Maria Valtorta en 1943

"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Les fausses "erreurs théologiques"
"L'hérésie formelle" du Père Alain Bandelier

 

Accès à la Dictée des "Cahiers" où Jésus répond, soixante-ans à l'avance, aux déclarations du P. Alain Bandelier

 


 

Dans "Famille Chrétienne" (N° 1459 du 31/12/2005 au 6/1/2006), le Père Alain Bandelier croit détecter deux faits graves dans un passage de l'œuvre de Maria Valtorta (Tome 2, chapitre 32, de l'édition française) qui relate une conversation de Jésus avec Judas, apôtre nouvellement recruté.

Il ne dénonce rien moins :

1 - qu'une "hérésie formelle",

2 - Des passages à l'opposé, selon lui, du dogme de l'Incarnation

Il assimile enfin les écrits de Maria Valtorta à des "fables" éloignant de la "saine doctrine" selon 2Timothée 4,3. Il conclue, après avoir fait ainsi référence à la prophétie de Paul (les écrits de Maria Valtorta seraient des fables éloignant de la saine doctrine) : "Si nous avons besoin de commentaires (sur les Évangiles), nous les trouverons dans le trésor de l'Église : les écrits des Pères, la vie des saints, l'enseignement des maîtres spirituels, les textes du Magistère".

Nul ne songerait à la contredire et nul lecteur de Maria Valtorta (illustre ou pas) n'a eu l'impression de lire un cinquième évangile ou une révélation opposée à l'unique révélation. Tous ont simplement eu l'impression d'approfondir le récit des quatre Évangiles, avec les fruits de conversion que l'on connaît et dont les internautes témoignent.

Pour départager les avis sur une accusation aussi grave et violente que "hérésie formelle", il y a lieu de se référer aux fondamentaux communs contenus dans le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 1992), promulgué par le Pape Jean-Paul II comme contenant le dépôt de la foi en conclusion des travaux de Vatican II (Constitution apostolique Fidei Depositum). Le Père Bandelier y invite lui-même.


L'accusation "d'hérésie formelle" est-elle corroborée par l'Église ?
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Maria Valtorta, dans son chapitre 32, tome 2, page 156 et suivantes a écrit :"Tu n'as jamais été tenté ? - "J'ai 30 ans, Judas. Je n'ai pas vécu dans une caverne sur une montagne, mais parmi les hommes. Même si j'avais été dans l'endroit le plus solitaire de la terre, crois-tu que les tentations ne seraient pas venues ? Nous avons tout en nous : le bien et le mal. Tout nous les portons avec nous. Sur le bien souffle le souffle de Dieu et il l'avive comme un encensoir d'agréables et sacrés parfums. Sur le mal souffle Satan et il en fait un bûcher de flammes féroces. Mais la volonté attentive et la prière constante sont comme un sable humide sur les flammes infernales, elles l'étouffent et en triomphent." - "Mais si tu n'as jamais péché, comment peux-tu juger les pécheurs !" - "Je suis homme et je suis Fils de Dieu. Ce que je pourrais ignorer comme homme et en mal juger, je le connais et j'en juge comme Fils de Dieu. … la tentation ne faiblit pas" - "Et tu n'as jamais cédé ?" - "Je n'ai jamais cédé." - "Comment as-tu pu ?" - "J'ai dit : "Mon Père, ne m'induis pas en tentation" - "Comment Toi, Messie, Toi qui opères des miracles, tu as demandé l'aide du Père ?"

Il isole la locution "Nous avons tout en nous : le bien et le mal" et dénonce "le Fils de Dieu lui-même serait habité par le mal !". Il induit que, selon Maria Valtorta, Jésus serait habité par le péché, entretenant l'ambiguïté entre mal et péché.

À la lecture, on s'aperçoit qu'il n'en est rien, pour deux raisons évidentes : le contexte de la phrase décrit les tentations auxquelles Jésus a été et sera confronté (sans y succomber), et la suite du texte est explicite : "Je n'ai jamais péché". Jésus explique d'ailleurs pourquoi.

Nul théologien, favorable ou non à l'œuvre, n'a fait une lecture de ce passage identique à celle du Père Alain Bandelier.

Selon ce qu'il détaille sur le forum, Jésus n'a pas d'héritage du péché originel, il n'a jamais pu être tenté de l'intérieur, seulement de l'extérieur. Pour le Père Alain Bandelier, il n'y a pas eu de luttes internes. En quoi donc Jésus a-t-il été tenté (et non par qui) s'il n'avait pas d'alternative ?

Quelle doit être alors sa réaction devant ce passage de saint Paul : "Celui qui n’avait pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous" (2Corinthiens 5,20-21). Nul lecteur n'y comprend que Jésus est le péché personnifié, ce que l'on lit pourtant ! C'est le danger déformateur des extraits hors contexte.

Que dit l'Église sur ce sujet dans son long développement sur "la Profession de la foi chrétienne"

1 – Jésus est vrai Dieu et vrai homme
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CEC § 461 – "Reprenant l’expression de S. Jean (" Le Verbe s’est fait chair " : Jean 1, 14), l’Église appelle "Incarnation" le fait que le Fils de Dieu ait assumé une nature humaine pour accomplir en elle notre salut".

L'Église parle bien "d'assumer". Elle cite plus loin 1Jean 4,2 : "À ceci reconnaissez l’esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu"

2 – Qu'est ce que la chair ?

Le père Alain Bandelier, sur le forum, énonce qu'il y en a de multiples définitions dans la Bible, mais l'Église la définit exactement :

CEC § 990 "Le terme "chair" désigne l’homme dans sa condition de faiblesse et de mortalité (cf. Genèse 6,3 ; Psaume 56,5 ; Isaïe 40,6)".

Plus loin elle se fait plus précise :

CEC § 2516 "Déjà dans l’homme, parce qu’il est un être composé, esprit et corps, il existe une certaine tension, il se déroule une certaine lutte de tendances entre "l’esprit" et la "chair". Mais cette lutte, en fait, appartient à l’héritage du péché, elle en est une conséquence et, en même temps, une confirmation. Elle fait partie de l’expérience quotidienne du combat spirituel".

Dans l'article précédent, le CEC a précisé

"la révolte que la "chair" mène contre l’"esprit " (cf. Ga 5, 16. 17. 24 ; Éphésiens 2, 3) … vient de la désobéissance du premier péché (Gn 3,11). Elle dérègle les facultés morales de l’homme et, sans être une faute en elle-même, incline ce dernier à commettre des péchés (cf. Cc. Trente : DS 1515)".

Jésus vrai Dieu et vrai homme, a partagé cette condition humaine jusqu'à en vivre une conséquence : la mort. Jésus vivant la tentation, en réalité et en vainqueur, efface la faute d'Adam qui, devant la même situation, a succombé : c'est le nouvel Adam.

Adam n'avait pas non plus le péché originel quand il a "consenti à la tentation". Il a choisit, en liberté, le mal. Jésus, vrai Dieu ET vrai homme, a choisit, en liberté, le bien.

3 – Jésus a-t-il eu des "luttes internes" comme décrit plus haut, ou seulement des agressions externes comme l'affirme le Père Alain Bandelier ?

Qu'en dit l'Église ?

CEC § 539 – "Les Évangélistes indiquent le sens salvifique de cet événement mystérieux (la tentation de Jésus). Jésus est le nouvel Adam, resté fidèle là où le premier a succombé à la tentation…En cela, Jésus est vainqueur du diable : il a " ligoté l’homme fort " pour lui reprendre son butin (Marc 3, 27). La victoire de Jésus sur le tentateur au désert anticipe la victoire de la passion, obéissance suprême de son amour filial du Père".

Elle continue :

CEC § 540 – "… C’est pourquoi le Christ a vaincu le Tentateur pour nous : " Car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché " (He 4, 15)".

C'est donc bien en tout qu'il a été éprouvé et d'une manière semblable à nous, à l'exception du péché qu'il n'a pas commis. Maria Valtorta dit cette réalité de la lutte semblable à nous, le Père Alain Bandelier semble dire le contraire. Dans une autre rubrique, le Père Alain Bandelier soulignait cette différence : "il y a une différence très importante entre les tentations de Jésus et les nôtres". On ne voit pas, dans sa position, la réalité de son Incarnation "dans notre humanité" (hormis le péché, consentement que l'on donne à la tentation).

Jésus allant jusqu'à suer du sang au Gethsémani, indique bien s'il le fallait, que la lutte de Jésus pour ne pas succomber à la tentation est interne et violente jusqu'au paroxysme.

Chacun jugera donc, en relisant le chapitre de Maria Valtorta à la lueur de ce que dit l'Église, si elle tient ou pas, des propos dignes d'une "hérésie formelle". Et s'il y a "hérésie formelle", sur quels textes du Catéchisme on étaye une telle affirmation grave. Le P. Bandelier, invité à la faire, n'a pas su répondre à cette question.


La complaisance avec la chair est-elle d'Église ?
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Le Père Alain Bandelier dénonce "dans ces paragraphes, (voir ci-dessous) une phobie de la chair, bien loin du dogme de l'Incarnation". Cette complaisance envers la chair surprend. Est-elle d'Église ?

Maria Valtorta a écrit, Tome 2, Chapitre 32, page 152 : "Celui qui veut vivre par l'esprit et porter les autres à vivre la même vie, doit faire passer la chair après - je dirais presque la tuer - pour donner tous ses soins à l'esprit".

Et plus loin

Ibid., Page 155 "C'est pour les hommes que je suis venu, Judas, pas pour les anges. (…) je suis venu pour les hommes, pour faire de ces hommes des anges".

Là aussi, que dit l'Église ?

Reprenant la phrase de Jésus reportée en Matthieu 19,12 : "… il y en a qui se sont eux-mêmes rendus eunuques à cause du Royaume des cieux. Comprenne qui peut comprendre !" l'Église ne demande pas autre chose pour le célibat des prêtres. Elle poursuit :

CEC 1992, § 1579 "Tous les ministres ordonnés de l’Église latine, (sont) appelés à se consacrer sans partage au Seigneur et à " ses affaires " (cf. 1 Co 7, 32), ils se donnent tout entier à Dieu et aux hommes et Jésus lui-même". Étrange écho de la phrase reportée dans Maria Valtorta !

Cette "phobie de la chair" n'est pas réservée aux seuls prêtres mais à tous ceux qui veulent le suivre (CEC § 736) : "Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive". (Matthieu 16,21-24). Le jeûne du Carême fait partie de l'entraînement. Nous sommes loin de la complaisance envers la chair ! De même, quelle serait la logique de quarante jours d'un jeûne dur de la chair par Jésus, s'il ne s'agissait de la vaincre, de la "tuer", pour résister à la tentation, le choix entre la voie de l'obéissance "sur laquelle souffle Dieu" (le bien) et la voie de la désobéissance "sur laquelle souffle Satan" (le mal).

N.B. : Saint Paul prend bien soin de distinguer la lutte contre la chair, du respect du corps.

Corroborant ce que dit Maria Valtorta dans le second passage et ce que conteste le Père Bandelier, l'Église affirme : "Le Fils unique de Dieu, voulant que nous participions à sa divinité, assuma notre nature, afin que Lui, fait homme, fit les hommes Dieu " (saint Thomas d'Aquin cité dans le CEC § 460). Ceci est repris dans Lumen Gentium : la volonté de Dieu, "c'est d'élever les hommes à la communion de la vie Divine" (Lumen Gentium § 2). Or Maria Valtorta ne connaissait ni le CEC 1992, ni Lumen Gentium, publiés après sa mort. Elle s'en fait pourtant un écho fidèle !

Ainsi donc, une lecture partielle de Maria Valtorta, nourrie d'aprioris, peut conduire à des contresens et à se priver d'une superbe leçon de théologie sur l'Incarnation et la Rédemption.

Le pourfendeur de Maria Valtorta se gaussait, dans l'Osservatore Romano, d'un Jésus "toujours prêt à se proclamer Messie et Fils de Dieu et à faire des exposés de théologie dans les termes mêmes qu’emploierait un professeur de nos jours" et du "grand étalage de connaissances théologiques" (qui a pu les donner à l'humble Maria Valtorta ?). Mais la théologie la plus pointue est là, dans l'œuvre de Maria Valtorta. Le P. G. Roschini, fondateur de l'université pontificale "Marianum" l'a saluée sans ambiguïté dans son livre. Le Bibliste G. Allegra, béatifié par Jean-Paul II, en a fait de même, n'hésitant pas à mentionner la main de Dieu. Ils ne sont pas les seuls, ni les derniers.


Curieusement, Jésus, 60 ans à l'avance, répond au P. Bandelier
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Dans la dictée du 18 février 1947 ("Cahiers de 1945 à 1950", page 341 et suivantes) Jésus répond, mieux que nous l'avons fait, à l'accusation du P. Bandelier. Il n'y a pas de commentaires à rajouter :

"Pouvez-vous encore soutenir que cet épisode est inconvenant ? Qu’il est hérétique ? Paul est-il donc hérétique quand, dans son épître, il me dit tenté en tout, "éprouvé en tout", "devenu semblable aux hommes" en tous points — chair, sang, intelligence, volonté —, comme vous ? […] vous objectez : “Mais tu as dit à Judas que le bien et le mal étaient en toi". C’est inconvenant ! Et plus loin tu dis : "La tentation est mordante. L’acte satisfait ou parfois dégoûte, alors que la tentation ne s’éloigne pas mais, comme un arbre élagué, elle produit une frondaison plus robuste." Cela nous permet de supposer que tu as été troublé, et toujours plus fortement, pour n’avoir pas satisfait la tentation impure."

Ressemblez-vous donc à Judas, qui ne comprenait jamais, n’arrivait pas à comprendre, ne pouvait comprendre parce qu’il était trop envahi par son humanité malade, qui projetait son reflet sur toute chose ? …"


Une attitude outrageante
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Dans ce contexte, on s'étonne que la Rédaction de "Famille Chrétienne" ait publié la traditionnelle question de lecteur qui sert de titre à l'article "Pourquoi ne citez-vous jamais les livres de Maria Valtorta ? En comparaison, les récits des évangiles paraissent édulcorés et très résumés". Le P. Bandelier commente cette attitude, supposée être celle de tous les lecteurs de Maria Valtorta, en parlant de "dénigrement des évangiles". Il conclue d'ailleurs en assimilant les écrits de Maria Valtorta à la prophétie de Paul (2Timothée 4,3) : ils éloignent de la "saine doctrine" et sont "des fables".

Cette opinion est outrageante pour les lecteurs de Maria Valtorta, d'autant plus que ces lecteurs témoignent, sur le forum, de leur nombreux retour à la foi et de leur passion pour les Évangiles. Ce que confirment les Servites de Santa Annunziata de Florence où est enterrée Maria Valtorta.

Les lecteurs de Maria Valtorta qui "dénigreraient" les Évangiles et s'éloigneraient de la "Saine doctrine", comprennent quand même dans leur rang, un Pape, des Cardinaux, des évêques, des théologiens et des biblistes … ! Doucement les épithètes, s'il vous plaît !

Valtortiste91


 

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Fiche mise à jour le 18/05/2010