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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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jeudi
23 mars 28 vers Bérot
- Jabé distrait d'un mauvais souvenir 312 - Dialogue de Jésus avec Jabé : Ce que sera pour Jabé l'échelle de Jacob 313 - Les Limbes seront vidés 314 - Ton père et ta mère s'occupent de toi 314 - L'importance du jour du sabbat 315 - Jabé reconnaît Dieu en Jésus 316 - Il recevra un nom nouveau 316 - Le Messie dans les Écritures 316 - Jabé a le langage de Jean 317 - Départ pour Bérot 317 |
3.55. |
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312> Comme un fleuve se gonfle en recevant de nouveaux affluents, ainsi la route de Sichem à Jérusalem fourmille toujours plus de voyageurs, au fur et à mesure que par des chemins secondaires les pays y déversent leurs fidèles qui se dirigent vers la Cité sainte. Cette affluence aide Pierre à tenir distrait l'enfant qui côtoie les collines natales sous la terre desquelles ont été ensevelis ses parents, sans s'en apercevoir. Après une longue marche interrompue, depuis qu'on a laissé sur la gauche Silo qui se dresse sur sa montagne, pour prendre un peu de repos et de nourriture dans une verte vallée où résonnent des eaux pures et cristallines. 313> Puis les voyageurs se remettent en route et franchissent une colline calcaire plutôt dénudée sur laquelle le soleil darde ses rayons sans pitié. On commence la descente par une série de très beaux vignobles qui ornent de leurs festons les pentes des montagnes calcaires, ensoleillées à leurs cimes. Pierre a un fin sourire et fait un signe à Jésus qui sourit à son tour. L'enfant ne remarque rien, attentif comme il l'est à écouter Jean d'Endor qui lui parle d'autres pays qu'il a visité qui produisent des raisins très doux qui pourtant ne servent pas tant pour le vin que pour faire des friandises meilleures que les fouaces au miel. Voici une nouvelle montée beaucoup plus escarpée. La troupe des apôtres, abandonnant la route principale poussiéreuse et encombrée, a préféré prendre ce raccourci par les bois. Arrivés à la cime, voilà que brille dans le lointain, distinctement déjà, une mer de lumière qui surplombe une agglomération toute blanche, peut-être des maisons blanchies à la chaux. "Jabé" appelle Jésus "viens ici. Tu vois ce point brillant comme l'or ? C'est la Maison du Seigneur. C'est là que tu jureras d'obéir à la Loi. Mais la connais-tu bien ?" "Maman m'en parlait et mon père m'enseignait les commandements. Je sais lire et... et je crois savoir ce qu'ils m'ont dit avant de mourir..." L'enfant, accouru avec un sourire à l'appel de Jésus, pleure maintenant, baissant la tête et tenant sa main tremblante dans la main de Jésus. "Ne pleure pas. Écoute. Sais-tu où nous sommes ? A Béthel, où le saint Jacob fit son songe angélique[1]. Le connais-tu ? T'en souviens- tu ?"
"Mais, ne pleure pas ainsi ! Écoute, Jabé. J'ai Moi aussi une Mère qui s'appelle Marie, et qui est sainte et bonne et qui sait dire tant de choses. Elle est plus sage qu'un maître et meilleure et plus belle qu'un ange. Maintenant nous allons la trouver, et elle t'aimera tant. Elle te dira tant de choses. Et puis avec elle il y a la mère de Jean, elle aussi si bonne et qui s'appelle Marie. Et puis la mère de mon frère Jude, elle aussi douce comme un rayon de miel et qui, elle aussi, a le nom de Marie. 314> Elles t'aimeront tant car tu es un brave enfant, et par amour pour Moi qui t'aime tant. Et puis, tu grandiras avec elles et, devenu grand, tu seras un saint de Dieu. Tu prêcheras comme un docteur le Jésus qui t'a rendu une mère ici, et qui ouvrira les portes du Ciel à ta mère morte, à ton père, et qui les ouvrira aussi à toi, quand ce sera ton heure. Tu n'auras même pas besoin de monter la longue échelle des Cieux à l'heure de la mort. Tu l'auras déjà montée durant ta vie en étant un bon disciple, et tu te trouveras là, Sur le seuil Ouvert du Paradis et Moi, j'y serai et je te dirai : "Viens, mon ami et fils de Marie" et nous serons ensemble." Le sourire lumineux de Jésus qui marche, un peu penché pour être plus près du petit visage de l'enfant qui marche à côté de Lui, sa petite main dans la sienne, et le récit merveilleux sèchent les larmes et font épanouir un sourire. L'enfant,
qui n'est pas sot, mais qui est seulement accablé par tant de souffrances
et de privations qu'il a subies, intéressé par l'histoire,
demande :
"Il en est ainsi. Mais, ensuite, j'irai vers le Père, après avoir annoncé la parole de Dieu et. ..et vous avoir obtenu le pardon, et je dirai : "Père, maintenant j'ai accompli entièrement ta volonté. Maintenant je veux la récompense de mon sacrifice. Que viennent les justes qui attendent ton Royaume". Et le Père me dira : "Qu'il en soit comme tu veux". Et alors, je descendrai appeler tous les justes et les Limbes ouvriront leurs portes au son de ma voix, et sortiront dans l'allégresse les saints Patriarches, les lumineux Prophètes, les femmes bénies d'Israël et puis sais-tu combien d'enfants ? Comme une prairie en fleurs, des enfants de tous âges ! Et, en chantant, ils me suivront en montant au beau Paradis." "Y aura-t-il ma maman ?" "Certainement." "Tu ne m'as pas dit qu'elle sera avec Toi à la porte du Ciel quand moi aussi je serai mort..."
"Ce sera vraiment ainsi ?" "Exactement ainsi." "Mais tu leur diras de se rappeler qu'ils viennent ?" "Il n'y en aura pas besoin, car ils t'aiment, mais je leur dirai." "Oh ! comme je t'aime !" L'enfant, encore dans les bras de Jésus se serre à son cou et le baise dans un épanchement si joyeux qu'il en est émouvant. Jésus lui rend son baiser et dépose l'enfant par terre. "Oh ! bien ! Maintenant nous poursuivons vers la Cité sainte. Nous devons y arriver demain soir. Pourquoi tant de hâte ? Saurais-tu me le dire ? Ne serait-ce pas aussi bien d'arriver après demain ?" "Non. Ce ne serait pas la même chose car demain c'est la Parascève et, après le coucher du soleil, on ne peut parcourir que six stades[2]. On ne peut faire plus parce que le repos du sabbat est commencé." "On paresse donc pendant le sabbat?" "Non, on prie le Seigneur Très-Haut." "Comment s'appelle-t-Il ?" "Adonaï. Mais les saints peuvent dire son Nom." "Et aussi les enfants sages. Dis-le, si tu le sais." "Jaavé" (ce petit le prononce ainsi : un G très doux qui devient presque un J, et avec un a très long). "Et pourquoi prie-t-on le Seigneur Très-Haut le jour du sabbat ?" "Parce qu'Il l'a dit à Moïse en lui donnant les tables de la Loi." "Ah ! oui ? Et qu'a-t-Il dit ?" "Il a dit de sanctifier le sabbat. "Tu travailleras pendant six jours, mais le septième tu te reposeras et tu feras reposer, parce que Moi aussi j'ai agi ainsi après la création"." "Comment ? Le Seigneur s'est reposé ? Il s'était fatigué à créer ? Et, c'est bien Lui qui a créé ? Comment le sais-tu ? Moi, je sais que Dieu n'est jamais fatigué." "Il n'était pas fatigué car Dieu ne marche pas et ne remue pas les bras. Mais Il l'a fait pour enseigner à Adam et à nous, et pour qu'il y ait un jour où nous pensions à Lui. Et c'est Lui qui a tout créé, certainement. Le Livre du Seigneur le dit." 316> " Mais le Livre a-t-il été écrit par Lui ?" "Non. Mais c'est la Vérité et il faut le croire pour ne pas aller chez Lucifer." "Tu me dis que Dieu ne marche pas et ne remue pas les bras. Comment alors a-t-Il créé ? Comment est-Il ? Est-ce une statue ?" "Ce n'est pas une idole : c'est Dieu. Et Dieu est... Dieu est... laisse-moi réfléchir et me souvenir comme disait maman, et mieux qu'elle cet homme[3] qui va en ton nom trouver les pauvres d'Esdrelon... Maman disait, pour me faire comprendre Dieu: "Dieu est comme mon amour pour toi. Il n'a pas de corps et pourtant il existe". Et ce petit homme, avec un sourire si doux disait: "Dieu est un Esprit Éternel, Un et Trin. Et la Seconde Personne a pris chair par amour pour nous les pauvres et son nom." Oh ! mon Seigneur ! Maintenant que j'y réfléchis... c'est Toi !" Et l'enfant, ébahi, se jette à terre en adorant. Tout le monde accourt, croyant qu'il est tombé, mais Jésus, un doigt sur les lèvres, fait signe qu'on se taise, puis il dit : "Lève-toi, Jabé. Les enfants ne doivent pas avoir peur de Moi !" L'enfant redresse la tête en le révérant. Il regarde Jésus. Son expression est changée, presque craintive. Mais Jésus sourit et lui tend la main en disant : "Tu es un sage, petit israélite. Continuons l'examen entre nous. Maintenant que tu m'as reconnu, tu sais si on parle de Moi dans le Livre ?" "Oh ! oui, Seigneur ! Depuis le commencement jusqu'à maintenant. Tout parle de Toi. Tu es le Sauveur promis. Maintenant je comprends pourquoi tu ouvriras les portes des Limbes. Oh ! Seigneur ! Seigneur ! Et tu m'aimes tant ?" "Oui, Jabé." "Non, plus Jabé. Donne-moi un nom qui veuille dire que tu m'as aimé, que tu m'as sauvé..." "Le nom, je le choisirai avec la Mère. D'accord ?" "Mais qu'il veuille dire exactement ceci. Et je le prendrai le jour où je deviendrai fils de la Loi." "Tu le prendras à partir de ce jour." On a dépassé Béthel et on fait halte dans une petite vallée fraîche et bien pourvue d'eau pour prendre de la nourriture. Jabé est resté à moitié étourdi par la révélation et il mange en silence recevant avec vénération chaque bouchée que lui présente Jésus. Mais, peu à peu, il s'enhardit et après une belle récréation avec Jean, pendant que les autres reposent sur l'herbe verte, il revient vers Jésus avec Jean tout souriant et ils font un petit cercle à trois. 317> "Tu ne m'as pas encore dit qui parle de Moi dans le Livre." "Les Prophètes, Seigneur. Et auparavant encore le Livre en parle après qu'Adam a été chassé et puis à Jacob, à Abraham et à Moïse... Oh !... Mon père me disait qu'il était allé chez Jean - pas lui, l'autre Jean, celui du Jourdain - et que lui, le grand Prophète t'appelait l'Agneau... Voilà, maintenant je comprends l'agneau de Moïse... La Pâque, c'est Toi !" Jean le taquine: "Mais quel est le Prophète qui a le mieux prophétisé de Lui ?" "Isaïe et Daniel, mais... Daniel me plaît davantage, maintenant que je t'aime comme mon père. Puis-je le dire ? Dire que je t'aime comme j'ai aimé mon père ? Oui ? Eh bien, maintenant je préfère Daniel." "Pourquoi ? Celui qui a tant parlé du Christ, c'est Isaïe." "Oui, mais il parle des souffrances du Christ. Au contraire, Daniel parle du bel ange et de ta venue. C'est vrai… lui aussi dit que le Christ sera immolé. Mais je pense que l'Agneau sera immolé d'un seul coup. Non comme disent Isaïe et David. Je pleurais toujours quand je les entendais lire et maman ne m'en parlait plus." Il est presque en larmes maintenant, pendant qu'il caresse la main de Jésus. "N'y pense pas pour l'instant. Écoute. Les commandements, tu les sais ?" "Oui, Seigneur, je crois les savoir. Dans le bois, je me les répétais pour ne pas les oublier et pour entendre la parole de maman et de mon père. Mais maintenant, je ne pleure plus (réellement il y a une grande lueur dans ses pupilles) parce que maintenant je te possède, Toi." Jean sourit et embrasse son Jésus en disant : "Mes propres paroles ! Tous ceux qui ont un cœur d'enfant ont le même langage." "Oui, parce que leurs paroles viennent d'une unique sagesse. Maintenant il faudrait partir de façon à arriver à Bérot de bonne heure. La foule augmente et le temps menace. Les abris seront pris d'assaut, et je ne veux pas que vous tombiez malades." Jean appelle ses compagnons et on reprend la marche jusqu'à Bérot à travers une plaine, pas très cultivée mais pas absolument aride comme l'était la colline franchie depuis Silo. |
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