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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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vendredi
- Visite de la ville en chantier 434 - Discours (L'unité nécessaire à une ville 435 - L'humanité divisée par Satan 436 - L'heure de la fondation du Royaume 436 - Commentaire du Décalogue 437 - L'union avec Dieu) 439 - Éloge de Marie 440 |
4.152. |
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434> Il croyait être inconnu ! Quand la matinée du lendemain il pose le pied hors du magasin d'Alexandre, il trouve déjà des personnes qui l'attendent. Jésus est avec les seuls apôtres, les femmes et les disciples sont restés à la maison à se reposer. Les gens le saluent et l'entourent en Lui disant qu'ils le connaissent parce qu'ils ont entendu parler un homme guéri de la possession diabolique.[1] Ce dernier est maintenant absent parce qu'il est parti avec deux disciples passés par là quelques jours auparavant. Jésus écoute avec bienveillance ces discours tout en marchant à travers la ville qui présente souvent des zones où l'on entend un furieux fracas de chantiers. Maçons, terrassiers, tailleurs de pierres, forgerons, menuisiers, travaillent à construire, à aplanir ou à combler des terrains de niveaux différents, à dégrossir des pierres pour les murs, à travailler le fer pour différents usages, à scier, à raboter, à façonner des pieux avec des troncs robustes. Jésus passe et regarde, il franchit un pont jeté sur un petit torrent bavard qui passe juste au milieu du pays, et les maisons se sont alignées sur les deux rives avec la prétention de former un 435> quai. Il monte ensuite vers la partie haute de la ville qui est un peu en dénivellation, de sorte que le côté sud-ouest est plus élevé que le côté nord-est, mais les deux côtés sont plus hauts que le centre de la ville coupée en deux par le petit cours d'eau. La vue est belle au point où s'est arrêté Jésus. On voit toute la ville passablement grande et en arrière, à l'orient, au midi et à l'occident, se trouve un fer à cheval de collines en pente douce toutes vertes, alors qu'au nord la vue s'étend sur une plaine découverte et vaste qui présente à l'horizon un relief léger qu'on peut difficilement appeler collines, tout blondi par le soleil matinal qui dore les pampres jaunâtres des vignes qui couvrent cette vague de terrain comme s'il voulait adoucir la mélancolie des feuilles mortes par le faste d'une couche de dorure. Jésus observe et les gens de Gerasa restent à le regarder. Jésus les conquiert en leur disant : « Cette ville est très belle. Rendez-la belle aussi de justice et de sainteté. Les collines, le ruisseau, la verte plaine, c'est Dieu qui vous les a donnés. Rome vous aide maintenant à vous faire des maisons et de beaux édifices, mais il revient à vous seuls de donner à votre ville le nom de ville sainte et juste. Une ville est ce que la font ses habitants, parce qu'une ville est une partie de la société qui s'enferme dans des murs, mais ce qui fait la ville, ce sont les habitants. La ville en elle-même ne pèche pas. Ils ne peuvent pécher le ruisseau, le pont, les maisons, les tours. Ce sont des matières, non des âmes. Mais peuvent pécher ceux qui sont enfermés dans les murailles de la ville, dans les maisons, dans les boutiques, ceux qui passent sur le pont et ceux qui se baignent dans le ruisseau, On dit d'une ville factieuse et cruelle : "C'est une ville très mauvaise". Mais c'est mal dit. Ce n'est pas la ville qui est mauvaise, ce sont les habitants qui sont mauvais. Ces individus qui deviennent, en s'unissant, une seule chose complexe, et pourtant encore une seule chose c'est cela qui mérite le nom de ville. Maintenant écoutez. Si dans une ville dix mille habitants sont bons et que mille seulement ne le sont pas, pourrait-on dire que cette ville est mauvaise ? Non, on ne pourrait le dire. De même, si dans une ville de dix mille habitants il y a beaucoup de partis et que chacun tend à faire valoir le sien, peut encore dire que cette ville est unie ? Non, on ne peut le dire. Et pensez-vous que cette ville sera prospère ? Non, elle ne le sera pas. Vous, habitants de Gerasa, vous êtes maintenant tous unis dans la pensée de faire de votre ville une grande chose. Et vous y réussirez parce que tous vous voulez la même chose et vous rivalisez 436> entre vous pour atteindre ce but. Mais si parmi vous s'élevaient des partis différents et que l'un vienne à dire : "Non, il vaut mieux s'étendre vers l'occident", et un autre : "Pas du tout. Nous irons vers le nord du côté de la plaine", et un troisième : "Ni ici, ni là. Nous voulons nous grouper au centre près du ruisseau", qu'arriverait-il ? Il arriverait que les travaux commencés s'arrêteraient, que ceux qui prêtent des capitaux les retireraient et que ceux qui ont l'intention de s'établir ici s'en iraient dans une autre ville plus unie, et ce qui est déjà fait tomberait en ruines parce que cela serait exposé aux intempéries sans être terminé à cause des divisions des habitants. C'est ainsi ou non ? Vous dites que c'est ainsi, et vous dites bien. Il faut donc l'entente entre les habitants pour faire le bien de la ville et, par conséquent des habitants, parce que dans une société son bien propre fait le bien-être de ceux qui la composent. Mais
il n'y a pas seulement la société à laquelle vous pensez, la société
de ceux qui appartiennent à la même ville, ou au même pays, ou la
petite et chère société de la famille. Il est une société plus vaste,
infinie : celle des esprits. Nous tous qui sommes vivants, nous avons
une âme. Cette âme ne meurt pas avec le corps mais lui survit éternellement.
Je
l'ai dit ailleurs à ceux qui m'accusaient de chasser les démons avec
l'aide de Belzébuth : "Tout royaume divisé en lui-même ira à
sa ruine".[2]
En effet si Satan se chassait lui-même, lui et son royaume ténébreux
iraient à leur ruine. Moi, à cause de l'amour que Dieu a pour l'humanité
créée par Lui, je suis venu rappeler qu'un seul Royaume est saint :
celui des Cieux. Je suis venu le prêcher 437>
pour que les meilleurs accourent vers lui.
Respectez le sabbat selon le commandement de Dieu et le besoin de la créature. Honorez vos pères et vos mères afin de vivre longuement et d'obtenir le bien sur la terre et dans le Ciel. Ne tuez pas. Ne dérobez pas. Ne commettez pas l'adultère. Ne dites pas de faux témoignages contre le prochain. Ne désirez pas la femme d'autrui. N'enviez pas ce que possède autrui". Quel
est l'homme qui, ayant une âme bonne même si c'est un sauvage, 438>
qui en tournant son regard sur ce qui l'entoure, n'arrive à se dire :
"Tout cela n'a pu se faire tout seul. Il y a donc Quelqu'un, plus
puissant que la nature et que l'homme lui-même, qui a fait cela" ?
Et il adore ce Puissant dont il connaît ou ne connaît pas le Nom très
Saint mais dont il sent l'existence. De même aussi par simple prudence morale, tout homme sent qu'il doit donner du repos à ses membres pour qu'ils résistent tant que dure la vie. Avec plus de raison ce repos animal, l'homme qui n'ignore pas le Dieu d'Israël, le Créateur et Seigneur de l'univers, a conscience qu'il doit le consacrer au Seigneur pour ne pas être semblable à la bête de somme qui fatiguée se repose sur sa litière en mâchant de l'avoine entre ses dents robustes. Le
sang lui-même crie amour pour ceux dont il est venu et nous le constatons
dans ce petit âne qui court en ce moment en brayant à la rencontre de sa
mère qui revient du marché. Il jouait dans le troupeau et l'ayant vue,
il se souvient d'avoir été allaité par elle et léché affectueusement,
défendu, réchauffé par sa mère et vous voyez ? Avec son tendre
naseau il lui frotte le cou et saute de joie en frottant sa jeune croupe
contre le flanc qui l'a porté. Aimer les parents, c'est un devoir et un
plaisir. L'homme moralement bon ne tue pas. La violence lui inspire du dégoût. Il a conscience qu'il n'est pas permis d'enlever la vie à quiconque, que seulement Dieu qui l'a donnée a le droit de l'enlever. Et il se refuse à l'homicide. De même celui qui est moralement sain ne s'empare pas des choses d'autrui. Il préfère le pain mangé avec une conscience tranquille auprès de la fontaine argentine, à un succulent rôti qui est le produit d'un vol. Il préfère dormir sur le sol avec la tête sur une pierre et les étoiles amies au-dessus de la tête qui pleuvent la paix et le réconfort sur une conscience honnête, au sommeil troublé sur un lit volé. Et s'il est moralement sain il ne désire pas d'autres femmes que les siennes, il n'entre pas avec lâcheté dans le lit d'autrui pour le souiller. Mais dans la femme de l'ami il voit une sœur et n'a pas 439> pour elle les regards et le désir que l'on n'a pas pour une sœur. L'homme dont l'âme est droite, même seulement naturellement, sans autre connaissance du Bien que celle que lui donne sa conscience pleine de droiture, ne se permet jamais de donner un témoignage qui lèse la vérité car cela lui paraît semblable à l'homicide et au vol et il en est ainsi. Mais ses lèvres sont honnêtes comme son cœur et il n'a pas de regards pour désirer la femme d'autrui. Il n'en a même pas le désir, parce qu'il sait que le désir est ce qui pousse au péché. Et il n'a pas d'envie parce qu'il est bon. Celui qui est bon n'envie jamais. Il est content de son sort. Cette loi avec ses exigences vous paraît-elle impraticable ? Ne vous faites pas tort ! Je suis certain que vous ne le ferez pas, et si vous ne le faites pas vous fonderez le Royaume de Dieu en vous et dans votre ville. Et vous vous retrouverez un jour heureux avec ceux que vous avez aimés et qui, comme vous, ont conquis le Royaume éternel dans les joies sans fin du Ciel. Mais dans notre intérieur même se trouvent les passions comme des habitants renfermés dans les murs d'une ville. Il faut que toutes les passions de l'homme veuillent la même chose : à savoir la sainteté. Autrement c'est inutilement qu'une partie tendra au Ciel si ensuite une autre laisse sans les garder les portes et y laisse pénétrer le séducteur ou neutralise par des discussions et des paresses l'action d'une partie des habitants spirituels en faisant périr l'intérieur de la ville et en l'abandonnant aux orties, aux herbes empoisonnées, au chiendent, aux serpents, aux scorpions, rats et chacals, aux hiboux, c'est-à-dire aux mauvaises passions et aux anges de Satan. Il faut veiller sans jamais y manquer, comme des sentinelles que l'on met aux murs pour empêcher le Malin d'entrer là où nous voulons construire le Royaume de Dieu.
Habitants de Gerasa construisez en vous et dans votre ville le Royaume de Dieu. » La voix perçante d'une femme s'élève limpide comme un chant de louange au-dessus du bruit de la foule pleine d'admiration, chantant la nouvelle béatitude, c'est-à-dire la gloire de Marie : « Bienheureux le sein qui t'a portée et les mamelles que tu as sucées. »[4] Jésus se tourne vers la femme qui exalte la Mère par admiration pour le Fils. Il sourit parce que douce Lui est la louange donnée à la Mère. Mais il dit ensuite : « Bienheureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique, Fais cela, ô femme. » Ensuite Jésus bénit et se dirige vers la campagne,. suivi des apôtres qui Lui demandent : « Pourquoi as-tu dit cela ? » « Parce
qu'en vérité je vous dis qu'au Ciel on ne mesure pas avec les mesures de
la terre. Et ma Mère elle-même sera heureuse non pas tant pour son âme
immaculée que pour avoir écouté la Parole de Dieu et l'avoir mise en
pratique par l'obéissance. |
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