|
"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
||
|
Fin novembre de l'an -4
- Un songe fait se lever Joseph en pleine nuit
217 - À l'aube nous fuyons 218 - Marie s'empresse de ramasser ses choses 218 - Elle éveille l'enfant et lui donne le sein
219 - Hérode veut sa mort 220 - Nous avons la richesse des Mages et Dieu
avec nous 221 - Départ avec trois montures 222 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 1 1.58. |
||
|
217> Je vois en esprit la scène suivante : C'est la nuit. Joseph dort sur sa couchette dans sa chambre minuscule. Un sommeil
tranquille de qui se repose de beaucoup de travail accompli honnêtement et
soigneusement. Je le vois dans
l'obscurité de la pièce, à peine amoindrie par un filet de lumière lunaire
qui entre par la fente de la fenêtre à peine entrebâillée mais pas fermée
complètement, comme si Joseph avait chaud dans ce petit local, ou comme s'il
voulait avoir ce petit filet de lumière pour pouvoir se régler sur l'aube et
se lever promptement. Il repose sur un côté, et dans son sommeil sourit à je
ne sais quelle vision, qu'il a, à un songe. Mais le sourire se change en
effroi. Il soupire profondément comme s'il avait un cauchemar et s'éveille en
sursaut [1]. Il s'assied sur le
lit, se frotte les yeux et regarde autour de lui. Il regarde vers la petite
fenêtre d'où vient le filet de lumière, La nuit est profonde, mais il saisit
le vêtement étendu au pied du lit, et toujours assis sur le lit l'enfile sur
la tunique blanche aux manches courtes qu'il a sur la peau. Il écarte les
couvertures, met les pieds à terre et cherche ses sandales. Il les enfile et
les lace. il se lève et se dirige vers la porte en face de son lit, pas celle
qui est sur le côté du lit et qui conduit à la pièce où furent accueillis les
Mages. Il frappe doucement, à peine un tic-tic,
avec l'extrémité des doigts. Il doit comprendre
qu'on l'invite à entrer, car il ouvre précautionneusement la porte et la
referme sans bruit. Avant de se diriger vers la porte, il a allumé une petite
lampe à huile à une seule flamme et s'éclaire avec elle. 218> Il entre, dans une chambre un peu plus grande que la sienne et
où se trouve une couchette basse près d'un berceau. Il y a déjà une veilleuse
allumée dont la petite flamme qui tremble dans un coin semble une petite
étoile lumineuse faible et dorée qui permet de voir sans gêner le sommeil de
qui dort. Mais Marie ne dort pas. Elle est agenouillée près du berceau dans
son vêtement clair et elle prie, veillant Jésus qui dort tranquillement. Jésus qui a l'âge où je l'ai
vu dans la vision des Mages. Un enfant d'un an environ, beau, rose et blond
avec sa jolie petite tête aux cheveux bouclés enfoncée dans l'oreiller et une
main fermée sous la gorge. "Tu ne dors
pas ?" demande Joseph à voix basse, étonné. "Pourquoi ?
Jésus n'est pas bien ?" "Oh, non !
Il est bien. Je prie. Mais je dormirai après. Pourquoi es-tu venu,
Joseph ?" Marie parle en restant à genoux comme elle était. Joseph parle à voix
très basse pour ne pas éveiller le Bébé mais avec animation. "Il faut partir
tout de suite d'ici, mais tout de suite. Prépare le coffre et un sac
avec tout ce que tu peux y mettre. Je préparerai le reste. J'emporterai le
plus de choses possible... À l'aube nous fuyons. Je le ferais encore plus
tôt, mais je dois parler à la propriétaire de
la maison..." "Mais pourquoi
cette fuite ?" "Je
t'expliquerai après, c'est pour Jésus. Un ange me l'a
dit : "Prends l'Enfant et la Mère et fuis en Égypte". Ne perds
pas de temps. Je vais préparer tout ce que je puis." Pas besoin de dire à
Marie de ne pas perdre de temps. Dès qu'elle a entendu parler d'un ange, de
Jésus et de fuir, elle a compris qu'il y a danger pour sa Créature et a bondi
debout plus pâle avec son visage de cire, en portant angoissée une main sur
son cœur. Elle a commencé à marcher, rapide et légère, à ranger les vêtements
dans le coffre et dans un grand sac qu'elle a étendu sur son lit encore
intact, Elle est angoissée mais elle ne perd pas la tête, elle fait les
choses avec empressement mais aussi avec ordre. De temps en temps en passant
près du berceau, elle regarde le Bébé qui dort, sans savoir. "As-tu besoin
d'aide ?" demande de temps à autre Joseph en passant la tête à la
porte entrebâillée. "Non,
merci" répond toujours Marie. 219> Seulement quand le sac est plein et il doit être lourd, elle appelle
Joseph pour qu'il l'aide à le fermer et à l'enlever du lit. Mais Joseph ne
veut pas qu'on l'aide et se débrouille seul en prenant le long paquet et en
le portant dans sa petite pièce. "Est-ce que je
dois prendre les couvertures de laine ?" demande Marie. "Prends le plus
possible, car le reste nous le perdrons. Mais prends tout ce que tu peux. Ce
sera utile parce que... parce que nous devons rester loin longtemps,
Marie !..." Joseph est très triste en disant cela. Et pour Marie on peut
penser ce qu'il en est. Elle plie en soupirant ses couvertures et celles de
Joseph, qui les lie avec une corde. "Nous laisserons
les courtepointes et les nattes, dit-il en ficelant les couvertures. Même si
je prends trois ânes, je ne peux trop les charger. Nous avons à parcourir une
longue et pénible route, en partie à travers les montagnes et en partie dans
le désert. Couvre bien Jésus. Les nuits seront tellement froides dans les
montagnes et le désert. J'ai pris les cadeaux des Mages qui nous seront
utiles là-bas. Tout ce que j'ai, je le dépense pour acheter les deux ânes.
Nous ne pouvons pas les renvoyer et je dois payer comptant. Je vais sans
attendre l'aube. Je sais où les trouver. Toi, finis de tout préparer" et
il sort. Marie recueille
encore quelque objet, puis après avoir observé Jésus, elle sort et revient
avec des petits vêtements qui paraissent encore humides, peut-être lavés de
la veille. Elle les plie, les enroule dans un linge et les met avec le reste.
Plus rien. Elle se tourne et voit dans un coin un petit jouet de Jésus :
une petite brebis taillée dans le bois. Elle la prend en sanglotant et
l'embrasse. Le bois porte les traces des petites dents de Jésus et les
oreilles de la brebis sont toutes mordillées. Marie caresse cet objet sans
valeur, taillé dans un morceau de bois blanc, mais de si grand prix pour elle
parce que il lui dit l'affection de Joseph pour Jésus et lui parle de son
Bébé. Elle le joint aux autres objets sur le coffre fermé. Maintenant il n'y
a vraiment plus rien. Jésus seulement dans son berceau. Marie pense qu'il
faudrait bien préparer le Bébé. Elle va au berceau et le remue un peu pour
réveiller le Petit. Mais il gémit un instant, se retourne et continue de
dormir. Marie caresse doucement les boucles de ses cheveux. Jésus ouvre sa
petite bouche pour bailler. 220> Marie se penche et
le baise sur la joue. Jésus achève de se réveiller. Il ouvre les yeux. Il
voit la Maman et sourit et tend ses mains vers son sein. "Oui, amour de
ta Maman. Oui, le lait. Avant l'heure habituelle... Mais tu es toujours prêt
à sucer ta Maman, mon saint petit agneau !" Jésus rit et joue en
agitant ses petits pieds hors des couvertures agitant les bras avec une de
ces joies enfantines, si charmantes à voir. Il appuie ses pieds contre
l'estomac de sa Maman, se courbe et appuie sa tête blonde sur son sein. Puis
il se rejette en arrière et rit en saisissant les cordons qui ferment le
vêtement de Marie et en essayant de l'ouvrir. Dans sa chemisette de lin, il
apparaît très beau, grassouillet, rose comme une fleur. Marie se penche et
restant ainsi en travers du berceau dont elle se fait une protection, elle
pleure et rit à la fois, pendant que le Bébé babille avec ces paroles – qui
n'en sont pas - de tous les bébés et où on distingue nettement
"Maman". Il la regarde étonné de la voir pleurer. Il étend la main
vers les larmes claires qui sillonnent les joues de Marie et la mouille en
faisant des caresses. Puis dans cette délicieuse attitude, il s'appuie de
nouveau sur le sein maternel, se serre tout contre en le caressant de sa
petite main. Marie baise sa
chevelure, le prend, s'assied et l'habille. Voilà : le petit vêtement de
laine est enfilé et ses pieds ont chacun des sandales minuscules. Elle lui
donne le lait et Jésus suce avidement le bon lait de sa Maman. Quand il lui
semble qu'à droite il n'en vient plus qu'un peu, il s'en va chercher à gauche
et rit, et ce faisant il regarde par en dessous sa Maman. Puis il s'endort,
la tête sur le sein de Marie, sa petite joue rose et ronde contre le sein
blanc et arrondi de sa Mère. Marie se relève,
doucement et le dépose sur la courte pointe de son lit. Elle le couvre de son
manteau. Elle va au berceau et plie les petites couvertures. Elle se demande
si elle doit prendre aussi le petit matelas. Il est si petit ! Elle peut
le prendre, Elle le met, avec l'oreiller, près des objets qui sont déjà sur
le coffre; Et elle pleure sur le berceau vide, pauvre Maman, persécutée dans
sa Créature ! Joseph revient :
"Es-tu prête ? Jésus l'est-il aussi ? As-tu pris ses
couvertures, sa petite couchette ? Nous ne pouvons emporter le berceau,
mais au moins qu'il ait son petit matelas, le pauvre Petit qu'ils cherchent à
faire mourir !" 221> "Joseph !" Elle pousse un cri pendant qu'elle
s'accroche au bras de Joseph. "Oui, Marie, à
le faire mourir ! Hérode veut sa mort... parce qu'il en a peur ... pour son
pouvoir royal, il a peur de cet Innocent, ce fauve immonde. Que fera-t-il
quand il apprendra qu'il est en fuite, je ne sais. Mais nous serons loin
alors. Je ne crois pas qu'il se vengera en le cherchant jusqu'en Galilée.
Déjà il serait trop difficile de découvrir que nous sommes Galiléens et
encore moins de Nazareth, et qui nous sommes, exactement. A moins que
Satan ne l'aide pour le remercier d'être pour lui un serviteur dévoué.
Mais... si cela arrivait... Dieu nous aidera de son côté. Ne pleure pas
Marie. Te voir pleurer m'afflige bien plus que de devoir partir pour l'exil.
" "Pardonne-moi,
Joseph ! Ce n'est pas pour moi que je pleure; ni pour le peu de bien que
je perds. C'est pour toi... Tu as déjà dû tellement te sacrifier ! Et
maintenant tu vas te trouver sans clients, sans maison ! Combien je te
coûte, Joseph !" "Combien ?
Non, Marie. Tu ne me coûtes pas. Tu me consoles. Toujours. Ne pense pas à
demain. Nous avons les richesses des Mages. Elles nous aideront pour les
premiers temps. Puis, je trouverai du travail. Un ouvrier honnête et capable
se débrouille, tout de suite. Tu as vu ici. Je n'arrivais pas à trouver du
temps pour tout faire." "Je sais, mais
qui te guérira de ta nostalgie ?" "Et toi, qui te
guérira de la nostalgie de la maison qui t'est si chère ?" "Jésus. En le
possédant j'ai encore ce que j'ai eu là-bas." "Et moi,
possédant Jésus, je possède la patrie que j'espérais retrouver il y a quelques
mois. Je possède mon Dieu. Tu vois que je n'ai rien perdu de ce qui
par-dessus tout m'est cher. Il nous suffit de sauver Jésus et alors tout nous
reste. Même si nous ne devions plus voir ce ciel, ces campagnes et celles
plus chères de la Galilée, nous aurions tout parce que nous l'avons, Lui.
Viens, Marie, l'aube commence à poindre il est temps de saluer notre hôtesse
et de charger nos affaires. Tout ira bien." Marie se lève
obéissante. Elle s'enveloppe dans son manteau pendant que Joseph fait un
dernier paquet qu'il emporte en sortant. Marie soulève
délicatement le Bébé, l'enveloppe dans un châle et le serre sur son cœur. 222> Elle regarde les murs qui l'ont abritée des mois durant et les
effleure de la main. Bienheureuse maison qui as mérité d'être aimée et bénie
par Marie ! Elle sort. Elle traverse la petite pièce qui était celle de
Joseph, elle entre dans l'autre pièce. La propriétaire [2], toute en larmes,
l'embrasse et la salue. Soulevant un coin du châle, elle baise au front le
Bébé qui dort tranquille. Ils descendent le petit escalier extérieur. Il y a une première
clarté de l'aube qui permet tout juste de distinguer les objets. Dans cette
pénombre on aperçoit les trois montures. La plus robuste porte les charges.
Les autres ont la selle. Joseph s'applique à bien disposer le coffre et les
paquets sur le bât du premier âne. Je vois empaquetés et posés sur le haut du
sac les outils de charpentier. De nouveau, adieux et larmes, puis Marie monte
sur son âne, pendant que la propriétaire tient Jésus à son cou et le baise
une dernière fois avant de le rendre à sa Mère, Joseph aussi monte en selle
après avoir attaché son âne à celui qui porte les bagages pour être libre de
tenir l'ânon de Marie. La fuite commence pendant que Bethléem, qui
rêve encore à la scène fantasmagorique des Mages, dort tranquillement,
inconsciente de ce qui l'attend [3]. |
|||
|
C'est la fin de la vision. |
|||
[1] Matthieu
2,13 Après leur départ (des Mages), voici que l’Ange du
Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit: "Lève-toi, prends avec toi
l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte; et restes-y jusqu’à ce que je te dise.
Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr."
[3] Le massacre des innocents : Plus de 2.000 jeunes
enfants à Bethléem et dans les environs, selon les souvenirs amplifiés des
témoins, est raconté en 2.37, page 176 : Dans une dictée à Maria
Valtorta, Jésus corrige cette exagération : "Matthieu 2,16 "Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les
mages (qui ne sont pas revenus le voir), fut pris d’une violente fureur et
envoya mettre à mort, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de
moins de deux ans, d’après le temps qu’il s’était fait préciser par les
mages."