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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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an -2
- La petite propriété d'Égypte 227 - Un enfant de 2 ans qui s'amuse 227 - Marie tisse et s'occupe de lui 229 - Elle sort de l'enclos avec lui 229 - L'accueil fait à Joseph 229 - Arrivée de Joseph à la maison 230 - Le repas du soir 231 - [Commentaires
de MV : Silence de
Jésus ] 231 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 1 1.60. |
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227> La douce vision de la
Sainte Famille. C'est en Égypte. Je n'en puis douter car je vois le désert et
une pyramide [1]. Je vois une
maisonnette toute blanche, qui n'a que le rez-de-chaussée. Une pauvre maison
de très pauvres gens. Les murs sont à peine crépis et revêtus d'une seule
couche de chaux. La petite maison a deux portes, voisines l'une de l'autre
qui donnent accès à deux uniques pièces où, pour l'instant, je n'entre pas.
L'habitation est au milieu d'un petit terrain sableux enclos de roseaux
enfoncés dans le sol, faible défense contre les voleurs. Cela ne peut servir
que contre quelque chien ou chat vagabond. Mais, au fait, qui aurait idée de
voler là où il est visible qu'il n'y a pas ombre de richesse ? Sur l'enceinte des roseaux,
rendue ainsi plus épaisse et moins misérable on a fait pousser des plantes
grimpantes qui me paraissent être de modestes liserons. Sur un seul côté, un
arbuste de jasmin en fleurs et un buisson de roses des plus communes. Le
terrain est cultivé patiemment, bien qu'aride et pauvre, pour en faire un
petit jardin. Je vois de très maigres légumes dans quelques petites
plates-bandes au milieu, sous un arbre de haute futaie que je ne puis
identifier, il projette un peu d'ombre sur le terrain brûlé par le soleil et
sur le petite maison. A cet arbre est attachée une petite chèvre blanche et
noire qui broute et rumine les feuilles de quelques branches jetées sur le
sol. 228> Et là, sur une natte étendue par terre se
trouve Jésus Enfant. Il me paraît
avoir deux ans, deux ans et demi au maximum. Il joue avec des
morceaux de bois taillés qui semblent des brebis ou des chevaux et avec des
rubans de bois blanc moins bouclés que ses cheveux d'or. Avec ses petites
mains potelées, il cherche à mettre ces colliers de bois aux cous de ses
animaux. Il est bon et souriant. Très beau. Une petite tête avec des
cheveux d'or tous bouclés, épais. Son teint est clair, délicatement rosé, ses
yeux vifs, brillants, d'azur foncé. L'expression est naturellement
différente, mais je reconnais la couleur des yeux de mon Jésus : deux
saphirs sombres très beaux. Il est vêtu d'une longue chemise blanche qui Lui
sert de tunique. Les manches arrivent au coude. Aux pieds, rien pour le
moment. Les minuscules sandales sont sur la natte et servent elles aussi de
jouet au Bébé. Il y attelle ses animaux qui tirent la sandale par la courroie
comme si c'était une petite charrette. Ce sont des sandales très
simples : une semelle et deux courroies qui partent l'une de la pointe,
l'autre du talon. Celle qui part de la pointe bifurque ensuite à un certain
endroit. Une partie passe dans l'ouverture de la courroie qui vient du talon
pour aller s'agrafer avec l'autre partie qui forme un anneau au cou du pied. Un peu à l'écart, elle aussi à l'ombre de l'arbre, c'est la Madone. Elle tisse sur un
métier rustique et surveille le Bébé. Je vois ses mains minces et blanches
aller et venir en jetant la navette sur la trame et le pied chaussé d'une
sandale qui meut la pédale. Elle porte une tunique, couleur violet rosé comme
la couleur de la fleur de mauve. Elle a la tête nue et ainsi je peux observer
qu'elle a ses cheveux blonds séparés en deux bandeaux sur la tête. Ils sont ensuite
simplement tressés et retombent agréablement sur la nuque. Les manches de son
vêtement sont longues et plutôt étroites. Pas d'autre ornement que sa beauté
et la très douce expression de son visage. Son teint, la couleur des cheveux
et des yeux, la forme du visage tout est comme je la vois d'ordinaire. Ici
elle paraît très jeune à peu près dans les vingt ans [2]. A un moment elle se
lève et se penche vers le Bébé; elle Lui remet ses sandales et les lace
soigneusement. Puis, elle le caresse et Lui dépose un baiser sur la tête et
sur les yeux. Le Bébé balbutie et elle répond, mais je ne comprends pas les
paroles. Puis, elle revient à son métier; sur la toile et sur la trame elle
étend un linge, prend le tabouret sur lequel elle était assise, et le porte à
la maison. Le Bébé la suit du regard, sans l'importuner quand elle le laisse
seul. On voit que le travail est fini et que le soir arrive. En
effet, le soleil descend sur les sables dénudés et un véritable incendie
envahit tout le ciel derrière la lointaine pyramide. 229> Marie revient, prend
Jésus par la main et le fait se lever de sa natte. Le Bambin obéit sans
résistance. Pendant que la Maman ramasse les jouets et la natte, et les
rentre à la maison. Lui court, trottinant de ses petites jambes vers la chevrette
et lui met les bras au cou. La chevrette bêle et frotte son museau contre les
épaules de Jésus. Marie revient. Maintenant elle a un long voile sur la tête et
une amphore dans les mains. Elle prend Jésus par sa menotte et ils se
dirigent tous les deux en tournant autour de la maisonnette vers l'autre
façade. Je les suis admirant la grâce du tableau. La Madone qui règle
son pas sur celui du Bambin et le Bambin qui trottine à son côté. Je vois les
talons rosés qui se lèvent et se posent avec la grâce spéciale de la démarche
des enfants, dans le sable du sentier. Je note que sa petite tunique ne
descend pas jusqu'aux pieds mais arrive seulement au milieu du mollet. Elle
est très proprette, toute simple, retenue à la taille par un cordon, blanc
lui aussi. Je vois que sur le devant de la maison la haie est interrompue
par une grille rustique. Marie l'ouvre pour sortir sur la rue. C'est une
pauvre rue à l'extrémité d'une cité ou d'un pays quelconque là où ce dernier
fait place à la campagne. C'est un chemin de sable avec quelque autre
maisonnette comme celle-ci avec un pauvre jardinet. Je ne vois personne.
Marie regarde du côté du centre, pas vers la campagne, comme si elle
attendait quelqu'un, puis elle se dirige vers un bassin ou un puits
quelconque qui se trouve à quelque dix mètres au dessus et sur lequel des
palmiers font un cercle d'ombre. Je vois que le terrain à cet endroit est
couvert d'herbes verdoyantes. Ici je vois arriver en avant par la rue un homme pas trop
grand, mais robuste. Je reconnais Joseph qui sourit. Il est plus jeune que quand je l'avais vu
dans la vision du Paradis. Il paraît avoir quarante ans au plus. La barbe et
les cheveux sont épais et noirs, la peau plutôt bronzée, les yeux foncés. Un
visage honnête et agréable, un visage qui inspire confiance. En voyant Jésus
et Marie, il hâte le pas. Il a sur l'épaule gauche une espèce de scie et une
sorte de rabot, et à la main il tient d'autres outils de son métier,
différents de ceux de maintenant mais pas tellement. Il semble revenir de
travailler de chez quelqu'un. 230> Il porte un vêtement
de couleur entre noisette et marron pas très long — il arrive un peu
au-dessus de la cheville — et les manches arrêtent au coude. A la taille, une
ceinture de cuir, me semble-t-il. Une vraie tenue de travailleur. Aux pieds
des sandales avec des courroies qui s'entrecroisent aux chevilles. Marie sourit. Le Bébé pousse des cris de joie et tend son bras
libre. Quand les trois se rencontrent, Joseph se penche pour présenter au
Bébé un fruit qui par la forme et la couleur semble une pomme. Puis il tend
les bras. Le Bébé laisse sa Mère et se blottit dans les bras de Joseph
courbant sa tête dans le creux de l'épaule de Joseph qui Lui donne et en
reçoit des baisers. Un mouvement tout plein de gracieuse affection. J'oubliais de dire que Marie s'était empressée de prendre les
outils de Joseph pour le laisser libre d'embrasser le Bébé. Puis Joseph qui s'était accroupi pour se mettre au niveau de
Jésus, se relève, reprend de la main gauche ses outils et avec le bras droit
tient serré sur sa poitrine robuste, le petit Jésus. Il se dirige vers la
maison pendant que Marie va à la fontaine remplir son amphore. Entré dans l'enceinte de la maison, Joseph met par terre le Bébé,
prend le métier de Marie et le rentre, puis trait la chèvre. Jésus observe
attentivement ces opérations et regarde Joseph qui enferme la chèvre dans un
petit réduit construit sur un côté de la maison. Le soir tombe. J'observe le rouge du crépuscule qui prend une
teinte violacée au-dessus des sables où par la chaleur l'air semble en
vibration. La pyramide paraît plus sombre. Joseph entre dans la maison dans une pièce qui doit être à la
fois atelier, cuisine, salle à manger. On croit que l'autre est réservée au
repos, mais je n'y entre pas. Au niveau du sol, il y a un foyer allumé et,
toujours dans cette pièce, un établi de menuisier, une petite table, des
tabourets, des étagères avec, dessus, quelques pièces de vaisselle et deux
lampes à huile. Dans un coin le métier de Marie. Il y a beaucoup, beaucoup
d'ordre et de propreté. Demeure très pauvre, mais très propre.
231> Marie revient avec
l'amphore et on ferme la porte sur la nuit qui tombe rapidement. La pièce est
éclairée par une lampe que Joseph a allumée et qu'il a placée sur son établi
où il se penche pour travailler encore à des bricoles pendant que Marie
prépare le souper. Le feu aussi éclaire la pièce. Jésus, les mains appuyées
sur l'établi et la tête dressée, observe ce que fait Joseph. Puis ils s'assoient à table après avoir prié. Ils ne font pas
naturellement le signe de croix, mais ils prient. C'est Joseph qui prie et
Marie qui répond. Mais je ne comprends rien. Ce doit être un psaume. Mais on
le dit dans une langue qui m'est totalement inconnue. Puis on s'assied. Maintenant la lampe est sur la table. Marie a
sur son sein Jésus à qui elle fait boire le lait de la chevrette. Elle y
trempe des morceaux de pain coupés dans une miche ronde dont la croûte est
noire, noire aussi à l'intérieur. Ce doit être un pain de seigle ou d'orge.
C'est parce que c'est du pain bis qui a beaucoup de son. Joseph mange en même
temps du pain et du fromage, un morceau de fromage avec beaucoup de pain.
Puis Marie assoit Jésus sur un petit tabouret en face d'elle. Elle apporte
des légumes cuits - ils me semblent cuits à l'eau et assaisonnés comme nous
les faisons nous aussi d'ordinaire - elle en mange, elle aussi après que
Joseph s'est servi. Jésus mange tranquillement sa pomme et sourit, découvrant
ses petites dents blanches. Le repas se termine avec des olives ou des dattes :
je ne comprends pas bien : pour des olives elles sont trop claires, pour
des dattes elles sont trop dures. Du vin, rien. Repas de pauvres gens. Mais elle est si grande la paix que l'on respire dans cette
pièce. La vue d'un riche appartement de roi ne pourrait me présenter rien
d'aussi charmant. Et quelle harmonieuse entente ! |
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Jésus ce soir ne parle pas. Il ne m'explique pas la scène. Il
m'enseigne par la vision qu'il me donne, et c'est tout. Qu'il en soit
toujours et pareillement béni |
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[1] C’est Matarea. La sainte famille a fuit Bethléem en passant
par Gaza pour rejoindre la Mer Rouge. (4.110,
p.141)
[2] Elle a presque 19 ans.