"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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La Sagesse
(Sagesse de Salomon, Sagesse de Shelomo, Liber Sapientiae)
Chapitres : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19


Ce livre est classé dans les deutérocanoniques. Il figure donc dans la Bible des Septante (les 70 juifs d'Alexandrie qui la rédigèrent), mais non dans la Vulgate, celle établie en Latin par saint Jérôme.

C'est l'un des cinq Livres sapientiaux. Dans la Septante, il porte le nom de "Sagesse de Salomon". Salomon n'est ici qu'une fiction littéraire, mais l'auteur est manifestement d'un grand niveau. On donne ce Livre écrit vers l'an 50 avant JC par un juif d'Alexandrie, un des plus grands centres intellectuels de l'époque où vivaient plusieurs centaines de mille de juifs.


Chapitre 6
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1 - Or donc, rois, écoutez et comprenez, laissez-vous instruire, vous dont la juridiction s’étend à toute la terre.

2 - Prêtez l’oreille, vous qui dominez sur les foules et qui êtes si fiers de la multitude de vos nations:

3 - vous avez reçu du Seigneur votre pouvoir, du Très-Haut, votre souveraineté, et c’est lui qui examinera vos actes et scrutera vos desseins,

4 - si vous, les ministres de sa royauté, n’avez pas jugé selon le droit, ni respecté la loi, ni agi selon la volonté de Dieu.

5 - De façon terrible et soudaine il surgira devant vous, car un jugement rigoureux s’exerce contre les grands.

6 - Le petit, lui, est excusable et digne de pitié, mais les puissants seront examinés avec vigueur.

7 - Le souverain de tous ne reculera devant personne et ne tiendra pas compte de la grandeur: il a créé le petit comme le grand et sa providence est la même pour tous.

8 - Mais aux forts une dure enquête est réservée.

9 - C’est donc à vous, ô princes, que vont mes paroles, afin que vous appreniez la Sagesse et ne trébuchiez pas.

10 - Ceux qui auront observé saintement les saintes lois seront reconnus saints, et ceux qui en auront été instruits trouveront une défense.

11 - Alors soyez avides de mes paroles, désirez-les ardemment et vous serez éduqués.

12 - La Sagesse brille et ne se flétrit pas, elle se laisse voir aisément par ceux qui l’aiment et trouver par ceux qui la cherchent.

13 - Elle devance ceux qui la désirent, en se faisant connaître la première.

14 - Quiconque part tôt vers elle ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte.

15 - Se passionner pour elle, c’est la perfection du discernement. Et quiconque aura veillé à cause d’elle sera bientôt sans inquiétude,

16 - car, de son côté, elle circule en quête de ceux qui sont dignes d’elle, elle leur apparaît avec bienveillance sur leurs sentiers et, dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre.

17 - Le commencement de la Sagesse, c’est le désir vrai d’être instruit par elle,

18 - vouloir être instruit, c’est l’aimer, l’aimer, c’est garder ses lois, observer ses lois, c’est être assuré de l’incorruptibilité,

19 - et l’incorruptibilité rend proche de Dieu.

20 - Ainsi le désir de la Sagesse élève jusqu’à la royauté.

21 - Si donc vous, princes des peuples, prenez plaisir aux trônes et aux sceptres, rendez hommage à la Sagesse et vous régnerez pour toujours.

22 - Mais qu’est-ce que la Sagesse et quelle est son origine? Je vais l’annoncer, sans vous cacher les mystères. Je remonterai jusqu’au principe de son existence, j’exposerai au grand jour la connaissance de sa réalité; je ne passerai certes pas à côté de la vérité

23 - ni ne cheminerai jamais avec l’envie qui consume car elle exclut toute participation à la Sagesse.

24 - La multitude des sages, au contraire, assure le salut du monde, et un roi avisé, le bien-être d’un peuple.

25 - Aussi laissez-vous instruire par mes paroles et vous y trouverez profit.


Chapitre 7
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 1 - Je suis, moi aussi, un homme mortel, pareil à tous, un descendant du premier être formé de la terre. J’ai été ciselé en chair dans le ventre d’une mère,

2 - où, pendant dix mois, dans le sang j’ai pris consistance, à partir d’une semence d’homme et du plaisir, compagnon du sommeil.

3 - A ma naissance, moi aussi j’ai aspiré l’air commun, je suis tombé sur la terre qui nous reçoit tous pareillement, et des pleurs, comme pour tous, furent mon premier cri.

4 - J’ai été élevé dans les langes et parmi les soucis.

5 - Aucun roi ne connut d’autre début d’existence:

6 - même façon pour tous d’entrer dans la vie et pareille façon d’en sortir.

7 - C’est pourquoi j’ai prié, et l’intelligence m’a été donnée, j’ai invoqué, et l’esprit de Sagesse m’est venu.

8 - Je l’ai préférée aux sceptres et aux trônes et j’ai tenu pour rien la richesse en comparaison d’elle.

9 - Je ne lui ai pas égalé la pierre la plus précieuse; car tout l’or, au regard d’elle, n’est qu’un peu de sable, à côté d’elle, l’argent compte pour de la boue.

10 - Plus que santé et beauté je l’ai aimée et j’ai préféré l’avoir plutôt que la lumière, car son éclat ne connaît point de repos.

11 - Mais avec elle me sont venus tous les biens et, par ses mains, une incalculable richesse.

12 - De tous ces biens je me suis réjoui, parce que c’est la Sagesse qui les amène; j’ignorais pourtant qu’elle en fût la mère.

13 - Ce que j’ai appris sans fraude, je le communiquerai sans jalousie, je ne cacherai pas sa richesse.

14 - Car elle est pour les hommes un trésor inépuisable, ceux qui l’acquièrent s’attirent l’amitié de Dieu, recommandés par les dons qui viennent de l’instruction.

15 - Que Dieu me donne de parler comme je l’entends et de concevoir des pensées dignes des dons reçus, parce qu’il est lui-même et le guide de la Sagesse et le directeur des sages;

16 - nous sommes en effet dans sa main, et nous et nos paroles, et toute intelligence et tout savoir pratique.

17 - C’est lui qui m’a donné une connaissance infaillible des êtres, pour connaître la structure du monde et l’activité des éléments,

18 - le commencement, la fin et le milieu des temps, les alternances des solstices et les changements des saisons,

19 - les cycles de l’année et les positions des astres,

20 - la nature des animaux et les instincts des bêtes sauvages, le pouvoir des esprits et les pensées des hommes, les variétés de plantes et les vertus des racines.

21 - Tout ce qui est caché et visible, je l’ai connu;

22 - car c’est l’ouvrière de toutes choses qui m’a instruit, la Sagesse! En elle est, en effet, un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, mobile, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, prompt,

23 - irrésistible, bienfaisant, ami des hommes, ferme, sûr, sans souci, qui peut tout, surveille tout, pénètre à travers tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils.

24 - Car plus que tout mouvement la Sagesse est mobile; elle traverse et pénètre tout à cause de sa pureté.

25 - Elle est en effet un effluve de la puissance de Dieu, une émanation toute pure de la gloire du Tout-Puissant; aussi rien de souillé ne s’introduit en elle.

26 - Car elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu, une image de sa bonté.

27 - D’autre part étant seule, elle peut tout, demeurant en elle-même, elle renouvelle l’univers et, d’âge en âge passant en des âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes;

28 - car Dieu n’aime que celui qui habite avec la Sagesse.

29 - Elle est, en effet, plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations, comparée à la lumière, elle l’emporte;

30 - car celle-ci fait place à la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne prévaut pas.


Chapitre 8
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1 - Elle s’étend avec force d’un bout du monde à l’autre et elle gouverne l’univers avec bonté.

2 - C’est elle que j’ai chérie et recherchée dès ma jeunesse; j’ai cherché à la prendre pour épouse et je suis devenu amoureux de sa beauté.

3 - Elle fait éclater sa noble origine en vivant dans l’intimité de Dieu, car le maître de tout l’a aimée.

4 - Elle est, de fait, initiée à la science de Dieu c’est elle qui décide de ce qu’il fait.

5 - Si, dans la vie, la richesse est un bien désirable, quoi de plus riche que la Sagesse, qui opère tout?

6 - Et si c’est l’intelligence qui opère, qui est plus qu’elle l’ouvrière de ce qui est?

7 - Aime-t-on la justice ? Ses labeurs, ce sont les vertus, elle enseigne, en effet, tempérance et prudence, justice et force; rien de plus utile pour les hommes dans la vie.

8 - Désire-t-on encore une riche expérience? Elle connaît le passé et conjecture l’avenir, elle sait l’art de tourner les maximes et de résoudre les énigmes, les signes et les prodiges, elle les sait d’avance, ainsi que la succession des époques et des temps. aux souverains.

9 - Je décidai donc de la prendre pour compagne de ma vie, sachant qu’elle me serait une conseillère pour le bien, et un encouragement dans les soucis et la tristesse:

10 - "J’aurai à cause d’elle gloire parmi les foules et, bien que jeune, honneur auprès des vieillards.

11 - On me trouvera pénétrant dans le jugement et en présence des grands je serai admiré.

12 - Si je me tais, ils m’attendront, si je parle, ils seront attentifs, si je prolonge mon discours, ils mettront la main sur leur bouche.

13 - J’aurai à cause d’elle l’immortalité et je laisserai un souvenir éternel à ceux qui viendront après moi.

14 - Je gouvernerai des peuples, et des nations me seront soumises.

15 - En entendant parler de moi, des souverains terribles auront peur; je me montrerai bon avec la multitude et vaillant à la guerre.

16 - Rentré dans ma maison, je me reposerai auprès d’elle; car la fréquenter ne cause pas d’amertume, ni de peine, vivre en son intimité, mais du plaisir et de la joie."

17 - Ayant médité cela en moi-même, et considéré en mon coeur que l’immortalité se trouve dans la parenté avec la Sagesse,

18 - dans son affection une noble jouissance, dans les travaux de ses mains une richesse inépuisable, dans sa fréquentation assidue l’intelligence, et la renommée à s’entretenir avec elle, j’allais de tous côtés, cherchant comment l’obtenir pour moi.

19 - J’étais un enfant d’un heureux naturel, et j’avais reçu en partage une âme bonne,

20 - qui plus est: étant bon, j’étais venu dans un corps sans souillure;

21 - mais, comprenant que je ne pourrais devenir possesseur de la Sagesse que si Dieu me la donnait, -et c’était déjà de l’intelligence que de savoir de qui vient la faveur-je m’adressai au Seigneur et le priai, et je dis de tout mon cœur.