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162> Marie
dit :
"Je n'ajoute pas beaucoup, car mes
paroles sont déjà un enseignement.
J'attire pourtant l'attention des épouses sur
un point. Trop d'unions se défont par la faute des femmes qui n'ont pas cet
amour qui est tout : gentillesse, pitié, attention affectueuse,
réconfort pour le mari. Sur l'homme ne pèse pas la souffrance physique qui
pèse lourdement sur la femme. Mais sur lui pèsent toutes les préoccupations
morales : 163> nécessité du
travail, décisions à prendre, responsabilité devant les pouvoirs constitués
et devant sa propre famille... Oh ! Que de choses ne pèsent-elles pas
sur l'homme ! Et combien il a besoin lui aussi de réconfort ! Et
bien, l'égoïsme est tel qu'au mari fatigué, découragé, méconnu, préoccupé, la
femme ajoute le poids de ses plaintes inutiles et parfois injustes. Tout cela
parce qu'elle est égoïste. Elle n'aime pas.
Aimer ce n'est pas chercher sa propre
satisfaction sensible ou intéressée. Aimer c'est satisfaire celui qu'on aime
en dépassant la sensibilité et l'intérêt, c'est donner à son esprit l'aide
dont il a besoin pour pouvoir tenir ses ailes ouvertes dans les cieux de
l'espérance et de la paix.
Autre point sur lequel j'attire votre
attention. J'en ai déjà parlé, mais j'insiste : la confiance en Dieu. La confiance résume en
elle les vertus théologales. Qui a confiance, cela veut dire qu'il a la foi.
Avoir confiance suppose qu'on espère. Avoir confiance, c'est faire preuve
d'amour. Aimer une personne, espérer et croire en elle, c'est là la
confiance. Autrement, non. Dieu mérite une telle confiance qui doit être la
nôtre. Si nous l'accordons à de pauvres hommes capables de n'y pas
correspondre, pourquoi la refuser à Dieu qui ne nous manque jamais ?
La confiance est aussi humilité.
L'orgueilleux dit : "Je me suffis à moi-même. Je ne me fie pas à
celui-ci parce que c'est un incapable, un menteur, un prétentieux...".
L'humble dit : "Je me fie à lui. Pourquoi ne m'y fierai-je pas ?
Pourquoi devrai-je penser que je suis meilleur que lui ?". Et avec
plus de raison encore, il parle ainsi de Dieu : "Pourquoi dois-je
me défier de Celui qui est bon ? Pourquoi dois-je penser que je puis me
suffire à moi-même ?" Dieu se donne à celui qui est humble, mais
s'éloigne de l'orgueilleux.
La confiance est aussi obéissance. Et Dieu
aime l'obéissant. L'obéissance signifie que nous nous reconnaissons pour ses
fils et que nous reconnaissons Dieu pour notre Père. Et un père ne peut
qu'aimer lorsqu'il est un vrai père. Dieu est notre vrai Père et un Père
parfait.
Le troisième
point que je veux que vous méditiez, se base toujours sur la confiance. Aucun
évènement ne peut survenir sans la permission de Dieu. Es-tu donc un
puissant ? Tu l'es parce que Dieu l'a permis. Es-tu soumis à
l'autorité ? Tu l'es parce que Dieu l'a permis.
« Cherche
donc, ô puissant, à ne pas faire de ta puissance un mal. Ce serait toujours
« ton mal » même si, pour commencer, c’était le mal des autres.
Parce que si Dieu permet, il ne permet pas tout, et si tu dépasses les
bornes, il te frappe et te brise. De ton côté, toi qui est simple sujet,
cherche à faire, de cette condition qui est la tienne, un aimant qui attire
sur toit la protection céleste. Et ne maudis jamais. Laisses-en à Dieu le
soin. C’est à Lui, Seigneur de tous les hommes, qu’il appartient de bénir et
de maudire ses créatures.
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