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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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lundi
13 août 29
- L'attente des gens autour de la maison 41 - Discours : (La loi de la distribution des eaux : 41 - Les riches, providence des pauvres) 46 - Un pardon conditionnel au paysan Jacob 47 - Décision d'aller vers la Syro-phénicie 48 - Discours : (Le piège des honneurs 49 - La Paix c'est Dieu 50 - Qui pardonne à qui se repent) 50 |
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41> Certainement s'est répandue la nouvelle que le Maître est là et qu'il va parler avant le soir. Les alentours de la maison fourmillent de gens qui parlent tout bas, sachant que le Maître se repose et ne voulant pas l'éveiller, ils attendent patiemment sous les arbres qui les défendent du soleil mais pas de la chaleur qui est encore forte. Il n'y a pas de malades, il me semble du moins, mais comme toujours il y a des enfants, et Anne, pour les tenir tranquilles, fait distribuer des fruits. Mais Jésus ne dort pas longtemps, et le soleil est encore haut sur l'horizon quand il apparaît, écartant le rideau et souriant à la foule. Il est seul. Les apôtres probablement continuent de dormir. Jésus se dirige vers les gens pour aller se placer du côté de la margelle basse d'un puits qui certainement sert pour arroser les arbres de ce verger, parce que de petits canaux partent en éventail du puits pour s'en aller ensuite à travers les arbres. Il s'assoit sur la margelle basse, et aussitôt il se met à parler. Un riche seigneur avait beaucoup de gens, qui dépendaient de lui, disséminés dans de nombreux endroits de ses possessions. Ces dernières n'étaient pas toutes riches en eau et en terres fertiles. Il y avait aussi des endroits qui souffraient du manque d'eau et plus que les lieux c'étaient les personnes qui souffraient, car si le terrain était cultivé avec des plantes qui résistaient à la sécheresse, les gens souffraient beaucoup de la rareté de l'eau. Le riche seigneur avait au contraire, à l'endroit où il habitait, un lac tout plein d'eau où s'écoulaient des sources souterraines. Un jour le seigneur se décida à faire un voyage à travers ses possessions. Il vit que certaines, les plus proches du lac, avaient de l'eau en abondance; les autres, éloignées, en étaient privées : ils n'avaient que le peu d'eau que Dieu leur envoyait avec les pluies. 42> Il vit aussi que ceux qui avaient de l'eau en abondance n'étaient pas bons avec leurs frères qui manquaient d'eau et ils lésinaient même une seille[1] d'eau s'excusant par la crainte de rester privés d'eau. Le seigneur réfléchit. Il prit une décision : "Je vais dévier les eaux de mon lac vers les plus proches, et je leur donnerai l'ordre de ne plus refuser l'eau à mes serviteurs éloignés et qui souffrent de la sécheresse du sol". Il entreprit tout de suite les travaux. Il fit creuser des canaux qui amenaient la bonne eau du lac aux possessions les plus proches où il fit creuser de grandes citernes, de façon que l'eau se réunisse en quantité augmentant ainsi les ressources d'eau qui étaient dans le lieu. De celles-ci, il fit partir des canaux moins importants pour alimenter d'autres citernes plus éloignées. Ensuite il appela ceux qui vivaient dans ces endroits et il leur dit : "Souvenez-vous que ce que j'ai fait, je ne l'ai pas fait pour vous donner le superflu, mais pour favoriser par votre intermédiaire ceux qui manquent même du nécessaire. Soyez donc miséricordieux comme je le suis" et il les congédia. Il se passa du temps, et le riche seigneur se décida à faire un nouveau voyage à travers toutes ses possessions. Il vit que celles qui étaient les plus proches s'étaient embellies et qu'elles n'étaient pas seulement riches de plantes utiles, mais aussi de plantes ornementales, de bassins, de piscines, de fontaines établis dans leurs maisons un peu partout et dans le voisinage. "Vous avez fait de ces demeures des maisons de riches" observa le seigneur. "Même moi, je n'ai pas tant de beautés superflues" et il demanda : "Mais les autres viennent ? Leur avez-vous donné abondamment ? Les petits canaux sont-ils alimentés ?" "Oui, ils ont eu tout ce qu'ils ont demandé. Ils sont même exigeants, ils ne sont jamais contents, ils n'ont ni prudence ni mesure, ils viennent demander à toutes les heures comme si nous étions leurs "serviteurs, et nous devons nous défendre pour protéger ce que nous avons. Ils ne se contentaient plus des canaux et des petites citernes, ils viennent jusqu'aux grandes". "Et c'est pour cela que vous avez enclos les propriétés et mis en chacune des chiens féroces ?" "Pour cela, seigneur. Ils entraient sans précautions, ils prétendaient tout nous enlever et abîmaient tout..." "Mais leur avez-vous réellement donné ? Vous savez que c'est pour eux que j'ai fait cela, et que je vous ai faits intermédiaires entre le lac et leurs terres arides ? Je ne comprends pas... J'avais fait prendre du lac suffisamment pour qu'il y en ait pour tous, mais sans gaspillage". 43> "Et pourtant, crois bien que nous n'avons jamais refusé l'eau". Le seigneur se dirigea vers ses possessions plus lointaines. Les grands arbres adaptés à l'aridité du sol étaient verts et feuillus. "Ils ont dit vrai" dit le seigneur en les voyant de loin qui frémissaient au vent. Mais il s'en approcha et vit par dessous le terrain brûlé, presque mortes les herbes que broutaient péniblement des brebis épuisées, envahis par le sable les jardins près des maisons, et puis il vit les premiers cultivateurs, souffrants, l’œil fébrile et humiliés... Ils le regardaient et baissaient la tête en s'éloignant comme s'ils avaient peur. Étonné de cette attitude, il les appela à lui. Ils s'approchèrent, tremblants. "Que craignez-vous ? Ne suis-je plus votre bon seigneur qui a eu soin de vous et qui par des travaux prévoyants vous a soulagé de la pénurie de l'eau ? Pourquoi ces visages de malades ? Pourquoi ces terres arides ? Pourquoi les troupeaux sont-ils si petits ? Et pourquoi semblez-vous avoir peur de moi ? Parlez sans crainte, dites à votre seigneur ce qui vous fait souffrir". Un homme parla au nom de tous. "Seigneur, nous avons eu une grande déception et beaucoup de peine. Tu nous avais promis du secours et nous avons perdu même ce que nous avions auparavant et nous avons perdu l'espoir en toi". "Comment ? Pourquoi ? N'ai-je pas fait venir l'eau en abondance aux plus proches, en leur donnant l'ordre de vous faire profiter de l'abondance ?" "C'est ce que tu as dit ? Vraiment ?" "Bien sûr, certainement. Le sol m'empêchait de faire arriver l'eau jusqu'ici directement, mais avec de la bonne volonté, vous pouviez aller aux petits canaux des citernes, y aller avec des outres et des ânes prendre autant d'eau que vous vouliez. N'aviez-vous pas assez d'ânes et d'outres ? Et n'étais-je pas là pour vous les donner ?" "Voilà ! Moi, je l'avais dit ! J'ai dit: 'Ce ne peut être le seigneur qui a donné l'ordre de refuser l'eau. Si nous étions allés !" "Nous avons eu peur. Ils nous disaient que l'eau était une récompense pour eux et que nous étions punis". Et ils racontèrent au bon patron que les fermiers des possessions bénéficiaires leur avaient dit que le seigneur, pour punir les serviteurs des terres arides qui ne savaient pas produire davantage, avait donné l'ordre de mesurer non seulement l'eau des citernes, mais celle des puits primitifs. 44> De cette façon, si auparavant ils en avaient jusqu'à deux cent bâtés par jour pour eux et leurs terres qu'il leur fallait porter péniblement sur un long parcours, ils n'en avaient maintenant que cinquante et, pour avoir cette quantité pour les hommes et pour les animaux, ils devaient aller aux ruisselets voisins des lieux bénis, là où débordait l'eau des jardins et des bains, pour y prendre une eau trouble, et ils mouraient. Ils mouraient de maladie et de soif, et les jardins mouraient et aussi les brebis... "Oh ! c'en est trop ! Il faut que cela finisse. Prenez votre mobilier et vos animaux et suivez-moi. Vous allez fatiguer un peu, épuisés comme vous l'êtes, mais ensuite ce sera la paix. J'irai lentement, pour permettre à votre faiblesse de me suivre. Je suis un bon maître, un père pour vous, et je pourvois aux besoins de mes enfants". Et il se mit lentement en chemin, suivi de la triste foule de ses serviteurs et de leurs animaux tout heureux cependant du réconfort de l'amour de leur bon maître. Ils arrivèrent aux terres bien pourvues d'eau. En y arrivant, le maître en prit quelques-uns parmi les plus forts et il leur dit : "Allez en mon nom demander de quoi vous désaltérer". "Et s'ils lancent les chiens contre nous ?" "Je suis derrière vous, ne craignez pas. Allez dire que je vous envoie et qu'ils ne ferment pas leurs cœurs à la justice parce que toutes les eaux appartiennent à Dieu, et que les hommes sont frères. Qu'ils ouvrent tout de suite les canaux". Ils allèrent, et le maître derrière eux. Ils se présentèrent à un portail, et le maître resta caché derrière le mur de clôture. Ils appelèrent. Les fermiers accoururent. "Que voulez-vous ?" "Ayez miséricorde de nous, nous mourons. Le maître nous envoie avec l'ordre de prendre l'eau qu'il a fait venir pour nous. Il dit que c'est Dieu qui lui l'a donnée; et que lui vous l'a donnée pour nous, car nous sommes frères, et il dit d'ouvrir tout de suite les canaux". "Ah ! Ah !" dirent en riant les cruels. "Des frères, cette troupe de déguenillés ? Vous mourez ? Tant mieux. Nous prendrons vos terrains, nous y amènerons l'eau. Alors, oui, nous l'amènerons et nous rendrons ces lieux fertiles. L'eau pour vous ? Imbéciles ! L'eau nous appartient". "Pitié, nous mourons. Ouvrez, c'est l'ordre du maître". Les fermiers méchants se consultèrent puis ils dirent : "Attendez un moment" et ils s'en allèrent en courant. Puis ils revinrent et ouvrirent, mais ils avaient des chiens et de lourdes matraques... Les pauvres prirent peur. "Entrez, entrez... Vous n'entrez pas maintenant que nous avons ouvert ? Ensuite vous direz que nous n'étions pas généreux..." 45> Un imprudent entra et une grêle de coups de bâtons lui tombèrent dessus, pendant que les chiens détachés s'élançaient sur les autres. Le maître sortit de derrière le mur. "Que faites-vous, cruels ? Maintenant je vous connais, vous et vos animaux, et je vous frappe" et il lança des flèches contre les chiens et entra ensuite, sévère et courroucé. "C'est ainsi que vous exécutez mes ordres ? C'est pour cela que je vous ai donné ces richesses ? Appelez tous les vôtres, je veux vous parler. Et vous" dit-il en s'adressant aux serviteurs assoiffés, "entrez avec vos femmes et vos enfants, vos brebis et vos ânes, vos pigeons et vos autres animaux, buvez, rafraîchissez-vous et cueillez ces fruits juteux, et vous, petits innocents, courez parmi les fleurs. Profitez-en. La justice est dans le cœur du bon maître et la justice sera pour tous": Et pendant que les assoiffés couraient aux citernes et se plongeaient dans les piscines, que les bestiaux allaient aux bassins, et que tout était allégresse pour eux, les autres accouraient de tous côtés, craintifs. Le maître monta sur le bord d'une citerne et il dit : "J'avais fait ces travaux et je vous avais fait dépositaires de mes ordres et de ces trésors, car je vous avais choisis pour être mes ministres. Vous avez échoué dans l'épreuve. Vous paraissiez bons. Vous deviez l'être, car le bien-être devrait rendre bons, reconnaissants envers le bienfaiteur, et je vous avais toujours favorisés en vous donnant la location de ces terres bien arrosées. L'abondance et mon élection vous ont rendus durs, plus arides que les terres que vous avez rendues complètement arides, plus malades que ces assoiffés. Eux en effet, avec l'eau peuvent guérir, alors que vous, avec votre égoïsme, avez brûlé votre esprit qui aura beaucoup de mal à guérir, et c'est bien difficilement que reviendra en vous l'eau de la charité. Maintenant, je vous punis. Allez dans les leurs terres et souffrez ce qu'eux ont souffert". "Pitié, Seigneur ! Pitié pour nous ! Tu veux donc nous y faire périr ? Tu as moins de pitié pour nous hommes que nous pour les animaux ?" "Et eux, que sont-ils ? Ne sont-ils pas des hommes vos frères ? Quelle pitié aviez-vous ? Ils vous demandaient de l'eau, vous leur donniez des coups de bâtons et des sarcasmes. Ils vous demandaient ce qui m'appartient et que je vous avais donné, et vous le refusiez en disant que c'était à vous. A qui est l'eau ? Je ne dis même pas moi, que l'eau du lac m'appartient bien que le lac m'appartienne. 46> L'eau appartient à Dieu. Qui de vous a créé une seule goutte de rosée ? Allez !... Et à vous je dis, à vous qui avez souffert: soyez bons. Faites-leur ce que vous auriez voulu qu'il vous soit fait. Ouvrez les canaux qu'eux ont fermés et faites-leur couler l'eau dès que vous le pourrez. Je vous fais mes distributeurs pour ces frères coupables auxquels je laisse la possibilité et le temps de se racheter. Et c'est le Seigneur Très-Haut, plutôt que moi, qui vous confie la richesse de ses eaux pour que vous deveniez la providence de ceux qui en manquent. Si vous savez le faire avec amour et justice, en vous contentant du nécessaire, en donnant le superflu aux malheureux, en étant justes, en n'appelant pas vôtre ce qui est don reçu et plutôt don confié, grande sera votre paix, et l'amour de Dieu et le mien seront toujours avec vous". La
parabole est finie, et tout le monde peut la comprendre.
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Souvenez-vous !
Que ma bénédiction descende sur ceux qui reçoivent la parole du Seigneur et la font action. " Les apôtres et Margziam avec les disciples sont sortis tout doucement de la maison pendant qu'il parlait et ils forment un groupe compact derrière les gens. Mais ils s'avancent quand Jésus a fini de parler et recueillent en passant l'obole de ceux qui l'offrent et ils apportent l'argent à Jésus. Derrière eux s'insinue un homme souffreteux qui a bien pauvre mine. Il avance la tête si penchée que je ne puis voir son visage. Il va aux pieds de Jésus et en se battant la poitrine, il gémit : "J'ai péché, Seigneur, et tu m'as puni. Je l'ai mérité, mais donne-moi au moins ton pardon avant de partir. Aie pitié de Jacob le pécheur ! " Il lève le visage, et je reconnais, plutôt parce qu'il se nomme que par son aspect ravagé, le paysan favorisé une fois, puni une autre fois à cause de sa dureté envers les deux orphelins. "Mon pardon ! Tu voulais guérir de cela autrefois, et tu t'inquiétais parce que ton grain était abîmé. Eux ont semé pour toi. Es-tu sans pain, par hasard ? " "J'en ai suffisamment. " "Et n'est-ce pas peut-être du pardon ? " Jésus est très sévère. "Non, je voudrais mourir de faim, mais sentir que mon âme est en paix. Avec le peu que j'avais, j'ai essayé de réparer... J'ai prié et pleuré... Mais Toi seul peut pardonner et donner la paix à mon esprit. Seigneur, je ne te demande que le pardon... " Jésus le regarde fixement... Il lui fait lever le visage, que l'homme a baissé, et il le sonde de ses yeux splendides en restant un peu penché sur lui... Puis il dit : "Va, tu auras ou n'auras pas le pardon selon la façon dont tu vivras dans le temps qui te reste. " "Oh ! mon Seigneur, pas ainsi ! Tu as pardonné à des fautes plus grandes... " 48> "Ce n'étaient pas des personnes qui avaient reçu des bienfaits comme toi et elles n'avaient pas péché contre des innocents. Le pauvre est toujours sacré, mais plus sacrés que tous l'orphelin et la veuve. Tu ne connais pas la Loi ?... " L'homme pleure. Il voulait un pardon immédiat. Jésus résiste : "Tu es descendu deux fois et tu ne t'es pas pressé de remonter... Souviens-toi. Ce que tu t'es permis, toi, homme, Dieu peut se le permettre. Dieu est toujours très bon s'il te dit qu'il ne te refuse pas absolument le pardon, mais le fait dépendre de ta façon de vivre jusqu'à la mort. Va. " "Bénis-moi, au moins... Pour que j'aie davantage la force d'être juste. " "J'ai déjà béni. " "Non, pas ainsi. Bénis-moi en particulier. Tu vois mon cœur... "
"Quand, Seigneur ? Où te trouverai-je, si tu dis que tu t'en vas ? " "Dans mon Royaume. " "Quel royaume ? Où le fondes-tu ? Moi, j'y viendrai... " "Mon Royaume sera dans ton cœur si tu le rends bon, et puis il sera au Ciel. Adieu. Je dois partir parce que le soir arrive et je dois bénir ceux que je quitte " et Jésus le congédie, en s'adressant ensuite aux disciples et aux maîtres de la maison qu'il bénit un par un. Puis il reprend la route après avoir donné l'argent à Judas... Le vert de la campagne l'engloutit alors qu'il marche vers le sud-ouest en direction de Capharnaüm... "Tu marches trop, Maître ! " s'écrie Pierre. "Nous sommes las. Nous avons déjà fait tant de stades... " "Sois bon, Simon. Nous allons être en vue de Corozaïn. Vous y entrerez et irez dans les quelques maisons qui nous sont amies et spécialement chez la veuve, et vous direz au petit Joseph que je veux le saluer à l'aube. Vous me le conduirez sur la route qui monte vers Giscala... " "Mais tu n'entres pas dans Corozaïn? " "Non, je vais prier sur la montagne. " "Tu es à bout, tu es pâle. Pourquoi te négliges-tu ? Et pourquoi ne viens-tu pas avec nous ? Pourquoi n'entres-tu pas dans la ville ? " Ils 49> l'accablent de questions. Leur affection est parfois fatigante. Mais Jésus est patient... et patiemment il répond : "Vous le savez ! Pour Moi l'oraison est repos. Et fatigue d'être parmi les gens quand je n'y suis pas pour guérir ou pour évangéliser. J'irai donc sur la montagne, là où je suis allé d'autres fois. Vous connaissez l'endroit. " "Sur le sentier qui va chez Joachim ? "[2] "Oui, vous savez où me trouver. A l'aube, je viendrai à votre rencontre... " "Et... nous irons vers Giscala ? " "C'est la bonne route pour aller vers les confins syro-phéniciens. J'ai dit à Afec que j'y serais allé. J'y irai. " "C'est que... Tu ne te rappelles pas l'autre fois ? "[3] "Ne crains pas, Simon. Ils ont changé de manière. Pour le moment, ils m'honorent... " "Oh! Ils t'aiment alors ? " "Non, ils me haïssent plus qu'avant. Mais ne pouvant pas m'abattre par la force, ils essaient d'y arriver par leurs ruses. Ils essaient de séduire l'Homme... Et pour séduire, ils se servent des honneurs, même s'ils sont faux. Au contraire... Venez tous près de Moi " dit-il ensuite aux autres qui avançaient en groupe, voyant que Jésus parlait avec Pierre en particulier.
"Parce que cela me semble un adieu..." dit André. "Et
crois-tu que c'est avec si peu de paroles que je vous saluerais ? Ce
n'est qu'un conseil pour ces temps. Je vois que vous êtes tous troublés.
Cela ne doit pas se produire. Et il les embrasse un par un. Judas pleure en l'embrassant. Il a attendu d'être le dernier, lui qui cherche toujours à être le premier, et il reste enlacé à Jésus, Lui donnant plusieurs baisers et Lui murmurant dans les cheveux près de l'oreille : "Prie, prie, prie pour moi... " Ils se séparent. Jésus va vers la colline et les autres poursuivent jusqu'à Corozaïn qui déjà blanchit dans la verdure des arbres. |
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[1] Seille : seau de bois [2] Peut-être Joachim, le pharisien comploteur de Capharnaüm qui, de ce fait, aurait sa propriété en dehors de la ville, sur la route de Corozaïn. [3] Giscala est un grand centre de formation rabbinique situé au nord-ouest du Mont Méron, près des ruines de l’antique Hazor. La troupe apostolique s’est fait chasser à coup de pierres par une centaine de rabbins et leurs élèves. L’une d’elles, lancée par Sadoc le scribe, a blessé Jésus à la main. Cf. 5.28. [5] Consacré à Dieu par vœu. |