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Catéchèse du samedi
26 août 1944
35> Jésus dit :
"Lève-toi en hâte, ma petite amie. J'ai un ardent désir de te porter
avec Moi dans l'azur paradisiaque de la contemplation de la Virginité de
Marie. Tu en sortiras avec l’âme aussi fraîche que si tu venais d'être créée
par le Père, petite Ève, encore ignorante de la chair. Tu en sortiras avec
l'esprit illuminé, parce que tu seras plongée dans le chef-d’œuvre de Dieu.
Tu en sortiras avec tout ton être débordant d'amour, parce que tu auras
compris comme Dieu sait aimer. Parler de la conception de Marie, la Sans
Tache, cela signifie plonger dans l'azur, dans la lumière, dans l'amour.
Viens et lis ses gloires dans le livre de l'Ancêtre.
"Dieu m'a possédée dès le commencement de ses œuvres , dès
le commencement, avant la création. Il m'a établie à l'origine des êtres,
avant que fut créée la terre .
Lorsque les abîmes n'existaient pas encore, il m'avait déjà conçue. Les
sources d'eau vive ne coulaient pas encore et
les montagnes ne s'étaient pas dressées avec leurs masses imposantes et les
collines n'étaient pas exposées au soleil, que j'étais engendrée.
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36> Dieu n'avait pas encore fait
la terre, les fleuves et l'axe du monde, et moi j'étais .
Quand Il préparait le ciel, j'étais présente
quand, par l'effet d'une loi immuable, Il enferma l'abîme sous la voûte des
cieux; quand dans les hauteurs Il assura la stabilité de la voûte céleste et Il
fit les sources d'eau vive ;
quand Il fixait à la mer ses limites et imposait des lois à ses masses d'eau;
quand Il ordonnait aux eaux de ne pas franchir leurs limites, quand Il jetait
les fondements de la terre ,
j'étais avec Lui pour organiser toutes les choses . Dans
une joie sans fin, je jouais au milieu de l'univers...".
Vous avez appliqué ces paroles à la Sagesse, mais elles parlent d'Elle :
la Mère toute belle, toute sainte, la Vierge Mère de la Sagesse que Je suis
personnellement, Moi, qui te parle . J'ai
voulu que tu écrives le premier vers de cet hymne en tête du livre qui parle
d'Elle , pour
qu'on reconnaisse et que l'on sache qu'Elle est la consolation et la joie de
Dieu, la raison de la constante, parfaite, intime joie de ce Dieu Un et Trine
qui vous gouverne et vous aime et à qui l'homme a donné tant de motifs de
tristesse, la raison pour laquelle Il a perpétué la race humaine alors qu'à
la première épreuve elle méritait la destruction , la
raison du pardon que vous avez obtenu.
Avoir Marie pour en être aimé. Oh ! cela valait bien la peine de créer
l'homme, de le laisser vivre, de décréter qu'il serait par- donné, pour avoir
la Vierge belle, la Vierge sainte, la Vierge immaculée, la Vierge possédée
par l'amour, la Fille bien-aimée, la Mère toute pure, l'Épouse aimante !
Dieu vous a donné et vous aurait encore donné davantage pour posséder la
Créature qui fait ses délices, le Soleil de son soleil, la Fleur de son
jardin. Et Il continue à vous donner tellement par Elle, sur ses demandes,
pour sa joie, parce que sa joie va se confondre avec la joie de Dieu et
l'augmente des lueurs qui font étinceler la lumière, la grande lumière du
Paradis, et toute étincelle est une grâce pour l'univers; pour la race
humaine, pour les bienheureux eux-mêmes, qui répondent dans un cri étincelant
d'alléluia pour tout miracle de Dieu, créé par le désir du Dieu Trine de voir
l'étincelant sourire de joie de la Vierge.
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37> Dieu a voulu donner un roi à
l'univers qu'Il avait créé du néant. Un roi qui fût le premier de nature
matérielle parmi toutes les créatures sorties de la matière et elles-mêmes
matérielles. Un roi qui fût un peu moins que divin par sa
nature spirituelle, uni à a Grâce comme il l'était dans l'innocence de sa
première journée. Mais l'Intelligence suprême, qui connaît tous les
évènements les plus lointains dans les profondeurs des siècles, qui découvre
incessamment tout ce qui était, est et sera - et pendant
qu'Elle contemple le passé et observe le présent, voilà qu'Elle plonge son
regard dans l'avenir le plus lointain et n'ignore pas comme sera la mort du
dernier homme, tout cela sans confusion ni discontinuité - Elle n'a jamais
ignoré que le roi qu'Elle avait prévu, créé pour être semi-divin à ses côtés
dans le Ciel, héritier du Père, arrivé adulte dans son royaume après avoir
vécu dans la maison de sa mère - la terre dont il a été formé - durant son
enfance de fils de l'Éternel pendant son séjour terrestre, Elle n'a pas
ignoré qu'il aurait commis contre lui-même le crime de tuer en lui la Grâce,
et le vol de se dérober du Ciel.
Pourquoi,
alors, l'avoir créé ? Certes beaucoup se le demandent. Auriez-vous
préféré ne pas exister ? Ne méritait-elle pas pour elle même; bien que
pauvre et nue, et devenue âpre par votre méchanceté, d'être vécue, cette
journée terrestre, pour connaître et admirer l'infinie beauté que la main de
Dieu a répandue dans l'univers ?
Pour qui aurait-Il fait ces étoiles et ces planètes qui se déplacent comme
des flèches en rayant la voûte du firmament, ou s'avancent avec une lenteur
apparente mais majestueuse dans leur course de bolides, vous procurant
lumières et saisons et vous donnant, éternels, immuables et pourtant toujours
changeants, une nouvelle page à lire sur l'azur, chaque soir, chaque mois,
chaque année ? C'est comme s'ils voulaient vous dire :
"Oubliez la prison, laissez de côté vos publications remplies de choses
obscures, putrides, sales, venimeuses, menteuses, blasphématoires,
corruptrices, et élevez-vous, au moins par le regard, vers la liberté sans
limites des cieux, faites-vous une âme d'azur en regardant tant de sérénité,
faites-vous une provision de lumière pour l'emporter dans votre noire prison,
lisez la parole que nous écrivons en chantant notre chœur sidéral, plus
harmonieux que celui des orgues d'une cathédrale; la parole qu'écrit notre
splendeur, la parole qu'écrit notre amour, parce que il nous est toujours
présent Celui qui nous a donné la joie d'exister, et nous l'aimons pour nous
avoir donné cette existence, cette splendeur, ce mouvement, cette liberté et
cette beauté au milieu de cet azur plein de suavité au-delà duquel nous
voyons un azur encore plus sublime : le Paradis.
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38> C'est notre être qui nous
donne d'accomplir la seconde partie du commandement de l'amour en vous
aimant, vous, notre universel prochain, en vous aimant par le don que nous
vous faisons en vous procurant direction et lumière, chaleur et beauté. Lisez
la parole que nous vous disons, c'est celle qui inspire notre chant, notre
splendeur, notre joie : Dieu".
Pour qui aurait-Il fait, cet azur liquide, miroir du ciel, chemin vers la
terre, sourire des eaux, voix des flots, parole aussi qui, par ce bruissement
de soie, ces rires d'enfants paisibles, ces soupirs des vieux qui se
souviennent et pleurent, ces soufflets de violence, ces coups de corne, ces
mugissements et grondements, toujours ne cesse de parler et dit :
"Dieu" ? La mer est pour vous comme les cieux et les astres
et, avec la mer, les lacs et les fleuves, les ruisseaux et les étangs et les
sources claires, tout ce qui sert à vous porter, à vous nourrir, à vous
désaltérer et à vous purifier, et qui vous servent en servant le Créateur,
sans sortir de leur lit pour vous submerger comme vous le méritez.
Pour qui aurait-Il fait toutes les innombrables familles des animaux, qui
sont des fleurs qui volent en chantant, qui sont des serviteurs qui courent
et travaillent pour vous, qui vous nourrissent et vous égaient, vous, les
rois de la création ?
Pour qui aurait-Il fait toutes les innombrables familles des plantes et des
fleurs qui semblent des papillons, des gemmes et des oiseaux immobiles, des fruits
qui paraissent des colliers et des écrins de perles, tapis pour vos pieds,
repos pour vos têtes, loisirs, utilités, joie pour l'esprit, pour les
membres, la vue, l'odorat ?
Pour qui aurait-Il fait les minéraux dans les profondeurs de la terre, les
sels dissous dans les sources bouillantes ou glacées, le soufre, l'iode, le
brome, sinon pour le plaisir de quelqu'un qui n'est pas Dieu mais fils de
Dieu, un être unique : l'homme ?
À la joie de Dieu, aux besoins de Dieu, rien n'était nécessaire. Lui se
suffit à Lui-Même. Sa contemplation est sa béatitude, sa nourriture, sa vie;
son repos. Toute la création n'a pu accroître d'un atome l'infini de sa joie,
de sa beauté, de sa vie, de sa puissance. Tout cela, Il l'a fait pour sa
créature, pour celui dont Il a voulu faire le roi des choses créées, pour
l'homme.
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39> Pour voir tant d’œuvres
divines et le remercier de la puissance qu'Il vous donne, cela valait la
peine de vivre, et de votre vie vous devez être reconnaissants. Vous auriez
dû l'être, même si vous n'aviez été rachetés qu'à la fin des temps. En effet, bien qu'ayant été dans les premiers, et que vous
soyez toujours, chacun en particulier, prévaricateurs, orgueilleux,
luxurieux, homicides, Dieu vous accorde encore de jouir de la beauté de
l'univers et vous traite comme si vous étiez bons, de bons fils auxquels on
apprend et accorde tout pour rendre plus douce et plus saine la vie. Ce que
vous savez, vous le savez par lumière de Dieu. Tout ce que vous découvrez,
c'est sur les indications de Dieu. Dans le Bien. Les autres connaissances et
les autres découvertes, qui portent le signe du mal, viennent du Mal
suprême : Satan.
L'Intelligence suprême, qui n'ignore rien, savait avant que l'homme existât
qu'il aurait été, par son libre vouloir, voleur et homicide. Et
parce que l'éternelle Bonté n'a pas de limites dans sa bonté, avant que la
faute se produisît Elle pensa au moyen pour la détruire. Le moyen : Moi,
le Verbe. L'instrument pour faire du moyen un instrument efficace : Marie.
Et la Vierge fut créée dans la sublime pensée de Dieu. Toutes choses ont
été créées pour et par Moi, Fils bien-aimé du Père. Moi comme Roi, j'aurais
dû avoir sous mes pieds de Roi divin des tapis et des joyaux tels que nulle
cour royale n'en eut jamais, et des chants et des voix et des serviteurs pour
entourer mon existence tels que n'en eut jamais aucun souverain, et des
fleurs et des gemmes, tout le sublime, tout le grandiose, tout ce qui est
gentil, plaisant, tout ce qu'il est possible de tirer de la pensée d'un Dieu.
Mais je devais être chair et non seulement esprit. Chair pour sauver la
chair. Chair pour sublimer la chair, en la portant au Ciel beaucoup de
siècles avant l'heure. Parce que la chair habitée par l'Esprit est le chef-d’œuvre
de Dieu et que c'est pour elle qu'avait été créé le Ciel.
Pour
être chair, j'avais besoin d'une mère. Pour être Dieu, j'avais besoin d'un
père qui fut Dieu. Voilà pourquoi Dieu créa l'Épouse et lui dit :
"Viens avec Moi. A mes côtés, vois tout ce que Je fais pour notre Fils.
Regarde et réjouis-toi, éternelle vierge, Enfant éternelle, et que ton
sourire emplisse ce Ciel et donne aux anges la note initiale et qu'il
enseigne au Paradis l'harmonie céleste. Je te regarde et Je te vois telle que
tu seras, ô Femme immaculée qui maintenant n'es qu'esprit : l'esprit en
qui Je me complais. Je te regarde et donne l'azur de ton regard à la mer et
au firmament, la couleur de tes cheveux au grain saint, ta blancheur au lys
et ton rose à la rose, semblable à ton épiderme soyeux, les perles sont tes
dents minuscules. Je fais les douces fraises en regardant ta bouche, Je mets
au gosier des rossignols les notes de ton chant et à la tourterelle ta
plainte.
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40> En lisant tes futures
pensées, en écoutant les battements de ton cœur, Je possède le modèle et le
guide de la création. Viens, ma Joie, pour toi les mondes sont comme des
amusements jusqu'à ce que tu seras dans ma pensée la lumière dansante, voilà
les mondes pour ton sourire, pour toi les guirlandes des étoiles et les
colliers d'astres, la lune sous tes pieds gentils, fais-toi une écharpe des
étoiles de la voie lactée. Elles sont pour toi, les étoiles et les planètes.
Viens et réjouis-toi à la vue des fleurs qui amuseront ton Enfant et feront
un oreiller au Fils de ton sein. Viens et contemple la création des troupeaux
et des agneaux, celle des aigles et des colombes. Sois-Moi toute proche
pendant que Je fais les vasques des mers et des fleuves, que Je dresse les
montagnes et les couvre de neige et de forêts, pendant que Je sème les
blés et plante les arbres et les vignes, et l'olivier pour toi, ma Pacifique,
et la vigne pour toi, mon Sarment qui portera le Grappe eucharistique.
Accours, vole, jubile, Ô ma Belle, et l'univers, qui se crée d'heure en
heure, prépare-le à m'aimer, Amoureuse, et qu'il devienne plus beau par ton
sourire, Mère de mon Fils, Reine de mon Paradis, Amour de ton Dieu".
Et encore, en voyant l'Erreur et en admirant la Sans-Erreur :
"Viens vers Moi, toi qui effaces l'amertume de la désobéissance humaine,
de la fornication humaine avec Satan, et de l'humaine ingratitude. Je
prendrai avec toi ma revanche sur Satan".
Dieu, le Père Créateur, avait créé l'homme et la femme avec une loi d'amour
si parfaite que vous ne pouvez plus en aucune façon en comprendre la
perfection. Et vous vous égarez en pensant comment aurait été l'espèce
humaine si l'homme ne l'eût pas soumise aux directives de Satan.
Considérez
les plantes dans leurs fruits et leurs graines. Obtiennent-elles semences et
fruits par suite de fornication et par l'effet d'une fécondation entre
cent unions ? Non. De la fleur mâle sort le pollen. Dirigé par un
ensemble de lois météoriques et magnétiques, il va vers l'ovaire de la fleur
femelle. Celle-ci s'ouvre, le reçoit et produit. Elle ne se souille pas le
refusant ensuite, comme vous faites, pour éprouver le lendemain la même
sensation. Elle produit. Jusqu'à la nouvelle saison elle ne fleurit pas, et
quand elle fleurit c'est en vue de la reproduction.
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41> Considérez les animaux,
tous les animaux. Avez-vous jamais vu un mâle et une femelle aller
l'un vers l'autre pour un stérile embrassement et une relation impure ?
Non. De près ou de loin, en volant ou en rampant, en sautant ou en courant,
ils accomplissent le rite de la fécondation sans s'y soustraire en s'arrêtant
à la jouissance, mais ils vont jusqu'aux conséquences sérieuses et saintes de
la perpétuation de la race, l'unique but. L'homme, demi-dieu par son origine
divine d'une grâce que je lui ai donnée entière, devrait accepter uniquement
dans le même but l'acte animal qui s'impose, depuis que vous êtes descendus
d'un degré dans l'ordre de l'animalité.
Vous n'agissez pas comme les plantes et les animaux. Vous avez eu comme
maître Satan, vous l'avez voulu comme maître et le voulez encore. Et
les actes que vous faites sont dignes du maître que vous avez voulu. Mais si
vous aviez été fidèles à Dieu, vous auriez eu la joie d'avoir des enfants
saintement, sans douleur, sans vous livrer à des unions obscènes, indignes,
qu'ignorent les animaux eux-mêmes, les animaux sans âme raisonnable et
spirituelle.
A l'homme et à la femme pervertis par Satan, Dieu a voulu opposer l'Homme né
d'une Femme super sublimée par Dieu, au point d'engendrer sans avoir connu
l'homme : Fleur qui engendre Fleur sans besoin de fécondation
matérielle, mais qui devient Mère par l'effet d'un seul baiser du Soleil sur
le calice inviolé du Lys-Marie.
La revanche de Dieu ! Siffle,
ô Satan, ta haine pendant qu'Elle naît. Cette petite fille t'a vaincu !
Avant que tu fusses le rebelle, le tortueux, le corrupteur, tu as déjà été le
vaincu et Elle ta victorieuse. Mille armées rangées en bataille ne peuvent
rien contre ta puissance. Les armes tombent des mains des hommes contre tes
écailles, ô perpétuel corrupteur, et il n'est pas de vent assez fort pour
dissiper la puanteur de ton haleine. Et pourtant, ce talon d'enfant, si rose
comme l'intérieur d'un camélia rosé, si lisse et délicat que la soie paraît
rugueuse en comparaison, qui est si petit qu'il pourrait entrer dans le
calice d'une tulipe et se faire de ce satin végétal une chaussure, voilà
qu'il t'écrase sans peur et te renferme en ton antre; Voilà que son seul
vagissement te met en fuite, toi qui ne redoutes pas les armées, et que son
souffle purifie le monde de ta puanteur. Tu es vaincu. Son nom, son regard,
sa pureté sont: lance, foudre et pierre que te transpercent, te clouent par
terre, te renferment dans ta tanière infernale, ô Maudit, qui as enlevé à
Dieu la joie d'être Père de tous les hommes créés !
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42> C'est inutilement désormais
que tu les as corrompus, ceux qui avaient été créés dans
l'état d'innocence, en les portant à s'unir et à concevoir au travers de
détours luxurieux, privant Dieu, dans sa créature aimée, de leur accorder des
enfants selon des règles qui, si elles avaient été respectées, auraient
maintenu sur la terre un équilibre entre les sexes et les races, capable
d'empêcher les guerres entre les peuples et les malheurs dans les familles.
En obéissant, ils auraient pourtant connu l'amour et ils l'auraient eu. Une
possession pleine et tranquille de cette émanation de Dieu, qui du surnaturel
descend au naturel pour que la chair aussi en éprouve une joie sainte, elle
qui est unie à l'esprit et créée par le Même qui a créé l'esprit.
Maintenant votre amour, ô hommes, vos amours, que sont-ils ? Ils sont ou
luxure qui prend les apparences de l'amour, ou peur inguérissable de perdre
l'amour du conjoint à cause de sa luxure et des autres. Vous n'êtes jamais
plus certains de posséder le cœur de l'époux ou de l'épouse depuis que la
luxure a envahi le monde. Et vous tremblez et pleurez et devenez fous
de jalousie, assassins parfois, pour venger une trahison, et désespérés en
d'autres cas, frappés d'aboulie ou de démence.
Voilà ce que tu as fait, Satan, aux fils de Dieu. Ceux que tu as corrompus
auraient connu la joie d'avoir des enfants sans douleur, la joie de
venir au jour et de mourir sans crainte. Mais, maintenant, tu es vaincu en
une Femme et par la Femme. A
partir de cette heure, qui l'aimera retournera à être de Dieu, surmontant.
tes tentations pour pouvoir conserver sa pureté immaculée. Désormais, ne
pouvant être mère sans douleur, les femmes auront son réconfort. Désormais
Elle sera pour les époux un guide et pour les mourants une mère, grâce à
laquelle il sera doux de mourir sur ce sein qui les défendra contre toi,
Maudit, et contre le jugement de Dieu.
Marie (Valtorta), petite voix (de Dieu), tu as vu la naissance du Fils de la
Vierge et la naissance au Ciel de sa Mère. Tu as donc vu qu'en dehors de
la faute, la peine de mettre au monde et celle de mourir est inconnue.
Mais si à la super-innocente Mère de Dieu a été réservée la perfection des
dons célestes, à tous ceux qui, descendant des premiers parents, seraient
restés innocents et fils de Dieu, il aurait été donné d'engendrer sans
douleur - comme il se devait, pour avoir su s'unir et concevoir sans luxure -
et de mourir sans angoisse !
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43> La
sublime revanche de Dieu sur la vengeance de
Satan a été de porter la perfection de la créature aimée à une
super-perfection qui, au moins dans une créature, a neutralisé tout
souvenir d'humanité, susceptible de donner accès au poison de Satan. C'est
ainsi que, non pas à la suite d'une chaste union humaine, mais par un divin embrassement
qui transfigure l'esprit dans l'extase du Feu, est venu au monde le Fils.
La Virginité de la
Vierge !... Viens. Médite les profondeurs de cette virginité dont la contemplation
donne le vertige de l'abîme ! Qu'est-ce que la pauvre virginité forcée
de la femme qu'aucun homme n'a épousée ? Moins que rien. Qu'est-ce que
la virginité de celle qui veut être vierge pour être à Dieu mais ne sait
l'être que dans son corps, pas dans son esprit en qui elle laisse pénétrer
tant de pensées étrangères, et caresse et accepte la caresse de pensées
humaines ? Cela commence à être une larve de virginité, mais c'est bien
peu de chose encore. Qu'est-ce que la virginité d'une claustrée qui ne vit
que de Dieu ? Beaucoup. Mais ce n'est toujours pas une virginité
parfaite à l'égard de celle de ma Mère.
Une connivence inconsciente existe toujours, même chez le plus saint :
celle-là originelle de l'esprit avec le péché. C'est celle dont le Baptême
affranchit. Il en affranchit, mais de même qu'une femme séparée de son époux
par la mort ne retrouve pas une virginité totale, ainsi le Baptême ne rend
pas cette virginité totale qui était celle de nos premiers parents avant la
faute. Une cicatrice persiste, douloureuse, qui ne s'oublie pas et se trouve
toujours en situation de ramener une plaie, comme certaines maladies dont
périodiquement les virus redeviennent actifs.
Chez la Vierge, il n'y a pas trace de connivence avec la faute. Son âme se manifeste
belle et intacte comme quand le Père la pensa, réunissant en Elle toutes les
grâces. C'est la Vierge, c'est l'Unique, c'est la Parfaite, c'est la
Complète. Telle que pensée, telle qu'engendrée, Elle demeure: Telle Elle est
couronnée et demeure éternellement. C'est la Vierge. C'est l'abîme de
l'intangibilité, de la pureté, de la grâce, qui se perd dans l'Abîme d'ou
Elle est jaillie, en Dieu, Intangibilité, Pureté, Grâce absolues au
superlatif.
Voici la revanche du Dieu Trine et Un. A l'encontre de toutes les créatures
profanées Il dresse cette Étoile de perfection. Contre la curiosité malsaine,
cette Réservée qui se satisfait du seul amour de Dieu. Contre la science du
mal, cette sublime Ignorante.
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