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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mardi
14 août 29
- [Commentaire de Jésus: Localisation du passage suivant 51 - L'ordre chronologique des Évangiles] 52 - De nuit, Jésus au milieu de la nature 52 - Dialogue de Jésus avec Judas : Jésus est heureux de sa visite 53 - Discours 1 (Le bonheur des animaux) 53 - Il est difficile d'avouer son péché 54 - Tu ne peux pas me pardonner 55 - Discours 2 (La joie qu'a Jésus de lui pardonner) 55 - Si Corozaïn savait t'imiter! 56 |
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51> Jésus dit: "Entre temps je te dis que l'épisode de mercredi (20-9-1944), si vous faites une œuvre régulière, vous devez le placer un an avant ma mort car il tombe à l'époque de la moisson de ma trente-deuxième année*. Des nécessités de réconfort et d'instruction pour toi, mon aimée, et pour d'autres, m'ont contraint à suivre un ordre spécial pour donner les visions et les dictées qui s'y rapportaient. Mais je vous indiquerai, au moment voulu, comment répartir les épisodes 52> des trois années de vie publique. L'ordre des Évangiles est bon, mais pas parfait comme ordre chronologique. Un observateur attentif le remarque. Celui qui aurait pu donner l'ordre exact des faits car il est resté avec Moi depuis le commencement de l'évangélisation jusqu'à mon Ascension, ne l'a pas fait. En effet Jean, vrai fils de la Lumière, s'est occupé et préoccupé de faire briller la Lumière à travers son vêtement de Chair aux yeux des hérétiques qui attaquaient la réalité de la Divinité enfermée dans une chair humaine. Le sublime Évangile de Jean a atteint son but surnaturel, mais la chronique de ma vie publique n'en a pas été aidée. Les trois autres évangélistes se présentent semblables entre eux pour les faits, mais ils altèrent l'ordre du temps, car des trois un seul a été présent à presque toute ma vie publique: Mathieu, et il ne l'avait écrite que quinze ans plus tard, alors que les autres l'ont écrite encore plus tard, et pour en avoir entendu le récit de ma Mère, de Pierre, des autres apôtres et disciples. Je veux vous guider pour réunir les faits des trois ans, année par année. Et maintenant, vois et écris: l'épisode suit celui de mercredi (20-9-1944)." Je vois Jésus qui lentement va et vient sur un sentier champêtre éclairé par la lune. C'est la pleine lune, et sa face riante resplendit dans un ciel absolument serein mais, en raison de sa position dans le ciel, où elle se prépare à se coucher, je déduis qu'il doit être plus de minuit. Jésus marche en réfléchissant et en priant certainement, bien que je n'entende pas de paroles. Mais il ne perd pas de vue les choses qui l'entourent. Une fois il s'arrête pour écouter, souriant, le long chant d'un rossignol énamouré qui exécute toute une mélodie d'arpèges et de trilles et de notes a-solo, bien tenues, si fortes et si prolongées qu'il paraît impossible que cela vienne de ce petit être qui n'est que plumes. Pour ne pas le troubler, même pas par le bruit des sandales sur le gravier du sentier et du vêtement frôlant l'herbe, Jésus s'est arrêté, les bras croisés, le visage levé et souriant. Il va jusqu'à fermer à demi les yeux pour s'appliquer mieux à l'audition, et quand le rossignol termine par un son aigu qui monte, monte, monte par intervalles de tierce (si j'ai bon souvenir) et finit par une note suraiguë, tenue aussi longtemps que le souffle le lui permet, il approuve et applaudit sans mot dire en inclinant deux ou trois fois la tête avec un sourire de satisfaction. Maintenant, d'autre part, il se penche sur une touffe de chèvrefeuille en fleurs dont les mille et mille calices blancs répandent une odeur pénétrante. Ils ressemblent à des bouches de serpents qui baillent, où tremble la langue des pistils jaunâtres et où brille une trace d'or sur le pétale inférieur. Les fleurs, sous le rayon de lune, paraissent encore plus blanches, comme argentées. Jésus les admire, respire leur parfum et les caresse de la main. 53> Il revient sur ses pas. L'endroit doit être légèrement élevé car le clair de lune fait voir au sud une partie du lac certainement, car c'est quelque chose qui brille comme du verre éclairé par la lune et qui n'est pas un fleuve ni la mer, étant donné qu'on le voit bordé de collines du côté opposé à celui où se trouve Jésus. Jésus regarde ce tranquille miroir d'eau paisible dans le calme d'une nuit d'été. Puis il fait un demi-tour sur Lui-même, du sud à l'ouest, et regarde un village qui blanchit, éloigné au maximum de deux kilomètres, plutôt moins que plus. Un beau village. Il s'arrête pour le regarder, et secoue la tête en suivant une pensée qui l'afflige beaucoup. Il reprend ensuite sa promenade lente et sa prière jusqu'au moment où il s'assoit sur une grosse pierre, au pied d'un arbre très élevé, et prend sa position habituelle : les coudes sur les genoux et les avant-bras en avant, avec les mains jointes pour la prière. Il reste ainsi un moment et serait resté plus longtemps si un homme, une ombre, ne s'était avancée de la touffe d'arbres vers Lui et ne l'avait appelé : "Maître ?" Jésus se retourne, car celui qui s'avance arrive par derrière, et il lui dit: "Judas ? Que veux-tu ?" "Où es-tu, Maître ?" "Au pied du noyer. Avance." Et Jésus se lève et vient sur le sentier au clair de la lune, pour que Judas puisse le voir. "Tu es venu, Judas, pour tenir un peu compagnie à ton Maître ?" Maintenant ils sont l'un près de l'autre et Jésus met affectueusement un bras sur l'épaule du disciple. "Ou bien a-t-on besoin de Moi à Corozaïn ?" "Non, Maître. Aucunement, J'ai eu le désir de venir te trouver." "Viens alors. Il y a de la place pour tous les deux sur ce rocher." Ils s'assoient tout près l'un de l'autre. Silence. Judas ne parle pas. Il regarde Jésus. Il lutte. Jésus
veut l'aider. Il le regarde avec douceur, mais avec pénétration. "Quelle belle nuit, Judas ! Regarde comme tout est pur !
Je crois que ne fut pas plus pure la première nuit qui a ri sur la Terre
et sur le sommeil d'Adam dans le Paradis terrestre. Sens le parfum de ces
fleurs, respire, mais ne les cueille pas. Elles sont si belles et si
pures ! Je m'en suis abstenu, Moi aussi, parce que les cueillir,
c'est les profaner. Judas se tait. Il pense lui aussi, puis il parle : "Comme c’est beau, Maître, de t'entendre parler ainsi ! Tout dévient clair aux yeux, à l'esprit, au cœur... et tout redevient facile, même de dire : "Je veux être bon !" Même de te dire... même de te dire... de te dire : "Maître, moi aussi j'ai l'âme troublée ! N'aie pas de dégoût pour moi, Maître, Toi qui aimes celui qui est pur !" "Oh ! mon Judas ! Moi, du dégoût ? Ami, fils, qu'as-tu qui te trouble ?" "Garde-moi avec Toi, Maître. Tiens-moi étroitement... J'ai juré d'être bon depuis que tu m'as parlé si doucement. J'ai juré de redevenir le Judas des premiers jours, je te suivais et je t'aimais comme un époux aime son épouse, et je ne rêvais qu'à Toi, trouvant en Toi toute satisfaction. C'est ainsi que je t'aimais Jésus..." 55> "Je le sais... et c'est pour cela que je t'ai aimé... Mais je t'aime encore, mon pauvre ami blessé..." "Comment sais-tu que je le suis ? Sais-tu de quoi ?..." Silence. Jésus regarde Judas d'un œil si doux... Il semble qu'une larme le rende plus large et plus doux en tempérant son éclat : un œil d'enfant innocent et désarmé, qui se donne tout entier dans l'amour. Judas
glisse à ses pieds, le visage sur ses genoux, les bras serrés à ses
côtés et il gémit :
"Moi, je t'aime, Maître, mais je suis si faible... Oh ! Tu ne peux pas m'aimer ! Tu es pur et tu aimes les purs... Tu ne peux pas m'aimer parce que je suis... je suis... Oh ! Jésus, enlève-moi la faim des sens ! Tu sais quel démon il est ?" "Je le sais. Je ne l'ai pas exaucée, mais je sais quelle voix elle à." "Le vois-tu ? Le vois-tu ? Tu en as un tel dégoût que seulement a le dire, ton visage est bouleversé... Oh ! Tu ne peux pas me pardonner !" "Judas. Et tu ne te rappelles pas Marie ? Mathieu ? Ce publicain devenu lépreux ? [1]Cette femme, courtisane romaine,[2] à laquelle j'ai prophétisé une place dans le Ciel parce que, après mon pardon, elle aura la force de vivre saintement ?" "Maître... Maître... Maître… Oh ! quel mal j'ai dans le cœur !... Ce soir j'ai fui... j'ai fui Corozaïn... car si j'étais resté... si j'étais resté... j'étais perdu. Tu sais... c'est comme celui qui boit et en devient malade... Le médecin lui enlève le vin et toute boisson enivrante, et il guérit et reste sain tant qu'il ne ressent pas ce goût... Mais s'il cède, une seule fois, et en sent de nouveau le goût... il lui vient une soif... une soif de cette boisson... telle qu'il n'y résiste plus... et il boit et il boit... et il est de nouveau malade... malade pour toujours… 56> fou... possédé... possédé par son démon... par son démon... Oh ! Jésus, Jésus, Jésus !... N'en parle pas aux autres… Ne le dis pas... J'ai honte devant tous..." "Mais pas devant Moi." Judas comprend mal. "C'est vrai ! Pardon ! Je devrais être plus honteux devant Toi que devant tout autre, car tu es parfait..." "Non,
fils. Ce n'est pas cela que je disais. Que ta douleur, ton angoisse, ton
humiliation ne te cachent pas la vérité. J'ai dit que tu peux être
honteux devant tous, mais pas devant Moi. Un fils n'a pas de peur ni de
honte devant un bon père, ni un malade devant un médecin compétent. Et
à l'un comme à l'autre, il fait son aveu sans crainte puisque l'un aime
et pardonne, l'autre comprend et guérit. Moi, je t'aime et te comprends,
aussi je te pardonne et te guéris. Mais dis-moi. Judas. Qu'est-ce qui te
livre à ton démon ? Moi ? Tes frères ? Les femmes
débauchées ? Non. C'est ta volonté. Maintenant je te
pardonne et te guéris... "Maître, je ne t'ai pas laissé reposer... et aujourd'hui, tu devras tant parler..." "J'ai reposé dans la joie que tu m'as donnée. Je n'ai pas de 57> leur repos que celui de dire: "Aujourd'hui j'ai sauvé quelqu’un qui périssait". Viens, viens… Descendons à Corozaïn ! Oh ! si cette Ville savait t'imiter, Judas !" "Maître... que diras-tu à mes compagnons ?" "Rien s'ils ne demandent pas... S'ils demandent, je dirai que nous avons parlé des miséricordes de Dieu... C'est un vrai sujet, et tellement illimité que la plus longue vie ne suffit pas à le développer. Allons..." Et ils descendent, grands, d'une beauté différente mais également jeunes, l'un près de l'autre, et ils disparaissent derrière un bouquet d'arbres... |
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