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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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mardi 3 avril 29 (30 Nisan)
- Une grande foule attend Jésus 510 - Jésus arrive et guérit des malades 511 - Discours (Comment se sauver ? 513 - L'intendant avisé : Le salut des riches) 514 - L'essénien et le libre arbitre 517 - Et la résurrection de la chair 518 - Discours (Appel à la conversion) 519 - Les pharisiens se scandalisent 519 - Discours (Contre les pharisiens hypocrites) 519 - Conversion de l'essénien désormais nommé Élie 521 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5 5.71. |
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510> Une grande foule
attend le Maître, disséminée tout en bas des pentes d'une montagne presque
isolée. Elle émerge d'un entrecroisement de vallées qui l'entourent et
desquelles ses pentes surgissent, ou plutôt bondissent escarpées, presque à
pic, en certains endroits vraiment à pic. Pour arriver au sommet, un sentier
taillé dans la roche calcaire qui en certains points érafle les pentes de la
montagne en faisant des lacets et se trouve parfois pris entre la paroi
abrupte de la montagne et un précipice. Ce sentier raboteux, d'une couleur
jaunâtre qui tend presque au rouge, semble un ruban jeté dans la verdure
poussiéreuse de buissons bas et épineux. Je dirais que les feuilles sont
elles-mêmes des piquants qui couvrent les pentes arides et pierreuses,
fleurissant ça et là en une fleur vivace de couleur rouge violet semblable à
un panache ou à un flocon de soie arraché aux vêtements de quelques
malheureux passés par cette ronceraie. 511> Ce revêtement
tourmenté fait de pointes épineuses, d'un vert glauque, triste comme s'il
était couvert d'une cendre impalpable, se répand par bandes même au pied de
la montagne et sur le plateau entre ce mont et d'autres monts, tant au
nord-ouest qu'au sud-est, alternant avec les premiers emplacements où il y a
de l'herbe véritable et de véritables arbustes qui ne soient pas torture et
inutilité. Les gens sont campés là, attendant patiemment la venue du
Seigneur. Ce doit être le jour d'après le discours aux apôtres car la matinée
est fraîche et la rosée n'est pas encore évaporée sur toutes les tiges. Il en
est ainsi surtout dans l'ombre où elle embellit les épines et les feuilles et
change en flocons diamantés les fleurs bizarres des arbustes épineux. C'est
certainement l'heure de beauté pour la triste montagne. En effet aux autres
heures, sous le soleil impitoyable ou dans les nuits de lune, elle doit avoir
l'aspect horrible d'un lieu d'expiation infernale. À l'est on aperçoit une
riche et grande ville dans la plaine très fertile. On ne voit pas autre chose
de cette côte encore basse où sont les pèlerins, mais au sommet l’œil doit
jouir d'une vue incomparable sur les régions voisines. Je crois qu'à cause de
l'altitude de la montagne, elle doit s'étendre sur la Mer Morte et les
régions à l'est de celle-ci, comme aussi jusqu'aux chaînes de la Samarie et à
celles qui cachent Jérusalem, mais je ne suis pas allée au sommet, aussi... Les apôtres circulent dans la foule, essayant de la tenir
tranquille et en ordre, de placer les malades aux meilleurs endroits. Ils
sont aidés par des disciples, peut-être ceux qui travaillent dans la région
et qui avaient conduit près des confins de la Judée les pèlerins désireux
d'entendre le Maître. Jésus apparaît tout à coup dans son habit de lin blanc,
enveloppé de son manteau rouge pour concilier la chaleur des heures
ensoleillées avec la fraîcheur des nuits qui ne sont pas encore des nuits
d'été. Il regarde, sans être vu, les gens qui l'attendent et il sourit. Il
semble arriver par derrière le mont de faible altitude qui est à l'ouest et
il descend rapidement par le sentier difficile. C'est un enfant qui
l'aperçoit le premier. Peut-être a-t-il suivi un vol d'oiseaux dans les
buissons et qui se sont envolés effrayés par une pierre qui a roulé d'en
haut, ou peut-être Jésus a-t-il attiré son regard. Le voyant, il crie, en
sautant sur ses pieds : "Le Seigneur !" Tous les gens se retournent et voient Jésus qui est maintenant
à peu de distance, deux cent mètres au maximum. Ils s'apprêtent à courir vers
Lui, mais il fait un geste et de sa voix qui arrive nettement, 512> peut-être
renforcée par l'écho de la montagne, il dit : "Restez où vous
êtes." Et toujours souriant, il descend vers ceux qui l'attendent, en
s'arrêtant au point le plus élevé du plateau. De là, il salue : "La
paix à tous" et avec un sourire particulier il répète le salut aux
apôtres et aux disciples qui se serrent autour de Lui.
Jésus baisse ses yeux radieux, incline son visage bienheureux,
cache son prodigieux sourire en se penchant sur les malades qu'il caresse et
guérit et qui regardent étonnés ce visage de soleil et d'amour penché sur
leur misère pour leur donner de la joie. Mais ensuite il doit enfin le
relever et il doit montrer aux foules ce qu'est le visage du Pacifique, du
Saint, de Dieu fait Chair, encore tout enveloppé par la clarté laissée par
l'extase. Il répète : "La paix à vous." Même sa voix est plus
musicale que d'ordinaire, elle fait entendre des notes douées et
triomphales... Puissante, elle se répand sur les auditeurs muets, recherche
les cœurs, les caresse, les émeut, les convie à l'amour. 513> À part ce groupe de pharisiens, secs et
revêches, épineux et renfrognés plus que la montagne elle-même, debout dans
un coin comme des statues de l'incompréhension et de la haine, à part l'autre
groupe, habillé de blanc, qui se tient à part et écoute du haut d'un talus,
et que j'entends indiquer comme "esséniens" par Barthélemy et l'Iscariote
- et Pierre murmure : "Et ainsi cela fait un poulailler d'éperviers
en plus !" - tout le monde est fortement ému. "Oh! laisse-les
faire. Le Verbe est pour tous !" dit Jésus en souriant à son
Pierre, en faisant allusion aux esséniens. Puis il commence à parler.
Comment l'homme use-t-il de la liberté que Dieu lui a
donnée ? Comme pourrait en user un enfant pour la plus grande partie de
l'humanité, ou comme un sot, ou comme un criminel pour le reste de
l'humanité. Mais ensuite vient la mort et l'homme est soumis au Juge qui lui
demandera sévèrement : "Comment as-tu usé et abusé de ce que Je
t'avais donné ?". Terrible question ! Comment alors paraîtront
moins que des fétus de paille les biens de la Terre pour lesquels si souvent
l'homme se rend pécheur ! Pauvre d'une indigence éternelle, dépouillé
d'un vêtement que rien ne peut remplacer, il restera humilié et tremblant
devant la Majesté du Seigneur, et il ne trouvera pas de mot pour se
justifier. Sur la Terre, en effet, il est facile de se justifier en trompant
les pauvres hommes mais, au Ciel, il est impossible de tromper Dieu. Jamais.
Et Dieu ne s'abaisse pas à des compromis. Jamais. Comment alors se sauver ? Comment faire servir au salut
tout, même ce qui est venu de la Corruption qui a enseigné les métaux
précieux et les gemmes comme instruments de la richesse, qui a allumé les
désirs de puissance et les appétits charnels ? Est-ce que l'homme ne
pourra pas lui qui, si pauvre qu'il soit peut toujours pécher en désirant
immodérément l'or, les honneurs et les femmes — et alors il devient voleur
pour avoir ce que le riche possédait — l'homme riche ou pauvre ne pourra-t-il
jamais se sauver ? Si, il le peut. Et comment ? En faisant servir
les richesses au Bien, en faisant servir la misère au Bien. Le pauvre qui
n'envie pas, qui ne fait pas d'imprécations, qui ne porte pas atteinte à ce
qui appartient à autrui, mais se contente de ce qu'il a, fait servir son
humble état à l'obtention de sa sainteté future et, en vérité, la majorité
des pauvres sait agir ainsi. Moins savent le faire les riches, pour lesquels
la richesse est un piège continuel de Satan, de la triple concupiscence. 514> Il y avait donc un riche qui avait un intendant. Certains qui
étaient ses ennemis parce qu'ils enviaient sa bonne situation, ou bien très
amis du riche et par conséquent soucieux de son bien-être, accusèrent
l'intendant devant son maître. "Il dissipe tes biens, ou bien il se les
approprie, ou bien il néglige de les faire fructifier. Fais attention !
Défends-toi !" Le riche, après avoir entendu ces accusations répétées,
commanda à l'intendant de comparaître devant lui. Et il lui dit : "On
m'a dit de toi telle et telle chose. Pourquoi donc as-tu agi de cette
façon ? Rends-moi compte de ta gestion, car je ne te permets plus de
t'en occuper. Je ne puis me fier à toi et je ne puis donner un exemple
d'injustice et de laisser faire qui encouragerait les autres serviteurs à
agir comme tu as agi. Va et reviens demain avec toutes les écritures, pour
que je les examine afin de me rendre compte de l'état de mes biens avant de
les confier à un nouvel intendant". Et il renvoya l'intendant qui s'en
alla préoccupé se disant en lui-même : "Et maintenant ?
Comment vais-je faire maintenant que le maître m'enlève l'intendance ?
Je n'ai pas d'économies parce que, persuadé comme je l'étais de l'échapper
belle, je dépensais tout ce que je prenais. M'embaucher comme paysan sous un
maître, cela ne me va pas car je ne suis plus habitué au travail et alourdi
par la bonne chère. Demander l'aumône, cela me va encore moins. C'est trop
humiliant ! Que faire ?" En réfléchissant longuement, il trouva un moyen de sortir de sa
pénible situation. Il dit ! "J'ai trouvé ! De la même façon
que je me suis assuré jusqu'à présent une existence confortable, désormais je
vais m'assurer des amis qui me reçoivent par reconnaissance lorsque je
n'aurai plus l'intendance. Celui qui rend service a toujours des amis. Allons
donc rendre service pour que l'on me rende service, et allons-y de suite
avant que la nouvelle se répande et qu'il soit trop tard". Il alla chez plusieurs débiteurs de son maître, et il dit au
premier : "Combien dois-tu à mon maître pour la somme qu'il t'a
prêtée au printemps il y a trois ans ?" 515> Et l'autre
répondit : "Cent barils d'huile pour la somme et les
intérêts". "Oh ! mon pauvre ! Toi, avec tant d'enfants,
toi, avec des enfants malades, devoir tant donner ?! Mais ne t'a-t-il
pas donné pour une valeur de trente barils ?" "Si. Mais j'étais dans un besoin pressant, et lui me dit:
'Je te le donne, mais à condition que tu me donnes ce que la somme te
rapportera en trois ans'. Elle m'a rapporté une valeur de cent barils, et je
dois les donner". "Mais c'est un usurier ! Non. Non. Lui est riche et
tu as à peine de quoi manger. Lui a peu de famille, et toi une famille si
nombreuse. Écris que cela t'a rapporté cinquante barils et n'y pense plus. Je
jurerai que c'est vrai, et tu en profiteras". "Mais tu ne me trahiras pas ? S'il vient à
savoir ?" "Penses-tu ? Je suis l'intendant et ce que je jure
est sacré. Fais comme je te dis, et sois heureux". L'homme écrivit, signa et il dit : "Sois béni !
Mon ami et mon sauveur ! Comment t'en récompenser ?" "Mais en aucune façon ! Mais si à cause de toi je
devais souffrir et être chassé tu m'accueillerais par reconnaissance". "Mais bien sûr ! Bien sûr ! Tu peux y
compter". L'intendant alla trouver un autre débiteur auquel il tint à peu
près le même discours. Celui-ci devait rendre cent boisseaux de grain car
pendant trois années la sécheresse avait détruit ses récoltes et il avait dû
emprunter au riche pour nourrir sa famille. "Mais tu n'y penses pas : doubler ce qu'il t'a donné !
Refuser le blé ! Exiger le double de quelqu'un qui a faim et a des
enfants, alors que les vers attaquent ses réserves trop abondantes !
Ecris quatre-vingts". "Mais s'il se souvient qu'il m'en a donné vingt et puis
vingt et puis dix ?" "Mais que veux-tu qu'il se rappelle ? C'est moi qui
te les ai donnés, et moi je ne veux pas m'en souvenir. Fais, fais
ainsi et tire-toi d'affaire. Il faut de la justice entre pauvres et
riches ! Pour moi, si j'étais le patron, je n'en réclamerais que
cinquante, et peut-être même, je t'en ferais cadeau". "Tu es bon. Si tout le monde était comme toi! Souviens-toi
que ma maison est pour toi une maison amie". L'intendant alla chez les autres avec la même méthode, se
déclarant prêt à souffrir pour remettre les choses en place avec justice. 516> Et
promesses d'aides et de bénédictions plurent sur lui. Rassuré pour l'avenir,
il s'en alla tranquillement trouver le maître qui, de son côté, avait filé
l'intendant et découvert son jeu. Il le loua pourtant en disant :
"Ta manière d'agir n'est pas bonne et je ne l'approuve pas. Mais je loue
ton adresse. En vérité, en vérité, les enfants du siècle sont plus avisés que
ceux de la Lumière". Et ce que disait le riche, Moi aussi, je vous le dis : Comment pouvez-vous exiger que Dieu vous donne ses biens
paradisiaques, s'il voit que vous ne savez pas faire bon usage même des biens
terrestres ? Ne dites pas : "Là-haut nous serons fidèles et justes
car là-haut nous aurons tout sans crainte d'aucune sorte". Non. Qui est
infidèle dans les petites choses serait infidèle même s'il possédait le Tout
et qui est injuste dans les petites choses est injuste dans les grandes. Dieu
ne confie pas les vraies richesses à celui qui dans l'épreuve terrestre
montre qu'il ne sait pas user des richesses terrestres. Comment Dieu
pourrait-Il vous confier un jour au Ciel la mission de soutenir vos frères
sur la Terre quand vous avez montré que vous ne savez que soutirer et frauder
ou conserver avidement ? Il vous refusera donc votre trésor, celui qu'il
vous avait réservé, pour le donner à ceux qui ont su être avisés sur la
Terre, en faisant servir à des œuvres justes et saines ce qui est injuste et
malsain. 517>
"Non, homme. Il n'en est pas ainsi, détrompe-toi. En
pensant ainsi, tu fais une grave injure au Seigneur." "Pourquoi ? Montre-le-moi et je me raviserai." "Parce que toi, en disant cela, tu admets mentalement que
Dieu est injuste envers ses créatures. Il les a créées de la même façon et
avec un même amour. Lui est Père. Parfait en sa paternité comme en toute
autre chose. Comment alors peut-Il faire des différences, et quand un homme
est conçu le maudire alors qu'il n'est qu'un innocent embryon ? Dès ce
moment où il est incapable de pécher?" "Pour avoir une revanche de l'offense qu'il a reçue de
l'homme." "Non. Dieu ne se revanche pas ainsi ! Il ne se
contenterait pas d'un misérable sacrifice tel que celui-là, d'un sacrifice
injuste, imposé. L'offense faite à Dieu ne peut être enlevée que par Dieu
fait Homme. C'est Lui qui expiera, non pas tel ou tel homme. Oh ! s'il
avait été possible que je n'eusse à enlever que la faute d'origine ! Si
la Terre n'avait pas eu de Caïn, pas de Lamech, pas de sodomite corrompu, pas
d'homicide, de voleur, de fornicateur, d'adultère, de blasphémateur, pas
d'enfants sans amour pour leurs parents, pas de parjures, et cætera !
Mais de chacun de ces péchés ce n'est pas Dieu qui en est l'auteur, mais
l'homme qui en est coupable. Dieu a laissé à ses fils la liberté de choisir
le Bien ou le Mal." "Il n'a pas bien agi" crie un scribe. "Il nous a
tentés au-delà de nos forces. Nous sachant faibles, ignorants, empoisonnés,
Il nous a exposé à la tentation. C'est de l'imprudence ou de la méchanceté.
Toi, qui es juste, tu dois convenir que je dis une vérité." "Tu dis un mensonge pour me tenter. Dieu avait donné à
Adam et à Ève tous les conseils, et à quoi ont-ils servi ?" 518> "Il a mal agi alors
aussi. Il ne devait pas mettre l'arbre, la tentation, dans le Jardin." "Et alors où serait le mérite de l'homme ?" «Il s'en passait. Il vivait sans mérite personnel et par le
seul mérite de Dieu." "Eux veulent te tenter, Maître. Laisse ces serpents, et
écoute-nous, nous qui vivons dans la continence et la méditation" crie
de nouveau l'essénien. "Oui, vous y vivez, mais mal. Pourquoi ne pas y vivre
saintement ?" L'essénien ne répond pas à cette question, mais il
demande : "De même que tu m'as donné une raison valable sur le
libre arbitre, et moi je la méditerai sans préventions, en espérant pouvoir
l'accepter, dis-moi maintenant. Crois-tu réellement à une résurrection de la
chair et à une vie des esprits qu'elle viendra compléter ?" "Et tu veux que Dieu mette fin ainsi à la vie de
l'homme ?" "Mais l'âme... puisque la récompense la rendra
bienheureuse, à quoi sert de faire ressusciter la matière ? Cela
augmentera-t-il la joie des saints ?" "Rien n'augmentera la joie qu'un saint aura quand il
possédera Dieu. Ou plutôt une seule chose l'augmentera le Dernier Jour :
celle de savoir que le péché n'existe plus. Mais ne te paraît-il pas juste
que, comme en ce jour chair et âme ont été unies dans la lutte pour posséder
le Ciel, qu'au Jour de l'éternité chair et âme soient unies pour jouir de la
récompense ? N'en es-tu pas persuadé ? Et alors pourquoi vis-tu
dans la continence et la méditation ?" "Pour... pour être davantage homme, seigneur au-dessus des
autres animaux qui obéissent irrésistiblement à leurs désirs, et pour être
supérieur à la plus grande partie des hommes qui sont barbouillés
d'animalité, même s'ils étalent des phylactères et des franges, et des
houppettes et de larges vêtements et s'ils se disent des "séparés" [2] Anathème ! Les pharisiens ont reçu de plein fouet la
flèche qui provoque dans la foule des murmures admiratifs. Ils se
contorsionnent et crient comme des possédés. "Il nous insulte,
Maître ! Tu connais notre sainteté. Défends-nous" crient-ils en
gesticulant. Jésus répond : "Lui aussi connaît votre hypocrisie.
Les vêtements n'ont rien à voir avec la sainteté. Méritez d'être loués et je
pourrai parler. 519> "C'est trop tard ! Je suis vieux ! J'ai peut-être
gâché ma vie en restant dans une secte erronée... C'est fini !..."
Un homme crie du milieu de la foule : "Moi, je suis
riche et pécheur. Que dois-je faire pour venir ?" "Renonce à tout pour l'amour de Dieu et de ton âme." Les pharisiens murmurent contre Jésus et le méprisent comme
"marchand d'illusions et d'hérésies", comme "pécheur qui feint
d'être saint", et ils Lui font remarquer que les hérétiques sont
toujours des hérétiques, et que tels sont les esséniens. Ils disent que les
conversions subites ne sont qu'exaltation temporaire et que l'impur sera
toujours tel; le voleur, voleur; l'homicide, homicide; et ils terminent en
disant qu'eux seuls, qui vivent dans une sainteté parfaite, ont droit au Ciel
et à la prédication. "C'était un jour heureux. Une semence de sainteté tombait
dans les cœurs. Mon amour, nourri par le baiser de Dieu, donnait la vie aux
semences. Le Fils de l'homme était heureux de sanctifier... Vous m'avez
empoisonné la journée. Mais n'importe. Moi je vous dis - et si je ne suis pas
doux, la faute en sera à vous - je vous dis que vous êtes de ceux qui se
donnent comme justes, ou essaient de le faire en présence des hommes, mais
vous n'êtes pas justes. 520> Dieu connaît vos cœurs. Ce qui est grand aux
yeux des hommes est abominable devant l'immensité et la perfection de Dieu.
Vous citez l'ancienne Loi. Pourquoi alors ne la vivez-vous pas ? Vous
modifiez à votre avantage la Loi, en l'alourdissant de poids qui vous
rapportent du profit. Pourquoi alors ne me permettez-vous pas de la modifier
au profit de ces petits, en en supprimant toutes les houppettes et les
lourdes complications inutiles, ces préceptes que vous avez faits et qui sont
tels et si nombreux que l'essentiel de la Loi disparaît sous eux et meurt
étouffé ? J'ai pitié de ces foules, de ces âmes qui cherchent un
soulagement dans la Religion et y trouvent un nœud coulant, qui cherchent
l'amour et trouvent la terreur... Non. Venez, ô petits d'Israël. La Loi est amour ! Dieu est
amour ! C'est ainsi que je parle à ceux que vous avez effrayés. La Loi
sévère et les prophètes menaçants qui m'ont prédit, mais n'ont pas réussi à
écarter le péché malgré les cris de leurs prophéties angoissantes, s'arrêtent
à Jean. Après Jean vient le Royaume de Dieu, le Royaume de l'amour. Et Moi,
je dis aux humbles : "Entrez-y, il est pour vous". Et que tous
ceux qui sont de bonne volonté s'efforcent d'y entrer. Mais pour ceux qui ne
veulent pas courber la tête, se frapper la poitrine, dire : "J'ai
péché", il n'y aura pas de Royaume. Il est dit : "Circoncisez
votre cœur, et ne raidissez plus votre nuque" [3]. Cette terre vit le prodige d'Élisée qui adoucit les eaux amères
en y jetant du sel [4]. Et Moi est-ce que
je ne jette pas le sel de la Sagesse dans vos cœurs ? Et alors pourquoi
êtes-vous inférieurs aux eaux et ne changez-vous pas votre esprit ?
Imprégnez vos formules de mon sel et elles auront une nouvelle saveur parce
qu'elles rendront à la Loi sa force primitive. En vous, pour commencer, qui
en avez le plus besoin. Vous dites que je change la Loi ? Non. Ne mentez
pas. Je rends à la Loi sa forme primitive que vous avez déformée. Car c'est
une Loi qui durera autant que la Terre, et le ciel et la terre disparaîtront
avant que disparaissent un seul de ses éléments ou de ses conseils. Et si
vous la changez, parce que cela vous plaît, et si vous ergotez pour chercher
des échappatoires à vos fautes, sachez que cela ne sert à rien. Cela ne sert
pas, ô Samuel ! Cela ne sert pas, ô Isaïe ! Il est toujours
dit : "Ne commets pas l'adultère [5]", et Moi je
complète : "Celui qui renvoie une épouse pour en prendre une autre
est adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari est
adultère, car ce que Dieu a uni la mort seule peut le séparer". 521> Mais les paroles dures sont
pour les pécheurs impénitents. Ceux qui ont péché mais s'affligent et se
désolent de l'avoir fait, qu'ils sachent, qu'ils croient que Dieu est Bonté,
et qu'ils viennent à Celui qui absout, pardonne et amène à la Vie. Allez avec
cette certitude. Répandez-la dans les cœurs. Prêchez la miséricorde qui vous
donne la paix, en vous bénissant au nom du Seigneur." Les gens s'éloignent lentement soit à cause de l'étroitesse du
sentier, soit à cause de l'attirance de Jésus. Mais ils s'en vont... Il reste les apôtres avec Jésus, et tout en parlant, ils se
mettent en route. Ils cherchent de l'ombre en cheminant près d'un petit
bosquet de tamaris ébouriffés. Mais dedans il y a un essénien. C'est celui
qui a parlé avec Jésus. Il est en train de quitter ses vêtements blancs. Pierre, qui est en avant, reste stupéfait en voyant que l'homme
ne garde que ses culottes courtes. Il revient en arrière en courant et il
dit : "Maître ! Un fou ! Celui qui parlait avec Toi,
l'essénien. Il s'est mis nu, il pleure et soupire. Nous ne pouvons aller
là." Mais l'homme maigre, barbu, qui n'a gardé que ses culottes
courtes et ses sandales, sort déjà du bosquet et vient vers Jésus en pleurant
et en se frappant la poitrine. Il se prosterne : "Moi, je suis
miraculé du cœur. Tu m'as guéri l'esprit. J'obéis à ta parole. Je me revêts
de lumière en quittant toute autre pensée qui me revêtait d'erreur. Je me
sépare pour méditer le Dieu vrai, pour obtenir vie et résurrection. Cela
suffit-il ? Donne-moi un nouveau nom et indique-moi un endroit où je
vivrai de Toi et de tes paroles." "Il est fou ! Nous ne saurions y vivre, nous qui en
entendons tant ! Et lui... pour un seul discours..." disent entre
eux les apôtres. Mais l'homme qui les entend, dit : "Et vous voulez
mettre des bornes à Dieu ? Lui m'a brisé le cœur pour me donner un
esprit libre. Seigneur !..." et il supplie en tendant les bras vers
Jésus. "Oui. Appelle-toi Elie et sois feu. Cette montagne est
remplie de cavernes. Vas-y et quand tu sentiras la terre secouée par un terrible
tremblement, sors et cherche les serviteurs du Seigneur pour t'unir à eux. Tu
seras revenu à la vie pour être serviteur toi aussi. Va." L'homme Lui baise les pieds, se lève et s'en va. "Mais il s'en va nu ?" demandent-ils stupéfaits.
"Donnez-lui un manteau, un couteau, une mèche, un briquet
et un pain. Il cheminera aujourd'hui et demain et puis, où nous avons
séjourné, il se retirera pour prier, et Dieu pourvoira aux besoins de son
fils." 522> André et Jean
partent en courant et le rejoignent au moment où il va disparaître à un
détour. Ils reviennent en disant : "Il les a pris. Nous lui
avons indiqué aussi l'endroit où nous étions. Quelle proie imprévue,
Seigneur !" |
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"Même sur les
roches, Dieu fait fleurir des fleurs. Même dans les déserts des cœurs, II
fait lever pour mon réconfort des esprits de bonne volonté. Maintenant allons
vers Jéricho. Nous nous arrêterons dans quelque maison de campagne." |
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