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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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Les Textes Fondamentaux |
Catéchisme
de l’Église catholique |
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Chapitre deuxième :"Tu aimeras ton prochain comme toi-même" Article 8 - Le huitième commandement
2464 2465 2466 2467 2468 2469 2470 II. "Rendre témoignage à la vérité" 2471 2472 Le devoir des chrétiens de prendre part à la vie de l’Église les pousse à agir comme témoins de l’Evangile et des obligations qui en découlent. Ce témoignage est transmission de la foi en paroles et en actes. Le témoignage est un acte de justice qui établit ou fait connaître la vérité (cf. Matthieu 18, 16) : Tous
les chrétiens, partout où ils vivent, sont tenus de manifester ... par
l’exemple de leur vie et le témoignage de leur parole, l’homme nouveau qu’ils
ont revêtu par le baptême, et la force du Saint-Esprit qui les a fortifiés au
moyen de la confirmation (AG 11). 2473 Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi ; il désigne un témoigne qui va jusqu’à la mort. Le martyr rend témoignage au Christ, mort et ressuscité, auquel il est uni par la charité. Il rend témoignage à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Il supporte la mort par un acte de force. " Laissez-moi devenir la pâture des bêtes. C’est par elles qu’il me sera donné d’arriver à Dieu " (Ignace d’Antioche, Rom. 4, 1). 2474 Avec le plus grand soin, l’Église a recueilli les souvenirs de ceux qui sont allés jusqu’au bout pour attester leur foi. Ce sont les actes des Martyrs. Ils constituent les archives de la Vérité écrites en lettres de sang : Rien
ne me servira des charmes du monde ni des royaumes de ce siècle. Il est
meilleur pour moi de mourir [pour m’unir] au Christ Jésus, que de régner sur
les extrémités de la terre. C’est Lui que je cherche, qui est mort pour
nous ; Lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement
approche .... (Saint Ignace d’Antioche, Rom. 6, 1-2). Je
te bénis pour m’avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, digne d’être
compté au nombre de tes martyrs ... Tu as gardé ta promesse, Dieu de la
fidélité et de la vérité. Pour cette grâce et pour toute chose, je te loue,
je te bénis, je te glorifie par l’éternel et céleste Grand Prêtre,
Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé. Par lui, qui est avec Toi et l’Esprit,
gloire te soit rendue, maintenant et dans les siècles à venir. Amen (Saint Polycarpe,
mart. 14, 2-3). 2475 2476 2477 Le respect de la réputation des personnes interdit toute attitude et toute parole susceptibles de leur causer un injuste dommage (cf. Codex iuris Canonici, can. 220). Se rend coupable – de jugement téméraire celui qui, même tacitement admet comme vrai, sans fondement suffisant, un défaut moral chez le prochain. – de médisance celui qui, sans raison objectivement valable, dévoile à des personnes qui l’ignorent les défauts et les fautes d’autrui (cf. Si 21, 28). – de calomnie celui qui, par des propos contraires à la vérité, nuit à la réputation des autres et donne occasion à de faux jugements à leur égard. 2478
Tout
bon chrétien doit être plus prompt à sauver la proposition du prochain qu’à
la condamner. Si l’on ne peut la sauver, qu’on lui demande comment il la
comprend ; et s’il la comprend mal, qu’on le corrige avec amour ;
et si cela ne suffit pas, qu’on cherche tous les moyens adaptés pour qu’en la
comprenant bien il se sauve (Saint Ignace, ex. spir.
22). 2479
2480
2481
2482 2483
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2488 2489 2490 2491 2492 V. L’usage des Moyens de communication sociale 2493 2494 Le
bon exercice de ce droit requiert que la communication soit, quant à l’objet,
toujours véridique et – dans le respect des exigences de la justice et de la
charité – complète ; qu’elle soit, quant au mode, honnête et convenable,
c’est-à-dire que dans l’acquisition et la diffusion des nouvelles, elle
observe absolument les lois morales, les droits et la dignité de l’homme
(Inter mirifica 5). 2495
" Il est
nécessaire que tous les membres de la société remplissent dans ce domaine
aussi leurs devoirs de justice et de vérité. Ils emploieront les moyens de
communication sociale pour concourir à la formation et à la diffusion de
saines opinions publiques " (Inter mirifica
8). La solidarité apparaît comme une conséquence d’une communication vraie et
juste, et de la libre circulation des idées, qui favorisent la connaissance
et le respect d’autrui. 2496
Les moyens de
communication sociale (en particulier les mass média) peuvent engendrer une
certaine passivité chez les usagers, faisant de ces derniers des
consommateurs peu vigilants de messages ou de spectacles. Les usagers
s’imposeront modération et discipline vis-à-vis des mass média. Ils voudront
se former une conscience éclairée et droite afin de résister plus facilement
aux influences moins honnêtes. 2497
Au titre même de leur
profession dans la presse, ses responsables ont l’obligation, dans la
diffusion de l’information, de servir la vérité et de ne pas offenser la
charité. Ils s’efforceront de respecter, avec un égal souci, la nature des
faits et les limites du jugement critique à l’égard des personnes. Ils
doivent éviter de céder à la diffamation. 2498
" Des
devoirs particuliers reviennent aux autorités civiles en raison du
bien commun. Les pouvoirs publics ont à défendre et à protéger la vraie et
juste liberté de l’information " (Inter mirifica
12). En promulguant des lois et en veillant à leur application, les pouvoirs
publics s’assureront que le mauvais usage des média ne vienne
" causer de graves préjudices aux mœurs publiques et aux progrès de
la société " (Inter mirifica 12). Ils
sanctionneront la violation des droits de chacun à la réputation et au secret
de la vie privée. Ils donneront à temps et honnêtement les informations qui
concernent le bien général ou répondent aux inquiétudes fondées de la
population. Rien ne peut justifier le recours aux fausses informations pour
manipuler l’opinion publique par les média. Ces interventions ne porteront
pas atteinte à la liberté des individus et des groupes. 2499
La morale dénonce la
plaie des états totalitaires qui falsifient systématiquement la vérité,
exercent par les médias une domination politique de l’opinion,
" manipulent " les accusés et les témoins de procès
publics et imaginent assurer leur tyrannie en jugulant et en réprimant tout
ce qu’ils considèrent comme " délits d’opinion ". VI. Vérité, Beauté et Art sacré 2500 La
Sagesse est, en effet, un effluve de la puissance de Dieu, une émanation
toute pure de la gloire du Tout-Puissant ; aussi rien de souillé ne
s’introduit en elle. Car elle est un reflet de la Lumière Eternelle, un
miroir sans tache de l’activité de Dieu, une image de Sa bonté (Sg 7, 25-26). La Sagesse est, en effet, plus belle que le
soleil, elle surpasse toutes les constellations, comparée à la lumière, elle
l’emporte ; car celle-ci fait place à la nuit, mais contre la Sagesse le
mal ne prévaut pas (Sg 7, 29-30). Je suis devenu
amoureux de sa beauté (Sg 8, 2). 2501 " Créé à l’image de Dieu " (Gn 1, 26), l’homme exprime aussi la vérité de son rapport à Dieu Créateur par la beauté de ses œuvres artistiques. L’art, en effet, est une forme d’expression proprement humaine ; au de-là de la recherche des nécessités vitales commune à toutes les créatures vivantes, il est une surabondance gratuite de la richesse intérieure de l’être humain. Surgissant d’un talent donné par le Créateur et de l’effort de l’homme lui-même, l’art est une forme de sagesse pratique, unissant connaissance et savoir-faire (Sg 7, 18) pour donner forme à la vérité d’une réalité dans le langage accessible à la vue ou à l’ouïe. L’art comporte ainsi une certaine similitude avec l’activité de Dieu dans le créé, dans la mesure où il s’inspire de la vérité et de l’amour des êtres. Pas plus qu’aucune autre activité humaine, l’art n’a en lui-même sa fin absolue, mais il est ordonné et anobli par la fin ultime de l’homme (cf. Pie XII, discours 25 décembre 1955 et discours 3 septembre 1950). 2502 L’art sacré est vrai et beau, quand il correspond par sa forme à sa vocation propre : évoquer et glorifier, dans la Foi et l’adoration, le Mystère transcendant de Dieu, Beauté Suréminente Invisible de Vérité et d’Amour, apparue dans le Christ, " Resplendissement de Sa gloire, Effigie de Sa Substance " (He 1, 3), en Qui " habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité " (Col 2, 9), beauté spirituelle réfractée dans la très Sainte Vierge Mère de Dieu, les Anges et les Saints. L’art sacré véritable porte l’homme à l’adoration, à la prière et à l’amour de Dieu Créateur et Sauveur, Saint et Sanctificateur. 2503 C’est pourquoi les évêques doivent, par eux-mêmes ou par délégation, veiller à promouvoir l’art sacré, ancien et nouveau, sous toutes ses formes, et à écarter, avec le même soin religieux, de la liturgie et des édifices du culte, tout ce qui n’est pas conforme à la vérité de la Foi et à l’authentique beauté de l’art sacré (cf. SC 122-127). En
bref 2504 2505 La vérité ou véracité est la vertu qui consiste à se montrer vrai en ses actes et à dire vrai en ses paroles, se gardant de la duplicité, de la simulation et de l’hypocrisie. 2506 Le chrétien n’a pas à " rougir de rendre témoignage au Seigneur " (2 Tm 1, 8) en acte et en parole. Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi. 2507 Le respect de la réputation et de l’honneur des personnes interdit toute attitude ou toute parole de médisance ou de calomnie. 2508 Le mensonge consiste à dire le faux avec l’intention de tromper le prochain. 2509 Une faute commise à l’encontre de la vérité demande réparation. 2510 La règle d’or aide à discerner, dans les situations concrètes, s’il convient ou non de révéler la vérité à celui qui la demande. 2511 " Le secret sacramentel est inviolable " (Codex iuris Canonici, can. 983 § 1). Les secrets professionnels doivent être gardés. Les confidences préjudiciables à autrui n’ont pas à être divulguées. 2512 La société a droit à une information fondée sur la vérité, la liberté, la justice. Il convient de s’imposer modération et discipline dans l’usage des moyens de communication sociale. 2513 Les beaux-arts, mais surtout l’art sacré " visent, par nature, à exprimer de quelque façon dans les œuvres humaines la beauté infinie de Dieu, et ils se consacrent d’autant plus à accroître sa louange et sa gloire qu’ils n’ont pas d’autre propos que de contribuer le plus possible à tourner les âmes humaines vers Dieu " (SC 122). Article 9
2514 2515 2516 2517 Maintiens-toi
dans la simplicité, l’innocence, et tu seras comme les petits enfants qui
ignorent le mal destructeur de la vie des hommes (Hermas, mand.
2, 1). 2518 La sixième béatitude proclame : " Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu " (Matthieu 5, 8). Les " cœurs purs " désignent ceux qui ont accordé leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu, principalement en trois domaines : la charité (cf. 1 Tm 4, 3-9 ; 2 Tm 2, 22), la chasteté ou rectitude sexuelle (cf. 1 Th 4, 7 ; Col 3, 5 ; Éphésiens 4, 19), l’amour de la vérité et l’orthodoxie de la foi (cf. Tt 1, 15 ; 1 Tm 1, 3-4 ; 2 Tm 2, 23-26). Il existe un lien entre la pureté du cœur, du corps et de la foi : Les
fidèles doivent croire les articles du Symbole, " afin qu’en
croyant, ils obéissent à Dieu ; qu’en obéissant, ils vivent bien ;
qu’en vivant bien, ils purifient leur cœur et qu’en purifiant leur cœur, ils
comprennent ce qu’ils croient " (Saint Augustin, fid. et symb. 10, 25 : PL
40, 196). 2519 Aux " cœurs purs " est promis de voir Dieu face-à-face et de Lui être semblables (cf. 1 Co 13, 12 ; 1 Jean 3, 2). La pureté du cœur est le préalable à la vision. Dès aujourd’hui, elle nous donne de voir selon Dieu, de recevoir autrui comme un " prochain " ; elle nous permet de percevoir le corps humain, le nôtre et celui du prochain, comme un temple de l’Esprit Saint, une manifestation de la beauté divine. 2520 – par la vertu et le don de chasteté, car la chasteté permet d’aimer d’un cœur droit et sans partage. – par la pureté d’intention qui consiste à viser la fin véritable de l’homme : D’un œil simple, le baptisé cherche à trouver et à accomplir en toute chose la volonté de Dieu (cf. Rm 12, 2 ; Col 1, 10). – par la pureté du regard, extérieur et intérieur ; par la discipline des sentiments et de l’imagination ; par le refus de toute complaisance dans les pensées impures qui inclinent à se détourner de la voie des commandements divins : " La vue éveille la passion chez les insensés " (Sg 15, 5). – par la prière : Je
croyais que la continence relevait de mes propres forces, ... forces que je
ne me connaissais pas. Et j’étais assez sot pour ne pas savoir que personne
ne peut être continent, si tu ne le lui donnes. Et certes, tu l’aurais donné,
si de mon gémissement intérieur, j’avais frappé à tes oreilles et si d’une
foi solide, j’avais jeté en toi mon souci (Saint Augustin, conf. 6, 11, 20). 2521 La pureté demande la pudeur. Celle-ci est une partie intégrante de la tempérance. La pudeur préserve l’intimité de la personne. Elle désigne le refus de dévoiler ce qui doit rester caché. Elle est ordonnée à la chasteté dont elle atteste la délicatesse. Elle guide les regards et les gestes conformes à la dignité des personnes et de leur union. 2522
2523
Il existe une pudeur
des sentiments aussi bien que du corps. Elle proteste, par exemple, contre
les explorations " voyeuristes " du corps humain dans
certaines publicités, ou contre la sollicitation de certains médias à aller
trop loin dans la révélation de confidences intimes. La pudeur inspire une
manière de vivre qui permet de résister aux sollicitations de la mode et à la
pression des idéologies dominantes. 2524 Les formes revêtues par la pudeur varient d’une culture à l’autre. Partout, cependant, elle reste le pressentiment d’une dignité spirituelle propre à l’homme. Elle naît par l’éveil de la conscience du sujet. Enseigner la pudeur à des enfants et des adolescents c’est éveiller au respect de la personne humaine. 2525 La pureté chrétienne demande une purification du climat social. Elle exige des moyens de communication sociale une information soucieuse de respect et de retenue. La pureté du cœur libère de l’érotisme diffus et écarte des spectacles qui favorisent le voyeurisme et l’illusion. 2526 Ce qui est appelé la permissivité des mœurs repose sur une conception erronée de la liberté humaine ; pour s’édifier, cette dernière a besoin de se laisser éduquer au préalable par la loi morale. Il convient de demander aux responsables de l’éducation de dispenser à la jeunesse un enseignement respectueux de la vérité, des qualités du cœur et de la dignité morale et spirituelle de l’homme. 2527 " La Bonne Nouvelle du Christ rénove constamment la vie et la culture de l’homme déchu : elle combat et écarte les erreurs et les maux qui proviennent de la séduction permanente du péché. Elle ne cesse de purifier et d’élever la moralité des peuples. Par les richesses d’en haut, elle féconde comme de l’intérieur les qualités spirituelles et les dons propres à chaque peuple et à chaque âge. Elle les fortifie, les parfait et les restaure dans le Christ " (GS 58, § 4). En
bref 2528 2529 2530 2531 2532 2533 Article 10 Tu
ne convoiteras ... rien de ce qui est à ton prochain (Ex 20, 17). Tu ne
désireras ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur ou sa servante, ni son
bœuf ou son âne : rien de ce qui est à lui (Dt
5, 21). Là où est ton trésor, là
sera ton cœur (Matthieu 6, 21). 2534 I. Le désordre des convoitises 2535
2536 Quand la Loi nous dit : " Vous ne convoiterez
point ", elle nous dit, en d’autres termes, d’éloigner nos désirs
de tout ce qui ne nous appartient pas. Car la soif du bien du prochain est immense,
infinie et jamais rassasiée, ainsi qu’il est écrit : " L’avare
ne sera jamais rassasié d’argent " (Si 5, 9) (Catech.
R. 3, 37). 2537 Ce
n’est pas violer ce commandement que de désirer obtenir des choses qui
appartiennent au prochain, pourvu que ce soit par de justes moyens. La
catéchèse traditionnelle indique avec réalisme " ceux qui ont le
plus à lutter contre leurs convoitises criminelles " et qu’il faut
donc " le plus exhorter à observer ce précepte " : Ce sont ... les marchands qui désirent la disette ou la cherté
des marchandises, qui voient avec chagrin qu’ils ne sont pas les seuls pour
acheter et pour vendre, ce qui leur permettrait de vendre plus cher et
d’acheter à plus bas prix ; ceux qui souhaitent que leurs semblables
soient dans la misère, afin de réaliser du profit, soit en leur vendant, soit
en leur achetant ... Les médecins qui désirent des malades ; les hommes
de loi qui réclament des causes et des procès importants et nombreux ... (Catech. R. 3, 37). 2538 Le
dixième commandement exige de bannir l’envie du cœur humain. Lorsque
le prophète Nathan voulut stimuler le repentir du roi David, il lui conta
l’histoire du pauvre qui ne possédait qu’une brebis, traitée comme sa propre
fille, et du riche qui, malgré la multitude de ses troupeaux, enviait le
premier et finit par lui voler sa brebis (cf. 2 S 12, 1.4). L’envie peut
conduire aux pires méfaits (cf. Gn 4, 3-7 ; 1
R 21, 1-29). C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde
(cf. Sg 2, 24-25) : Nous nous combattons mutuellement, et c’est l’envie qui nous
arme les uns contre les autres ... Si tous s’acharnent ainsi à ébranler le
corps du Christ, où en arriverons-nous ? Nous sommes en train d’énerver
le corps du Christ ... Nous nous déclarons les membres d’un même organisme et
nous nous dévorons comme le feraient des fauves (Saint Jean Chrysostome, hom. in 2 Cor. 28, 3-4 : PL 61, 594-595). 2539 Saint Augustin voyait dans l’envie "le péché diabolique
par excellence" (catech. 4, 8). "De
l’envie naissent la haine, la médisance, la calomnie, la joie causée par le
malheur du prochain et le déplaisir causé par sa prospérité" (Saint Grégoire
le Grand, mor. 31, 45 : PL 76, 621). 2540 L’envie
représente une des formes de la tristesse et donc un refus de la
charité ; le baptisé luttera contre elle par la bienveillance. L’envie
vient souvent de l’orgueil ; le baptisé s’entraînera à vivre dans
l’humilité : C’est par vous que vous voudriez voir Dieu glorifié ? Eh
bien, réjouissez-vous des progrès de votre frère, et, du coup, c’est par vous
que Dieu sera glorifié. Dieu sera loué, dira-t-on, de ce que son serviteur a
su vaincre l’envie en mettant sa joie dans les mérites des autres (Saint Jean
Chrysostome, hom. in Rom. 7, 3 : PG 60, 445). 2541 Le Dieu des promesses a depuis toujours mis l’homme en garde contre la séduction de ce qui, depuis les origines, apparaît " bon à manger, agréable aux yeux, plaisant à contempler " (Gn 3, 6). 2542 La Loi confiée à Israël n’a jamais suffi à justifier ceux qui lui étaient soumis ; elle est même devenue l’instrument de la " convoitise " (cf. Rm 7, 7). L’inadéquation entre le vouloir et le faire (cf. Rm 7, 10) indique le conflit entre la loi de Dieu qui est la " loi de la raison " et une autre loi " qui m’enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres " (Rm 7, 23). 2543 " Maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu s’est manifestée, attestée par la Loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus Christ à l’adresse de tous ceux qui croient " (Rm 3, 21-22). Dès lors les fidèles du Christ " ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises " (Ga 5, 24) ; ils sont conduits par l’Esprit (cf. Rm 8, 14) et suivent les désirs de l’Esprit (cf. Rm 8, 27). 2544 2545 Tous les fidèles du Christ ont " à régler comme il faut leurs affections pour que l’usage des choses du monde et un attachement aux richesses contraire à l’esprit de pauvreté évangélique ne les détourne pas de poursuivre la perfection de la charité " (LG 42). 2546 " Bienheureux les pauvres en esprit " (Matthieu 5, 3). Les béatitudes révèlent un ordre de félicité et de grâce, de beauté et de paix. Jésus célèbre la joie des pauvres, à qui est déjà le Royaume (cf. Luc 6, 20) : Le
Verbe appelle ‘pauvreté dans l’esprit’ l’humilité volontaire d’un esprit
humain et son renoncement ; et l’Apôtre nous donne en exemple la
pauvreté de Dieu quand il dit : ‘Il s’est fait pauvre pour nous’ (2 Co
8, 9) (Saint Grégoire de Nysse, beat. 1 : PG
44, 1200D). 2547 2548 2549 Il reste au peuple saint à lutter, avec la grâce d’en haut, pour obtenir les biens que Dieu promet. Pour posséder et contempler Dieu, les fidèles du Christ mortifient leur convoitises et ils l’emportent, avec la grâce de Dieu, sur les séductions de la jouissance et de la puissance. 2550 Sur ce chemin de la perfection, l’Esprit et l’Épouse appellent qui les entend (cf. Ap 22, 17) à la communion parfaite avec Dieu : Là
sera la véritable gloire ; personne n’y sera loué par erreur ou par
flatterie ; les vrais honneurs ne seront ni refusés à ceux qui les
méritent, ni accordés aux indignes ; d’ailleurs nul indigne n’y
prétendra, là où ne seront admis que ceux qui sont dignes. Là régnera la
véritable paix où nul n’éprouvera d’opposition ni de soi-même ni des autres.
De la vertu, Dieu lui-même sera la récompense, lui qui a donné la vertu et
s’est promis lui-même à elle comme la récompense la meilleure et la plus
grande qui puisse exister : " Je serai leur Dieu et ils seront
mon peuple " (Lv 26, 12) ... C’est aussi
le sens des mots de l’apôtre : " Pour que Dieu soit tout en
tous " (1 Co 15, 12). Il sera lui-même la fin de nos
désirs, lui que nous contemplerons sans fin, aimerons sans satiété, louerons
sans lassitude. Et ce don, cette affection, cette occupation seront
assurément, comme la vie éternelle, communs à tous ". (Saint Augustin,
civ. 22, 30). En
bref 2551 2552 2553 2554 2555 2556 |
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