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"L'Évangile tel qu'il m'a été
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Index des "Cahiers" >> Sommaire de février 1946 Note du 10 février 1946 Accès direct aux rubriques : |
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RETOURS AUX FICHES |
181> Notre Seigneur m’enjoint de mettre par écrit
mon acte d’offrande, l’hymne à Jésus crucifié et d’autres choses spirituelles
qui ont préparé mon état actuel. J’obéis en le faisant précéder de ces
quelques brèves notes. J’avais fait
solennellement l’acte de victime de l’Amour miséricordieux le jour de la
sainte Trinité, en 1925. Mais plus tard, sous l’effet d’une force qui m’y
poussait et d’une prémonition - de juillet 1930 à mai 1931 - des événements
mondiaux qui se sont réalisés par la suite, j'avais ressenti le besoin de
préconiser, par le biais de la presse de l’Action Catholique Féminine, une
véritable croisade d’âmes victimes pour sauver le monde. Ma proposition (que
je sentais inspirée par Dieu, fut rejetée durement le 17 mai 1931 sous
prétexte que, en Italie comme dans les autres pays, tout se passait bien
entre Église et État ainsi qu’entre nations. À peine quatorze
jours plus tard, Dieu, par une douloureuse épreuve (la lutte contre l’Action
Catholique) démentait ceux qui péchaient par excès d’optimisme, si bien que
j'ai pensé faire toute seule ce que les autres jugeaient inutile de faire. Je
tremblais un peu à l’idée de m’offrir à la Justice, car je me souvenais des
paroles de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus: "Si vous vous offriez à la Justice, vous devriez trembler, mais pas
pour vous offrir à l’Amour miséricordieux. Il vous traitera avec miséricorde".
Pendant que
j’hésitais entre le oui et le non arriva le jour du Sacré-Cœur de Jésus, en
juin 1931. À la grand-messe chantée par les jeunes filles de l’Action
Catholique, aussitôt après le Gloria, une vision mentale accompagnée
de la connaissance mentale de toutes les catastrophes qui nous ont
torturés au cours de ces dix dernières années se présente à moi. Une
contemplation apocalyptique... Je suis saisie de larmes irrépressibles et
d’une telle angoisse que je ne vois plus rien. 182> Plus rien, si ce
n’est le gouffre où le monde se précipite et la nécessité de dresser des
victimes en guise de contreforts pour empêcher, ou du moins ralentir, la
course du monde vers le précipice. On est obligé de me porter, de me mener
hors de l’église à la fin de la messe, car je ne vois rien tellement je pleure...
Arrivée à la maison, j’écris mon acte d’offrande, que j’ai fait plus tard
solennellement le jour de la fête du Très-Précieux Sang. Le voici :
Oh mon Dieu, origine
et fin de toute puissance, de toute sagesse et de tout bien, Amour éternel et
incréé, Trinité sainte, sois bénie maintenant et toujours, aimée et adorée
pour les siècles des siècles. Afin que cet amour
pour toi s’étende et envahisse toute la terre et que le Royaume du Christ s’y
instaure en apportant aux hommes la paix, cette paix qui vient de toi seul,
afin que les âmes se tournent vers toi, la fontaine d’eau vive qui désaltère
toutes les soifs et procure la vie éternelle, moi, malgré ma misère et mes
péchés, j’ose, de l’abîme de mon néant, élever mon cœur et ma vie, tout mon
être, vers toi, Trinité bienheureuse, et t’offrir ce néant en hostie
d’expiation et d’amour pour l’avènement de ton règne, pour que fleurisse ta
paix, pour la rédemption des âmes, de ceux que j’aime et que je connais, de
celles qui me sont chères entre toutes en raison des liens qui m’unissent à
elles, comme aussi de celles qui me sont inconnues ou ennemies. Puisse ce sacrifice
que je t’offre te plaire, ô Dieu, par l’intercession de Marie et de saint
Joseph, malgré sa petitesse. C’est tout ce que je peux te donner, mais je le
fais avec joie pour la conversion des âmes, la paix du monde, la prospérité,
tranquillité, paix et tout autre bien de ma patrie, pour le triomphe de
l’Église sur ses ennemis, pour le retour à Dieu de ces nations qui sont
devenues la proie de Satan et des schismes, pour la perfection du sacerdoce,
mon salut éternel, celui de mes parents et de toutes les âmes que j’ai
aimées, instruites dans ta Loi et dirigées vers toi. 183> Si je comparais la
splendeur de ta puissance à ma misère, je serais anéantie devant une telle
toute-puissance; si je confrontais ma nullité et ma faute à ta perfection, il
me faudrait fuir comme un indigne loin de ta face; mais j’ai confiance en
toi, comme cela te plaît, et je me donne à toi tout entière, avec mon
passé, mon présent, mon avenir, mes fautes, mes efforts vers le bien, mes
chutes, mes immenses désirs d’amour pour toi et pour les âmes. Je pense que
tu es Amour; Miséricorde, Bonté; tu es le Père, le Frère, l’Epoux de nos
âmes, tu es la Charité faite chair et tu ne repousses personne de ton sein
débordant d’amour. Je suis donc sûre que tu te pencheras avec pitié sur ta
petite esclave pour en accueillir l’offrande, en entendre la prière et
consentir à ses désirs. Ah! Je resterai à tes
pieds aussi longtemps qu’il te plaira, en attendant ton sourire qui me
révélera que mon offrande est acceptée; l’attente ne m’effrayera pas, car je
sais qu’elle est une épreuve que tu m’envoies pour éprouver ma foi, pas plus
que ne m’effrayera ma nullité, puisque je la recouvre des mérites de mon Bien-Aimé qui vit en moi. Et je reprends les mots
ineffables de mon Verbe adoré, de mon Maître et Rédempteur pour te présenter
ma prière, à toi, l’Eternel: "Père, pardonne aux hommes parce
qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, pardonne en raison des mérites du
Christ, de Marie, des martyrs et des saints; et si, pour apaiser ta
Justice offensée, de nouvelles hosties d’expiation sont nécessaires, me
voici, ô Père, immole-moi pour la paix entre l’homme et Dieu, entre l’homme
et l’homme, pour l’avènement de ton règne". Ô mon Bien-Aimé, ton Cœur saigne d’être sans cesse blessé par
cette marée de fautes qui envahit la terre, et ta soif d’amour augmente
chaque jour alors que l’humanité s’éloigne de toi. Oh ! Prends-moi comme
hostie consolatrice de ton amour bafoué. Je voudrais renouveler cette offrande
chaque fois qu’une faute te blesse et qu’une nouvelle offense est proférée
contre la sainte Trinité, je voudrais être innocente et riche de mérites pour
être plus à même de te consoler; je voudrais avoir à mes côtés des multitudes
d’âmes prêtes à s’offrir à ton amour. Mais je suis pauvre et seule, coupable
moi aussi. Toutefois, mon
incapacité, ma misère, ma solitude ne m’effraient pas; je suis comme cela te
plaît, cela me suffit et m’encourage à m’offrir à toi. 184> C’est toi qui as mis
dans mon cœur cette soif toujours croissante d’amour et d’immolation, et cela
m’apprend que tu me veux moi aussi, pauvre et faible comme je le suis, un
vrai rien, perdu face à ton immensité. Consciente de cette
petitesse qui est la mienne, je te prie de ne pas me traiter en épouse ou en
sœur. Tu es le Maître du ciel et de la terre, je suis un grain de
poussière... Tu es le Roi des rois, moi le dernier de tes Sujets. Mais de
même que, dans un palais royal, il y a d’une part les intimes du souverain
qui passent leurs journées avec lui, unis par l’affection, et d’autre part
les serviteurs dont le seul devoir est d’obéir, je désire, mon Bien-Aimé, que tu me considères comme une servante — ou
encore moins —. Je veux être l’esclave dont le seul but est de servir son
Seigneur avec humilité et fidélité. Je veux être l’instrument aveugle
utilisé pour le triomphe de l’Amour miséricordieux sur terre, l’humble
servante qui se donne tout entière pour la cause de son roi, la créature qui
se tient dans la poussière au pied de ton trône pour recouvrir de son pauvre
chant les hurlements blasphématoires des pécheurs, pour consoler par son
fidèle amour ton Cœur transpercé, pour te gagner une multitude d’âmes par son
sacrifice ignoré. Tu l’as dit toi-même, mon Jésus bien-aimé: celui qui montre
le plus grand amour est celui qui donne sa vie pour ses amis. Voici, je
viens, je m’offre à toi, mon seul et parfait ami, afin que ton Règne
s’établisse sur la terre comme dans les cœurs des hommes. Tu as encore dit
: "Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi". Je
désire moi aussi, à ton imitation, être élevée sur la croix de souffrance,
sur ta croix de salut que la plupart fuient avec terreur; crucifiée avec toi,
pour toi, je veux expier pour ceux qui pèchent, t’obéir pour ceux qui se
rebellent, te bénir pour ceux qui te maudissent, t’aimer pour ceux qui te
haïssent, te supplier pour ceux qui t’oublient, vivre, en un mot, dans un
acte d’amour parfait, en rapportant tout à toi, en te reconnaissant en tout,
en aimant tout par toi et en toi, enfin en acceptant tout de toi, mon Bien
infini. Ô mon Bien-Aimé, par la croix que je te demande, par la vie que
je t’offre, par l’amour auquel j’aspire, fais de moi une heureuse victime de
ton Amour miséricordieux. Que je vive en lui et de lui, que j’agisse sous son
impulsion, que chacun de mes actes, paroles, pensées et actions portent le
sceau de cet amour. 185> Qu’il soit mon bouclier et ma purification,
ma joie et mon martyre, qu’il soit fusion toujours plus intime avec toi,
jusqu’à cette fusion ultime dans laquelle l’âme, libérée, s’envole pour
s’unir à toi afin de t’adorer et t’aimer parfaitement pour l’éternité
bienheureuse.
Nous t’adorons, ô
Christ, et nous te bénissons, parce que par ta sainte croix tu as sauvé le
monde. J’adore, ô mon Jésus,
la sainte plaie de ta main droite et je te prie, par sa douleur; de
m’accorder l’esprit de charité. Notre-Père, Je vous salue, Marie, Gloire à
Dieu. J’adore, etc... de ta main gauche et je te prie... de m’accorder
l’esprit de contrition. Notre-Père, Je vous salue, Marie, Gloire à Dieu. J’adore, etc... de ton pied droit et je te prie... de m’accorder
l’esprit d’apostolat. Notre-Père, Je vous salue, Marie, Gloire à Dieu. J’adore, etc... de ton pied gauche et je te prie... de m’accorder
l’esprit de sacrifice. Notre-Père, Je vous salue, Marie, Gloire à Dieu. J’adore la sainte
plaie de ton côté et je te prie, par amour pour elle, d’accepter mon offrande
en victime de la Justice divine et de ton Amour miséricordieux. Notre-Père,
Je vous salue, Marie, Gloire à Dieu. Ô mon Jésus, par la
douleur de ta chair sainte et immaculée transpercée par amour, je te prie de
m’accorder ce que je te demande. Fortifie-moi par le saint Sang de tes plaies
que tu as versé, purifie-moi par l’eau qui a coulé de ton Cœur déchiré,
enflamme mon âme par la splendeur de tes blessures divines, fais que les
rayons d’amour qui en jaillissent s’enfoncent dans mon cœur comme autant de
flèches de feu et y impriment l’empreinte de ton Corps transpercé, afin que
je sois crucifiée d’amour. Accorde-moi, par amour pour tes saintes plaies,
une soif toujours plus ardente de toi, une identification toujours plus
profonde à toi, un amour toujours plus dévorant qui me purifie de mes fautes
et me rende prête pour le ciel.
Nous t’adorons, etc. J’adore, ô mon Jésus,
la sainte plaie de ta main droite et je te prie, par amour pour elle, de
m’accorder le don de la résignation dans les souffrances physiques.
Notre-Père, Je vous salue, Marie, Gloire à Dieu. J’adore, etc... de ta main gauche et je te prie, par amour pour
elle, de m’accorder le don de la résignation dans les souffrances morales.
Notre-Père, Je vous salue, Marie, Gloire à Dieu. J’adore, etc... de ton pied droit et je te prie... de m’accorder
le don de la résignation dans les souffrances spirituelles. Notre-Père, Je
vous salue, Marie, Gloire à Dieu. J’adore, etc... de ton pied gauche et je te prie... de m’accorder
le don de la résignation dans les souffrances, amertumes, découragements
devant les maladies, les offenses, les trahisons, les abandons, les duretés
des gens. Notre-Père, Je vous salue, Marie, Gloire à Dieu. J’adore, etc... de ton côté et je te demande, par amour pour elle,
de m’accorder la résignation devant la mort, et même davantage. Je te demande
le calme, la paix, la joie au moment de mourir. Que j’expire, je t’en prie,
dans un soupir d’amour pour toi. Ô mon
Seigneur adoré, crucifié pour moi, divin Martyr par amour pour nous, je te
prie de me donner une joyeuse volonté de souffrir. Intensifie en moi l’amour
de toi à mesure que tu augmentes la souffrance. Si les flammes de la charité
envahissent complètement mon âme, la souffrance et la mort pour l’amour de
toi et des créatures me seront douces. Cœur de Jésus, sois
toujours mon bien et mon amour. Ô Marie,
ma Mère, lorsque la tempête rugit plus fort contre moi et que la croix pèse sur
moi, accorde-moi la douceur de ton sourire; lorsque mon âme souffre la
passion, accorde-moi le réconfort d’une caresse; lorsque la mort m’effraie,
donne-moi ton sein pour m’y réfugier et ton cœur de Mère pour me consoler de
mon affaiblissement. Ô ma Mère,
je te confie ma vie et mon agonie, afin que je puisse mourir entre tes bras
pour me réveiller au paradis. 187> Saint Joseph, toi le
patriarche miséricordieux, quand je serai à la dernière extrémité, viens
guider mon âme dans son dernier voyage vers le salut. Que ton regard mette en
fuite le Tentateur infernal, que mon âme se réfugie entre tes bras qui
servirent de berceau à mon Sauveur et que, de là, elle s’envole vers l’Amour
éternel. Saint Joseph, sois mon bouclier dans la bataille finale afin que je meure
dans le Christ. Mon saint ange
gardien, toi que la miséricorde de Dieu m’a donné, pardonne-moi de t’avoir
montré aussi peu d’amour jusque là, fais que, à partir d’aujourd’hui, je
t’aime et t’honore toujours et tiens-toi continuellement à mes côtés, mais
plus encore à l’heure de ma mort, afin que le Malin ne puisse troubler la
sérénité de mon trépas et que j’expire en toute fidélité chrétienne et
soumission à la Volonté éternelle. Mon ange gardien, accompagne-moi dans la
mort vers mon Jésus. 21-2-1934.
11-3-1934.
14 mars 1897 :
Naissance via G. B. Vico, à Caserte. 24 mars (?): Baptême
à l’église S. Elena. 2 octobre 1901 : Chez
les ursulines à Milan, via Lanzone, et ma première
rencontre avec Jésus vivant sa Passion. 18 mars 1904 :
Première confession chez les ursulines. 30 mai 1905 :
Confirmation chez les sœurs marcellines, via Quadronno, à Milan. 5 octobre 1908 :
Première communion à Casteggio chez les sœurs de Nevers, et consécration à la
Vierge immaculée. 188> 4 mars 1909 : Je
suis placée au collège Bianconi chez les sœurs de
la Charité de sainte Marie-Enfant et de la Capitanio. 1er juin 1910 : Fille
de Marie. 11 novembre 1912 :
Exercices mémorables... Je propose: "Sacrifice et devoir en toute-chose
et en tout temps", et il me vient la vocation de la souffrance par
amour. 11 juin 1916 : Songe
d’avertissement: "Il ne suffit pas de ne pas faire le mal, il faut aussi
ne pas désirer le faire", me dit Jésus. Cela met un frein aux désarrois
suscités par de nombreuses souffrances morales. 11 février 1922 :
Saint François d’Assise parle à mon cœur... 1er janvier 1923 :
"J’ai soif ! Accorde-moi de sauver des âmes pour te les donner, et
prends tout le reste..." 1er janvier 1924 :
Renonciation au monde et aux affections pour mon propre salut spirituel et
celui d’un grand nombre. Vœu de chasteté. 28 janvier 1925 : Sainte
Thérèse de l’Enfant-Jésus... Fête de la
Sainte-Trinité 1925 : Acte d’offrande à l’Amour miséricordieux. 4 mai 1928 :
Esclavage en Marie selon le bienheureux Grignon de Montfort. 21 mai 1929 : À Castelverde di Cremona. Le premier toucher de la mort et de
la souffrance. Vive l’amour! 25 juin 1929 : IIe
jubilé. Vœu de chasteté, pauvreté et obéissance. 6 novembre 1929 :
Postulante au tiers-ordre franciscain. 29 décembre 1929 :
Action Catholique Féminine. Vendredi-saint 1930 :
L’agonie à l’église durant trois heures. La première attaque d’angine de
poitrine. 29 juin 1930 :
"Voici l’épouse du Christ ! Viens..." ; l’amour accélère les
lésions cardiaques et me consume. 23 novembre 1930 :
Prise d’habit au tiers-ordre franciscain et renouvellement de mes vœux et
offrandes. 1er juin 1931 : Acte
d’offrande en victime à la Justice divine et à l’Amour. Mon acte d’offrande. 4 janvier 1932 :
L’ange gardien et la syncope... 18 décembre 1932 :
Début de la clôture, du fait de l’aggravation de ma maladie. 189> 7 avril 1933 :
Vendredi de la Passion. Pour accélérer mon immolation, je répète mon acte
d’offrande sous la protection de Notre-Dame des Douleurs. Vendredi-saint 1934 :
Tandis que j’adore Jésus crucifié, que je brûle d’amour compatissant et de
désir d’immolation, je chante mon psaume de la louange de la souffrance et de
l’amour (voir plus bas). 1er avril 1934 :
Pâques de la Résurrection. Jésus est ressuscité. Je suis clouée au lit... Mon
cœur a cédé après avoir ardemment battu vendredi. 18 avril 1934 : Afin
que le feu dévorant ne cesse d’augmenter; je renouvelle mon acte d’offrande
en unissant à la protection de Marie celle de saint Joseph, de laquelle c’est
aujourd’hui la fête. 21 avril 1934 :
Sanctifions notre souffrance et utilisons-la! Je deviens le défenseur zélé de
la souffrance. 30 juin 1935 : Mort
de mon père... et Jésus me demande le sacrifice de ne pas l’assister ni lui
faire mes adieux, ni le voir... alors que je vis dans la même maison... 5 octobre 1938 : Sœur
de la congrégation de Marie-Enfant, sous la protection de laquelle je
renouvelle toutes mes offrandes. 9 février 1939 :
"Seigneur, pour que ce père ne perde pas la foi en toi et l’espérance,
sauve sa petite fille et donne-moi sa maladie" ; j’attrape une pleurite
tandis qu’Anna-Maria guérit miraculeusement, alors qu’elle était déjà en
agonie et qu’on s’attendait à la voir mourir d’une minute à l’autre. Cela
faisait trois mois qu’elle souffrait de gangrène pulmonaire après avoir eu
des pneumonies et des abcès pulmonaires. Elle avait quinze mois... 1er avril 1940 :
Début de ma correspondance avec Giuseppe sur ses théories, etc. 4 juin 1941 : Je vois
la porte mystérieuse s’ouvrir et une lumière incandescente en sortir; à
l’intérieur, une Voix me conseille de ne pas mépriser Giuseppe Belfanti, mais au contraire de faire preuve d’une
profonde charité à son égard, car il peut avoir trouvé miséricorde auprès du
Cœur de Dieu pour avoir recherché la vérité, même par des voies erronées. 2 mars 1943 : La
Voix, qui se fait reconnaître comme étant celle de Jésus — après s’être
adressée à moi en inconnue quand j’étais éveillée ou sous forme de songe — me
dit, en joignant aux mots le toucher des mains qui m’attirent contre sa
poitrine : "Mais moi, je te reste..." 190> 23 avril 1943 :
Vendredi-saint. La 1ère dictée.[82] 4 octobre 1943 : Mort
de Maman... Comme pour mon père, il m’est refusé de l’assister, de lui faire
mes adieux et de la voir... alors que nous étions à quelques mètres l’une de
l’autre. Décembre 1943 : Les
visions. 25 — 31 mars 1944 :
Prise d’habit et profession dans le tiers-ordre des servites de Marie. 10 avril — 9 mai 1944
: L’heure de Gethsémani! L’heure entre sexte et none. La souffrance atroce
dont le ciel ne me console pas. L’heure de l’enfer... 9 mai 1944 : La
Parole revient. Ma souffrance est terrible, mais je suis aidée par Jésus, mon
Simon de Cyrène. 4 juillet 1944 : La
tentation. Satan essaie de mettre à profit l’offense subie de la part de ceux
à qui j’ai fait du bien pour me tenter fortement et contrefaire la
"Voix" pour les maudire. Dur combat, remporté par amour de Dieu. 15 juillet 1944 :
Effusion de paix pour me consoler de la cruauté des hommes et des violences
tentatrices de Satan. 11 août 1944 : La
promesse "Dans quelques jours,
vous serez libérés", dit la Voix à l’encontre des paroles des hommes
sans confiance. De fait, nous sommes libérés le 3 septembre, et j’ai
l’occasion de mieux connaître les égoïsmes humains, et de m’attacher à Dieu
pour pouvoir pardonner... pardonner... pardonner pour gagner une âme à Dieu. 16 — 17 octobre 1944
: Giuseppe se convertit de l’hérésie et se libère du spiritisme après quatre
ans et six mois de combat (voir plus loin). 10 novembre 1944 :
L’abandon absolu dans cet exil! Dieu seul. Et pardonner... pardonner pour
finir de convertir... 24 décembre 1944 : Je
rentre chez moi. Je consacre la maison à la Vierge de Fatima, ainsi qu’au
Sacré Cœur de Jésus et à saint Joseph. 5 octobre 1945 :
L’extrême onction. J’offre la pénitence de la mort pour la vie spirituelle de
Giuseppe, dont l’âme n’a guère progressé en ces derniers mois, et qui s’est
mal comporté en tant que parent. 191> Mais j’ai toujours
pardonné pour atteindre mon but, j’ai toujours offert les souffrances dues à
sa conduite dans ce même but... 21 novembre 1945 : Première
confession et première communion de Giuseppe à soixante-cinq ans. Merci,
Seigneur! Je pourrais aussi
inscrire les dates — mystiques elles aussi — des coups de fouet (entre le 10
et le 20 novembre 1944), du calice du Sang divin (vers Pâques 1945) et du
calice de Gethsémani (octobre ou novembre 1945), mais je n’ai ni l’envie ni
la force d’en rechercher les dates précises. Voilà mon calendrier
mystique jusqu’à ce jour. Je
joins à l’événement daté des 16 et 17 octobre la copie de ce que Giuseppe
m’écrivit en bas de la "dictée″ qui lui fut adressée. J’ai remis
cette dictée au Père Migliorini, accompagnée
d’autres feuillets concernant Giuseppe et les pratiques médiumniques. Le 13 octobre 1944,
Giuseppe a écrit: "Je lis le message que, dans sa grande bonté, le
Maître a bien voulu m’envoyer. Je suis ému et heureux d’un tel bienfait venu
calmer la douleur que j'ai ressentie ces jours derniers en apprenant que
toute mon affaire était anéantie, que tous mes biens terrestres étaient
détruits et volés, et que je me voyais dans la misère après tant d’années de
dur labeur pour parvenir à quelque bien-être. Mais un bien plus grand
s’oppose aux biens terrestres: celui d’être pardonné par le Maître. Quant à
ce que le Maître révèle dans son message, c’est la pure vérité. J’avais
contacté un ami qui s’imaginait, en toute bonne foi, être un
"porte-parole du Maître". Un autre de mes amis — et dans son cas,
je l’avais compris moi aussi — était complètement possédé par la Bête, car il
soutenait et croyait fermement pouvoir, un jour très proche, devenir "un agent de Jésus sur la terre".
À plusieurs reprises, j'avais exprimé à Marie mon grand désir de connaître la
vérité sur le présumé "porte-parole" de Reggio
Calabria, et je n’espérais pas recevoir une telle
bonté du Maître, qui m’a éclairé sur ma bonne foi et m’a montré clairement
que je marchais sur une mauvaise voie. Gloire à lui, grâces lui soient
rendues, et que son Nom soit béni à jamais." Signé: “Giuseppe Belfanti".
Vendredi-saint 1934. Il est l’Homme des
douleurs, le Bien-aimé de mon cœur. Pour ressembler à Dieu, il me faut
souffrir moi aussi. Venez donc à moi,
chères épines, doux clous! Prenez-vous-en à moi, prenez-vous-en à moi, parce
que l’épouse veut se parer des joyaux de son Roi. Vois comme son regard
s’affaiblit, comme sa bouche est desséchée tandis qu’il prie sur la croix
pour l’humanité mauvaise. Mon cœur, entends-tu
la "Voix" murmurer des mots d’amour au milieu des sanglots? Comme sa douleur est
grande ! Il meurt pour nous et pardonne, il nous promet le paradis; inclinant
son doux visage, il dit: "J’ai soif!", et il attend notre pitié. "Que puis-je
offrir à tes lèvres bénies, à ton cœur souffrant, pour apaiser ton agonie
finale? Par quel baume soulager ta poitrine, ô Rédempteur? — Par ton affection
fidèle et ta souffrance généreuse." Ah! Venez à moi,
venez, douces épines et chers clous! Encerclez-moi, prenez-en-vous à moi,
clouez-moi sur le bois dur! Que la tête de mon Roi repose sur ma poitrine et
sur mon cœur! Je veux, par mon affection et mon amour, essuyer ses larmes,
calmer sa fièvre, soulager son agonie. Bénie soit la
souffrance qui me fait te ressembler! Bénie soit ta croix
qui m’élève au ciel! Béni soit l’amour qui
donne des ailes à ma douleur! Béni soit le jour où
ton regard m’a fascinée, bienheureux soit l’instant où tu m’as consacrée à
toi, mais séraphiques sont les tourments qui m’unissent, ô mon Rédempteur; à
la croix, à la souffrance, pour ta gloire, ô Dieu! Ah, venez à moi,
douces épines, chers clous! Ornez-moi, sculptez en moi l’aspect de mon Roi! Viens, viens, dur
bois de la croix couleur de pourpre, c’est toi seul que je désire chercher
ici-bas pour me soutenir! Le Rédempteur
m’attend au ciel, dans la splendeur, non plus languissant et gémissant mais
resplendissant pour l’éternité. Vers lui je
m’envolerai un jour, parée de la croix, la tête ceinte de ses épines,
consumée par l’amour de lui. 193> Et parmi les anges
en louange et les splendeurs séraphiques, il transformera tourments et
souffrances en autant de joyaux. |
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Bénie soit la souffrance, bénie soit la croix,
béni soit l’amour qui se réalisera pleinement au ciel ! |
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