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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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dimanche
18 juin 28 (6 Tammouz)
- Les femmes ne se plaignent jamais de
la route 136 - Judas n'aime pas la présence de la
Madeleine 136 - Il reçoit une leçon sur l'amour 137 - Étape au sommet d'une montagne 137 - Marie instruit Marie-Madeleine - Méditation et prière vocale 138 - Abandonne-toi à l'amour 139 - Jean, le Zélote et Lazare donnés en
modèles 140 - Lazare t'aimera sans te faire de
reproches 140 - Marie a vu de près deux fois la Grande
Mer 141 |
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8 août 1945 136> "Où ferons-nous étape,
mon Seigneur?" demande Jacques de Zébédée alors qu'ils cheminent à
travers une gorge entre deux collines entièrement cultivées et vertes de la
base au sommet. "À
Bethléem de Galilée. Mais pendant les heures les plus chaudes, nous nous
arrêterons sur la montagne qui surplombe Mérala.
Ainsi ton frère sera heureux une deuxième fois en voyant la mer" Jésus
sourit et ajoute : "Nous, les hommes, nous aurions pu faire plus de
chemin mais nous avons à notre suite les femmes disciples qui ne se plaignent
jamais mais que nous ne devons pas fatiguer à l'excès." "Elles
ne se plaignent jamais, c'est vrai. Nous nous plaignons plus facilement"
admet Barthélemy. "Et
pourtant elles sont moins habituées que nous à cette vie..." dit Pierre.
"C'est
peut-être pour cela qu'elles la font volontiers" dit Thomas. "Non,
Thomas. C'est par amour qu'elles la font volontiers. Crois bien que ma Mère
et aussi les autres maîtresses de maison comme Marie d'Alphée, Salomé ([1]) et Suzanne, ne quittent pas par plaisir leurs maisons
pour venir par les chemins du monde et au milieu des gens. Et Marthe et
Jeanne, quand elle aussi viendra, qui ne sont pas habituées à la fatigue, ne
le feraient pas volontiers si l'amour ne les y poussait. En ce qui concerne
Marie de Magdala seul un puissant amour peut lui donner la force de subir
cette torture" dit Jésus. "Pourquoi
la lui as-tu imposée alors, si tu sais que c'est une torture ?"
demande l'Iscariote. "Ce n'est pas une bonne chose pour elle, ni pour
nous." "Rien
d'autre que la preuve manifeste, indubitable de son changement ne pouvait
persuader le monde. Marie veut en persuader le monde. Sa rupture avec le
passé a été complète. Elle est complète." 137> "C'est à voir. C'est
bien tôt maintenant pour le dire. Quand on s'est habitué à un genre de vie,
il est difficile de s'en détacher tout à fait. Les amitiés et la nostalgie
nous y ramènent" dit l'Iscariote. "Alors
tu as la nostalgie de ta vie précédente ?" demande Mathieu. "Moi...
non. Mais c'est une façon de parler. Je suis moi : un homme, qui aime le
Maître et... Enfin, j'ai en moi des éléments qui me servent à rester fidèle à
mon projet. Mais elle, c'est une femme et quelle femme ! Et puis, même
si elle ne manque pas de fermeté, c'est toujours peu agréable de l'avoir avec
nous. Si on devait rencontrer des rabbins, des prêtres ou des pharisiens
puissants, croyez bien que leurs commentaires ne seraient pas agréables. Je
rougis à l'avance d'y penser." "Ne
te contredis pas, Judas. Si tu as réellement coupé les ponts avec le passé,
comme tu veux le dire, pourquoi tant t'affliger qu'une pauvre âme nous suive
pour compléter sa transformation dans le Bien ?" "Mais
par amour, Maître, Moi aussi je fais tout par amour. Envers Toi."
"Oui,
Maître." L'objet de la discussion avance pendant ce temps avec les
autres femmes à côté de Marie, sans se douter qu'elle est la cause d'une si grande discussion. Ils
ont atteint, traversé, dépassé, l'agglomération de Jafia
sans qu'aucun citadin manifeste le désir de suivre le Maître ou de le
retenir. Ils continuent leur route, les apôtres inquiets de l'indifférence de
cette localité, et Jésus qui cherche à les calmer. La
vallée continue vers l'ouest, et on voit à son extrémité un autre pays qui
s'étend au pied d'une autre montagne. Ce
pays aussi, que j'entends nommer Méraba, est
indifférent. Des enfants seulement s'approchent des apôtres pendant qu'ils
prennent de l'eau à une limpide fontaine adossée à une maison. 138> Jésus les caresse en
leur demandant leurs noms, et les enfants Lui demandent le sien et qui il
est, où il va, ce qu'il fait. un mendiant aussi s'approche, à moitié aveugle,
vieux, courbé et il tend la main pour recevoir l'aumône qu'en effet il
reçoit. La
marche recommence avec la montée d'une colline qui barre la vallée dans
laquelle elle déverse les eaux de ses petits ruisseaux maintenant réduits à
un filet d'eau ou à des pierres brûlées par le soleil, mais la route est
bonne, ouverte d'abord au milieu de bois d'oliviers, puis d'autres arbres,
qui entrelacent leurs branches en formant une galerie verte au-dessus de la
route. Ils atteignent le sommet qui est couronné d'un bois dont on entend le
bruissement, un bois de frênes, si je ne me trompe. Et là ils s'assoient pour
se reposer et prendre de la nourriture. Et avec la nourriture et le repos,
ils jouissent d'une vue charmante, car le panorama est merveilleux avec la
chaîne du Carmel à la gauche quand on regarde vers l'ouest. C'est une chaîne
très verte où l'on découvre toutes les plus belles tonalités de vert. Là où
elle finit, c'est la mer qui scintille, découverte, sans limites, qui
s'étend, avec son drap agité par de légères vagues, vers le nord. Elle baigne
les rivages qui, de l'extrémité du promontoire formé par les contreforts du
Carmel, montent vers Ptolémaïs et les autres villes, pour finalement se
perdre dans une légère brume du côté de la Syro-Phénicie. Par contre, on ne
voit pas la mer au sud du promontoire du Carmel car la chaîne plus haute que
les collines où ils se trouvent en cache la vue. Les
heures passent dans l'ombre bruissante du bois bien
aéré. Certains dorment, d'autres parlent à mi-voix, d'autres regardent. Jean
s'éloigne de ses compagnons en montant le plus haut possible pour mieux voir.
Jésus s'isole dans un endroit couvert pour prier et méditer. Les femmes, à
leur tour, se sont retirées derrière le rideau ondulant d'un chèvrefeuille
tout en fleurs. Là, elles se sont rafraîchies à une source minuscule qui,
réduite à un filet d'eau, forme dans la terre une flaque qui n'arrive pas à
se changer en ruisseau. Puis les plus âgées se sont endormies, fatiguées,
alors que Marie très Sainte avec Marthe et Suzanne parlent de leurs maisons
lointaines et que Marie dit qu'elle voudrait bien avoir ce beau buisson tout
en fleurs pour orner sa petite grotte. Marie-Magdeleine, qui avait dénoué ses
cheveux, ne pouvant en supporter le poids, les rassemble de nouveau et
dit : "Je vais vers Jean maintenant qu'il est avec Simon, pour
regarder avec eux la mer." "J'y
vais moi aussi" répond Marie très Sainte. 139> Marthe et Suzanne
restent auprès de leurs compagnes endormies. Pour
rejoindre les deux apôtres, elles doivent passer près du buisson où Jésus
s'est isolé pour prier. "Mon
Fils trouve son repos dans la prière" dit doucement Marie. Marie-Magdeleine lui répond : "Je crois qu'il
Lui est indispensable aussi de s'isoler pour garder sa merveilleuse maîtrise
que le monde met à dure épreuve. Tu sais, Mère ? "Plus
forte maintenant, plus tard tu te sentiras heureuse. Crois-le aussi,
Marie : dans la joie comme dans la douleur, dans la paix comme dans la
lutte, notre esprit a besoin de se plonger tout entier dans l'océan de la
méditation pour reconstruire ce qu'abattent le monde et les vicissitudes de-la vie et pour créer de nouvelles forces pour s'élever
toujours davantage. En Israël, nous usons et abusons de la prière vocale. Je
ne veux pourtant pas dire qu'elle soit inutile et mal vue de Dieu. Mais je
dis pourtant que beaucoup plus utile à l'esprit est l'élévation mentale vers
Dieu, la méditation où, en contemplant sa divine perfection et notre misère,
ou celle de tant de pauvres âmes, non pas pour les critiquer mais pour les
plaindre et les comprendre, et pour remercier le Seigneur qui nous a
soutenues pour nous empêcher de pécher, ou nous a pardonnées pour ne pas nous
laisser par terre, nous arrivons à prier réellement, c'est-à-dire à aimer.
Parce que l'oraison pour être réellement ce qu'elle doit être, doit être
amour. Autrement c'est une agitation des lèvres d'où l'âme est absente." "Mais,
est-il permis de parler à Dieu quand on a les lèvres souillées par tant de
paroles profanes ? Moi, dans mes heures de recueillement que je passe
comme tu me l'as enseigné, toi, mon très doux apôtre, je fais violence à mon
cœur qui voudrait dire à Dieu : "Je t'aime"..." "Non !
Pourquoi ?" "Parce
qu'il me semble que je ferais une offrande sacrilège en offrant mon cœur..." "Ne
fais pas cela, ma fille, ne le fais pas. Ton cœur, avant tout, est reconsacré par le pardon du Fils, et le Père ne voit que
ce par- don. Mais, même si Jésus ne t'avait pas encore pardonné, et si toi,
dans une solitude ignorée, qui peut être aussi bien matérielle que morale, tu
criais vers Dieu : "Je t'aime, Père, pardonne mes misères 140> parce qu'elles me
déplaisent à cause de la douleur qu'elles te donnent", crois bien, ô
Marie, que le Dieu Père t'absoudrait de Lui-même et que cher Lui serait ton
cri d'amour. Abandonne-toi, abandonne-toi à l'amour. Ne lui fais pas
violence. Laisse-le même devenir violent comme un incendie. L'incendie
consume tout ce qui est matériel mais ne détruit pas une molécule d'air, car
l'air est incorporel. Au contraire il le purifie des minuscules déchets que
les vents y apportent, le rend plus léger. Il en est ainsi de l'amour pour
l'esprit. Il consumera plus rapidement la matière de l'homme, si Dieu le
permet, mais il ne détruit pas l'esprit. Au contraire il en augmente la
vitalité et le fait pur et agile pour monter vers Dieu. Vois-tu Jean
là-bas ? C'est vraiment un garçon. Mais pourtant c’est un aigle. Il est
le plus fort de tous les apôtres, car il a compris le secret de la force, de
la formation spirituelle : l'amoureuse méditation." "Mais
lui est pur. Moi... Lui c'est un garçon. Moi..." "Regarde
alors le Zélote. Ce n'est pas un garçon. Il a vécu, il a lutté, il a haï. Il
le reconnaît sincèrement. Mais il a appris à méditer. Et lui aussi,
crois-moi, est bien haut. Tu vois ? Ils se cherchent tous les deux,
parce qu'ils se ressemblent. Ils ont atteint le même âge parfait de l'esprit
et par le même moyen : l'oraison mentale. C'est par elle que le garçon
est devenu viril en son esprit et c'est par elle que celui qui était déjà
vieux et fatigué est revenu à une forte virilité. Et tu connais un autre qui,
sans être apôtre sera et même est très avancé à cause de sa tendance
naturelle à la méditation qui, depuis qu'il est l'ami de Jésus, est devenue
en lui une nécessité spirituelle ? Ton frère." "Mon
Lazare ? ...Oh ! Mère ! Dis-le-moi, toi
qui sais tant de choses parce que Dieu te les montre, comment me traitera
Lazare à la première rencontre ? Avant, il se taisait, méprisant, mais
il le faisait parce que moi, je ne supportais pas les observations. J'ai été
très cruelle avec mon frère et ma sœur... Maintenant je le comprends.
Maintenant qu'il sait qu'il peut parler, que me dira-t-il ? Je crains de
lui un franc reproche. Oh ! certainement il me rappellera toutes les peines
dont j'ai été la cause. Je voudrais voler vers Lazare, mais j'en ai peur.
Auparavant j'y allais, mais les souvenirs de maman qui était morte, ses
larmes présentes encore sur les objets dont elle se servait, les larmes
répandues pour moi, par ma faute, rien ne m'émouvait. Mon cœur était cynique,
effronté, fermé à toute voix qui n'était pas celle du "mal". Mais
maintenant je n'ai plus la force mauvaise du Mal et je tremble... Que me fera
Lazare ?" 141> "Il t'ouvrira les
bras et t'appellera "sœur bien-aimée" plus avec son cœur qu'avec
ses lèvres. Il est si bien formé en Dieu qu'il ne peut user que de cette
manière. Ne crains pas. Il ne te dira pas un mot du passé. Lui, c'est comme
si je le voyais, il est là-bas à Béthanie et les jours d'attente sont pour
lui bien longs. Il t'attend pour te serrer sur son cœur, pour contenter son
amour fraternel. Tu n'as qu'à l'aimer comme il t'aime, lui, pour goûter la
douceur d'être nés d'un même sein." "Je
l'aimerais même s'il m'adressait des reproches. Je les mérite." "Mais
lui t'aimera seulement, sans plus." Elles
ont rejoint Jean et Simon qui parlent des futurs voyages et qui se lèvent,
respectueux, quand arrive la Mère du Seigneur. "Nous
venons nous aussi pour louer le Seigneur pour les belles œuvres de sa
création." "Mère,
as-tu jamais vu la mer ?"
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Leur
conversation se poursuit alors que je n'ai plus la possibilité de voir et
d'entendre. |
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