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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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dimanche 7 avril 30 RÉSUMÉ - Les gardes devant le
tombeau scellé 18 - Un météore, un séisme
et le tombeau ouvert 19 - La chair se recompose
en une matière lumineuse 20 - La lumière a pris
corps 20 - Deux clartés de chaque
côté du seuil 21 - Les gardes évanouis
et la nature embellie 21 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 10 10.3. |
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18> Je revois la joyeuse et puissante Résurrection du Christ. Dans le jardin, tout est
silence et scintillement de la rosée. Au-dessus, un ciel qui devient d’un
saphir de plus en plus clair, après avoir quitté son bleu-noir criblé
d’étoiles qui, pendant toute la nuit, avaient veillé sur le monde. L’aube
repousse de l’orient vers l’occident les zones encore obscures, comme fait
l’eau pendant une marée haute qui avance toujours plus pour couvrir le rivage
obscur, et remplaçant le gris-noir du sable humide par le bleu des eaux
marines. Quelque étoile ne veut
pas encore mourir et jette un regard de plus en plus débile sous l’onde de
lumière vert-claire de l’aube, d’un blanc laiteux nuancé de gris, comme les
feuillages des oliviers engourdis qui couronnent un coteau peu distant. Et
puis elle naufrage, submergée par l’onde de l’aube comme une terre que
recouvre l’eau. Et puis en voilà une de moins... Et puis encore une de
moins.., et une autre, et une autre. Le ciel perd ses troupeaux d’étoiles et
seulement là-bas, à l’extrême occident, trois, puis deux, puis une, restent à
regarder ce prodige quotidien qu’est l’aurore qui se lève. Et voilà : quand un
filet de rose trace une ligne sur la soie turquoise du ciel oriental, un
soupir de vent passe sur les feuillages et sur les herbes et dit :
"Réveillez-vous. Le jour est revenu." Mais il ne réveille que les
herbes et les feuillages qui frissonnent sous leurs diamants de rosée et ont
un bruissement ténu, arpégé par les gouttes qui tombent. Les oiseaux ne se
réveillent pas encore dans les branches touffues d’un cyprès de grande taille
qui semble dominer comme un seigneur dans son royaume, ni dans
l’entrelacement embrouillé d’une haie de lauriers qui abrite de la
tramontane. 19> Les gardes ennuyés,
transis de froid, pris par le sommeil, dans des poses variées veillent sur le
Tombeau, dont la porte de pierre a été renforcée, sur ses bords, par une
épaisse couche de chaux, comme si c’était un contrefort, sur le blanc opaque
de laquelle se détachent les larges rosaces de cire rouge, imprimées avec
d’autres, directement dans la chaux fraîche, du sceau du Temple. Les gardes doivent
avoir allumé du feu pendant la nuit car il y a de la cendre et des tisons pas
encore éteints sur le sol, et ils doivent avoir joué et mangé, car il y a
encore, répandus sur le sol, des restes de nourriture et des osselets nets
qui ont servi certainement pour quelque jeu, comme notre jeu de domino ou
notre jeu enfantin de billes, joués sur un primitif échiquier tracé sur le
sentier. Puis ils ont tout laissé en plan par lassitude pour chercher des
poses plus ou moins commodes pour dormir ou pour veiller.
Les gardes lèvent la
tête, étonnés, parce qu’aussi avec la lumière arrive un grondement puissant,
harmonieux, solennel, qui remplit de lui-même toute la Création. Il vient de
profondeurs paradisiaques. C’est l’alléluia, la gloire angélique qui suit
l’Esprit du Christ revenant dans sa Chair glorieuse. Le météore s’abat
contre l’inutile fermeture du Tombeau, l’arrache, la jette parterre, foudroie
de terreur et de bruit les gardes mis comme geôliers du Maître de l’Univers
en produisant, avec son retour sur la Terre, un nouveau tremblement de terre
comme il l’avait produit en fuyant la Terre cet Esprit du Seigneur. Il entre
dans le sombre Tombeau qu’éclaire sa lumière indescriptible, et pendant qu’il
reste suspendu dans l’air immobile, l’Esprit se réinfuse dans le Corps sans
mouvement sous les bandes funèbres. Tout cela non dans une
minute, mais dans une fraction de minute, tant l’apparition, la descente, la
pénétration et la disparition de la Lumière de Dieu a été rapide... 20> Le “ Je veux” du
divin Esprit à sa Chair froide n’a pas de son. Le son est dit par l’Essence à
la Matière immobile. Aucune parole n’est entendue par l’oreille humaine. La Chair reçoit le
commandement et lui obéit en poussant un profond soupir... Rien d’autre pendant
quelques minutes.
Un autre moment, et
voilà un mouvement soudain sous le lourd Linceul. Le mouvement est soudain,
depuis l’instant certainement où il remue ses mains croisées jusqu’au moment
où il apparaît debout majestueux, splendide dans son vêtement de matière
immatérielle, surnaturellement beau et imposant, avec une gravité qui le
change et l’élève tout en le laissant Lui-même, l’œil a à peine le temps d’en
suivre le développement.
Il fait son premier pas
: dans son mouvement les rayons qui jaillissent des mains et des pieds
l’auréolent de lames de lumière; depuis la tête nimbée d’un diadème qui est
fait des innombrables blessures de la couronne qui ne donnent plus de sang
mais seulement de la splendeur, jusqu’au bord du vêtement quand, en ouvrant
les bras qu’il a croisés sur sa poitrine, il découvre la zone de luminosité
très vive qui filtre de son habit en lui donnant l’éclat d’un soleil à la
hauteur du cœur. Alors c’est réellement la "Lumière" qui a pris
corps, pas la pauvre lumière de la Terre, pas la pauvre lumière des astres,
pas la pauvre lumière du soleil. Mais la Lumière de Dieu : toute la splendeur
paradisiaque qui se rassemble en un seul Être et Lui donne ses azurs
inconcevables pour pupilles, ses feux d’or pour cheveux, ses candeurs
angéliques pour vêtement et coloris, et tout ce qui est, d’indescriptible
pour la parole humaine, la suréminente ardeur de la Très Sainte Trinité, qui
annule par son ardente puissance tout feu du Paradis, 21> en absorbant en
Elle-même pour l’engendrer à nouveau à chaque instant du Temps éternel, Cœur
du Ciel qui attire et diffuse son sang, les innombrables gouttes de son sang
incorporel : les bienheureux, les anges, tout ce qui est le Paradis : l’amour
de Dieu, l’amour pour Dieu, tout ce qui est la Lumière qu’est, que forme, le
Christ Ressuscité. Quand il se déplace, en
venant vers la sortie, et que l’œil peut voir au-delà de sa splendeur, voici
que m’apparaissent deux clartés très belles, mais semblables à des étoiles
par rapport au soleil, l’une d’un côté, l’autre de l’autre côté du seuil,
prosternées en adoration pour leur Dieu qui passe enveloppé dans sa lumière,
béatifiant en son sourire. Il sort abandonnant la funèbre grotte et revenant
fouler la terre que la joie réveille et qui resplendit toute dans sa rosée,
dans les couleurs des herbes et des rosiers, dans les innombrables corolles
des pommiers qui s’ouvrent par prodige au premier soleil qui les baise, et au
Soleil éternel qui avance sous eux. Les gardes sont là,
évanouis... Les forces corrompues de l’homme ne voient pas Dieu pendant que
les forces pures de l’univers : les fleurs, les herbes, les oiseaux admirent
et vénèrent le Puissant qui passe dans un nimbe de sa propre Lumière et dans
un nimbe de lumière solaire. Son sourire, le regard
se pose sur les fleurs, sur les ramilles, qui se lève vers le ciel serein, et
tout prend une plus grande beauté. Et plus soyeux et plus nuancés sont les
millions de pétales qui font une mousse fleurie au-dessus de la tête du
Vainqueur. Et plus vifs sont les diamants de rosée. Et plus bleu est le ciel
que réfléchissent ses yeux resplendissants, et plus joyeux le soleil qui
peint de gaieté un petit nuage porté par un vent léger qui vient baiser son
Roi avec des parfums enlevés aux jardins et des caresses de pétales soyeux. |
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Jésus lève la main et bénit et puis, pendant
que les oiseaux chantent plus fort et que le vent porte ses parfums, il
disparaît à mes yeux en me laissant dans une joie qui efface le plus léger
souvenir de tristesse et de souffrance et d’hésitation sur le lendemain. |
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