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Sommaire du dossier Sainte
Brigitte de Suède Biographie d'après www.JesusMarie.com Sainte Brigitte de
Suède (Finstad, Uppsala 1303- Rome, 1373) Birgitta naît dans une
famille noble et riche, en Upland, à l’ouest de la
Suède, au château de Finstad, non loin d’Uppsala.
Elle est fille de Birger Petersson (ou Persson) et sa mère est de souche royale suédoise. La région d'Uppsala,
où elle naît, est un centre important de l’Église de Suède où le
Christianisme s’était développé à partir du XIème siècle seulement, à la
suite des invasions des Vikings, quand les chefs des grandes familles
scandinaves se convertirent. Âgée d'à peine quinze
ans, elle est mariée, par son père, au sénéchal Ulf Gudmarsson
issu, comme elle, de la très haute noblesse suédoise. En vingt-huit ans de
vie commune, ils auront huit enfants : quatre garçon et quatre fille, dont la
future sainte Catherine de Suède. La parenté de Sainte
Brigitte de Suède et de son mari avec les familles royale et princières
explique qu'ils furent appelés à des fonctions importantes à la Cour auprès
du roi et de la reine. En 1335, elle est en
effet appelée par le jeune roi Magnus, âgé de vingt ans et qui vent d'épouser
Blanche de Dampierre, comme "intendante" de la cour. Ulf, son mari,
est quant à lui, nommé conseiller du jeune roi. En 1341, elle fait,
avec son mari Ulf, le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Ce
pèlerinage met symboliquement fin à la vie laïque de sainte Brigitte, "la préparant à la nouvelle vie qu'elle
inaugure quelques années plus tard lorsque, après la mort de son époux, elle
entendit la voix du Christ qui lui confiait une nouvelle mission, la guidant
pas à pas par une série de grâces mystiques extraordinaires" [1]. "Toutefois, il ne faut pas oublier que la
première partie de sa vie fut celle d'une laïque qui eut le bonheur d'être
mariée avec un pieux chrétien dont elle eut huit enfants. En la désignant
comme co-patronne de l'Europe, j'entends faire en
sorte que la sentant proche d'eux non seulement ceux qui ont reçu la vocation
à une vie de consécration spéciale, mais aussi ceux qui sont appelés aux
occupations ordinaires de la vie laïque dans le monde et surtout à la haute
et exigeante vocation de former une famille chrétienne. Sans se laisser
fourvoyer par les conditions de bien-être de son milieu, elle vécut avec son
époux Ulf une expérience de couple dans laquelle l'amour conjugal alla de
pair avec une prière intense, avec l'étude de l'Écriture Sainte, avec la
mortification, avec la charité. Ils fondèrent ensemble un petit hôpital, où
ils soignaient fréquemment les malades. Brigitte avait l'habitude de servir personnellement les
pauvres. En même temps, elle fut appréciée pour ses qualités pédagogiques,
qu'elle eut l'occasion de mettre en œuvre durant la période où l'on demanda
ses services à la cour de Stockholm. C'est dans cette expérience que mûriront
les conseils qu'elle donnera en diverses occasions à des princes ou à des
souverains pour un bon accomplissement de leurs tâches. Mais les premiers qui
en bénéficièrent furent assurément ses enfants, et ce n'est pas par hasard
que l'une de ses filles, Catherine, est vénérée comme sainte" [2]. En 1344, Brigitte
devient veuve et commence à recevoir du Christ, de la Vierge et des saints,
des visions prophétiques et des révélations qu'elle dicta à ses directeurs
spirituels. Ces messages, réunis plus tard sous le titre de "Révélations
célestes", concernent la Passion du Christ, mais aussi la situation
politique et religieuse de son époque, alors très troublée. C'est dans ce cadre
qu'elle fonde, en 1346, l’ordre du Très-Saint Sauveur et pose la première
pierre du monastère de Vadstena en Suède où, dès le
début, une soixantaine de religieuses se rassemblent. Sainte Brigitte de
Suède souhaitait fonder un monastère double, l’un pour les hommes et l’autre
pour les femmes, sous l’autorité unique de l’abbesse assistée d’un prêtre, à
la manière de l’Abbaye de Fontevraud en Anjou. Mais
ce projet n’est pas accepté par le pape Clément VI. En 1349, elle part
s'établir à Rome en prévision de l'année jubilaire. "Son transfert en Italie constitua une
étape décisive pour l'élargissement non seulement géographique et culturel,
mais surtout spirituel, de l'esprit et du cœur de Brigitte" [3]. Brigitte n'y
rencontre pas le Pape, parti s'exiler en Avignon (France). Une nouvelle
révélation lui indique sa mission : ramener le souverain pontife à Rome. Avec
des accents rudes, dignes des prophètes de l'Ancien Testament, elle écrit aux
Papes successifs pour les rappeler à leur devoir. En 1367, elle croît
aboutir : Urbain V revient à Rome, mais en repart trois ans plus tard. Beaucoup de lieux
d'Italie la virent encore en pèlerinage, désireuse de vénérer les reliques
des saints. Elle visita ainsi Milan, Pavie, Assise, Ortone,
Bari, Bénévent, Pozzuoli, Naples, Salerne, Amalfi, le Sanctuaire de saint
Michel Archange sur le Mont Gargano. "Le dernier pèlerinage, effectué entre 1371
et 1372, l'amena à traverser la Méditerranée en direction de la Terre Sainte,
lui permettant d'embrasser spirituellement, en plus de beaucoup de lieux
sacrés de l'Europe catholique, les sources mêmes du christianisme dans les
lieux sanctifiés par la vie et par la mort du Rédempteur". "…En réalité, plus encore que par ce pieux
pèlerinage, c'est par le sens profond du mystère du Christ et de l'Église que
Brigitte participa à la construction de la communauté ecclésiale, à une
période notablement critique de son histoire. Son union intime au Christ
s'accompagna en effet de charismes particuliers de révélation qui firent
d'elle un point de référence pour beaucoup de personnes de l'Église de son
époque. On sent en Brigitte la force de la prophétie. Son ton semble parfois
un écho de celui des anciens grands prophètes. Elle parle avec sûreté à des
princes et à des papes, révélant les desseins de Dieu sur les événements de
l'histoire. Elle n'épargne pas les avertissements sévères même en
matière de réforme morale du peuple chrétien et du clergé lui-même [4]. Certains aspects de son extraordinaire production
mystique [5] suscitèrent en son temps des interrogations bien
compréhensibles, à l'égard desquelles s'opéra le discernement de l'Église;
celle-ci renvoya à l'unique révélation publique, qui a sa plénitude dans le
Christ et son expression normative dans l'Écriture Sainte. Même les
expériences des grands saints, en effet, ne sont pas exemptes des limites qui
accompagnent toujours la réception par l'homme de la voix de Dieu". Enfin, le pape
soulignait le rôle de la sainte dans les relations entre Catholiques et Protestants : "Toutefois, il n'est
pas douteux qu'en reconnaissant la sainteté de Brigitte, l'Église, sans pour
autant se prononcer sur les diverses révélations, a accueilli l'authenticité
globale de son expérience intérieure. Brigitte se présente comme un témoin
significatif de la place que peut tenir, dans l'Église, le charisme vécu en
pleine docilité à l'Esprit de Dieu et en totale conformité aux exigences de
la communion ecclésiale. En particulier, les terres scandinaves, patrie de
Brigitte, s'étant détachées de la pleine communion avec le siège de Rome au
cours de tristes événements du XVIe siècle, la figure de la sainte suédoise
reste un précieux "lien" [6]. Sainte Brigitte de
Suède meurt à Rome, où elle habitait depuis vingt ans, le 23 juillet 1373 à
l'âge de 70 ans, longévité rare au Moyen-âge. Son cercueil, escorté
par son fils Burger et sa fille Catherine, fut ramené dans son pays natal, à
l’abbaye de Vadstena qu'elle avait fondée près de
trente ans auparavant. |
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Elle
est canonisée dès 1391 par le pape Boniface IX. Sainte Brigitte de
Suède est particulièrement populaire dans les pays scandinaves, l’Allemagne,
la Pologne et la Hongrie. Aujourd’hui encore, 700 ans après leur
fondation, les "Brigittines" sont actives
à Rome, en Inde et au Mexique. |
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[1] Jean-Paul II, le 1er
octobre 1999. Lors de l'ouverture du synode pour l'Europe, le pape proclame Brigitte
de Suède co-patronne de l'Europe en même temps que
Catherine de Sienne et Edith Stein.
[2] Idem
[3] Idem
[4] Cf. "Révélations
célestes", Livre IV, chapitre 49 et aussi Livre IV, chapitre 5.
[5] Rassemblée dans
"Les révélations célestes"
[6] Idem