi aussi
: “Ma vie pour ta gloire”. Mais il n’est pas venu” dit en soupirant le
Zélote. “Que dis-tu, Simon ?
Toi qui es cultivé, dis-moi : que dois-je Lui dire pour Lui faire comprendre
que je l’aime et que je Lui demande pardon ? Et toi, Jean ? Tu as parlé
beaucoup avec la Mère, aide-moi, Ce n’est pas de la
pitié de laisser seul le pauvre Pierre !” Jean est ému de
compassion pour son compagnon humilié et il dit : “Mais.., mais moi, je Lui
dirais simplement : “Je t’aime”. Dans l’amour est compris aussi le désir du
pardon et le repentir. Pourtant.., je ne sais pas. Simon, que dis-tu ?” Et le
Zélote : “Moi je dirais ce qui
était le cri des miraculés : “Jésus, aie pitié de moi !”. Je dirais : “Jésus” et c’est tout, car il est bien
plus que le Fils de David !” “C’est bien ce que
je pense et ce qui me fait trembler. Oh ! je me cacherai la tête... Ce matin aussi,
j’avais peur de le voir et...” “.. .et puis tu es
entré le premier. Mais ne crains pas ainsi. On dirait que tu ne le connais
pas” lui dit Jean pour l’encourager.
Jésus est au milieu
de la pièce, près de la table. Il ouvre les bras en disant : “La Paix soit
avec vous.” Personne ne répond.
Les uns sont plus pâles, d’autres plus rouges, ils le fixent tous, craintifs
et suggestionnés, fascinés et en même temps comme pris par le désir de fuir. Jésus fait un pas en
avant en souriant davantage. “Mais ne craignez pas ainsi ! C’est Moi.
Pourquoi êtes-vous ainsi troublés ? Ne me désiriez-vous pas ? Ne vous
avais-je pas fait dire que je serais venu ? Ne vous l’avais-je pas dit dès le
soir de Pâque ?” Personne n’ose
parler. Pierre pleure déjà et Jean sourit déjà pendant que les deux cousins,
les yeux brillants et remuant les lèvres sans réussir à parler, semblent deux
statues représentant le désir.
“Oh ! mon Seigneur
!” Jean murmure doucement, ainsi... “Oui, votre
Seigneur. Jean, ne pleure pas de crainte et de désir. Viens vers Moi. Je suis
toujours Celui qui t’aime. Assoyons-nous, comme toujours, à la table.
N’avez-vous rien à manger ? Donnez-le-moi donc.” André et Matthieu,
avec des mouvements de somnambules, prennent sur les crédences les pains et
les poissons, et un plateau avec un rayon de miel à peine entamé dans un
coin. Jésus offre la
nourriture et mange et il donne à chacun un peu de ce qu’il mange. Et il les
regarde, si bon mais si majestueux, qu’ils en sont paralysés. Le premier qui ose
parler c’est Jacques, frère de Jean :
“Pourquoi nous regardes-tu ainsi’ ?” “Parce que je veux
vous connaître.” “Tu ne nous connais
pas encore ?” “Comme vous ne me
connaissez pas. Si vous me connaissiez, vous sauriez qui je suis et vous
trouveriez les mots pour me dire votre tourment. Vous vous taisez, comme en
face d’un étranger puissant que vous craignez. Tout à l’heure vous parliez...
Cela fait presque quatre jours que vous vous parlez à vous-mêmes en disant :
‘Je Lui dirai ceci...” en disant à mon Esprit : “Reviens, Seigneur, que je
puisse te dire ceci”. Maintenant je suis venu et vous vous taisez ? Suis-je
tellement changé que je ne vous paraisse plus Moi ? Ou bien êtes-vous
tellement changés que vous ne m’aimez plus ?” 67> Jean, assis prés de
son Jésus, fait son acte habituel de mettre la tête sur sa poitrine en
murmurant : “Moi je t’aime, mon Dieu”
mais il se raidit pour s’interdire cet abandon par respect pour le
resplendissant Fils de Dieu. En effet Jésus semble dégager une lumière tout
en étant d’une Chair semblable à la nôtre. Mais Jésus l’attire sur son Cœur
et alors Jean ouvre les digues à ses pleurs bienheureux. C’est le signal pour
tous de le faire. Pierre, deux places
après Jean, glisse entre la table et son siège et il pleure en criant :
“Pardon, pardon ! Enlève-moi de cet enfer où je suis depuis tant d’heures.
Dis-moi que tu as vu mon erreur pour ce qu’elle a été. Pas de l’esprit, mais
de la chair qui a dominé le cœur. Dis-moi que tu as vu mon repentir... Il
durera jusqu’à la mort. Mais Toi.., mais Toi dis-moi que comme Jésus je ne
dois pas te craindre... et moi, et moi je chercherai de faire si bien que je
me ferai pardonner même par Dieu.., et mourir.., ayant seulement un grand
purgatoire à faire.” “J’ai peur.” “Viens ici. Ne sois
pas plus lâche.” “Je ne mérite pas de
venir près de Toi.” “Viens ici. Que t’a
dit la Mère ? “Si tu ne le regardes pas sur ce suaire, tu n’auras pas le
courage de le regarder jamais plus”. Oh ! homme sot ! Ce Visage ne t’a-t-il
pas dit, par son regard douloureux, que je te comprenais et que je te
pardonnais ? Et pourtant je l’ai donné ce linge, pour réconfort, pour guide,
pour absolution, pour bénédiction... Mais que vous a fait Satan pour vous
aveugler à ce point ? Maintenant Moi, je te dis : si tu ne me regardes pas
maintenant que sur ma gloire j’ai encore étendu un voile pour me mettre à la
portée de votre faiblesse, tu ne pourras jamais plus venir sans peur à ton
Seigneur. Et que t’arrivera-t-il alors ? Tu as péché par présomption. Veux-tu
maintenant pécher de nouveau par obstination ?
Viens, te dis-je.” Pierre se traîne sur
ses genoux, entre la table et les sièges, avec les mains sur son visage en
pleurs. Jésus l’arrête, quand il est à ses pieds, en lui mettant la main sur
la tête. Pierre, en pleurant plus fort, prend cette main et la baise dans un
vrai sanglot sans frein. Il ne sait dire que : “Pardon ! Pardon !” Jésus se dégage de
son étreinte et, en faisant levier de sa main sous le menton de l’apôtre, il
l’oblige à lever la tête et fixe ses yeux rougis, brûlés, déchirés par le
repentir avec ses yeux brillants et sereins. Il semble vouloir lui
transpercer l’âme, puis il dit : “Allons. Enlève l’opprobre de Judas.
Baise-moi où il m’a baisé. Lave, avec ton baiser, la marque de la trahison.” 68> Pierre lève la tête
pendant que Jésus se penche encore davantage, et il effleure Sa joue puis il incline la tête sur les genoux de
Jésus, et il reste ainsi.., comme un vieil enfant qui a fait du mal, mais qui
est pardonné. Les autres,
maintenant qu’ils voient la bonté de leur Jésus, retrouvent un peu de
hardiesse et ils s’approchent comme ils peuvent. Viennent d’abord ses
cousins... Ils voudraient dire tant de choses et n’arrivent à rien dire.
Jésus les caresse et leur donne du courage par son sourire. Matthieu vient avec
André. Matthieu en disant : “Comme à Capharnaüm...” et André : “Moi, moi..,
je t’aime, moi.” Barthélemy vient en
gémissant : “Je n’ai pas été sage, mais sot, Lui est sage” et il montre le
Zélote auquel Jésus sourit déjà. Jacques de Zébédée
vient et murmure à Jean : “Dis-le-lui, toi...” Jésus se tourne et dit : “Tu l’as dit depuis quatre soirs et
depuis autant de temps j’ai eu de la compassion pour toi.” Philippe, en dernier
lieu, vient tout courbé, mais Jésus le force a lever la tête et lui dit :
“Pour prêcher le Christ, il faut davantage de courage.” Maintenant ils sont
tous autour de Jésus. Ils s’enhardissent tout doucement, Ils retrouvent ce
qu’ils ont perdu ou craint d’avoir perdu pour toujours. Affleurent de nouveau
la confiance, la tranquillité et, bien que Jésus soit si majestueux qu’il
tient ses apôtres dans un respect nouveau, ils trouvent finalement le courage
de parler. C’est son cousin
Jacques qui dit en soupirant : “Pourquoi nous as-tu fait cela, Seigneur ? Tu
savais que nous ne sommes rien et que toute chose vient de Dieu. Pourquoi ne
nous as-tu pas donné la force d’être à tes côtés ?” Jésus le regarde et
sourit.
69> Jésus regarde Simon
le Zélote et sourit.
Jésus regarde tour à
tour d’abord Philippe, puis Barthélemy, puis Jacques de Zébédée. Il sourit et
se tait.
Jésus sourit et se
tait. 70> “Oui. La vie. Et
peut-être avec elle tu lui as donné une âme différente. Pourquoi, enfin, lui
est-il différent de nous ? En effet, il n’est plus un homme. Il est déjà
quelque chose de plus qu’un homme et, à cause de ce qu’il était dans le
passé, il aurait dî être encore moins parfait
d’esprit que nous. Mais lui s’est fait, et nous... Seigneur, mon amour
a été vide comme certains épis. Il n’a donné que de la balle” dit André.
“La Magdeleine et
Marthe ont été aussi des phares. Serait-ce la race. Vous ne les avez pas
vues. L’une était pitié et silence. L’autre ! Oh ! si nous avons été tous un
faisceau autour de la Bénie, c’est parce que Marie de Magdala nous a groupés
par les flammes de son courageux amour. Oui, j’ai dit : la race. Mais je dois
dire : l’amour. Ils nous ont dépassés en fait d’amour. C’est pour cela qu’ils
ont été ce qu’ils ont été” dit Jean. Jésus sourit et
continue de se taire. “Ils en ont été
grandement récompensés pourtant... ” “C’est à eux que tu
es apparu.” “À tous les trois.” “À Marie, tout de
suite après ta Mère...” Il est visible que
les apôtres ont un regret pour ces apparitions privilégiées. "Marie te sait
ressuscité depuis déjà tant d’heures. Et nous, c’est seulement maintenant que
nous pouvons te voir... ” “Il n’y a plus de
doutes en elles. En nous, au contraire, voilà... c’est seulement maintenant que
nous sentons que rien n’est fini. Pourquoi à elles, Seigneur, si tu nous
aimes encore et si tu ne nous repousses pas ?” demande Jude d’Alphée. “Oui. Pourquoi aux
femmes, et en particulier à Marie ? Tu as même touché son front et elle dit
qu’il lui semble porter une couronne éternelle. Et à nous, tes apôtres,
rien...” Jésus ne sourit
plus. Son visage n’est pas troublé, mais il ne sourit plus. Il regarde
sérieusement Pierre qui a parlé le dernier, reprenant de la hardiesse à
mesure que sa peur se dissipe, et il dit :
71> Mon heure
est venue. L’un m’a trahi et livré aux bourreaux. Trois ont dormi pendant que
je suais du sang. Tous, sauf deux, ont fui par lâcheté. Un m’a renié par peur
bien qu’il eût l’exemple de l’autre, jeune et fidèle. Et, comme si cela ne
suffisait pas, j’ai eu parmi les douze le suicide d’un désespéré et un qui a
tant douté de mon pardon qu’il n’a cru que difficilement, et grâce à la parole
maternelle, à la Miséricorde de Dieu. En sorte que si j’avais regardé ma
troupe, et si j’avais attaché sur elle un regard humain, j’aurais dû dire : “À
part Jean, fidèle par amour, et Simon, fidèle à l’obéissance, je n’ai plus
d’apôtres”. C’est cela que j’aurais dû dire pendant que je souffrais dans
l’enceinte du Temple, au Prétoire, dans les rues et sur la Croix.
J’avais des
disciples timides, comme toutes les femmes de ce pays. Et pourtant elles ont
su quitter leurs maisons et venir dans la marée d’un peuple qui me
blasphémait, pour me donner le secours que mes apôtres m’avaient refuse.
J’avais le visage
couvert de crachats et de sang. Les larmes et la sueur coulaient sur mes
blessures. La saleté et la poussière m’incrustaient la peau. Quelle est la
main qui m’a essuyé ? La tienne ? Ou la tienne ? Ou la tienne ? Aucune de vos
mains. Celui-ci était près de la Mère. Celui-ci rassemblait les brebis
dispersées. Vous. Et si mes brebis étaient dispersées comment
pouvaient-elles me donner du Secours ? Tu cachais ton visage par peur du
mépris du monde pendant que ton Maître était couvert par le mépris de tout le
monde, Lui qui était innocent. 72> En vérité, je vous
le dis : j’ai refusé tout réconfort, car quand on est Victime, il ne
faut pas adoucir son sort, mais je n’ai pas voulu repousser le païen dans
l’offrande duquel j’ai goûté le miel de tout l’amour qui me sera donné par
les gentils pour compenser l’amertume que m’a donnée Israël. Il ne m’a pas
enlevé la soif. Mais le découragement, oui. C’est pour cela que j’ai pris
cette gorgée ignorée. Pour attirer à Moi celui qui déjà penchait vers le
Bien. Que le Père le bénisse pour sa pitié ! Vous ne parlez plus
? Pourquoi ne me demandez-vous pas encore pourquoi j’ai agi ainsi ? Vous
n’osez pas le demander ? Je vais vous le dire. Je vais tout vous dire des
pourquoi de cette heure.
73> Vous voyez que tous
vous ont surpassé dans la foi et dans l’action parmi ceux que vous regardiez
avec mépris ou une compassion orgueilleuse. Tous. Et l’ancienne
pécheresse. Et Lazare, trempé d’une culture profane, le premier qui a
pardonné et guidé en mon Nom. Et les femmes païennes. Et la faible épouse de Chouza. Faible ? En réalité, elle vous surpasse tous !
Première martyre de ma foi. Et les soldats de Rome. Et les bergers. Et
l’hérodien Manaën. Et jusqu’au rabbin Gamaliel. Ne sursaute pas, Jean.
Crois-tu que mon Esprit était dans les ténèbres ? Tous. Et cela pour que
demain, en vous rappelant votre erreur, vous ne fermiez pas votre cœur à ceux
qui viennent à la Croix. Je vous le dis. Et
déjà je sais que, bien que je vous le dise, vous ne le ferez que quand la
Force du Seigneur vous pliera comme des brindilles à ma Volonté, qui est
d’avoir des chrétiens de toute la Terre. J’ai vaincu la Mort, mais elle est
moins dure que le vieil hébraïsme. Mais je vous plierai.
Jésus se lève avec
la plus grande majesté. “Mes fils, je vous
parlerai encore pendant le temps que je resterai parmi vous. Mais pour
l’instant je vous absous et vous pardonne. Après l’épreuve qui, si elle a été
humiliante et cruelle, a été aussi salutaire et nécessaire, que vienne en
vous la paix du pardon. Et avec elle dans vos cœurs redevenez mes amis
fidèles et courageux. Le Père m’a envoyé dans le monde. Je vous envoie dans
le monde pour continuer mon évangélisation. Des misères de toutes sortes
viendront à vous pour vous demander du soulagement. Soyez bons en pensant à
votre misère quand vous êtes restés sans votre Jésus. Soyez éclairés. Dans
les ténèbres, il n’est pas permis de voir. Soyez purs pour donner la pureté.
Soyez amour pour aimer. Puis viendra Celui qui est Lumière, Purification et
Amour. Et Jésus disparaît
comme il était entré, laissant une place vide entre Jean et Pierre. Il disparaît
dans une lueur qui fait fermer les yeux tant elle est forte. |
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Et quand les yeux
éblouis se rouvrent, ils trouvent seulement que la paix de Jésus est restée,
flamme qui brûle et qui soigne et consume les amertumes du passé dans un
désir unique : servir. |
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