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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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fin
novembre an -5
- Sa grossesse est très avancée 160 - [Commentaire de MV : Son éternelle jeunesse] 160 - Nous devons aller à Bethléem 160 - C'est là que le Messie doit naître 161 - Discours de Marie (Confiance en Dieu!) 161 - Joseph recouvre le sourire 162 |
1.44. |
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160> Je vois encore la maison de Nazareth : la petite pièce où se tient habituellement Marie pour les repas. En ce moment, elle est occupée à un ouvrage de toile blanche. Elle pose son travail pour aller allumer une lampe. La nuit descend et la lumière verdâtre qui entre par la porte entr'ouverte sur le jardin devient insuffisante. Elle la ferme. Je me rends compte que sa grossesse est très avancée. Mais elle est encore si belle. Sa démarche est aisée, et gracieux est tout son comportement. Rien de cette lourdeur que l'on remarque chez la femme qui va bientôt donner le jour à un enfant. Seul, le visage est changé. Maintenant, c'est "la femme". Tout d'abord, au temps de l'Annonciation, c'était une toute jeune fille, au visage calme, mais qui ignore : un visage d'enfant innocent. Depuis, dans la maison d'Élisabeth, au moment de la naissance du Baptiste, son visage s'était plus affiné, sa beauté avait mûri. Maintenant, c'est le visage tranquille, mais empreint d'une douce majesté de la femme qui atteint sa perfection dans la maternité. Marie, maintenant est devenue réellement "la femme", pleine de dignité et de grâce. Même son sourire s'est épanoui en une douceur majestueuse. Comme elle est belle ! Joseph entre. Il semble revenir du pays, car il entre par la porte extérieure et non par celle de l'atelier. Marie lève la tête et lui sourit. Aussi Joseph lui sourit. Mais il semble fatigué, préoccupé. Marie l'observe, se demandant ce qu'il y a. Puis elle se lève, prend le manteau que Joseph est en train d'enlever et le pose sur une banquette. Joseph s'assied près de la table. Il y appuie le coude, la tête sur une main pendant que préoccupé, il caresse, caresse sa barbe de l'autre main. "Tu as quelque préoccupation qui te fait souffrir ?" demande Marie. "Puis-je te consoler ?" "Tu es toujours ma consolation, Marie. Mais cette fois, c'est un gros souci... Pour toi." "Pour moi, Joseph ? Qu'y a-t-il donc ?" "Ils ont affiché un édit sur la porte de la synagogue. C'est l'ordre de recensement de tous les Palestiniens. Il faut aller se faire inscrire au lieu d'origine. Pour nous, nous devons aller à Bethléem..."[1] 161> "Oh !" interrompt Marie, en mettant la main sur son sein. "Cela t'impressionne, n'est-ce pas ? C'est dur, je le sais." "Non, Joseph, Ce n'est pas cela. Je pense... je pense aux Saintes Écritures : Rachel, mère de Benjamin et épouse de Jacob, dont naîtra l'Étoile : le Sauveur. Rachel enterrée à Bethléem dont il est dit : "Et toi, Bethléem Ephrata, tu es le plus petit canton de Juda, mais de toi sortira le Dominateur"[2]. Le Dominateur promis à la race de David, il naîtra là..." "Tu crois... tu crois que le moment est déjà venu ? Oh ! comment ferons-nous ?" Joseph est complètement désemparé. Il regarde Marie d'un regard de pitié. Elle s'en aperçoit. Elle sourit. C'est à elle-même qu'elle sourit, plutôt qu'à lui. Un sourire qui semble dire : "C'est un homme, un juste, mais un homme. Il voit les choses en homme. Il pense en homme. Aie pitié de lui, mon âme, et amène-le à juger des choses par l'esprit." Mais sa bonté la pousse à le rassurer. Elle ne ment pas, mais cherche à le distraire de sa peine. "Je ne sais pas, Joseph. Le temps est proche, mais le Seigneur ne pourrait-Il pas le retarder pour t'enlever cette préoccupation ? Lui peut tout. Ne crains pas." "Mais le voyage ? ...Qui sait quelle foule ! Trouverons-nous un bon logement ? Aurons-nous le temps de retourner ? Et si... si tu devais être Mère, là-bas, comment ferons-nous ? Nous n'avons pas de maison... Nous ne connaissons plus personne..."
Joseph la regarde et l'écoute, extasié. Les rides de son front s'effacent, le sourire revient. Il se dresse sans ennui et sans tristesse. Il sourit. "Tu es la bénie, Soleil de mon âme ! Toi, la bénie, tu sais tout voir dans la lumière de la Grâce dont tu es remplie ! Ne perdons pas de temps, alors. Il faut partir, au plus vite et... revenir au plus vite car tout, ici, est prêt pour le... pour le..." "Pour notre Fils, Joseph. Tel il doit paraître aux yeux du monde, rappelle-toi-le. Le Père a entouré de mystère sa venue et ce n'est pas à nous d'en enlever le voile. Lui, Jésus, le fera, quand ce sera l'heure..." La beauté du visage, du regard, de la physionomie, de la voix de Marie quand elle dit : "Jésus" ne peut pas se décrire. C'est déjà l'extase. Et sur cette extase la vision s'évanouit. |
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[1] Luc 2,1-3 "Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que (Publius Sulpicius) Quirinius était gouverneur de Syrie (délégué impérial). Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. |