"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 6.393 - Nella casa di campagna di Maria di Keriot.

 3.392 - At the Country House of Mary Mother of Judas.

 4.393 - En la casa de campo de María de Keriot.

 7.440 - Im Landhaus, der Mutter des Judas.


Jeudi 16 avril 29
(16 Nissan 3789)
Kériot.


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 La femme forte et le fils faible.


- Marie de Simon accueille Jésus ............................... 44

- Elle s'inquiète de l'absence de son fils ............................ 45

- La plainte d'une brebis qui a perdu son petit .............. 46

- Arrivée soudaine de Judas .......................................... 47


- Judas et le Zélote rendent compte de leur mission 47

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 83.

393.
À la maison de campagne de Marie, mère de Judas.


Vision du mardi 26 février 1946

44> Ils arrivent à la maison de campagne de Judas en une fraîche et radieuse matinée. Les pommiers sont humides de rosée et à leurs pieds l'herbe n'est qu'un tapis de fleurs sur lequel bourdonnent les abeilles. Les fenêtres de la maison sont déjà grandes ouvertes. Celle qui la dirige, la femme forte qui tempère son autorité par une grande douceur, est en train de donner des ordres aux serviteurs et aux paysans et, de sa main, elle distribue la nourriture avant d'envoyer chacun à son travail. Par la large porte grande ouverte de la vaste cuisine, on la voit passer et repasser dans son vêtement foncé, parlant avec l'un ou l'autre, faisant les parts selon les besoins du travailleur. Une troupe de colombes attendent, en roucoulant, devant la porte, d'avoir elles aussi leur part.        

Jésus s'avance en souriant, et il est presque sur le pas de la porte
quand, un sachet de graines dans les mains, Marie de Simon se présente en disant : "Et maintenant à vous, les colombes. Voici le premier repas, puis allez heureuses, au soleil, pour louer Dieu. Du calme ! Il y en a pour toutes sans qu'il soit nécessaire de vous donner des coups de bec..." Et elle répand le grain, en le jetant en tous sens pour empêcher des rixes violentes entre les colombes avides. Elle ne voit pas Jésus parce qu'elle a la tête baissée et qu'elle se penche aussi pour caresser des volatiles qui lui becquettent les doigts des pieds par affection. Marie en prend une dans ses mains et la caresse, puis elle la dépose et soupire.      

Jésus fait un pas en avant et il dit : "La paix à toi, Marie, et à ta
maison !"     

"Le Maître !" s'écrie la femme en laissant tomber le sachet de
graines qu'elle tenait sous son bras, et elle court à la rencontre de Jésus en faisant fuir les colombes qui pourtant se posent de nouveau sur le sol et travaillent avec acharnement après la ficelle du sachet pour la défaire, après la toile pour la déchirer et satisfaire ' leur voracité. "Oh ! Seigneur ! Quel jour saint et heureux !" et elle va s'agenouiller pour baiser les pieds de Jésus.           

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45> Mais Lui l'en empêche en disant : "Les mères de mes apôtres et les Israélites saintes ne doivent pas s'humilier comme des esclaves en ma présence. Elles m'ont donné leur esprit fidèle et leur fils. Je leur donne à elles un amour de prédilection."     

La mère de Judas, émue, Lui baise alors les mains en murmurant : "Merci, Seigneur !"

Puis elle lève la tête et regarde le petit groupe des apôtres qui
s'est arrêté aux derniers arbres et, étonnée de ne pas voir son fils venir à sa rencontre, elle observe plus attentivement le groupe. La peur fait pâlir son visage. C'est presque en criant qu'elle demande : "Mon fils, où est-il ?" et elle regarde Jésus, craintive et angoissée.          

 "Ne crains pas, Marie. Je l'ai envoyé avec
Simon le zélote chez Lazare pour une mission. Si j'avais pu m'arrêter à Masada autant que je l'avais décidé, je l'aurais trouvé ici. Mais je n'ai pas pu m'arrêter. La ville, hostile, m'a chassé. Et je suis venu ici avec empressement pour trouver du réconfort auprès d'une mère et pour lui donner le réconfort de savoir que son fils sert le Seigneur" dit Jésus en appuyant sur les derniers mots pour leur donner plus de poids.     

Marie est comme une fleur fanée qui recouvre sa fraîcheur. Les
couleurs reviennent sur ses joues, la lumière revient dans son regard. Elle demande : "Vraiment, Seigneur ? Il est bon ? Il te rend heureux ? Oui ? Oh ! joie ! Joie du cœur de la mère ! J'ai tant prié ! Tant ! J'ai fait tant d'aumônes ! Tant ! Et de pénitences... tant... Et que ne ferais-je pour faire de mon fils un saint ? Merci, Seigneur ! Merci de tant l'aimer ! Car c'est ton amour qui le sauve, mon Judas..."      

"Oui. C'est "notre" amour qui le... soutient..." 

"Notre amour ! Comme tu es bon, Seigneur ! Mettre mon pauvre
amour tout proche, uni au tien qui est divin !... Oh ! quelle parole tu m'as dite ! Quelle sécurité ! Quel réconfort et quelle paix tu me donnes avec elle ! Tant qu'il n'y avait que mon pauvre amour, Judas pouvait en tirer peu de profit. Mais Toi, avec ton pardon... car tu les connais ses fautes, Toi, avec ton amour infini qui semble croître dans la mesure où il en a besoin après une faute, oh ! Toi... mon Judas se vaincra lui-même enfin, pour toujours, n'est-ce pas, Maître ?" La femme le regarde fixement, de ses yeux sérieux et profonds, les mains jointes en prière.

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46> Jésus... oh ! Jésus qui ne peut lui dire oui et qui ne veut pas lui refuser cette heure de paix, qui dissipe ses craintes, trouve une parole qui n'est pas un mensonge, qui n'est pas une promesse, mais que la femme peut accueillir avec soulagement. Il dit : "Sa bonne volonté, jointe à notre amour, peut faire de vrais miracles, Marie. Aie la paix dans le cœur en pensant toujours que Dieu t'aime. Beaucoup. Qu'il te comprend. Beaucoup. Et qu'il te sera ami, toujours."          

Marie baise de nouveau ses mains pour le remercier et puis elle
dit : "Entre alors dans ma maison en attendant Judas. Ici, il y a amour et paix, Maître béni."      

Jésus, après avoir appelé les siens, entre dans la maison pour se restaurer et se reposer.

C'est le soir. La nuit descend lentement sur la campagne. Les bruits cessent un à un et il ne reste que le vent léger dans les feuillages pour mettre une voix dans le silence. Puis voilà le premier grillon dans les moissons mûres des champs. Un autre... un autre. Et toute la campagne stridule en un chant monotone... jusqu'à ce qu'un rossignol lance aux étoiles son premier chant interrogatif... se tait, écoute et puis reprend. Il se tait de nouveau... Qu'attend-il ?... Peut-être le premier rayon de lune ?... Il chuchote doucement, il doit s'être posé sur le noyer touffu près de la maison où il doit y avoir son nid. Il semble parler avec sa compagne qui peut-être est en train de couver... Un bêlement insistant à peu de distance. Un bruit de sonnailles sur le chemin qui mène à Kériot. Puis le silence.   

Jésus est assis près de Marie, ils sont sur des sièges placés devant la maison. Il repose tranquillement parmi les siens et les gens de la maison. L'heure est douce, tranquille. Les corps et les esprits en sont soulagés. Jésus parle peu, par intervalles. Il laisse les apôtres parler d'Engaddi, du vieux chef de la synagogue, du miracle. Marie et les serviteurs écoutent attentivement.        

Quelque chose remue parmi les pommiers. Mais si ici, sur la petite place qui est devant la maison, on voit encore un peu grâce aux claires étoiles qui fourmillent dans le ciel, là-bas sous les feuillages touffus il n'y a pas du tout de lumière et seul le bruit de quelque chose qui remue arrive à l'oreille.    

"Quelque animal nocturne ? Quelque brebis perdue ?" se demandent plusieurs. Et le souvenir de la brebis ramène à la pensée de plusieurs la brebis qui se lamente parce qu'on lui a enlevé son agneau pour le tuer.

"Elle ne peut se consoler, cette bête !" dit l'intendant. "Je crains qu'elle ne se fasse tourner le lait. Depuis ce matin elle ne mange pas et elle bêle, elle bêle... Écoutez-la !..."      

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47> "Cela lui passera... Elles ont des petits pour que l'on mange l'agneau" dit philosophiquement un serviteur.       

"Mais elles ne sont pas toutes pareilles. Celle-ci est moins sotte et elle souffre davantage. Tu entends ? On dirait qu'elle pleure. Ne dis pas que je suis sotte, Maître... Cela me peine comme si c'était les pleurs d'une femme qui a perdu son fils..."        

"Mais au contraire, ô mère, toi tu le trouves ton fils !" dit Judas de
Kériot en apparaissant par derrière, avec Simon et en faisant sursauter tout le monde par l'effet de surprise.

"Maître ! Ta bénédiction au retour comme tu nous l'a donnée au départ."       

"Oui, Judas" et Jésus embrasse les deux apôtres de retour.

"La tienne, maman..." Marie aussi embrasse son fils.            

"Nous ne pensions pas te trouver déjà ici, Maître. Nous avons marché presque sans arrêt, et le plus souvent par des raccourcis pour éviter d'être retenus. Mais nous avons rencontré des disciples et nous avons avisé Jeanne et Elise qu'elles nous verront bientôt" explique Simon.         

"Oui. Et Simon marchait comme un jeune homme. Maître, nous avons porté le message. Lazare est très mal. La chaleur le fait souffrir encore plus. Il est conseillé d'aller au plus tôt chez lui... Maître, sauf à
l'Antonia, où je suis allé pour faire plaisir à Egla qui avant de partir pour Jéricho voulait remercier Claudia, je ne suis allé nulle part. N'est-ce pas, Simon ?"

"C'est vrai. Et à l'Antonia nous y sommes allés à l'heure de
sexte, en une journée de chaleur étouffante qui conseillait à tout le monde de rester à la maison. Pendant que Judas parlait avec Claudia, qu'Albula Domitilla avait appelée au jardin, j'ai été interrogé par d'autres femmes. Je ne crois pas avoir mal fait en expliquant comme je pouvais ce qu'elles voulaient savoir."      

"Tu as bien fait. Il y a, en elles, une vraie volonté de connaître la
Vérité."       

"Et en Claudia il y a une vraie volonté de t'aider. Elle a congédié Egla, qui est allée saluer
Plautina et les autres, et elle m'a posé plusieurs questions. Si j'ai bien compris, elle veut persuader Ponce de ne pas croire aux calomnies des pharisiens, sadducéens et autres. Ponce se fie jusqu'à un certain point à ses centurions, bons pour la bataille mais très peu pour les rapports. Et il se sert beaucoup de son épouse qui doit être intelligente et même astucieuse pour avoir des informations sûres. En vérité le Proconsul c'est Claudia. Lui doit être une nullité qui garde sa situation parce qu'il y a elle comme puissance et comme conseillère. Elles ont voulu donner de l'argent pour tes pauvres : le voilà."    

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48> "Quand êtes-vous arrivés ? Vous ne paraissez pas fatigués ni couverts de poussière" demande Jacques de Zébédée.        

"Entre tierce et sexte. Nous sommes allés à Kériot pour voir si ma mère y était et pour la prévenir de ton arrivée. Mais j'ai été comme tu le veux, Maître. Je ne me suis pas laissé tenter par des désirs humains. N'est-ce pas, Simon ?"          

"C'est vrai."  

"Tu as bien fait. Obéis toujours et tu te sauveras."    

"Oui, Maître. Oh ! maintenant que je sais que Claudia est avec
nous, je n'ai plus mes sottes hâtes ! Toutes amour, cependant. Tu dois en convenir. Amour désordonné... Désordonné parce qu'il se sentait sans protection, sans aide pour atteindre le but, qui est de te faire aimer, respecter, comme tu le mérites, comme ce doit être. Maintenant je suis plus calme. Je ne crains plus, et il m'est doux même d'attendre..." Judas rêve les yeux ouverts.  

"Ne t'abandonne pas aux rêves, Judas. Reste dans la vérité. Je suis la Lumière du monde, et la lumière sera toujours odieuse aux ténèbres..." dit Jésus pour l'avertir.

La lune s'est levée. Sa blancheur baigne la campagne, rend les visages pâles, argenté les maisons et les arbres. Le noyer en est tout enveloppé à l'orient. Le rossignol accueille l'invitation de la lune et il élève un chant, prolongé, mélodieux, qu'il tenait en réserve, pour saluer la nuit et la lune.         

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