"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta
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La synagogue 

 

Extraits de "Jésus en son temps" Daniel-Rops – éd. Arthème Fayard – 1944 - p.219 et s.

La synagogue était toute à la fois une "maison de prières et une école dogmatique, où chaque sabbat, se réunissaient tous les fidèles du pays. Depuis au moins trois siècles les synagogues assumaient dans la vie d'Israël, un rôle de premier plan : la tradition  voulait qu'elles eussent leur origine à l'époque de l'Exil quand il avait bien fallu, faute de pouvoir aller au Temple de Jérusalem, accomplir les rites prescrits, se contenter de commenter, assemblés, la Loi et l'histoire du Peuple de Dieu. Au temps du Christ, il n'était certainement pas un village palestinien, si modeste fût-il qui ne tînt à l'honneur de posséder de tels édifices. Les communautés juives dispersées dans tout  l'Empire en avaient construit aussi : à Rome on en  comptait au moins treize.

Une salle pas très grande — 24 mètres sur 18 mètres à Capharnaüm — sobrement décorée de palmes et d'étoiles en mosaïques, un atrium orné de la vasque aux ablutions, quelques pièces réservées aux hôtes de passage, d'autres consacrées à l'école  publique, tel était le modeste ensemble de bâtiments qui les constituaient. L'archéologie a retrouvé les ruines de maints d'entre eux. Un "chef de synagogue" les administrait, aidé par une sorte de sacristain- pédagogue-trésorier, le "hassan".

On n'y célébrait pas, à vraiment parler, un culte : le seul qui fût valable était celui du Temple de Sion. Les scribes ou docteurs, qui étaient les chevilles ouvrières de ces institutions, y donnaient des instructions qui portaient à la fois sur les dogmes et sur les traditions d'Israël : la halaka (Voie) et l'agada (Histoire) avaient chacune leur tour. Dans le petit chœur surélevé, autour de la fameuse armoire ou arche, qui abritait les rouleaux de la Loi, sept membres de la communauté, portant le taliss blanc prescrit, s'asseyaient pour officier. On commençait par deux bénédictions, puis on lisait, en hébreu, un extrait du Pentateuque, qu'un interprète traduisait ensuite dans la langue locale, l'araméen de Galilée, après quoi on le commentait. Venait ensuite la prière des Dix-huit bénédictions, que récitait un vieillard, pour louer le Seigneur minutieusement. La lecture d'un Prophète suivait, dans le même cérémonial que celles des premiers livres. On terminait par la bénédiction qu'on lit dans les Nombres (VI, 24,26) : "L'Éternel te bénisse et te garde ! Que sur toi luise sa face et soit sa grâce! Qu'il te donne la paix l"

L'ensemble était long, extrêmement long : la matinée y passait. Tous les textes sacrés devaient être écoutés, toutes les bénédictions devaient être chantées, debout, la tête tournée vers Jérusalem. Sans doute plus d'un assistant se reposait-il pendant les commentaires, tel ce rabbin qui "remerciait Dieu que sa tête, en dodelinant, lui rendît grâces toute seule".

Personne n'était spécialement investi du soin de prendre la parole au cours de cette cérémonie. Le "chef de la synagogue" pouvait désigner à son gré n'importe quel Juif de bonne réputation dont il pensait que l'enseignement serait bienfaisant. Et dans ce peuple nourri, depuis la plus tendre enfance, de la moelle du Texte saint, nombreux étaient ceux qui se trouvaient capables de broder, sur quelques versets de l'Exode ou d'Isaïe, des gloses intarissables. C'est dans ces conditions que Jésus fut amener à parler.

Illustration ci-dessus : reconstitution de la synagogue de Capharnaüm. Construite en calcaire blanc, alors que les maisons étaient en basalte noir, elle venait juste d'être construite à l'époque de Jésus puisque le centurion qu'il rencontre, avait contribué à sa construction. Hérode avait du aussi y participer puisqu'on trouve ses armes, les palmiers, dans les symboles des colonnes.

Les synagogues ont, pour la première fois, révolutionné la notion de lieux sacrés puisque le peuple et non plus seulement les prêtres, sont admis dans son enceinte. C'est l'ancêtre des églises, chapelles, temples et mosquées.

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