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Présentation générale
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Judéen de Kériot au sud
d’Hébron. C'est donc un des trois judéens de la troupe apostolique avec
Thomas et Simon le Zélote et si on exclus les judéens d'ascendance, mais
natifs de Galilée, comme Jésus et ses cousins.
10ème disciple de Jésus bien qu'il
postule très tôt. Jésus cependant lui demande de réfléchir (2.17). Après l'avoir fait,
il confirmera son intention de s'engager à la suite de Jésus.
Fils unique de Simon
et de Marie, c'est un jeune homme ambitieux et
avide qui tient une hérédité d'orgueil : "Sa mère est bonne. Son père
n'était pas mauvais, je l'ai entendu dire" réplique Marie d'Alphée.
"Oui, mais son cœur ne manquait pas d'orgueil. C'est pour cela qu'il a
éloigné le fils de sa mère trop tôt, et qu'il a contribué, lui aussi, à développer
l'hérédité morale, qu'il avait donnée à son fils, en l'envoyant à
Jérusalem". (8.28)
Il est un instant fiancé à Joanne, une fille de Kériot. Il la délaisse, et elle en mourra, pour tenter
d’épouser une riche héritière de Jérusalem. Il s’engage alors au Temple. Ses
relations et son penchant pour la puissance temporelle et les séductions du
monde l'entraîneront inexorablement vers l'insatanisation,
le déicide puis le désespoir conclus par son suicide.
Ce chemin n'est cependant pas fait sans grands élans
épisodiques d'affection pour Jésus et pour ses parents, dont il parle avec
tendresse. Bien qu'enfant gâté, il se montre en effet sensible à l’affection
que lui portait son père, décédé, et aux inquiétudes de sa mère sur son caractère
(2.35). C'est cependant un amour égocentré.
Sur ce chemin, il est mal accepté par le groupe apostolique qui
s'en méfie et supporte mal ses humeurs. Il en serait donc rejeté si Jésus ne
veillait pas personnellement à son intégration constante. Judas finit par se
croire persécuté alors qu’il ne se met qu’en dehors d’un groupe qui fait
tout, à l'invitation de Jésus, pour le supporter (6.99).
La trahison de Judas ne consiste pas seulement dans la conduite
du détachement qui arrêtera Jésus, c'est un long chemin de complots et
surtout de trahison envers son engagement qui culminera avec le déicide.
Caractère et aspect
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"Beau et juvénile, léger et
ambitieux". Jeune, grand, brun et sans barbe (2.79)
Brun
de cheveux et de teint (8.28) avec les yeux noirs et les cheveux frisés (2.42) de haute taille
comme Jésus, c’est un enfant « gâté » sujet à des caprices selon sa
mère (3.76). Ténor (3.56) doué d'une voix
d'une puissance et d'une beauté peu communes (3.34 - p.188).
Il ment sans changer de couleur. Il est
fourbe plus qu'un renard, fermé plus qu'un rocher. (2.47)
Toujours élégant : (les apôtres) vêtus très
modestement sauf Judas Iscariote, Matthieu, Simon et Barthélemy - je les ai
mis par ordre décroissant d'élégance (2.65)
"Celui-là ne me plaît pas, Fils. Son œil
n'est pas limpide, et son cœur encore moins. Il me fait peur. [...] Dans le
cas où tu le décevrais, il n'hésiterait pas à prendre ta place ou à chercher
à le faire. Il est ambitieux, avide et vicieux, dira de lui Marie. Il est
fait pour être le courtisan d'un roi de la terre plutôt que ton apôtre, mon
Fils. Il me fait peur ! [...] L'orgueil accapare toujours davantage sa
vieille âme vilaine." (2.66)
"Il est douloureux pour une mère de
devoir dire "crains mon fils, il
est avide, il a le cœur dur, c’est un vicieux, un orgueilleux, un
instable" (3.76).
"C'était un traître qui, je le répète,
nous fallait. Il était dissimulé, rusé, avide, luxurieux, voleur, mais
d'autre part, intelligent et plus cultivé que le autres, il avait su
s'imposer à tous. Audacieux, il m'aplanissait le chemin, même quand il était
difficile. Ce qui lui plaisait plus que tout, c'était de sortir du rang et de
faire valoir sa place de confiance auprès de Moi... Cela lui permettait aussi
de garder la bourse et d'approcher des femmes. C'était deux choses qu'il
aimait effrénément avec une troisième, sa charge privilégiée." (2.67) repris en (9.2)
Doué mais retord : "Tu possèdes l'intelligence,
la hardiesse, l'instruction, la promptitude, la prestance. Tu as tant et tant
d'avantages. Mais tout cela est sauvagement disposé en toi et tu laisses tout
en cet état. Regarde : tu as besoin d'un travail patient et constant sur
toi-même pour mettre de l'ordre. Cet ordre devient ensuite une force, au
milieu de tes qualités, de façon que lorsque survient la tempête des
tentations le bien qui est en toi ne devienne pas un mal pour toi et pour les
autres." (2.106)
"Il m'empoisonne avec tant d'art que je pense
être ici comme un traître pour Toi et pour moi" dira Samuel le saphorim converti réfugié à Éphraïm. Jésus rajoutera :
"Tu es un démon. Tu as dérobé au Serpent sa prérogative de
séduire et de tromper pour détacher de Dieu". (8.26). Même Maria Valtorta s'interroge : Judas est un être
tellement spécial, qu'il est impossible de le déchiffrer (7.178)
Sujet à de brusques revirement de
comportements dès lors que deux forces contraires se font jour : "
je suis un démon, je suis un démon. Sauve-moi, Maître, comme tu sauves tant
de possédés, sauve-moi ! Sauve-moi !" (6.113) Jésus le renvoie à
sa volonté. Judas de Kériot, même dans ses meilleures heures, est toujours
violent et autoritaire (8.38)
Judas parle souvent seul à haute voix quand
il est troublé. Il porte du mépris au fond de son cœur pour la Vierge
Marie : "sa stupide colombe de belle-sœur... Elle, je suis sûr
de... l'embobiner à mon gré. Elle est lente à comprendre comme une brebis...
Elle confond vertu et sottise. Telle la Mère, telle Fils..." (6.134)
Son tempérament, qu'il ne saura pas
canaliser, l'amènera à succomber aux séductions du monde : "L'or est ta ruine. A cause de l'or tu es devenu luxurieux et
traître..." (8.28)
Parcours apostolique
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"...Pour vous aussi - et cela je le dis
spécialement pour ceux qui sont préposés au soin des cœurs - il est
nécessaire de s'instruire en étudiant Judas". (2.48)
"Penses-y bien, Judas, il sera comptable
de peu celui qui assassinera croyant faire justice, le croyant, parce qu'il
ne connaît pas la Vérité; mais il sera terriblement justiciable, celui qui
l’ayant connue, non seulement ne la suivra pas, mais s'en fera l'ennemi". (2.29)
Une figure majeure, paradoxalement la plus
aimée de Jésus
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"Pourquoi je mets en lumière la figure
de Judas ? Plusieurs se le demanderont. Je réponds. La figure de Judas a
été trop déformée au cours des siècles. Et, ces derniers temps, elle a été
complètement dénaturée. Dans certaines écoles, on en a fait presque son
apothéose comme s'il était l'artisan secondaire et indispensable de la
Rédemption. Beaucoup, ensuite, pensent qu'il a succombé à un assaut imprévu,
féroce, du Tentateur. Non. Toute chute a sa préparation dans le temps".
(7.162)
La démarche et le péché d’un Judas qui
désespère et va se pendre au lieu de chercher le pardon est explicité et
prophétisé en 2.32 ainsi que lors du lancement du ministère apostolique à Kériot (3.75).
Paradoxalement, c’est, de tous les apôtres,
celui que Jésus a le plus aimé - d’un amour souffrant. Il l’affirme dès leurs
premières rencontres (2.35) : "Je t'aimerai comme aucun autre homme ne
le pourrait, je t'aimerai tellement, je t'aime tellement, Ne me déçois
pas". Jésus ira, dans un pathétique dialogue avec son Père jusqu’à demander de vivre une seconde
Passion uniquement pour sauver l’âme de Judas. Ce que refusera Dieu. (5.5).
L'ambivalence de la "gloire",
prémices de la trahison
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Il appartient au Temple au moment où il
assiste, comme Thomas, aux marchands chassés du Temple (2.16). Il y voit le fléau
de Dieu et décide de suivre Jésus qui va vers la Gloire. Jésus qui comprend
l’ambiguïté de la quête de gloire céleste ou terrestre, lui donne un délai de
réflexion. "Tu me suis pour une idée qui est humaine, Judas Moi, je dois
te dissuader. Je ne suis pas venu pour cela." Mais, dira-t-il plus tard
"Je ne repousse personne, car celui qui repousse n'aime pas".
Symboliquement la réception de Judas comme apôtre aura lieu à Gethsémani,
lieu où commencera la future Passion de Jésus.
Il ne tarde pas à s'absenter de la troupe
apostolique sous un motif futile. Il en profite pour aller, de son propre
chef, chez Lazare annoncer que Jésus a vu sa soeur
Marie la débauchée. "De lui m'est resté l'amer souvenir de
m'avoir dit que tu l'avais vue... dira un Lazare blessé et méfiant" (2.80)
L’ambiguïté entre gloire terrestre et céleste
transparaît dans l’enseignement de Judas (3.81 et 4.123) - Sa vision
déformée de la mission de Jésus l’amène à le desservir une première fois à
Nazareth (4.127)
puis à dénoncer au Temple pour la "bonne cause" la présence dans sa
suite d’un incirconcis (Hermastée), d’une esclave
en fuite (Sintica) et d’un ancien galérien (Jean
d’Endor) (4.146). Pour
la même raison, il commence à voler dans la bourse commune (4.160). Et probablement
s’adonne à la nécromancie (4.166).
Jésus, de manière à peine voilée, l’avertit des pratiques dégradantes, à
Endor, (4.167) là
même où Judas avait cherché la face obscure de la nécromancie.
Héritant de la promesse de protection de
Claudia Procula, femme de Pilate, il croit le
Royaume terrestre de Jésus arrivé. Il prophétise
alors, sans le savoir le Royaume céleste (5.61). Jésus le met de
nouveau en garde contre ses illusions : "Il ne t'aime pas, Israël,
crois-le. Il te hait comme il me hait et comme il hait quiconque peut avoir
l'apparence d'un probable triomphateur". Et propose de nouveau de vivre
trois Passions dont deux pour Judas. En vain (6.78) Persuadé que la
prise de pouvoir est proche, Judas multiplie les propos ambigus qui amène la
méfiance de Claudia et de Chouza l'intendant
d'Hérode (6.89). Il
en devient odieux (6.90).
Déçu de la protection des romaines, Judas
renoue avec ses connaissances du Temple, comme Elchias
et Simon le Synhédriste. Ils ne demandaient que cela pour anéantir Jésus.
Jésus qui espère, Judas qui désespère
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Judas fera des efforts pour être conforme à
l’attente de Jésus (2.50)
mais son ambivalence reprend le dessus. Il s’absente du groupe pour des
motifs fallacieux. (2.68
et 2.79). Son
tempérament est en lutte. Il fait de réels efforts pour se convertir à la
Belle-Eau (2.86 à 2.99) et progresse
réellement "…L'or a toujours été pour moi un serpent. Je ne veux plus éprouver
sa fascination. Car je me trouve si bien, maintenant que je suis bon. Je me
sens libre et je suis heureux." (2.101 - p.602). Mais ne
persévérera pas.
Jésus ne désespère cependant pas de lui :
"Il est jaloux de Moi (Jésus).
Réfléchis : Judas a changé après Endor et après Esdrelon.
C'est-à-dire quand il a vu que je m'occupais de Jean (d’Endor) et de Jabé (Margziam).
Mais maintenant que Jean, que Jean surtout, s'éloignera en passant de Moi à
Isaac, tu verras qu'il redeviendra allègre et bon. (3.64 – p.372). Une maladie
survenue pendant la Pentecôte et soignée par les saintes femmes lui donne
l’occasion de s’interroger sur lui-même : "c'est de moi que je me
méfie" (4.89 –
p.21 et s.) et sur la mort.
A Emmaüs de la plaine, Jésus proclame qu’il
lui pardonne d’avance et priera avec ses dernières douleurs, pour que Dieu ne
lui tienne pas rigueur de son déicide (6.94) Judas cherche à se
reprendre. Cela réjouit Jésus : " il y a un de mes frères qui est
malade et qui cherche sa guérison. Sa volonté de guérir me remplit de
joie". (6.100).
Joie, une nouvelle fois, de courte durée : " Il est encore temps,
Judas, de choisir entre ma route et celle des juifs que tu approuves.
Cependant réfléchis : la mienne mène à Dieu, l'autre à l'Ennemi de Dieu.
Réfléchis et décide, mais sois franc". (6.106).
Ses hésitations à faire ses aveux à Jésus
trouve une heureuse issue, un soir à Corozaïn :
Il se confesse à Jésus : Il est difficile de
dire, Maître : "J'ai péché". "Je le sais, ami… Qu'est-ce qui te livre à ton démon ? C'est
ta volonté. Maintenant je te pardonne et te guéris... Quelle joie tu m'as
donnée, ô mon Judas !" (7.161)
La descente aux enfers
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"Judas en arriva à haïr Dieu, n’ayant
jamais aimé d’un amour véritable son père et sa mère, ni aucun autre qui fût
son prochain" (10.18/2 - p.131)
Judas s’insatanisera
toujours plus : "Tu sens l'enfer plus que Satan
lui-même !" Il s’adonne à des pratiques de nécromancie, fait des
prodiges pour impressionner les pharisiens et poursuit vainement, dans tous
les coins de la Palestine, la traces de Jean et de Sintica.
(5.22). La rupture
spirituelle avec Jésus s’accroît quand il constate que le pouvoir de faire
des miracles lui est retiré : "Je finirai par te maudire et maudire
l’heure où je t’ai aimé" (5.26) Il ne croit plus ni
à l’Enfer, ni à Satan : "Satan, tu ne le vois ni ne le sens car il
n'est qu'un avec toi." (5.46).
Il essaie d’entraîner l'apôtre Jean, jeune comme lui, dans la débauche et
devient de plus en plus voleur pour se faire louer de Jésus par une fausse
générosité. La magie lui sert à compenser la perte de son pouvoir miraculeux
(5.47) Il va jusqu’à
traiter sa mère de malade (5.60)
avant de se réconcilier.
De plus en plus mal accepté par tous, il est
cependant vigoureusement et systématiquement défendu par Jésus. Envoyé en
mission comme les autres apôtres, il accompli d’ailleurs, lui aussi, un
miracle au nom de Jésus (4.134).
Sur cette attitude de Jésus, parfaitement incomprise, mais respectée des
autres apôtres, Jésus s'expliquera dans un soliloque : "Mon Père ! Fais
qu'au moins jusqu'à la dernière heure je puisse tenir caché le Crime, pour
empêcher que mes bien-aimés se souillent de sang. Aie pitié d'eux, mon Père !
Ils sont trop faibles pour ne pas réagir à l'offense ! Qu'ils n'aient pas la
haine au cœur à l'heure de la Charité parfaite !" et il essuie les
larmes que Dieu seul voit... (7.224)
Pour toute réponse, on verra Judas s’isoler
de plus en plus souvent du groupe apostolique. D’abord lors du voyage à
Césarée pour éviter la rencontre avec les romaines, puis lors du retour en
Galilée (6.124) où à
Tibériade il vivra des instants de débauche, surpris par Marie. (6.130) Judas, dans un
soliloque, confirme être parfaitement conscient de l’enjeu d’une trahison de
Jésus (6.134). Il en
arrive à être insoumis et effronté : "Mais il n'y a donc pas moyen de te
voir en colère ?! Quel homme es-tu ?" (7.225)
Avec les complots menés contre Jésus avec
désormais l'appui du Temple (7.232),
Judas aura fait un choix définitif contre lequel Jésus ne pourra plus rien :
"Ce que je veux !! Je voudrais ne pas avoir pris inutilement une Chair
pour toi. C'est cela que je voudrais ! Mais désormais tu appartiens à un autre
père, à un autre pays, tu parles une autre langue... Oh ! Que faire, mon
Père, pour purifier le temple profané de celui qui est ton fils et mon frère
?" (7.230).
Judas est pris à son propre piège "Je ne le hais pas, je suis seulement
déçu d'avoir suivi un pauvre innocent, trop saint pour pouvoir être un roi.
Quel mal m'a-t-il fait, Lui, pour que je Lui fasse du mal ? Je parle ainsi
car je pense que vous le haïssez au point de vouloir sa mort". Malheureusement
Judas est dans la nasse. Il ne s'en sortira plus.
L'histoire de sa possession progressive et de
l'attitude de Dieu-Fils en face de cela est explicité dans un dialogue
pathétique qui opposera Jésus à un Judas voleur (8.28)
La possession finale
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Croyant mourir lors
de l'altercation à Tersa, il se rapproche de Jésus une nouvelle fois. Jésus
lui conseille très clairement de ne pas venir à Jérusalem pour éviter sa
damnation. Il lui réaffirme son amour : "Crois-le : nous seuls t'aimons
ainsi, sans mesure. Ils sont trois qui t'aiment dans le Ciel : le Père, le
Fils, l'Esprit Saint, qui t'ont contemplé et qui attendent ta décision pour
faire de toi la gemme de la Rédemption, la proie la plus grande arrachée à
l'Abîme; et ils sont trois sur la Terre : ta mère, ma Mère et Moi. Rends-nous
heureux, Judas ! Nous du Ciel, nous de la Terre, ceux qui t'aiment d'un amour
véritable." Judas, la peur passée, ne donnera pas suite "c'est par
moi-même que je veux guérir". La nuit, pour Jésus et Marie, se passera
en prière, dans l'attente de Judas qui ne viendra pas. (8.36)
Ce dialogue de sourd prendra un tour pathétique
peu de jours avant la Passion. Jésus veut empêcher Judas d'entrer à
Jérusalem. Le dialogue est dur. Judas n'entend plus rien, il se pense
l'éternel persécuté. Jésus s'écroule : "Père ! Mon Père ! Je t'en
supplie ! Hâte l'heure des ténèbres, l'heure du Sacrifice, car il est pour
Moi trop atroce de vivre près de l'ami qui ne veut pas être racheté." (8.43)
"Le démon le plus rusé s'est fondu à
l'homme le plus corrompu qui peut approcher de la Femme (Marie) dit Jésus à
tous ses apôtres en marchant vers Jérusalem, et ainsi, traîtreusement, la
mordre. Maudit soit l'hybride monstrueux qui est Satan et qui est homme ! Je
le maudis ? Non. Elle n'est pas du Rédempteur cette parole. (9.8)
"Chef-d'œuvre d'Offenseur" (9.20) Judas ne sera
témoin que d'un grand évènement : la Cène. Cette "communion" au
corps et au sang du Christ accélèrera en lui sa possession et provoquera une
pourriture accélérée de son cadavre (9.24). Pourtant cette
damnation est le fruit de sa décision et d'une préparation dans le temps, car
"Si Judas s'était jeté aux pieds de la Mère en disant:
"Pitié", la Mère de Pitié l'aurait recueilli comme un blessé"
(9.25)
"En vérité je vous dis que si l'Enfer
n'avait pas déjà existé, et existé parfait en ses tourments, il aurait été
créé pour Judas encore plus horrible et éternel, parce que de tous les
pécheurs et de tous les damnés il est le plus damné et le plus pécheur, et
pour lui éternellement il n'y aura pas d'adoucissement de sa
condamnation." (9.25)
Plus tard, Jésus ressucité confirme : "Et il
est le damné déicide, l’infiniment coupable comme israélite et comme
disciple, comme suicidé et comme déicide, en plus que pour ses sept vices
capitaux et toutes ses autres fautes".(10.16 - p.107)
"Entre l'âme de Jean Baptiste, et la
tienne, il n'y avait pas de différence quand elles furent infusées dans la
chair... Tu as été placé devant le Bien et le Mal. Tu as choisi le
Mal". (8.28)
Symboliquement, son corps en décomposition
sera jeté dans le Temple "ceux du Temple ne savent que faire du corps de
Judas. Je ne sais pas qui l’a fait… mais ce matin à l’aube les gardiens du
Temple ont trouvé son corps corrompu, avec encore la corde au cou, à
l’intérieur de l’enceinte sacrée. Je pense que ce sont des païens qui l’ont
détaché et jeté là à l’intérieur, qui sait comment". Ses viscères seront
pareillement lancées contre la maison d'Anna (10.14). A la suite de
quoi, le Sanhédrin décidera d'enterrer ses restes au pied de l'olivier où il
s'est pendu.
Une souffrance éternelle
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Sur le Thabor, le Christ ressuscité souffre
encore pour Judas : "Mais tu souffres, Seigneur ! ?! Oh ! je ne croyais
pas que tu puisses souffrir désormais ! Tu souffres encore pour Judas !
Oublie-le, Seigneur !" crie Jean. - Jésus ouvre les bras dans son geste
habituel de confirmation résignée d’un fait pénible, et il dit : "C’est
ainsi... Judas a été et il est la douleur la plus grande dans la mer de mes
douleurs. C’est la douleur qui reste... Les autres douleurs ont pris fin avec
la fin du Sacrifice. Mais celle-là reste. Je l’ai aimé. Je me suis consumé
Moi-même dans mon effort pour le sauver... J’ai pu ouvrir les portes des
Limbes et en tirer les justes, j’ai pu ouvrir les portes du Purgatoire et en
tirer ceux qui se purifiaient. Mais le lieu d’horreur était fermé sur lui,
Pour lui, ma mort a été inutile." (10.20)
Son nom
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Judas (Iehouda) ou Jude, comme son
féminin Judith, viennent de l’hébreu “yehoudi”
Judéen, Juif. Référence historique : Juda, le fils de Jacob. Judas Maccabée, l’artisan de la libération du peuple juif
Où en parle-t-on dans l'œuvre ?
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1.59
2.16 -
2.17 - 2.29 - 2.30 - 2.31 - 2.32 - 2.33 - 2.34 - 2.35 - 2.36 - 2.37 - 2.38 - 2.39 - 2.40 - 2.41 - 2.42 - 2.43 - 2.44 - 2.45 - 2.46 - 2.47 – 2.50 - 2.51 - 2.52 - 2.53 - 2.54 - 2.55 - 2.56 - 2.57 - 2.58 - 2.59 - 2.60 - 2.61 - 2.62 - 2.63
- 2.64 - 2.65 - 2.66 - 2.67 - 2.68 - 2.70 - 2.79 -
2.82 - 2.83 - 2.84
- 2.85 - 2.86 -
2.87 - 2.88 - 2.89
- 2.90 - 2.91 - 2.92 - 2.93 - 2.94 - 2.95
- 2.100 - 2.101 -
2.102 - 2.103 - 2.104 - 2.105 - 2.106 - 2.107
3.1 - 3.2 - 3.3 - 3.4 - 3.5 - 3.6 - 3.7 - 3.9 - 3.12 - 3.13 - 3.14 - 3.15 - 3.17 - 3.18 - 3.20 - 3.21 - 3.22 - 3.23 - 3.24 - 3.25 - 3.26 - 3.29 - 3.30 - 3.31 - 3.32 - 3.33
- 3.34 - 3.36 - 3.37 - 3.38 - 3.39 - 3.40 - 3.41 - 3.42 - 3.43 - 3.44 - 3.47 - 3.48 - 3.49 - 3.50 - 3.51 - 3.52 - 3.53 - 3.54 - 3.55 - 3.56 - 3.57 - 3.58 - 3.59 - 3.60 - 3.61 - 3.62 - 3.63 - 3.64 - 3.66 - 3.67 - 3.68 - 3.69 -
3.70 - 3.72 - 3.73 - 3.74 - 3.75 - 3.76 - 3.77 - 3.78 - 3.79 - 3.80 - 3.81 -
3.82 - 3.83 - 3.84 - 3.85 - 3.86
4.87 - 4.88 - 4.89 - 4.91 - 4.93. - 4.94. - 4.96. - 4.100. - 4.101. - 4.102. - 4.103.
- 4.104. - 4.105. - 4.106. - 4.107. - 4.110. - 4.111. - 4.112. -
4.113. - 4.114. - 4.115. - 4.116. - 4.117. - 4.118. - 4.119. - 4.120. - 4.123 - 4.124. - 4.125. - 4.127 - 4.128. - 4.131. - 4.132. - 4.134 - 4.135. - 4.136. - 4.137. - 4.139.
- 4.140. - 4.141. - 4.142. - 4.143. - 4.144. - 4.145. - 4.146 -
4.147. - 4.148. - 4.149. - 4.158. - 4.160. - 4.161 - 4.162. - 4.165. - 4.166 - 4.167 - 4.168. - 4.169. - 4.175. - 4.176
5.1 - 5.5 - 5.21 - 5.22 - 5.23 - 5.24 - 5.26 - 5.27 - 5.28 - 5.29 - 5.30 - 5.31 - 5.32 - 5.33 - 5.34 - 5.35 - 5.36 - 5.37 - 5.38 - 5.39 - 5.40 - 5.42 - 5.44 - 5.45 - 5.46 - 5.47 - 5.48 - 5.49 - 5.50 - 5.51 - 5.52 -
5.53 - 5.54 - 5.55 - 5.56 - 5.57 -
5.58 - 5.59 - 5.60 - 5.61 - 5.62 - 5.64 - 5.65 – 5.66 - 5.67 – 5.68 - 5.69 - 5.70 - 5.71 - 5.72 - 5.73 - 5.74 – 5.75
6.76 - 6.77. - 6.78 - 6.83. - 6.84. – 6.85. – 6.87. - 6.88 – 6.90. - 6.91 - 6.92. - 6.93. - 6.94 - 6.95 - 6.96. - 6.97. - 6.99 - 6.100 - 6.101.
- 6.102. - 6.103. - 6.104. – 6.105. - 6.106 - 6.109.
- 6.110 – 6.111 - 6.112. – 6.113 - 6.114 - 6.117. – 6.118. – 6.119 – 6.120 - 6.121. - 6.122 - 6.123 - 6.124 - 6.127. - 6.129. – 6.130
– 6.131. - 6.132 - 6.133. – 6.134 - 6.137 - 6.138. – 6.139 - 6.140 - 6.141 - 6.142 - 6.143. - 6.144. - 6.145. - 6.146 - 6.147. - 6.148. - 6.149. - 6.150. – 6.151 - 6.152. - 6.153
7.158 – En Syro-Phénicie : 7.159
– 7.160 - 7.161 – 7.162
- 7.163 - 7.164 - 7.165 - 7.166 - 7.167 - 7.168 - 7.169 - 7.170 - 7.176 - 7.177 - 7.178 – 7.180 - 7.187 - La fête de la Dédicace : 7.225 - 7.230 - 7.232
L'exil
en Samarie : 8.26 - 8.27 - 8.28 - 8.32
- 8.34
- 8.35
- 8.36
- Le retour vers
Jérusalem : 8.37 - 8.38 - 8.40 - 8.41 - 8.43 - 8.45 -
8.47
9.1 - 9.2 - 9.3 - 9.6 - 9.7 - La Semaine Sainte
: 9.8 - 9.9 - 9.10 - 9.11 - 9.12 - 9.13 - 9.14 - 9.15 - 9.16 - 9.17 - La Passion : 9.19 - 9.20 - 9.21 - 9.22 - 9.24 - 9.25 - 9.31 - 9.33
- 9.34
- 9.35
Le
dimanche de la Résurrection : 10.1 - 10.14
- 10.16 - 10.18/2 - 10.20 - 10.21 - 10.33 - 10.34 - 10.35 - 10.38
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Maria
Valtorta - "Les Cahiers" – Catéchèse du 2 janvier 1944 – 23 h
Jean était le plus
jeune du groupe des apôtres. C’était Judas Iscariote qui venait après lui, en
âge. Et, en raison de son âge, il aurait pu lui aussi être comme Jean. Mais
il ne l’était pas. Et s’il n’était pas vierge il n’est pas devenu chaste, pas
même après m’avoir connu. C’était un impur. Or l’impureté empêche l’action de Dieu dans les cœurs et favorise
celle de Satan plus qu’aucune autre passion.
Son visage t’est
connu. C’est celui-ci. Il s’est montré à toi comme le Séducteur. En effet,
par sa beauté il ressemblait au Très-Beau qui s’est rebellé contre Dieu et
qui est le père de tous les ennemis de Dieu.
La beauté elle-même est une arme dans la main de Satan,
et il ne néglige pas d’imprimer son caractère de séduction sur ses
instruments. Il les attire ainsi vers ses abîmes et, là, il peut les
atteindre au cœur en leur inoculant le triple péché. Et Judas avait dans son
cœur les concupiscences de l’argent, de la chair et du pouvoir. C’est pour
ces trois Némésis qui le persécutaient et qu’il n’a pas voulu vaincre, qu’il
devint le Déicide. Lorsque Satan veut saisir une proie, il présente la femme,
pour la conquête de laquelle il est nécessaire de posséder argent et
honneurs. Une fois qu’il l’a attrapée, il lui refuse l’argent, les honneurs
et la femme, pour ne laisser que désespoir et mort.
Ma lumière et ma
vérité ne purent pénétrer en lui. […]
Je n’ai rien pu faire en Judas parce que son âme était possédée; je ne pouvais
pas même y pénétrer parce qu’il m’en interdisait l’accès. S’il m’a suivi,
c’est qu’un espoir tout humain l’y poussait. Il m’a trahi par avidité
humaine. Il a vendu le Christ à ses bourreaux et son âme à Satan, à
l’instigation duquel il agissait depuis des années; car Satan n’est pas comme Dieu, qui donne même si, vous, vous ne donnez
pas pour vous con quérir à lui. Satan veut obtenir cent pour un. Il vous veut
pour l’éternité, en échange d’une heure de triomphe mensonger.
Souvenez-vous-en.
Si j’ai supporté
cette vipère dans le groupe, c’est pour enseigner aux hommes à supporter et à
insister pour sauver. Pas la moindre pensée de Judas ne m’était inconnue. Sa
présence à mes côtés m’était une passion anticipée, un tourment que vous ne
contemplez pas mais qui ne fut pas moins amer que les autres. Je vous ai
appris à supporter les choses et les personnes désagréables, car qui inspire
plus de répulsion qu’un traître ?
[…] Maintenant, je
(Maria Valtorta) vous dis ce que j’ai vu [...] Celui qui suit Jean en âge,
c’est Judas Iscariote, en qui je retrouve le visage que j’ai vu en songe il y
a bien des années et que j’ai décrit dans mes notes personnelles. C’est
quelqu’un de beau mais, si on l’observe attentivement, il suscite répugnance
et crainte, parce qu’on sent qu’il est mauvais et faux. Un beau satanique.
[...] Judas Iscariote, tout comme Jean, ne
porte pas de barbe et a des cheveux plus bouclés et plus courts que Jean. On
dirait qu’ils ont été coupés en rond autour de la tête, de façon plus ou
moins uniforme selon la longueur de la tête.
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